Berlin: Une attaque contre l’ambassade russe déjouée

Selon les autorités allemandes, un citoyen marocain prévoyait de se joindre à une manifestation près de l'ambassade de Russie pour pouvoir ensuite l'attaquer. Il aurait été interpellé après avoir fait part de ses intentions sur les réseaux sociaux.

Le porte-parole du procureur de la ville de Dresde en Allemagne a confié le 11 avril à RIA Novosti qu'un citoyen marocain soupçonné de préparer une attaque contre l'ambassade de Russie à Berlin avait été arrêté.

Selon le journal Bild, le suspect avait fait part de ses intentions sur les réseaux sociaux. Si peu de détails sont pour l'instant disponibles, les autorités allemandes ont précisé que le suspect envisageait de se fondre parmi des manifestants devant l'ambassade avant d'attaquer la représentation russe

Les force spéciales allemandes (SEK) l'ont interpellé le 8 avril dans un camp de réfugiés, situé près de la ville de Leipzig. Selon le quotidien Tagesspiegel, le suspect souhaitait «se venger du soutien de la Russie au président syrien Bachar el-Assad».

Denis Mikerin, porte-parole de l'ambassade de Russie à Berlin, a confié à l'agence russe Sputnik que l'ambassade suivait la situation de près.

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Attaque chimique en Syrie – Chercher le vrai coupable

   
Michel Garroté  --  "Le régime syrien à nouveau accusé d’être responsable d’une attaque chimique", titre, avec objectivité, Les Observateurs, le mercredi 5 avril 2017, au matin ("à nouveau accusé d’être responsable" écrivent Les Observateurs, et non pas "sont à nouveau responsables").
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J'aimerais, quant moi, revenir sur cette affaire. Premièrement, il faut noter que cette attaque chimique a été commise alors que l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne faisait plus du départ de Bachar al-Assad une condition pour obtenir un accord de paix en Syrie (ce que Les Observateurs ont pris la peine de signaler).
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Deuxièmement, il faut également noter que l'opposition islamiste au régime syrien, tente visiblement de remporter une victoire médiatique, après avoir échoué à remporter une victoire sur le terrain (ce que Les Observateurs ont également pris la peine signaler).
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De ces faits-là, il est  hautement suspect, qu'une fois de plus, les médias occidentaux se soient - aussitôt - acharnés contre Bachar al-Assad et contre la Russie, avant même qu'une enquête ait été menée sur  cette "attaque chimique" et sur ses éventuels commanditaires.
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C'est d'autant plus suspect que dans ce conflit, les médias occidentaux se sont rangés - et se rangent encore - du côté des terroristes islamistes, et, s'opposent, farouchement, au régime laïc syrien (de ce fait on se demande d'ailleurs en quoi les médias russes seraient moins fiables que les médias occidentaux).
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Du reste, la Russie pointe du doigt les récentes allégations, notamment celles de l’agence de presse britannique Reuters, sur l’attaque chimique perpétrée près de Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d'Idlib. Selon le ministère russe de la Défense, Reuters déforme les premières informations propagées (par l'OSDH) après la frappe.
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Le ministère russe de la Défense a communiqué, mardi 4 avril 2017, n'avoir porté aucune frappe aérienne dans la zone du village de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, où une attaque chimique a été perpétrée, selon les islamistes du soi-disant "Observatoire" syrien des "droits de l'homme" (OSDH) : contrairement aux allégations de Reuters, "les avions russes n'ont mené aucune frappe dans la zone de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib", précise toutefois l'OSDH.
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Dès lors, en annonçant l'implication des avions russes dans le bombardement de Khan Cheikhoun avec des armes chimiques, l'agence britannique Reuters a donc réussi à déformer les premières informations propagées par la source - en clair par l'Observatoire syrien des droits de l'homme - qui n'avait rien dit à ce sujet, comme l'a déclaré le ministère russe de la Défense, le mardi 4 avril 2017.
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Auparavant, l'agence Reuters, citant l'Observatoire syrien des droits de l'homme, avait donc rapporté que « des avions appartenant au gouvernement russe ou syrien » ont attaqué avec des armes chimiques la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib. Pourtant, comme signalé plus haut, dans son message d'origine, l'OSDH a seulement supposé l'existence des frappes aériennes sans indiquer leur appartenance.
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Mardi 4 avril 2017 au matin, l'Observatoire syrien des droits de l'homme a précisé qu'au moins 58 personnes, dont onze enfants, avaient été tuées dans la province d'Idlib, par les frappes aériennes. Le même jour, Damas a rejeté les accusations concernant l'attaque.
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Selon une source au sein des forces armées syriennes, Damas ne détient plus d'armes chimiques [elles ont effectivement été livrées, il y a quelques années, aux occidentaux, aux termes d'un accord américano-russe], et les déclarations au sujet de l'attaque perpétrée dans la province d'Idlib pourraient faire partie d'une campagne de propagande contre l'armée syrienne.
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Rappelons que l'un des premiers cas d'utilisation d'armes chimiques par l'Etat Islamique (EI) en Syrie remonte au printemps 2013. Une attaque terroriste au sarin avait fait de nombreux morts en été 2013 dans la Ghouta orientale.
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Plusieurs pays avaient alors essayé de rejeter la responsabilité (de l'attaque chimique de l'EI) sur le président syrien Bachar al-Assad. Les terroristes de l'EI ont également utilisé des obus chargés de gaz toxique, au cours d'une attaque contre une base aérienne de la province syrienne de Deir ez-Zor, en avril 2016.
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Note de dernière minute (mercredi 5 avril 2017 à 14h00) : selon le ministère russe de la Défense, l’aviation syrienne est bien à l’origine de la frappe, mais Moscou dément la nature chimique de l’attaque qui visait un entrepôt terroriste islamique contenant des substances toxiques.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Attentat en Russie: Ni la tour Eiffel ni Berlin ne s’illuminent en hommage aux victimes russes

