Farvagny : le hold-up ne fait plus recette, le brigandage descend dans la rue
Le braquage d’une banque à Farvagny rappelle un mode opératoire devenu marginal. Banques et bancomats sont moins visés, tandis que le brigandage se déplace vers la rue et frappe davantage les particuliers.
Le braqueur de banque à l’ancienne a encore des adeptes. Le 7 août, un homme armé a menacé une employée lors du braquage d’une banque à Farvagny avant de repartir avec plusieurs milliers de francs. Le suspect, un citoyen belge de 58 ans domicilié en Gruyère, a été arrêté le 21 août à Villorsonnens. La police dit avoir retrouvé dans son véhicule des vêtements et du matériel présumés utilisés lors du hold-up, mais pas l’argent. Elle le relie aussi au braquage d’une banque à Châtel-Saint-Denis en mars 2025. Le prévenu conteste les faits.
Le genre a toutefois perdu de son lustre. Sur 1 834 brigandages enregistrés en Suisse en 2025, seuls 111 impliquaient une arme à feu. Une enquête thématique de l’OFS relevait déjà en 2017 seulement 13 brigandages de banques, contre 93 visant stations-service, distributeurs d’essence, garages ou centres automobiles. Les bancomats deviennent eux aussi moins attirants pour les criminels : 24 attaques en 2025, moitié moins qu’en 2024 et le plus bas niveau depuis 2019. Seules environ 30 % ont abouti, après le renforcement des protections.
Le brigandage, lui, n’a pas disparu, il s’est rapproché du passant. À Genève, Carole-Anne Kast, conseillère d’État, expliquait en 2025 que sa forme la plus fréquente était l’arrachage de bijoux, « plus particulièrement de montres de grande valeur », avec pour les criminels « risque minimum, rendement maximum ». Les brigandages genevois ont cependant reculé de 20 % en 2025, après une hausse de 68 % en 2024.
Dans le canton de Vaud en revanche, le parquet spécialisé dans la délinquance itinérante et sérielle (STRADA) constate que l’« importante augmentation » des vols et brigandages de rue, déjà relevée en 2023 et 2024, s’est poursuivie en 2025. À Fribourg, 30 des 45 brigandages de 2025 reposaient sur la violence physique et aucun sur une arme à feu.
Le hold-up avec pistolet n’est donc pas mort. Il devient surtout l’exception spectaculaire d’un brigandage qui a quitté le guichet pour descendre dans la rue, frappant au hasard, sans doute ce que certains politiciens qualifient de « sentiment d’insécurité ».