Derrière la délinquance des demandeurs d’asile, une constante nord-africaine
En Suisse, 80,5 % des requérants d’asile originaires du Maghreb auraient été mis en cause pour au moins une infraction en 2024. Pays-Bas et Allemagne retrouvent les mêmes nationalités parmi les plus représentées, avec des indicateurs toutefois différents.
Une évaluation interne du Secrétariat d’État aux migrations (SEM), révélée par Blick, estime qu’en 2024, 80,5 % des requérants venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de Libye ont été mis en cause pour au moins une infraction pendant leur procédure d’asile ou après une décision négative, contre 12,3 % pour les autres origines. Même s’il s’agit de mis en cause et non de condamnés, et que Claudio Martelli, vice-directeur du SEM, reconnaît que le calcul n’est « certainement pas tout à fait précis », cette surreprésentation est impossible à ignorer.
Il ne s’agit pas d’un accident statistique : dès 2023, le SEM attribuait aux requérants du Maghreb 64 % des incidents de sécurité dans les centres fédéraux. Hors des centres, il signalait aussi des multirécidivistes, surtout pour des vols, tout en précisant qu’ils formaient une minorité des Nord-Africains accueillis. L’OFS confirme cette concentration, avec un autre périmètre. En 2024, 2 144 Algériens, Marocains, Tunisiens et Libyens relevant de l’asile figuraient parmi les 6 147 prévenus enregistrés pour une infraction au Code pénal, soit 35 % du total pour ces quatre nationalités. En 2025, ils étaient 1 633 sur 5 386, soit 30 %, en baisse de 24 % en nombre. Ces taux mesurent leur poids parmi les prévenus du domaine de l’asile, pas la part des Maghrébins ayant commis une infraction.
Même constante ailleurs. Aux Pays-Bas, la part de suspects parmi les résidents des structures d’accueil atteignait en 2022 44 % chez les Algériens, 33 % chez les Marocains et 31 % chez les Tunisiens ; en 2025, encore respectivement 33 %, 31 % et 25 %. En Allemagne, le BKA examine la récidive : parmi les migrants déjà suspects en 2023, 61,3 % des Algériens, 55,8 % des Marocains, 55,6 % des Tunisiens et 52,2 % des Libyens étaient des suspects multiples. Impossible de mettre le 61,3 % allemand face au 80,5 % suisse comme dans un classement : l’un mesure la récidive parmi des suspects, l’autre la part de requérants mis en cause. Si le périmètre change, les mêmes nationalités ressortent.