Fausses courses, vrais millions : Uber Suisse pris au piège
Une fraude reposant sur de fausses courses a coûté 1,5 million de francs à Uber Suisse. Découverte en 2021, l’affaire n’émerge qu’aujourd’hui, après des décisions pénales devenues définitives.
Des fraudeurs ont créé des courses fictives sur Uber Suisse, les ont annulées, puis détourné les remboursements en se faisant passer pour des chauffeurs. Près de 1,5 million de francs auraient ainsi été versés. L’argent transitait par des comptes de complices en Suisse, puis repartait notamment vers la Chine, Hongkong et l’Égypte. Plusieurs relais ont été condamnés pour blanchiment ; les organisateurs présumés n’ont pas été identifiés.
Uber avait pourtant découvert l’escroquerie et déposé plainte dès 2021. Si l’affaire n’est révélée que cinq ans plus tard, c’est parce que la presse a reconstitué le dossier à partir d’ordonnances pénales zurichoises entrées en vigueur, une procédure écrite qui permet au Ministère public de condamner sans procès public. En septembre 2025, le Tribunal fédéral a précisé que l’accès des médias concernait les ordonnances devenues définitives. Cette explication reste partielle : les dates exactes des condamnations ne sont pas connues. La durée de l’enquête, ses ramifications internationales et le silence d’Uber ont aussi pu retarder la révélation.
D’autres entreprises suisses ont subi des montages comparables. Entre 2016 et 2018, un réseau établi en Israël a détourné plus de cinq millions de francs auprès de sociétés suisses en se faisant passer pour des techniciens bancaires et en prenant le contrôle de leur e-banking. En février 2026, le Ministère public de la Confédération a aussi mis en accusation un ancien cadre des CFF, soupçonné d’avoir fait payer des livraisons fictives ou surfacturées pour plus de 5 millions.
Ces affaires montrent une fraude organisée comme une industrie : ingénierie sociale, détournement d’interfaces et « money mules » chargées de recevoir puis transférer les fonds. Au premier semestre 2025, l’Office fédéral de la cybersécurité a reçu 35 727 signalements ; 58 % concernaient des escroqueries. Les signalements liés aux faux investissements ont presque quintuplé en un an, à 3 485.