Allemagne : la déroute de la CDU confirme le rejet de l’Union européenne
Yvan Perrin revient sur les scrutins régionaux du 20 septembre en Allemagne, marqués par une nouvelle progression spectaculaire de l'AfD et par l'effondrement inédit de la CDU du chancelier Friedrich Merz. Il y voit le désaveu d'une Europe technocratique et une leçon à retenir avant les élections fédérales suisses de l'an prochain.
Les patriotes triomphent une nouvelle fois lors d’une élection régionale en Allemagne. Dimanche 20 septembre dernier, en Mecklembourg–Poméranie–Occidentale, l’AfD progressait de 21,5 % pour atteindre 38,2 %, doublant largement son soutien populaire.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce succès est accompagné d’une monumentale baffe infligée à la CDU, le parti du chancelier Merz. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le parti n’atteint pas le quorum de 5 % et disparaît du parlement régional. C’est une sanction personnelle pour Friedrich Merz qui incarne tout ce que l’Allemagne ne veut plus : le mépris envers les classes populaires volontiers qualifiées de fainéantes, l’hubris du pouvoir qui lui vaut de ne pas entendre la population, le discours européen alors que les Allemands aimeraient qu’on leur parle d’Allemagne et qu’on y investisse en priorité avant de jeter l’argent du contribuable un peu partout ailleurs. Remarquable progression de l’AfD également à Berlin où elle s’impose comme troisième force politique de la ville à 16,3 % grâce à une progression de 7,2 %. Inquiétude néanmoins : Die Linke, la gauche radicale, progresse de manière fulgurante, atteignant 25,7 % grâce à un bond de 13,4 %. Là encore, puissante gifle pour la CDU, qui plafonne à 18,8 %, ayant perdu 9,5 %, le tiers de son électorat.
La CDU, c’est le parti de l’Union européenne, celui de sa présidente Ursula von der Leyen. Derrière la débâcle du parti, c’est le rejet de l’UE qui apparaît une nouvelle fois. Cette Europe de technocrates qui prétendent faire le bonheur des peuples malgré eux ne séduit plus guère que ceux qui en tirent profit : les fonctionnaires européens grassement payés, les élus aux indemnités confortables, les commissaires européens ivres d’un pouvoir dont ils abusent parce qu’on le leur permet. Sous le joug de ces pro–européens encore puissants, le patriotisme revient à l’honneur. Les populations se souviennent qu’elles appartiennent à une terre qui est la leur, qu’elles ont une histoire nationale qui leur est propre et ne veulent plus de la bouillie européenne dans laquelle on tente de les dissoudre. C’est une leçon pour nous en vue des élections fédérales de l’an prochain. Le patriotisme n’est en rien cette valeur un peu rance basée sur un passé fantasmé, comme la classe politique tente de nous le faire accroire. C’est au contraire l’amour de notre pays, de ses valeurs, la gratitude envers nos devanciers qui nous ont valu une situation enviée loin à la ronde. L’an prochain, le choix sera simple : l’Union européenne avec la classe politique, ou la Suisse avec l’UDC.