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Après le chaos du G7 à Genève, le débat sur l’interdiction des « black blocs » relancé

Les Observateurs (la rédaction)
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La mani­fes­ta­tion anti-G7 du 14 juin 2026 à Genève, qui a ras­sem­blé des dizaines de mil­liers de per­sonnes, a été dis­soute dans la vio­lence : selon la police, quelque 600 black blocs infil­trés dans le cor­tège ont incen­dié une voi­ture, bri­sé les vitres d’or­ga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales et affron­té les forces de l’ordre. Ces scènes redonnent de l’é­cho à une démarche lan­cée deux semaines plus tôt par le par­le­ment ber­nois.

Le 3 juin, le Grand Conseil ber­nois avait en effet adop­té, par 82 voix contre 64 et avec le sou­tien du Conseil-exé­cu­tif, une motion UDC récla­mant l’in­ter­dic­tion des grou­pe­ments d’ex­trême gauche vio­lents. Dépo­sée le 19 jan­vier 2026 par les dépu­tés Tho­mas Fuchs (Berne) et San­dra Schnei­der (Bienne) sous la réfé­rence 2026.GRPARL.34, elle charge le gou­ver­ne­ment can­to­nal d’in­ter­ve­nir auprès de la Confé­dé­ra­tion pour faire inter­dire les mou­ve­ments connus sous les noms d’« anti­fa », « action anti­fas­ciste » ou « black blocs », en ver­tu de l’ar­ticle 73 de la loi sur le ren­sei­gne­ment (LRens). Les auteurs com­parent la pro­cé­dure sou­hai­tée à celle ayant visé Al-Qaï­da et l’É­tat isla­mique.

Pour jus­ti­fier leur démarche, les motion­naires invo­quaient une mani­fes­ta­tion pro-pales­ti­nienne non auto­ri­sée, le 11 octobre 2025 à Berne, dont le bilan s’é­tait éle­vé selon le texte de la motion à 18 poli­ciers bles­sés, 536 arres­ta­tions, 57 bâti­ments endom­ma­gés et plus d’un mil­lion de francs de dégâts. « Ces grou­pe­ments pour­suivent la des­truc­tion de l’ordre. Ils visent la des­truc­tion des valeurs hel­vé­tiques », a décla­ré Tho­mas Fuchs. La gauche a répli­qué que l’an­ti­fas­cisme est une atti­tude démo­cra­tique fon­da­men­tale et qu’une inter­dic­tion serait juri­di­que­ment inap­pli­cable.

Une telle inter­dic­tion relève tou­te­fois du seul niveau fédé­ral, où la démarche se heurte à un pré­cé­dent défa­vo­rable. Fin février 2026, le Conseil fédé­ral a recom­man­dé le rejet d’une motion du conseiller natio­nal Tho­mas Bur­gherr (UDC/AG), qui récla­mait lui aus­si l’in­ter­dic­tion d’An­ti­fa après les vio­lences ber­noises du 11 octobre. Le gou­ver­ne­ment a main­te­nu la ligne qu’il défend depuis 2020, lors­qu’il s’é­tait déjà oppo­sé à un pos­tu­lat simi­laire d’An­dreas Glar­ner : « anti­fa » n’est pas une orga­ni­sa­tion struc­tu­rée mais un réseau hété­ro­gène et informe, qu’une inter­dic­tion juri­dique pei­ne­rait à sai­sir. Le len­de­main du vote ber­nois, le 4 juin, quelque 200 per­sonnes avaient mani­fes­té en ville de Berne aux cris de « Nous sommes tous Anti­fa ».

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