Balkans occidentaux : Bruxelles réinvente l’antichambre
Cinq États membres – l’Autriche, l’Italie, la Tchéquie, la Slovaquie et la Slovénie – ont fait circuler vendredi dernier un document confidentiel appelant la Commission européenne à offrir aux candidats des Balkans occidentaux un accès « au mérite » et « étape par étape » au marché unique. Objectif affiché : contrer l’influence de Moscou et de Pékin.
Derrière le jargon – « intégration sectorielle systématique » – se cache pourtant une réalité moins reluisante : vingt ans après les promesses de Thessalonique, l’UE propose au Monténégro, à l’Albanie, à la Macédoine du Nord et à la Serbie non pas l’adhésion, mais un strapontin. L’accès au marché serait conditionné à l’alignement, chapitre par chapitre, sur l’épais corpus réglementaire bruxellois – avec clauses de retour en arrière en cas de « dérapage ».
Même les experts peinent à y voir du neuf : « Une version un peu plus sophistiquée des concepts précédents d’intégration graduelle », tranche Milan Nič, du Conseil allemand des relations étrangères. Le texte reste d’ailleurs en deçà des demandes du ministre albanais des Affaires étrangères Ferit Hoxha, qui réclamait au moins un statut d’observateur dans les institutions.
L’Union se rêve en puissance géopolitique ; elle continue surtout d’exceller dans l’art de faire patienter.