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Islande : pour Régis Le Sommier, l’UE est beaucoup plus attractive pour les pays pauvres que pour les pays riches

Les Islandais ont dit non, dimanche, à la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Dans son dernier édito, le grand reporter Régis Le Sommier y lit moins un vote sur l'Islande qu'un jugement sur l'Europe : trop pressante pendant la campagne, peu rassurante face aux appétits américains, et de moins en moins attirante pour ceux qui ont quelque chose à perdre.

Les Observateurs (la rédaction)
31 août 2026 Modifié le 31 août 2026 à 19h09
2 min de lecture

Dimanche, les Islandais ont refusé, à près de 53 %, la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Dans son dernier édito pour OMERTA, Régis Le Sommier y voit « incontestablement un échec de l’Union européenne », d’autant plus cuisant que Bruxelles n’avait pas ménagé ses efforts : deux déplacements de Valérie Hayer, présidente du groupe Renew, dont le second à quelques semaines du vote – au point que la Première ministre islandaise a demandé aux « puissances étrangères » de cesser de peser sur le scrutin.

« On parle tout le temps des ingérences russes ; en l’occurrence, il y a eu bien plus d’ingérence européenne dans ce scrutin que d’ingérence de quiconque. »

Pour le journaliste, ce petit peuple prospère – 400 000 habitants, 5 000 euros de salaire moyen – n’a aucune envie de « partager le gâteau », ni de déléguer à Bruxelles le monopole de sa pêche. Plus révélateur encore : alors que Donald Trump menace le Groenland et que les routes du Nord deviennent un enjeu géopolitique majeur, les Islandais n’ont pas cherché refuge dans l’Union.

« Cela signifie que les Islandais ne font pas vraiment confiance à l’ensemble européen pour les protéger. »

D’où cette conclusion :

« l’Europe est beaucoup plus attractive pour les pays pauvres que pour les pays riches ».

Reste à savoir comment Bruxelles accueillera ce refus. Le Sommier rappelle le non français de 2005, contourné deux ans plus tard par le traité de Lisbonne, et redoute qu’on demande aux Islandais de revoter « avec ce sous-entendu : cette fois, votez bien ». Une « trajectoire européenne qui s’écarte largement des principes démocratiques », dont il tient Ursula von der Leyen et ses alliés pour responsables.

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