lundi 15 juin 2026
LesObservateurs.ch
Menu
En direct
Politique

Adieu à Quentin Deranque

Francis Richard
2 mars 2026
3 min de lecture

Avant de m’ex­pri­mer sur la mort de Quen­tin Deranque, j’ai sou­hai­té m’in­for­mer sur ce jeune homme, tué puis calom­nié par des gens sans hon­neur, prendre du recul pour ne pas le faire sous le coup de la colère qui m’a sai­si, comme beau­coup de Fran­çais¹, quand j’ai appris ce qui lui était arri­vé dans une France qui, de moins en moins, tient les pro­messes de son bap­tême.

Le 12 février 2026, Quen­tin Deranque était tabas­sé à mort par de lâches bar­bares, en marge d’une mani­fes­ta­tion paci­fique orga­ni­sée par le col­lec­tif Némé­sis, pro­tes­tant contre un mee­ting2 de Rima Has­san à Sciences Po Lyon. Le 14 février, il décé­dait. Le 21 février, une marche blanche se dérou­lait à Lyon en son hom­mage. Le 24 février avaient lieu ses obsèques.

Pen­dant tout ce temps, j’ai pen­sé avec peine à la peine de ses parents et j’ai prié pour lui et pour eux. Pour lui, pour que son âme repose en paix ; pour ses parents parce que, père moi-même de deux gar­çons deve­nus des hommes, j’i­ma­gine quelle aurait été ma dou­leur si l’un d’eux était mort, au même âge, sur­tout dans de telles cir­cons­tances, dans un pays soi-disant civi­li­sé.

Le 19 mars, j’au­rai sep­tante-cinq ans. Quen­tin aurait pu être mon petit-fils, dans lequel j’au­rais pu me recon­naître. En effet il était catho­lique de tra­di­tion, comme je le suis. Il aimait son pays, comme j’aime la Bel­gique où je suis né, la France où j’ai vécu la moi­tié de mon âge, la Suisse qui m’a adop­té, où je suis deve­nu adulte. Il était spor­tif comme je le suis encore.

Pour jus­ti­fier son meurtre, il fal­lait le salir, men­tir sur ce qu’il était. Ce paci­fique vou­lait pro­té­ger des jeunes femmes qui, comme lui, défendent la civi­li­sa­tion chré­tienne et veulent pré­ser­ver la douce France. Il était donc d’extrême-droite, d’ultra-droite, un fas­ciste, un nazi, ou un néo­na­zi : ses tueurs anti­fas­cistes devaient en pur­ger la Terre, dans la tra­di­tion de la Ter­reur.

Nombre de ceux qui ont ten­té de salir sa mémoire, qui ont men­ti sur lui, per­sistent et signent. La marche blanche du 21 février a mon­tré qu’ils avaient tort, car, à de très rares excep­tions près, ceux qui ont mar­ché étaient dignes et calmes, res­pec­tant la volon­té de la famille. D’au­cuns ont cepen­dant tra­ves­ti une fois de plus la véri­té, comme si men­tir leur était consub­stan­tiel.

Après, ces gens-là ont affi­ché leur répro­ba­tion indis­pen­sable du nazisme3. Mais soyons cha­ri­tables, met­tons leurs men­songes sur le compte de l’i­gno­rance : le chrisme est un signe chré­tien ; La caval­cade, un chant scout ; Adieu cama­rade, un chant de 1809 ; La ligue noire, un chant com­mé­mo­rant le mas­sacre en 1793 des contre-révo­lu­tion­naires lyon­nais par la Conven­tion.

Ces calom­nia­teurs, relayés par de grands médias, ignorent de même que nazisme et catho­li­cisme sont abso­lu­ment incom­pa­tibles : le pape Pie XI⁴ a condam­né cette idéo­lo­gie en 1937 dans son ency­clique Mit bren­nen­der Sorge, comme il condam­ne­ra quelques jours plus tard le com­mu­nisme, l’autre tota­li­ta­risme du XXᵉ siècle, dans son ency­clique Divi­ni Redemp­to­ris.

Sol­je­nit­syne disait des men­teurs paten­tés : Nous savons qu’ils mentent. Ils savent qu’ils mentent. Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent. Et, pour­tant, ils per­sistent à men­tir. Ce matin, à la messe de ce deuxième dimanche de Carême, je me suis per­mis de prier éga­le­ment pour qu’ils viennent à rési­pis­cence…

Notes

  1. Je suis bina­tio­nal, fran­çais et suisse, né en Bel­gique…
  2. La dépu­tée euro­péenne LFI n’est pas une confé­ren­cière.
  3. Expres­sion employée par Jean-Fran­çois Revel dans La grande parade, Plon (2000)
  4. Le fas­cisme avait éga­le­ment été dénon­cé par lui, en 1931, dans son ency­clique Non abbia­mo biso­gno.

Publi­ca­tion com­mune LesObservateurs.ch et Le blog de Fran­cis Richard

Francis Richard
Francis Richard

De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), Francis Richard a travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et s'intéresse aux arts et lettres. Il anime le blogue "Semper longius in officium et ardorem".

Voir tous ses articles →
La Lettre des Observateurs

Chaque semaine, l’essentiel de l’actualité directement dans votre boîte mail.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *.

Nous encourageons les commentaires argumentés, documentés et respectueux. Les messages dont l'unique objet est la provocation, l'invective, le règlement de comptes ou la répétition de slogans sans lien avec le sujet traité pourront être modérés afin de préserver la qualité des échanges.