Ceuta : la police espagnole vise Rabat, la version Sánchez tombe à l’eau
Un rapport de la Police nationale espagnole attribue à des agents marocains un rôle direct dans l’entrée massive à Ceuta. Deux jours plus tôt, Pedro Sánchez assurait qu’aucun élément ne visait Rabat.
À Ceuta, la version officielle rencontre un obstacle de taille : un rapport de la Police nationale espagnole. Transmis à la juge María Tardón de l’Audience nationale, le document affirme que l’entrée massive des 30 et 31 juillet a été guidée par des gendarmes marocains, sous les instructions d’agents en civil. Le Centre national d’immigration et des frontières estime que l’opération visait à saturer le contrôle frontalier et à neutraliser la capacité de réaction espagnole, avec une finalité « distincte du migratoire ». Une manipulation que nous analysions déjà en nous appuyant sur une conférence donnée par Juan Branco et que relevait, également dans nos colonnes, Oskar Freysinger. Le réel nous donne une fois de plus raison.
Fernando Grande-Marlaska a réagi dans la nuit du 1er au 2 septembre en demandant au directeur général de la Police, « si cela est vrai », depuis quand ses services disposaient de ces informations et de lui transmettre le document. Le rapport avait donc déjà été remis à la justice, tandis que le ministre chargé de la Police réclamait encore qu’on lui en confirme la teneur.
Le 31 août, en dépit de l’évidence, Pedro Sánchez assurait pourtant qu’il n’existait « aucune information » des forces de sécurité ou du renseignement impliquant les autorités marocaines. Il suggérait que la Russie ou Israël avaient pu chercher à déstabiliser l’Espagne par la désinformation. Des éléments de langage repris par Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur français, plus occupé à traquer d’hypothétiques « ingérences étrangères » que les criminels et clandestins qui pullulent sur son territoire.
Si le rapport ne prouve pas que le gouvernement connaissait ces conclusions lorsqu’il exonérait Rabat, la certitude affichée par Madrid devient néanmoins intenable sans explication. Il faut désormais comprendre comment un document de sa propre police a pu parvenir à une juge avant d’être réclamé par le ministre et de contredire publiquement le président.