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Coups de couteau, ambulance attaquée : l’Uferstrasse et les ratés du vivre-ensemble

Deux hommes poignardés, une ambulance prise pour cible : l’Uferstrasse confirme son statut de point chaud bâlois et rappelle la difficulté de faire cohabiter quartier gentrifié et zones criminogènes.

Les Observateurs (la rédaction)
17 août 2026 Modifié le 17 août 2026 à 20h18
3 min de lecture

À Bâle, même les ambulanciers finissent par se faire attaquer. Dans la nuit du 15 au 16 août, deux hommes de 23 et 21 ans ont été blessés à l’arme blanche après une altercation impliquant plusieurs personnes à l’Uferstrasse. Alors que les ambulanciers prenaient en charge le second, des inconnus ont frappé leur véhicule, les contraignant à s’y barricader provisoirement. Une heure auparavant, un homme de 41 ans avait déjà été agressé dans la même rue.

Le quartier est en revanche connu pour être l’un des « points chauds » du secteur portuaire, selon le canton. En mai 2021, une rixe impliquant une vingtaine de personnes avait notamment laissé un adolescent de 15 ans grièvement blessé à l’arme blanche. Renforts policiers et d’agents de la société Securitas, fermetures de rue, éclairage renforcé, clôtures et sept caméras n’ont apparemment pas suffi à lui redonner sa tranquillité.

Une délinquance endémique pourtant inscrite dans la géographie. L’Uferstrasse est une ancienne friche portuaire que Bâle a transformée à partir de 2012-2013 en espace de bars, restauration, culture et usages temporaires : une enclave « bobo », pour employer un raccourci français. Elle jouxte Klybeck, ancien quartier ouvrier toujours parmi les plus modestes de la ville. Son revenu net médian, 37 996 francs en 2022, était le plus faible de Bâle-Ville et 55,7 % de ses habitants sont étrangers. Le tout appartient au bas Kleinbasel, que le gouvernement cantonal a lui-même qualifié de « point chaud policier », avec trafic de drogue visible et violences concentrées dans certains secteurs. Insérer une zone branchée et festive dans un tel environnement, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

La spécificité de l’agression du 15 au 16 août réside cependant dans l’attaque de l’ambulance, un phénomène encore peu fréquent en Suisse, mais contre lequel certaines communes, comme Zurich, se prémunissent. Le phénomène est en revanche fort répandu chez nos voisins français. À Grigny 2, quartier où 51 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, 49 % sont immigrés et 47 % étrangers, pompiers et SMUR ont été caillassés en août 2025, alors qu’une victime se trouvait déjà dans un véhicule.

Le quartier a aussi connu des guets-apens où des incendies de poubelles ou de véhicules servent à attirer les secours avant de les attaquer. Au Val-Fourré, 45 % de pauvreté, 39 % d’immigrés et 32 % d’étrangers, des pompiers ont encore été caillassés en janvier 2024, tandis que certaines interventions nécessitent une sécurisation policière, tant, dans ces types de zones, les agressions contre toute forme de représentation de l’État sont monnaie courante. Un phénomène d’ampleur dénoncé au Sénat et à l’Assemblée nationale.

Bâle n’en est pas là. Reste qu’entre l’Uferstrasse branchée, le Klybeck à forte proportion d’étrangers et les rues du bas Kleinbasel sous surveillance, le « vivre ensemble » finit par ne fonctionner que sous forte présence policière.

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