samedi 1 août 2026
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Fauci : le docteur ne répond plus

Pendant le Covid, Anthony Fauci avait réponse à tout. Auditionné au Sénat, il a choisi le cinquième amendement plus de cent fois. De quoi raviver les soupçons sur ses pouvoirs, ses intérêts et son rôle durant la crise sanitaire.

Les Observateurs (la rédaction)
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Pendant la pandémie, Anthony Fauci expliquait aux Américains comment se protéger, quoi craindre et, parfois, quoi penser. Le 29 juillet, devant la commission de la sécurité intérieure du Sénat, l’ancien conseiller médical de la Maison-Blanche s’est découvert une passion pour la concision : il a invoqué plus de cent fois le cinquième amendement. Son silence ne vaut pas aveu. Il offre tout de même une curieuse sortie à celui qui fut longtemps la voix la plus catégorique de la science américaine.

Fauci n’a jamais dirigé seul la politique sanitaire ni ordonné lui-même les confinements, qui relevaient des États. Il cumulait pourtant les casquettes : patron du puissant institut des maladies infectieuses, influence sur les financements, membre de la task force présidentielle, conseiller de Joe Biden et vedette des plateaux TV. Financer, expertiser, conseiller, rassurer : Washington avait trouvé son homme-orchestre. Il avait simplement oublié le contre-pouvoir.

Le principal embarras concerne les fonds attribués à EcoHealth Alliance, dont une partie a financé des recherches à l’Institut de virologie de Wuhan. Un audit fédéral a constaté une surveillance défaillante, mais n’a pas formellement établi que ces travaux avaient créé le SARS-CoV-2. Le problème tient donc moins à une culpabilité démontrée qu’à une dangereuse confusion des genres et des intérêts pour l’appareil chargé de gérer une crise dont il pourrait être en moins en partie à l’origine.

Même malaise autour de l’argent. Fauci a reçu 37 versements de royalties entre 2010 et 2021 dans le cadre légal du NIH. Si aucun élément publié ne les relie aux vaccins contre le Covid, l’opacité du système rappelle néanmoins qu’en matière de confiance publique, la transparence ne devrait pas être une option payante.

Tulsi Gabbard a enfin déclassifié en juin des documents qu’elle présente comme la preuve que Fauci a financé les recherches à l’origine de la pandémie, influencé le renseignement et menti au Congrès. Les pièces confirment des contacts avec les services et le financement indirect de travaux à Wuhan. Elles ne prouvent à ce stade ni que le virus en soit issu, ni que Fauci ait manipulé les analystes. Gabbard court donc plus vite que ses dossiers. Fauci, lui, ne court plus du tout : il se tait. Entre l’accusation qui s’emballe et le témoin qui se verrouille, la science a pris un sérieux tournant politique.

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