mercredi 26 août 2026
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Industrie tech : derrière la reprise, un quart des entreprises dans le rouge

Les commandes repartent dans l’industrie Tech suisse, mais un quart des entreprises restent déficitaires. Faibles investissements européens, concurrence chinoise et pression américaine continuent d’écraser les marges.

Les Observateurs (la rédaction)
2 min de lecture

Les carnets se remplissent, les marges se vident. Au premier semestre 2026, les commandes de l’industrie Tech suisse ont progressé de 12,1 %, le chiffre d’affaires de 2,5 % et les exportations de 1,7 %. Pourtant, un quart des entreprises interrogées par Swissmem affichent une marge EBIT négative et 29 % supplémentaires couvrent à peine leurs coûts de capital et de R&D. Chez les PME, le chiffre d’affaires recule même de 3,8 %.

Le périmètre est large : cette « industrie Tech » regroupe 25 secteurs, des machines-outils à l’électronique, en passant par les équipements électriques et les métaux. Et une partie du mal vient des clients. Dans la zone euro, la demande de biens reste faible depuis 2022 et l’utilisation des capacités industrielles est tombée sous sa moyenne historique depuis mi-2023, relève la BCE. En juin 2026, la production industrielle n’était encore que 0,1 % au-dessus de son niveau d’un an plus tôt. Quand les usines tournent déjà au ralenti, l’achat d’une nouvelle ligne ou d’un nouveau centre d’usinage attend.

La crise automobile européenne en fournit l’exemple le plus visible : moins de voitures produites et moins de nouvelles capacités signifient aussi moins de commandes aux fournisseurs de machines-outils. Christoph Plüss, directeur technique de United Machining Solutions, avertissait d’ailleurs en janvier que « l’industrie européenne des machines risque de suivre la même voie que l’industrie automobile ».

Le problème serait déjà sérieux sans concurrent nouveau. Or, la Chine est devenue en 2025 le premier exportateur mondial de machines-outils, avec 8,6 milliards d’euros, devant l’Allemagne à 7,1 milliards. Elle représente désormais 37 % de la production mondiale du secteur. Les industriels suisses sont donc pris en étau entre un marché européen qui investit peu et une concurrence qui monte en puissance.

À cela s’ajoutent un franc toujours fort et, depuis fin juillet, des droits américains de 12,5 %, soit 2,5 points de plus que pour les produits de l’UE. Si les commandes repartent, la rentabilité nous rappelle que l’industrie suisse est encore à l’atelier de réparation.

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