Quelques heures après l’attentat qui a frappé Saint-Pétersbourg lundi, de nombreux internautes se sont demandé pourquoi la tour Eiffel ne s’est pas illuminée aux couleurs de la Russie, comme elle l’avait déjà fait pour l’Allemagne ou la Belgique.

Souvent utilisée pour transmettre des messages de solidarité lors d’événements graves, la tour Eiffel, ce lundi, est restée inchangée. Après l’attentat de Saint-Pétersbourg, elle a continué à scintiller toutes les heures, comme chaque jour. Cet « oubli » n’a pas échappé aux internautes.

Alep, Bruxelles, Nice… Des hommages récurrents Elle était éteinte après l’attentat de Londres la semaine dernière et en décembre pour rendre hommage aux victimes de la ville d’Alep. Elle avait été parée des couleurs de la Belgique après l’attentat de Bruxelles, du drapeau allemand après la fusillade de Munich et aux couleurs de la France à la suite des attentats de Paris et Nice. Après la fusillade dans une boîte gay d’Orlando aux Etats-Unis, elle avait été illuminée aux couleurs du drapeau arc-en-ciel.

La tour Eiffel n’est pas le seul monument à subir les foudres des internautes pour son manque d’implication après l’attentat. La porte de Brandebourg à Berlin ne s’est pas parée des couleurs de la Russie, car « Saint-Pétersbourg n’est pas une ville jumelle de Berlin », a justifié la mairie. Pourtant, elle l’avait fait pour Orlando, qui n’est pas non plus une ville jumelée avec la capitale allemande, remarque un internaute dans un tweet.

 

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«Pour une ingérence électorale, tapez 3» : l’hilarant poisson d’avril de l’ambassade russe aux USA

Le 1er avril, l'ambassade de Russie aux Etats-Unis a mis en ligne une messagerie vocale proposant des «services de hackers russes» et des «ingérences électorales». Ce poisson d'avril n'a pas vraiment fait rire les médias américains.

«Vous êtes bien sur la messagerie de l'ambassade de Russie, votre appel est très important pour nous. Pour demander à ce qu'un diplomate russe contacte vos adversaires politiques, appuyez sur 1 [...] pour bénéficier des services d'un hacker russe, tapez 2 [...] pour une ingérence électorale, tapez 3 et attendez la prochaine campagne électorale. Veuillez noter qu'afin d'améliorer la qualité de nos services, tous les appels sont enregistrés». Voilà le message hilarant d'une boîte vocale factice lancée en guise de poisson d'avril par le ministère russe des Affaires étrangères aux Etats-Unis. Le message a été enregistré en russe et en anglais.

