« Niquez vos règles ! » Bali répond : « douze mois de prison »
Un Suisse écope d’un an de prison à Bali après avoir insulté les règles du jour sacré de Nyepi. En Thaïlande, « French Arabics » et Koweïtiens ont déjà offert d’autres variantes du touriste persuadé que les règles sont pour les autres.
À Bali, « Niquez Nyepi et niquez vos règles » aura finalement coûté un an de prison à Luzian Andrin Zgraggen. Le Suisse de 26 ans, visiblement adepte de la culture « racaille », avait profité, en mars, du jour du Silence hindou pour quitter sa villa, marcher jusqu’à la plage et publier ses bravades sur Instagram. Le tribunal de Denpasar a retenu qu’il avait pourtant été informé des restrictions par le personnel de son hébergement. Son ignorance revendiquée n’a donc guère impressionné les juges.
L’affaire serait seulement celle d’un touriste dont la vision du « vivre-ensemble » était particulièrement mal inspirée si l’Asie du Sud-Est ne collectionnait pas les variantes du « vos règles ne sont pas les miennes ». À Phuket, en avril, sept titulaires de papiers français ont été arrêtés pendant Songkran après avoir bloqué la circulation et refusé de se disperser. Deux autres ont été interpellés après l’agression présumée d’un Thaïlandais qui avait signalé ne pas vouloir participer aux jeux d’eau. Ces épisodes ont alimenté la polémique autour de l’expression « French Arabics », employée dans certains milieux franco-thaïlandais pour désigner une partie de ces jeunes touristes au comportement hélas prévisible : incivilités, agressions contre des citoyens locaux, d’autres touristes ou des policiers, rodéos urbains, harcèlement et agressions sexuelles, bref, des jeunes qui se conduisent là-bas comme dans leur cité.
Pattaya connaît une version plus régulière du phénomène. Depuis 2023, habitants et police se plaignent de groupes de jeunes touristes, principalement koweïtiens, qui louent des motos, organisent des courses nocturnes, font hurler les échappements et bloquent parfois les rues. En août 2023, quelque 200 policiers et agents ont été mobilisés et environ 200 jeunes contrôlés. L’été suivant, la police constatait que le scénario se répétait depuis « deux à trois ans », malgré barrages et avertissements.
Les nationalités changent, la pédagogie reste. Bali a déjà expulsé des touristes russes après des provocations sur des sites sacrés ; à Pai, quatre Israéliens ont été expulsés en 2025 après des troubles dans un hôpital. Pour le Suisse de Nyepi, la leçon sera simplement plus longue : douze mois pour découvrir qu’à l’étranger, les lois et usages du pays d’accueil ne sont pas en option. Un modèle à suivre.