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Classe moyenne sous pression : un mal ancien, des économies à portée de main

La RTS donne la parole à des ménages romands qui ne travaillent plus, disent-ils, que pour payer leurs factures. Le constat n’a rien de neuf et dépasse largement nos frontières, mais la Confédération et les cantons gardent la main sur une partie de la facture : celle de leurs propres dépenses.

La rédaction
12 octobre 2026
3 min de lecture

Dans un reportage consacré au pouvoir d’achat de la classe moyenne, la RTS cite une enquête de l’institut Qualinsight selon laquelle 89 % des Romands surveillent de près leurs dépenses mensuelles, plus de la moitié réduisent leurs loisirs et leurs vacances et 47 % rognent sur l’alimentation. Les témoignages vont dans le même sens, de ce couple de Lucens qui voit partir plus de 7 000 francs de charges fixes sur 11 200 francs de revenu net mensuel, à ces agriculteurs de Poliez-Pittet qui résument leur situation d’une phrase : « On travaille pour payer, c’est tout. »

Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Les « nouveaux pauvres », rappelle le Dictionnaire historique de la Suisse, sont entrés dans la conscience collective après la crise des années 1970 et surtout avec les mutations des années 1980 et 1990, lorsque les bas salaires et le chômage se sont conjugués à un coût de la vie durablement élevé, et l’Office fédéral de la statistique en dénombrait déjà 100 000 de plus entre 1992 et 1999. Il n’est pas davantage propre à la Suisse : l’OCDE constatait dès 2019, dans un rapport sur la classe moyenne « sous pression », que les revenus intermédiaires progressaient moins vite que le revenu moyen dans de nombreux pays membres, tandis que le coût du logement augmentait plus vite que les salaires et l’inflation, un mouvement d’ensemble auquel la Confédération n’échappe pas.

Là où elle pourrait faire exception, c’est dans la manière dont elle et ses cantons dépensent l’argent public. La classe moyenne, souligne le reportage lui-même, paie pour le haut comme pour le bas de l’échelle, de sorte que chaque franc dépensé sans nécessité est un franc qui lui est pris ; encore faut-il couper au bon endroit, en commençant par les dépenses les plus évitables.

La détention des étrangers en offre un premier exemple : les 5 238 détenus étrangers recensés au 31 janvier 2026 coûtent, selon notre estimation, entre 420 et 620 millions de francs par an, l’équivalent d’une baisse d’impôts cantonaux de 100 à 150 francs par ménage, une charge que l’application stricte des expulsions et le transfert des condamnés vers leur pays d’origine permettraient de réduire. Dans le canton de Vaud, où 78,7 % des personnes incarcérées pour purger une peine en 2019 étaient étrangères, la future prison des Grands-Marais coûtera 411 millions de francs au lieu des 279 annoncés en 2018, soit 988 000 francs par place, trois fois le coût d’une place d’EMS à Fribourg, pour une ouverture repoussée à 2032. Au niveau fédéral enfin, l’adhésion au mécanisme européen de protection civile, en préparation pour 2028, coûterait quelque 10 millions de francs par an pour accéder à une coopération dont la Suisse bénéficie déjà largement, grâce à ses accords d’assistance avec ses voisins et à ses échanges réguliers avec les centres européens, et dont les règles seraient fixées à Bruxelles, où elle ne siège pas.

Ces montants ne régleront pas à eux seuls la question du pouvoir d’achat, mais ils montrent que la pression qui pèse sur la classe moyenne tient aussi à des choix de dépense sur lesquels les citoyens ont prise, comme l’ont montré les Vaudois en obtenant par une initiative populaire la baisse de 12 % de leur impôt cantonal que rappelle la RTS.

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