Cette blague sarcastique a évidemment été imaginée pour tourner en ridicule les accusations portées contre la Russie sur une prétendue ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de novembre 2016 et qui aurait contribué à l'élection de Donald Trump, ainsi que sur les liens étroits qu'entretiendrait ce dernier avec des responsables russes.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, l'agence de presse américaine Associated Press a également été légèrement perturbée par ce poisson d'avril ne sachant pas vraiment comment réagir. Un de ses correspondants a contacté le ministère et lui a demandé de «confirmer officiellement que le message enregistré était bien une blague», a fait savoir sur Facebook la porte-parole du ministère, Maria Zakharova.

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En finir avec la folie des ONG !

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Michel Garroté  --  Après la Russie et Israël, c'est à l'Autriche que revient le courage de dénoncer les ONG (Organisations Nihilistes et Gauchistes ; ONG en anglais se dit NGO) qui, avec l'argent des contribuables occidentaux et du yéti Soros, tentent de sapper l'avenir des Nations. Ainsi, lors d’une visite à la mission Frontex en Méditerranée, le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz, du parti conservateur ÖVP, a vivement critiqué les actions de sauvetage des organisations d’aide en Méditerranée (sources en bas de page).
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"Il faut en finir avec la folie des ONG", a déclaré Kurz à Malte (sources en bas de page). Les actions de sauvetage des ONG ont pour conséquence, selon le ministre des Affaires étrangères, que davantage de réfugiés meurent en Méditerranée, et non pas moins. "Il y a des ONG qui font du bon travail, mais il y en a aussi beaucoup qui sont des partenaires des passeurs", a estimé Kurz.
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Frontex a également critiqué le fait que les migrants sont recueillis par des bateaux européens toujours plus près des côtes libyennes, ce qui favorise les affaires des réseaux criminels et des passeurs.
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Kurz a de nouveau préconisé que les réfugiés sauvés en Méditerranée ne soient plus amenés sur terre en Italie, mais qu’ils soient arrêtés sur le modèle australien et renvoyés dans des centres de réfugiés à l’extérieur de l’UE. "Quand il sera clair que le voyage s’arrêtera sur des îles comme Lampedusa ou Lesbos, il n’y aura, au bout de quelques semaines, presque plus personne à se mettre en route" (sources en bas de page).
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De son côté, Alexandre Del Valle a récemment déclaré (sources en bas de page) : La doctrine officielle de la Russie est de lutter contre les idéologies qu'ils appellent anti-souverainiste, la souveraineté des nations. La Russie plaide pour un monde multi polaire fondé sur le respect des différents pôles de civilisation. La Russie voit les organisations mondialistes ou transnationales telles que celles de George Soros, No Borders et Open Society ou encore les Femen comme de véritables dangers pour la souveraineté des démocraties.
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Alexandre Del Valle : Pour plaire aux mouvements populistes, ou, de droite, en Europe, la Russie dit : "regardez George Soros, c'est lui qui finance des bateaux et associations qui vont secourir en mer des gens qui partent de Libye pour faire augmenter le nombre de clandestins qui vont entrer en Europe à l'instar de l'agence Frontex". George Soros est accusé de financer des organisations anti souverainistes qui sont contre l'idée de frontière.
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La Russie dit aux mouvements populistes européens qu'elle mène le même combat contre les organisations transnationales qui sous couvert d'humanitaire détruisent la souveraineté des nations et qui sont une menace au même titre que les organisations terroristes, a récemment ajouté Alexandre Del Valle (sources en bas de page).
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://diepresse.com/home/ausland/eu/5189256/Kurz_Der-NGOWahnsinn-muss-beendet-werden
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http://www.fdesouche.com/837089-migrants-il-faut-en-finir-avec-la-folie-des-ong-declare-le-ministre-autrichien-des-affaires-etrangeres
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https://fr.news.yahoo.com/docteur-poutine-mister-soros-manips-%C3%A0-%C3%A9tages-guerre-053148697.html
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Quand les USA, Israël, la Russie et la Chine coopèrent

