Vols dans les fermes françaises : ce que révèle l’étude du ministère de l’Intérieur
Une trentaine de vols par jour dans les exploitations agricoles françaises : c’est le constat d’une étude du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) couvrant 2016 – 2025, rapportée par Le Figaro du 17 juillet. Le volume global est en légère baisse – 13 % sur dix ans –, mais cette moyenne masque une mutation qui devrait retenir l’attention de ce côté-ci de la frontière : la nature de la délinquance a changé.
Deux criminalités coexistent désormais dans les campagnes françaises. La première, majoritaire, reste locale : pour l’ensemble des vols agricoles (carburant, animaux, matériel), 93 % des mis en cause sont de nationalité française, souvent plus âgés que la moyenne des voleurs. La seconde est d’un tout autre calibre : les vols de GPS agricoles – des équipements à plusieurs dizaines de milliers de francs –, quasi inexistants en 2016, représentent aujourd’hui près de 8 % des faits. Sur ce segment, 37 % des mis en cause sont étrangers, le taux d’élucidation demeure « très faible », et un gradé de la gendarmerie est formel : « Ces équipements sont la cible de réseaux criminels organisés venus d’Europe de l’Est qui les revendent dans le monde entier. » « La délinquance qui nous vise s’est professionnalisée et fonctionne en réseau », confirme la FNSEA.
C’est cette seconde criminalité qui concerne directement la Suisse : mobile, transfrontalière, ciblant des actifs de haute valeur aisément revendables, elle opère là où la circulation est fluide et l’élucidation improbable. Nos exploitations, équipées des mêmes technologies, présentent les mêmes cibles. La conclusion s’impose d’elle-même : la protection des terroirs ne relève plus seulement de la gendarmerie locale, mais de la maîtrise des flux aux frontières – et un pays qui a conservé les moyens de surveiller les siennes aurait tort de s’en priver.