Violences aux CFF : le compteur stagne, la brutalité monte
Les CFF recensent toujours une dizaine d’agressions par jour contre leur personnel. Le chiffre stagne, la brutalité non : les faits deviennent plus graves et la réponse sécuritaire se durcit à son tour en Suisse.
Une salariée « rouée de coups », un contrôleur retrouvé ensanglanté dans un Lucerne–Bâle, des équipes de chantier visées par des bouteilles et même des tirs de carabine : un an après la première journée d’action du Syndicat du personnel des transports (SEV), les violences aux CFF restent solidement installées.
Les CFF recensent toujours une dizaine d’agressions par jour contre leur personnel, soit à peu près le niveau de septembre 2025. L’entreprise précise que le nombre d’incidents est resté stable ces dernières années. Le changement est plus inquiétant : « leur gravité augmente ». Le SEV dresse le même constat et souligne que la poussée enregistrée pendant la pandémie ne s’est jamais résorbée.
Six jours après la première journée d’action de 2025, un contrôleur a été roué de coups entre Lucerne et Bâle. En août dernier, le SEV rapportait encore des tirs contre une machine de chantier et des objets lancés sur des employés de l’infrastructure.
La tendance dépasse le rail. En 2025, alors que l’ensemble des infractions au Code pénal a reculé de 1,5 % en Suisse, les violences graves ont progressé de 8,1 %, après +19,4 % en 2024. C’est le même contraste que nous relevions à propos de la délinquance des mineurs à Sainte-Croix : des volumes contenus n’empêchent pas les faits les plus brutaux de gagner du terrain.
Les autorités ont à leur tour changé de braquet. L’OFT a lancé cet été un plan national associant entreprises, polices, cantons et partenaires sociaux. Le Conseil fédéral veut encadrer les bodycams, ouvrir l’usage du taser à la Police des transports et permettre, sous conditions, la vidéosurveillance en temps réel.
La Suisse n’est pas seule : la SNCB, compagnie nationale ferroviaire belge, a recensé 2 602 agressions contre ses employés en 2025, dont plus de quatre sur dix avec violence physique. En Allemagne, 3 023 salariés de Deutsche Bahn ont été victimes d’un acte violent la même année, contre 1882 en 2019.