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Michel Garroté  --  Je l'avais annoncé, photos et preuves à l'appui, en 2015, sur lesobservateurs.ch : la Chine s'engage contre l'Etat Islamique. Pourquoi ? Notamment parce qu'au sein de l'Etat Islamique, en Syrie et en Irak, il y a des terroristes ouïghours, des musulmans du Xinjiang chinois, soutenus par le régime islamique turc.
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Le Xinjiang, immense territoire chinois frontalier des Etats musulmans d'Asie centrale, est le théâtre de fortes tensions entre Hans, ethnie chinoise, et Ouïghours, musulmans turcophones constituant la principale ethnie de la région. Le Xinjiang a connu ces dernières années une recrudescence de troubles meurtriers, perpétrés par des terroristes islamistes soutenus par le régime islamiste du président autocrate turc Erdogan, régime également actif en Syrie.
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Autre point important : le conflit en Syrie oblige l’Europe - ou tout au moins devrait obliger l’Europe - à se rapprocher de la Russie et de la Chine, en dépit de nos divergences. J’ajoute, même si je l’ai déjà écrit plusieurs fois, que nous devrions traiter, non pas séparément, mais dans une seule et même négociation, la question syrienne, la question iranienne et celle du Donbass.
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Etats-Unis, Israël, Russie, Syrie et Iran :
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Les Etats-Unis, la Russie et Israël sont parvenus à un consensus sur la menace posée par les forces pro-iraniennes en Syrie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou est parvenu à une entente avec Washington et Moscou selon laquelle les forces pro-iraniennes, y compris le groupe terroriste libanais Hezbollah, constituent effectivement une menace létale, existentielle, pour l’État juif.
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Les trois pays ont convenu que les forces pro-iraniennes auraient besoin que leurs mouvements en Syrie soient restreints, menant finalement à leur expulsion du pays déchiré par la guerre. Israël mène des frappes militaires en Syrie, y compris des attaques aériennes sur des convois armés par le Hezbollah, afin de contenir la menace. Dans le même temps, la Russie retire ses forces dans les régions du sud de la Syrie, laissant le régime d’Assad prendre le pouvoir. Israël espère que la pression exercée par Washington et Moscou aidera à affaiblir les entités militaires pro-iraniennes au point où elles peuvent être entièrement retirées de la Syrie.
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La Russie et la Libye :
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Même si les sociétés de mercenariat sont interdites en Russie, elles demeurent un levier pratique pour le pouvoir, dans le cadre de la nouvelle doctrine de guerre hybride. Seule condition : disposer d’une domiciliation offshore. Baptisées Chastnye Voennie Kompaniy ou encore ChVK pour les initiés, l’une d’entre elles, OSM, dirigée par l’ancien colonel des Spetsnaz Dimitry Utkin, alias "Wagner", avait attiré l’attention des médias occidentaux l’année dernière en raison de son implication dans le conflit ukrainien et syrien, et de son extrême proximité avec les forces spéciales russes.
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Ainsi ses hommes étaient entraînés sur la base de Molkino près de Krasnodar, connue pour héberger la 10e Brigade de Spetsnaz, et placés sous les ordres de celle-ci. Un entraînement que pourraient jalouser la plupart des membres des forces spéciales occidentales, puisqu’un simple soldat pouvait tirer quotidiennement pas moins de quinze missiles antichars Kornet.
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OSM a permis au Kremlin non seulement de mener des opérations clandestines tout en niant l’implication des forces russes, mais surtout d’épargner son opinion publique traumatisée par la guerre en Tchétchénie en ne comptabilisant pas les pertes de ces mercenaires qui se battent souvent en première ligne. D’ailleurs Dimitry Utkin a participé à la réception du Kremlin consacrée aux héros de la Russie en présence de Vladimir Poutine, le 9 décembre dernier.
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Il est de plus en plus difficile d’identifier la présence de ces combattants sur les théâtres d’opérations en raison de l’attention portée aux mesures de "secops" (faux papiers, téléphones chiffrés, mimétisme vestimentaire des forces spéciales).
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Il semble qu’une autre société soit actuellement présente en Libye : enregistrée comme société de sécurité au registre du commerce des îles vierges britanniques, la société RSB, dirigée par Oleg Krinitsyn, aurait déployé plusieurs unités de déminage autour de Benghazi sur le territoire contrôlé par le maréchal Haftar. Près de 22 combattants, portant les tenues caractéristiques des forces spéciales et disposant de mini-drones de la société russe Zala, ont été photographiés le 13 mars dernier sur la base aérienne de Sidi Barrani à la frontière égypto-libyenne. Après un démenti de l’état-major russe, Oleg Krinitsyn a reconnu qu’il s’agissait de ses hommes.
