France, Suisse : deux bulletins PISA, deux ambiances
La publication du PISA 2025 tourne au drame national en France. La Suisse recule aussi, mais reste dans le Top 20 mondial dans les trois matières. Avec de bonnes notes, pas de quoi sonner l’alerte politico-médiatique.
Les résultats PISA 2025 sont tombés le 8 septembre. En France, l’enquête de l’OCDE devient aussitôt une affaire nationale. Chez nous, le diagnostic est moins spectaculaire : les scores baissent, surtout en lecture et en mathématiques, mais le pays reste solidement installé dans le haut du tableau.
La France obtient 458 points en mathématiques et 456 en lecture, et 483 en sciences. Traduit en places, c’est plus parlant : 34e en mathématiques, 29e en lecture et 28e en sciences, sur 91 pays et économies participants. Depuis 2022, la France a encore perdu 16 points en maths et 18 en lecture. Être tout juste « dans la moyenne de l’OCDE » ressemble de plus en plus à la formule indulgente inscrite au bas du bulletin de l’élève planqué au fond de la classe, près de la fenêtre et du radiateur.
À l’inverse, la Suisse joue les bons élèves, dont le bureau fait face à celui du professeur. Avec 499 points en mathématiques, elle reste dans le Top 10 mondial, à la 9e place au simple ordre des scores moyens. Avec 501 points en sciences, elle se classe 14e mondiale, avec 470 points en lecture, 19e. En mathématiques, ses 499 points la placent au 9e rang. Autrement dit, la Suisse reste dans le Top 20 dans les trois disciplines. Parmi les seuls pays de l’OCDE, trois seulement la devancent en mathématiques. Face à la France, l’avance atteint 41 points dans cette discipline, 14 en lecture et 18 en sciences.
Précision utile : l’OCDE rappelle qu’un rang exact doit être manié avec prudence, les scores provenant d’échantillons et comportant des marges d’incertitude. Les positions ci-dessus correspondent donc au simple ordre des scores moyens publiés, pas à un podium statistique gravé dans le marbre.
La Suisse recule pourtant elle aussi sur le long terme, notamment en lecture et en mathématiques. La différence est ailleurs : quand la France tombe vers la 30e place, chaque livraison de PISA devient une crise politique et appelle son nouveau plan de « relèvement ». Quand la Suisse reste neuvième en maths et dans le Top 20 partout, la même étude ressemble plus à un contrôle technique avec quelques indicateurs en orange. En France, on commente la chute, en Suisse, on surveille l’érosion.