lundi 24 août 2026
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Police des polices à Genève : +42 % de contrôles, beaucoup de bruit pour rien ?

L’Inspection générale des services de Genève a vu son activité bondir en 2025. Les chiffres racontent toutefois moins une flambée des fautes policières qu’un contrôle devenu nettement plus systématique.

Les Observateurs (la rédaction)
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À Genève, l’Inspection générale des services (IGS), chargée d’enquêter notamment sur les fonctionnaires détenteurs de la force publique, a ouvert 154 nouvelles enquêtes en 2025, contre 143 en 2024. Une hausse de 7,7 %, certes, mais qui ramène simplement le compteur à son niveau de 2022 : 154 également. Le chiffre qui s’envole se trouve ailleurs. Les contrôles préliminaires passent de 176 à 250, soit +42 %.

Ces contrôles servent précisément à déterminer si les faits signalés justifient une enquête pénale, leur multiplication ne suffit donc pas à établir une poussée des fautes policières. L’IGS explique qu’elle est davantage intégrée aux réflexions de la hiérarchie lorsqu’un incident implique un détenteur de la force publique et que les commissaires sollicitent plus facilement son service de piquet. Les tentatives de suicide en prison, systématiquement signalées depuis 2020, sont aussi passées de 16 à 29 en un an.

Les allégations d’usage abusif de la force progressent pourtant, de 52 à 61 enquêtes. Cinq d’entre elles proviennent toutefois d’un seul événement, la manifestation du 2 octobre 2025 en soutien à la flottille pour Gaza. En retirant ce dossier collectif au profil très particulier, il reste 56 enquêtes, soit quatre de plus qu’en 2024. Le thermomètre monte, la fièvre paraît déjà moins spectaculaire.

Les suites judiciaires font encore baisser la température. Sur 229 procédures ouvertes en 2022 et 2023 et désormais terminées, 87 % ont abouti à une non-entrée en matière ou à un classement. Ordonnances pénales et condamnations ne représentent donc que 13 % du total et parmi les 29 procédures sanctionnées, treize concernaient des infractions commises hors service.

Le MIPP, organe de médiation entre population et police, fournit un autre indicateur : 69 dossiers ouverts en 2025, contre 89 en 2024. Son rapport 2024 montrait que 75 % des dossiers mentionnaient l’attitude d’un agent, plus de la moitié un sentiment de traitement injuste et plus de 40 % un manque d’explication. Ces doléances ne constatent pas des fautes. Elles renseignent en revanche sur le point de friction le plus fréquent : la manière dont l’intervention est vécue, comprise ou expliquée.

La comparaison entre cantons tourne enfin au petit exercice de fédéralisme appliqué. Zurich comptabilise des réclamations beaucoup plus larges que les seules affaires pénales, Bâle-Ville a changé de système en 2025 et Vaud ne disposait pas, dans la dernière réponse officielle retrouvée, d’une série comparable. Impossible donc d’établir un classement sérieux et l’effet loupe semble jouer à plein : Genève paraît particulièrement contrôlée parce qu’elle s’est donné un instrument spécialisé dont d’autres cantons ne disposent pas.

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