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S’il semble difficile d’évaluer le nombre de mercenaires russes déployés en Libye, il pourrait s’avérer considérable puisque dans la brochure publicitaire remise au maréchal Haftar, RSB affirme disposer d’un "Book" de 2'000 anciens militaires et de nombreux contacts locaux. Avant 2011, Khamis Khadafi, en charge des forces spéciales libyennes, avait eu recours à de nombreux conseillers issus des troupes aéronavales du GRU (le service secret militaire russe) et surnommés les "Batmen" (en raison du symbole tatoué sur leur épaule). Des conseillers qui ne faisaient pas mystère de leur passé puisque certains d’entre eux avaient joué le rôle de facilitateur au profit de certains électroniciens occidentaux.
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La Chine et la Syrie :
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Assad a récemment confirmé que les services syriens et chinois travaillent ensemble pour combattre les Ouïghours. Environ 3.000 membres de la minorité musulmane de la région autonome Ouïghoure du Xinjiang ont rejoint les rangs d'Al-Qaïda et de l'Etat islamique (EI) dans la guerre en Syrie. La Chine, qui craint leur retour et ses conséquences pour la sécurité des citoyens chinois, a déjà approché Bashar Al-Assad à ce sujet pour s'assurer de leur neutralisation. Ces ressortissants chinois partis combattre en Syrie sont des Ouïghours, un peuple turcophone et musulman sunnite habitant la région autonome Ouïghoure du Xinjiang, ancien Turkestan oriental, en Chine et en Asie centrale.
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Si la Chine n'accordait auparavant peu d'importance à sa politique en Syrie, les circonstances actuelles ont changé les priorités de Pékin. "L'arrivée de dizaines de milliers de citoyens chinois combattant et vivant dans le pays accélère la nécessité de les surveiller. Et nous comprenons qu'ils préfèrent les neutraliser sur le sol syrien, afin d'empêcher leur retour sur le territoire chinois", a révélé un rapport du Mossad israélien. Pour parvenir à ses objectif, Pékin doit chercher le soutien de ceux qui sont actifs sur le terrain et avec qui il entretient de bonnes relations, c'est-à-dire la Russie, l'Iran et le régime d'Assad.
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Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a affirmé que la Chine est prête à coopérer avec les parties concernées, dont la Syrie, pour lutter contre les activités transfrontalières des Ouïghours. De plus, la diplomatie chinoise a fait savoir que Pékin était intéressé à prendre part à la reconstruction de la Syrie dès que possible. Parallèlement, Assad a fait savoir que de nombreux experts chinois sont déjà sur place pour aider à la réhabilitation.
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Le rapport relève que les services de sécurité chinois ont fait un effort considérable pour stopper la sortie illégale des Ouïghours, et malgré le blocage de la route du Pakistan, des dizaines de milliers d'entre eux ont réussi à s'enfuir par la frontière sud, cherchant à atteindre la Turquie. En raison de leurs origines turques, la Turquie aide ceux qui veulent se rendre sur leur territoire, ce qui crée des tensions grandissantes entre Ankara et Pékin.
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Le TIP (Parti Musulman du Turkestan), à l'origine de cette fuite d'Ouïghours vers la Syrie, a partagé des vidéos de combattants en Syrie en juin 2013 et a appelé la minorité musulmane au djihad. Le TIP est une organisation séparatiste Ouïgoure qui procède principalement en dehors du territoire chinois. Au début de la guerre "civile" syrienne, la Chine avait fait un principe de ne pas se positionner en faveur d'une des parties. Une position qu'elle a reconsidérée en 2015 pour se ranger derrière le leader syrien. Les délégations chinoises, dont l'armée, ont commencé à arriver à Damas pour étendre leur aide en Syrie.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.europe-israel.org/2017/03/les-etats-unis-et-la-russie-pret-a-aider-israel-a-liberer-la-syrie-des-milices-pro-iraniennes-du-hezbollah/
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http://www.ttu.fr/libye-mercenaires-de-poutine/
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https://www.i24news.tv/fr/actu/international/asie-pacifique/141259-170328-des-milliers-de-djihadistes-chinois-partent-combattre-en-syrie
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Occident & Russie tuent des civils ? Indignation à géométrie variable !

