Violences des mineurs : l’Autriche alerte, la Suisse est aussi frappée
Agressions, vols, bandes de mineurs en roue libre : à Vienne, population et élus conservateurs dénoncent une dégradation de la sécurité dans certains quartiers. Si la Suisse n’en est pas encore là, plusieurs affaires récentes montrent qu’elle n’est pas épargnée.
Bagarres, vols, dégradations, agressions gratuites, les méfaits commis par des bandes de jeunes alimentent le débat politique en Autriche. Dans plusieurs quartiers de Vienne, comme Brigittenau et le Sonnwendviertel, habitants et élus dénoncent une montée de l’insécurité, ce que, sans surprise, la police et la municipalité contestent.
Pourtant, des responsables d’arrondissement citent le cas d’un adolescent de moins de 14 ans qui serait impliqué dans 270 infractions à Brigittenau. Le phénomène toucherait en effet particulièrement les mineurs de moins de 14 ans, âge de la responsabilité pénale en Autriche. La police viennoise assure cependant ne pas avoir constaté de hausse inhabituelle des interventions liées aux jeunes dans le Sonnwendviertel – sans que l’on puisse dire si ce constat reflète la réalité du terrain ou un moindre engagement face à la situation.
L’affaire a pris une dimension politique. Le FPÖ réclame davantage de présence policière et une réponse plus ferme. « Les habitants de Favoriten méritent un foyer sûr. Il est grand temps que le gouvernement municipal assume ses responsabilités et leur garantisse de nouveau ce droit fondamental ! », ont déclaré Stefan Berger et Michael Niegl dans un communiqué du 9 juillet.
La Suisse n’est pas épargnée par la délinquance juvénile. En juin, à Grüt (ZH), un adolescent de 14 ans a été roué de coups par un groupe de jeunes suisses, portugais, érythréens et kosovars, qui l’ont menacé avec une machette et une arme à feu ou une imitation. Onze jeunes de treize à seize ans ont été arrêtés. À Meilen (ZH), durant la nuit d’Halloween 2025, un groupe a attaqué plusieurs adolescents, contraint certains à se déshabiller et volé téléphones, argent et trottinette électrique. À Echallens et Moudon (VD), des bagarres impliquant des jeunes, dont des mineurs, ont fait neuf blessés en avril, deux par arme blanche et un après avoir été volontairement percuté par une voiture.
Le Ministère public vaudois relève aussi le recrutement, sur les réseaux sociaux, de jeunes auteurs chargés de commettre escroqueries, cambriolages ou brigandages. Il précise toutefois qu’il s’agit surtout de jeunes majeurs et constate parallèlement une baisse de ses interventions devant le Tribunal des mineurs.
Les statistiques nationales dessinent donc une réalité contrastée. En 2025, les infractions de mineurs contre la vie et l’intégrité corporelle ont progressé de 9,1 %, tandis que celles contre le patrimoine ont reculé de 8,4 %. Plus qu’une explosion générale de la délinquance juvénile, ces chiffres traduisent un durcissement d’une partie des actes : moins de délits patrimoniaux, mais des violences parfois plus graves.
Cette évolution fait écho à une tendance déjà observée en France. Ainsi, chez nos voisins, les violences physiques, les violences sexuelles et les tentatives d’homicide ont-elles respectivement progressé de 5, 8 et 4 % en 2025, tandis que les vols avec armes ont chuté de 8 %. Des délits moins nombreux, mais des atteintes aux personnes plus fréquentes et plus graves : vous avez dit « ensauvagement » ?
La justice des mineurs reste malheureusement figée à l’époque des vols de bonbons ou de 45 tours.
Une adaptation est indispensable, avec des peines dissuasives, y compris la perpète si justifiée.
D’autre part, les responsables légaux, à savoir les parents, devraient pouvoir être condamnés aux mêmes peines.
Les délinquants doivent subir pleinement les conséquences de leurs actes.
En gros : sévère mais juste.