mercredi 2 septembre 2026
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Des éléphants aux écrans LED : le cirque Knie change de numéro

À 107 ans, le cirque Knie reste l’un des symboles culturels les plus reconnaissables de Suisse. Animaux sauvages en retrait, cirque contemporain en essor, technologies omniprésentes : sous le chapiteau, la tradition est en constante mutation.

Les Observateurs (la rédaction)
3 min de lecture

Les tigres et les éléphants ont quitté la piste, un écran LED géant l’a remplacée. En 2026, le Cirque Knie résume assez bien ce qu’est devenu le cirque en Suisse : une tradition familiale vieille de deux siècles qui a dû se transformer pour durer.

Pour sa tournée 2026, Knie pousse encore la transformation. Le Temps relève l’omniprésence d’un écran LED géant et d’effets visuels parfois envahissants, tout en constatant que les moments qui soulèvent vraiment le chapiteau restent les prouesses humaines : équilibrisme, balançoire russe ou neuf motards enfermés dans une sphère métallique. L’écran fait le décor, mais c’est toujours l’acrobate qu’on vient voir.

Knie peut difficilement être réduit à une entreprise de divertissement. La dynastie remonte à 1803, arrive en Suisse en 1814 et donne le 14 juin 1919 à Berne sa première représentation sous chapiteau. Un siècle plus tard, Swissmint frappe pour son centenaire une pièce de 20 francs et présente Knie comme « un morceau du patrimoine culturel suisse ». En 2011, le Forum du bilinguisme saluait déjà son rôle de pont entre les régions linguistiques, où Emil Steinberger, Marie-Thérèse Porchet ou Massimo Rocchi ont pu toucher un public national.

Ce cirque-là a pourtant beaucoup changé. Les éléphants de Knie ont quitté les tournées après 2015. Plus largement, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires constate que les numéros d’animaux sauvages ont « pratiquement disparu » des cirques suisses, sous l’effet des règles de protection animale, de leur coût et de l’évolution de l’opinion publique. En 2019, le Cirque Nock, plus vieux cirque du pays, a cessé son activité après 158 ans, invoquant déficits, concurrence des autres loisirs, raréfaction et renchérissement des emplacements, exigences de protection animale et même canicules estivales.

Pendant ce temps, un autre cirque s’est développé en Suisse. Le Circus Monti construit depuis longtemps ses spectacles comme de véritables créations mises en scène et n’utilise plus aucun animal depuis 2011. Le cirque contemporain dispose même désormais d’un réseau national de résidences reliant six lieux culturels de Sion à Zurich, avec le soutien de Pro Helvetia.

Le Knie de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1919 : les fauves ont disparu, un écran géant a pris leur place. Restent les chevaux, les acrobates et la famille, qui décide encore de tout. C’est sans doute ce qui lui a permis de tenir là où Nock a fermé.

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