L’accord avec Bruxelles nous protégerait des sanctions ? Il les prévoit noir sur blanc !
Dans Le Temps, le président de la Conférence des gouvernements de Suisse occidentale affirme que l'accord avec l'Union européenne protégerait la Suisse des mesures de rétorsion. Yvan Perrin, ancien conseiller national UDC neuchâtelois, relève que le texte prévoit précisément le contraire : la faculté pour Bruxelles de sanctionner la Suisse si le peuple vote mal. Une menace qui servira à faire chanter l'électeur.
« Loin du narratif alarmiste des opposants, cet accord renforce notre souveraineté en nous intégrant aux décisions, tout en nous protégeant des mesures de rétorsion. Dans un contexte mondial tellement incertain, stabiliser nos rapports avec nos voisins européens, qui partagent nos valeurs, est le seul choix pragmatique. »
Voici l’énormité que le président de la Conférence des gouvernements de Suisse occidentale lâche dans Le Temps du jour. Selon notre homme, l’accord d’adhésion nous protégerait des mesures de rétorsion. Il fallait oser, alors que le texte prévoit expressément la faculté pour Bruxelles de punir la Suisse si la population devait ne pas suivre le dirigisme européen. Cette disposition permettra aux partis qui préfèrent Bruxelles à la Suisse de faire chanter l’électeur sur le thème : « Si nous ne votons pas comme l’Union européenne le veut, nous subirons les feux de l’enfer ».
Jusqu’ici, les partisans de l’accord consacraient une remarquable énergie à nous expliquer que la procédure aboutissant aux mesures de rétorsion était tortueuse, qu’il y avait plusieurs étapes, tribunal arbitral, comité mixte, tables rondes, causeries au coin du feu, toutes dispositions censées rendre le processus long et délicat. Mais c’est la première fois qu’un acteur politique nous sort que le texte nous protège de mesures qu’il prévoit expressément.
Si la Commission européenne avait réellement l’intention de respecter notre démocratie directe, pourquoi aurait-elle exigé de pouvoir nous punir si nous l’exerçons ? La vérité est nettement plus simple. La classe politique veut une Suisse soumise à Bruxelles, étape indispensable en vue de l’adhésion pleine et entière.