Taxe sur l’immigration : un lobbyiste de Bruxelles vend la mèche sur l’accord avec l’UE
Dans Le Temps, le lobbyiste Jean Russotto prévient que la taxe sur l’immigration voulue par le Conseil des États est incompatible avec la libre circulation, et reproche à la Suisse d’avoir épluché le paquet d’accords « jusqu’à la dernière virgule ». Pour Yvan Perrin, ancien conseiller national UDC, cet aveu involontaire dit tout de ce que Bruxelles attend de la Confédération : une soumission pleine et entière.
La réponse semble évidente : il y a conflit.
Voici ce que nous fait savoir le lobbyiste de Bruxelles Jean Russotto dans Le Temps du jour. Il évoque notamment la taxe sur l’immigration que le Conseil des États a voulu ajouter à l’accord d’adhésion sur lequel nous voterons dans un avenir plus ou moins proche. Cette disposition vise à rassurer ceux qui craignent un afflux d’immigrés en provenance de l’Union européenne. Il est vrai que cette préoccupation ne semble pas totalement infondée au vu de l’évolution démographique due à l’immigration européenne. Les entreprises devraient payer pour recruter à l’étranger. On parle de 4 000 francs par travailleur, 2 000 par personne arrivant dans le cadre du regroupement familial.
Mais comme le relève Jean Russotto, d’ordinaire plutôt silencieux sur les vices cachés, il y a conflit. La libre circulation ne tolère aucune entrave. Il faudra donc régler cette divergence si la population accepte de renoncer à ses droits démocratiques pour se soumettre à la Commission européenne. Le litige sera examiné par les tribunaux bruxellois et la Suisse devra supprimer cette disposition non conforme, laissant libre accès à l’immigration avec les conséquences que l’on connaît, en matière de logement entre autres.
Après avoir relevé le fait que le Conseil des États exige l’impossible, Jean Russotto s’insurge contre le fait que la Suisse a étudié le texte qui nous sera soumis. « Décortiquer le paquet d’accords jusqu’à la dernière virgule, c’était volontairement et trop facilement lâcher la proie pour l’ombre. Une stratégie, si cela en est une, peu ragoûtante à l’égard du premier partenaire économique de la Suisse. »
Étudier un accord qui implique que nous renoncions à nos droits démocratiques serait peu ragoûtant à l’égard de l’Union européenne. Nous devrions donc dire simplement oui et merci sans prendre connaissance des dispositions que Bruxelles entend nous imposer. Merci à notre lobbyiste pour cette franchise involontaire. L’Union européenne attend de nous une soumission pleine et entière. Tout doute, toute remise en cause constitue une insulte envers la Commission européenne dont chacun sait qu’elle ne veut que notre bien.
En acceptant l’accord d’adhésion, non seulement nous renonçons à notre démocratie directe, mais nous nous plaçons sous le contrôle d’une entité coloniale qui ne tolère aucune opinion divergente. Renoncer à notre liberté pour nous couvrir de chaînes : voilà le projet européen pour la Suisse.
Poursuivre la discussion
Chers lecteurs, votre site évolue. Les commentaires sont toujours possibles, mais cela se passe sur les réseaux sociaux désormais.