Après le rejet de « Pas de Suisse à 10 millions », l’UDC somme le PLR et Le Centre de passer des paroles aux actes
Après le rejet de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! », l’UDC met ses adversaires face à leurs contradictions. Le parti apparaît bien seul, désormais, pour défendre la Suisse face à un bloc qui va de la gauche assumée au Centre, cette gauche qui préfère ne pas dire son nom. Tous avaient promis de prendre au sérieux les inquiétudes des Suisses sur l’immigration. L’UDC leur demande maintenant de le prouver au Parlement.
Deux semaines après le rejet de son initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! », l’UDC entend replacer ses adversaires face à leurs engagements. Dans un communiqué publié le 26 juin, le parti estime que le PLR et Le Centre ne pourront plus se contenter de reconnaître les inquiétudes de la population sur l’immigration : ils devront désormais les traduire en actes au Parlement.
Durant la campagne précédant la votation du 14 juin, les opposants à l’initiative avaient régulièrement affirmé partager les préoccupations des Suisses concernant la pression migratoire, tout en rejetant la solution proposée par l’UDC. Plusieurs responsables avaient promis de présenter leurs propres réformes, notamment dans le domaine de l’asile.
L’UDC entend désormais vérifier si ces promesses seront suivies d’effet. Le groupe parlementaire a annoncé avoir redéposé une série de motions déjà défendues au cours de la législature, mais qui avaient jusqu’ici été rejetées par le PLR et Le Centre.
Le parti cite notamment la motion visant à limiter l’octroi de l’asile à des autorisations temporaires de deux ans, renouvelables après réexamen, sur le modèle danois et suédois. Cette proposition, déposée une première fois en 2024, avait été rejetée à l’unanimité par les deux partis lors de la session d’automne 2025. Or, relève l’UDC, plusieurs responsables du PLR défendent désormais publiquement une évolution similaire de la politique d’asile suisse.
Outre cette réforme, les textes redéposés portent notamment sur le regroupement familial, le refus d’entrer en matière pour les requérants d’asile délinquants, la création de centres fermés pour les auteurs d’infractions, le contrôle plus strict de l’âge des mineurs se déclarant tels, la suppression des visas humanitaires, la limitation de certaines prestations médicales ou encore la suspension du programme de réinstallation jusqu’à la stabilisation du système d’asile.
Dans son communiqué, l’UDC estime que le résultat de la votation a confirmé qu’une part importante de la population souhaitait un durcissement de la politique migratoire. Elle considère que le temps des déclarations est désormais révolu et appelle le PLR ainsi que Le Centre à soutenir ces différentes propositions lors des prochaines sessions parlementaires. Le parti attribue par ailleurs la responsabilité de la situation actuelle de l’asile au conseiller fédéral socialiste Beat Jans et estime que le Parlement doit désormais l’obliger à modifier sa politique.