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Ceuta : la colère de l’enclave gagne toute l’Espagne

En plus d’une mobilisation citoyenne, des centaines de communes espagnoles se mobilisent ce 2 septembre en soutien à Ceuta. Un mois après l’entrée massive de migrants, la crise de l’enclave devient un affrontement politique à l’échelle nationale.

La rédaction
2 septembre 2026 Modifié le 2 septembre 2026 à 15h34
3 min de lecture

Un mois après l’entrée massive de migrants à Ceuta, la crise sort de l’enclave. La Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP) a appelé les 8 132 mairies du pays à se rassembler ce mercredi 2 septembre à 20 heures devant leurs hôtels de ville, à l’occasion du Día de Ceuta. Plus de 260 communes avaient officiellement rejoint l’initiative avant la journée de mobilisation. Une source issue de l’organisation citoyenne en recensait plus de 400 ce matin.

À Madrid, Alberto Núñez Feijóo et Santiago Abascal ont annoncé leur présence. Le PP et Vox entendent faire de Ceuta une affaire de frontières, de souveraineté et de responsabilité gouvernementale. La direction du PSOE refuse au contraire de soutenir la mobilisation de la FEMP, qu’elle accuse d’avoir transformée en opération partisane contre Pedro Sánchez. Quelques municipalités socialistes ont toutefois choisi de participer à des rassemblements parallèles.

Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, assume pleinement le changement d’échelle. « La cause n’est pas exclusivement celle de Ceuta, c’est la cause de toute l’Espagne », écrit-il, en reliant directement la situation de l’enclave à l’intégrité territoriale du pays. Le symbole est puissant. Depuis la fin août, les Ceutis manifestaient déjà dans leurs rues contre les conséquences de l’arrivée massive de migrants. Nous avions raconté cette colère locale, ses slogans et ses affrontements dans Ceuta : quand Le Camp des saints cesse d’être un roman. Ce 2 septembre, cette crise longtemps contenue derrière les digues du Tarajal se projette sur les places de toute l’Espagne.

Officiellement, la FEMP parle de solidarité avec les habitants et non d’une manifestation contre l’immigration. Politiquement, le verrou a pourtant sauté : Ceuta n’est plus seulement une crise locale à gérer. Elle est devenue un test national sur les frontières, la souveraineté et la capacité de Madrid à garder la main sur l’une de ses enclaves les plus exposées.

La mobilisation n’a pourtant pas attendu les états-majors. Le mouvement citoyen « Por Ceuta » (« Pour Ceuta »), né sur internet après la crise de l’enclave, avait recueilli près de 50 000 signatures en quelques heures. Il recense désormais 720 concentrations dans 72 provinces, présentées comme « civiques et pacifiques », avec des slogans tels que « Toute l’Espagne pour Ceuta », « Ceuta n’est pas seule » et «Ceuta, c’est l’Espagne». Le mouvement est donc parti d’en bas, des habitants et des réseaux, bien avant que les partis ne se découvrent une passion pour Ceuta. La rue a créé la mobilisation, les appareils politiques sont venus ensuite se disputer son drapeau.

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