Adjugé, fumé ? Le Valais met 111 kg de haschisch CBD en vente
Le Valais a mis en vente 111 kg de haschisch au CBD saisis par la justice. Une première cantonale, pas suisse : cannabis, brosses à dents ou lettre de Nixon, les enchères publiques suisses réservent parfois quelques surprises.
Le Valais n’ouvre pas encore de coffee-shop cantonal, mais son Service des poursuites et faillites a tout de même proposé 111 kg de haschisch au CBD. Publiée le 4 août, la vente aux enchères portait sur le lot entier ou sur des achats au kilogramme, pour une vente fixée au 28 août. La marchandise, saisie par la justice valaisanne, était conditionnée sous vide par portions de 100 grammes. Aucun prix minimum n’avait été fixé.
Évitons tout malentendu : avec 22,6 % de CBD et seulement 0,4 % de THC, ce haschisch ne relève pas de la loi sur les stupéfiants, qui s’applique au cannabis à partir de 1 % de THC. Le canton ne s’est donc pas reconverti dans le trafic de drogue, il se contente de valoriser un bien saisi qui peut être commercialisé.
Le Valais peut revendiquer une première cantonale, pas une première suisse. En septembre 2023, l’Office cantonal des faillites de Genève avait déjà mis aux enchères 45 kg de cannabis CBD, répartis en deux lots. Un seul acheteur avait raflé l’ensemble pour 3 000 francs. L’Office avait même précisé que ce n’était pas la première fois qu’il vendait du cannabis légal, seulement la première dans de telles proportions.
La petite brocante des poursuites et faillites suisses offre d’ailleurs un inventaire à la Prévert. En 2025, à Zoug, des centaines de têtes de brosses à dents, de lames de rasoir, des brosses électriques et une smartwatch ont été mises aux enchères : du butin volé dans plusieurs cantons dont les propriétaires n’avaient pas pu être retrouvés. Quelques mois plus tard, la même plateforme proposait une lettre originale de Richard Nixon mise à prix à partir d’un franc.
Zurich a joué dans une autre catégorie en septembre 2025 avec seize SUV électriques Fisker Ocean provenant de la faillite de Fisker Suisse. Certains étaient quasiment neufs, avec une mise à prix de 8 000 francs pour des voitures autrefois vendues près de 66 000 francs.
Du haschisch légal aux rasoirs, des SUV électriques aux souvenirs présidentiels, les offices de poursuites ont parfois des allures de salle des ventes sous acide… en toute rigueur administrative helvétique, bien sûr.