Délocalisations : une pétition demande à La Poste et à Swisscom de garder leurs emplois en Suisse
Le syndicat transfair récolte des signatures jusqu’au 30 novembre contre le départ à l’étranger d’emplois informatiques des deux entreprises détenues par la Confédération. L’UDC porte la même exigence au Parlement, où le Conseil fédéral la combat.
La Confédération possède La Poste en totalité et Swisscom à 51 %, ce qui n’empêche ni l’une ni l’autre de recruter de plus en plus hors de nos frontières.
C’est de ce constat que part transfair, le syndicat du personnel du service public, dans une pétition adressée au Conseil fédéral et au Parlement, qui sera close le 30 novembre et remise en décembre. Il y demande que les emplois aujourd’hui situés en Suisse ne soient pas délocalisés lorsque le but premier est de réduire les coûts, et que les missions stratégiques, notamment celles qui touchent à la sécurité d’approvisionnement ou à la sécurité nationale, restent dans le pays.
Selon le syndicat, La Poste a délocalisé depuis 2022 quelque 130 emplois informatiques vers Lisbonne, où elle a ouvert un campus pour faire face, disait-elle, à la pénurie de spécialistes en Suisse. Elle comptait y créer 200 postes supplémentaires d’ici fin 2030, en supprimant autant de postes en Suisse au fil des départs naturels. La Poste a depuis suspendu ce projet et supprimé une soixantaine de postes informatiques en Suisse, en assurant qu’aucun ne serait transféré à l’étranger.
Chez Swisscom, le mouvement est plus ancien et plus ample. Entre 600 et 800 personnes travaillent déjà pour l’opérateur dans ses bureaux de Riga et de Rotterdam, où il envisage de transférer jusqu’à 1 400 postes à moyen terme ; s’y ajoutent, d’après Blick, un centre d’appels sous-traité au Kosovo et des sites à l’essai en Pologne et en Bulgarie. En août, Swisscom a encore annoncé l’ouverture en 2027 d’un site à Lisbonne consacré à l’informatique, au développement de logiciels et aux finances, qui doit compter 40 personnes au départ et environ 200 à moyen terme, selon l’agence portugaise Lusa.
La revendication dépasse le monde syndical. Le conseiller aux États tessinois Marco Chiesa (UDC) a déposé une motion qui interdirait aux entreprises majoritairement détenues par la Confédération de délocaliser des emplois. Le Conseil fédéral en propose le rejet, et la commission des transports du Conseil des États l’a suivi en septembre, par 6 voix contre 1 et 2 abstentions, les créations de postes à l’étranger étant jugées trop modestes pour peser sur le marché du travail suisse ( ).
La pétition ouvre toutefois une voie plus simple que la loi : c’est le Conseil fédéral qui, en tant que propriétaire, fixe les objectifs stratégiques de La Poste et de Swisscom, et transfair lui demande d’abord de les adapter. Il n’en a rien fait jusqu’ici, estimant que ces recrutements à l’étranger restent compatibles avec les objectifs qu’il leur a lui-même assignés.
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