mercredi 29 juillet 2026
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À Paris, la stratégie des « mille entailles » d’Al-Qaida et Daech frappe encore. La Suisse est aussi visée

Après l’attentat islamiste au couteau qui a frappé trois femmes à Paris, la litanie française et les précédents suisses rappellent l’efficacité terroriste d’une arme banale, au cœur d’une stratégie d’actions autonomes et répétées.

Les Observateurs (la rédaction)
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Trois femmes de 19, 24 et 36 ans, dont une enceinte, ont été attaquées lundi 27 juillet à la porte de Clichy, à Paris, par un homme armé de deux couteaux de cuisine. Deux ont été grièvement blessées. Immobilisé par des passants puis interpellé par un policier hors service, l’assaillant a déclaré : « C’est Allah qui me l’a ordonné ». Le parquet national antiterroriste est saisi de l’affaire. Si son enquête confirmait que le djihadiste présumé choisissait délibérément des femmes, ce ciblage basé sur le sexe des victimes constituerait vraisemblablement une première en Occident pour une attaque islamiste de ce type.

Le drame rejoint une longue série d’attaques similaires. Depuis Marseille–Saint-Charles en 2017, nous avons recensé au moins quatorze attentats djihadistes en France impliquant une arme blanche. Une estimation très prudente, la plupart de ces actes étant requalifiés en crimes liés à l’état psychologique de leur auteur, les fameux « déséquilibrés », un bon moyen de dégonfler les statistiques d’actes djihadistes. Parmi les plus récents attentats officiellement admis, celui dont le professeur Dominique Bernard a été victime à Arras en octobre 2023. À Mulhouse, en février 2025, un homme a tué un passant et blessé cinq policiers municipaux. La base ouverte de la Fondapol permet de retrouver les précédents antérieurs à mai 2021.

La Suisse n’est pas épargnée. À Morges, en septembre 2020, Omer A., mû par une motivation djihadiste, a assassiné un client dans un kebab et été condamné à vingt ans de prison. Deux mois plus tard, à Lugano, une femme acquise à l’État islamique a étranglé une cliente d’un grand magasin puis en a poignardé une autre. En mars 2024, un adolescent radicalisé par Daech a porté dix-sept coups de couteau à un Juif orthodoxe à Zurich. En mai 2026, trois personnes ont été blessées à la gare de Winterthour lors d’une attaque terroriste.

Ces opérations ne nécessitent ni explosifs, ni filière, ni logistique complexe. Un individu radicalisé peut agir avec un objet disponible partout, choisir sa cible au dernier moment et frapper avant d’être détecté. Cette méthode relève de la stratégie des « mille entailles », formulée dès 2010 par Al-Qaida dans la péninsule Arabique sous le nom d’« opération Hémorragie », puis reprise par l’État islamique et ses acteurs isolés : substituer aux grands attentats une succession d’actions modestes, peu coûteuses et difficiles à prévenir.

Le couteau répond parfaitement à cette logique d’usure et sa banalité facilite le passage à l’acte ; sa violence de contact lui donne aussi, comme le relève Causeur, une charge symbolique nourrie par l’imaginaire des égorgements diffusé par Daech. Moins meurtrière qu’un attentat de masse, chaque attaque entretient pourtant une menace permanente et un climat délétère.

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