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Michel Garroté  --  Depuis une cinquantaine d'années, le monde occidental veut qu'il n'y ait plus de guerre ; ou alors, des guerres qui ne causent pas de victimes civiles, chose impossible à réaliser, même pour le meilleur des soldats. Candide, naïf, un peu idiot aussi, l'homme occidental ne veut pas de "dommages collatéraux". Peu m'importe de savoir pourquoi il en est ainsi. Je sais que des universitaires "savants" ont évoqué plein d'hypothèses pour expliquer ce pacifisme occidental à la con.
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Ce qui m'importe, en revanche, c'est de comprendre le syndrome de l'indignation à géométrie variable. A ce propos justement, Caroline Galacteros, géopoliticienne et colonel, dans son analyse ci-dessous, commente, sur son blog, les indignations à géométrie variable des médias et des experts, quand il s'agit de rendre compte - sur la Syrie par exemple - d'une part, des opérations de la coalition occidentale ; et d'autre part, des opérations russes qui appuient l'armée syrienne gouvernementale (voir le profil détaillé de Caroline Galacteros en bas de page).
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Caroline Galacteros écrit notamment (extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Telle est la réalité que l’on n’a pas voulu voir et que l’on continue à taire : Il n’y a pas que les Soukhoï, les Migoyan-Gourevitch ou les lance-roquettes multiples Grad fabriqués en Russie qui tuent des innocents. Nos chasseurs-bombardiers Rafale ou nos pièces d’artillerie Caesar de 155 mm qui viennent en soutien de l’infanterie irakienne peuvent aussi faire des morts. La question n’est pas vainement polémique mais fondamentalement politique. Nous devons prendre conscience que la guerre ne peut être une virtualité mise à distance par la technologie. Elle ne peut se faire sur un champ de bataille stérilisé comme la table d’opération d’un chirurgien.
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La guerre n’est pas qu’un phénomène militaire. Elle s’inscrit dans un contexte politique, économique, social et culturel et en vérité éminemment humain, que l’on ne peut balayer d’un revers de la main, et finalement, nous entretenons avec la guerre une proximité bien plus grande que nous ne voulons le reconnaître. Le monde du 21ème siècle n’est pas celui de la fin de la guerre, pas plus que celui d’une "fin de l’Histoire" d’ailleurs. La guerre n’est pas un résidu, une survivance que l’on aurait réussi à endiguer aux confins du monde néolibéral dans des enclaves d’arriération politique qu’il serait possible d’épurer de leurs scories rétrogrades - en l’espèce islamistes - en séparant cette ivraie d’un bon grain civil épargné par nos armements d’une précision chirurgicale.
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Il nous faut enfin prendre conscience que les décisions de politique étrangère, mais souvent aussi de politique intérieure -- pensons en France au cocktail explosif de l’intégration bloquée, de l’immigration continue et de la paupérisation des classes populaires et moyennes -- peuvent avoir des conséquences guerrières, donc meurtrières. Les chefs d’Etat et de gouvernement "fabriquent" cette matière que l’on nomme l’Histoire et ne sont pas de simples comptables pour lesquels la complexité historique se réduirait à un équilibre des comptes publics. En l’occurrence, Alep n’a pas plus été une "sale guerre" que Mossoul n’a de chances d'être une "guerre propre".
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On peut critiquer la brutalité de la tactique russe, celle d’une Armée syrienne historiquement formée et encadrée  par les cadres de l’Armée rouge, mais on ne peut crier au génocide en faisant mine de croire que la Coalition occidentale allait, quant à elle, pouvoir miraculeusement épargner les populations civiles à Mossoul. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’accabler les Américains. Il fallait bien que les Etats-Unis soutiennent le gouvernement de Bagdad et les autorités d’Erbil pour reprendre Mossoul, la grande ville sunnite de l’Irak, détruire l’Etat islamique avant de trouver -- on en est encore très loin -- un compromis politique viable offrant aux sunnites des garanties et des contreparties vis-à-vis de la domination politique chiite, ajoute Caroline Galacteros (fin des extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://galacteros.over-blog.com/2017/02/quand-les-etats-unis-ou-la-russie-tuent-des-civils-l-indignation-est-a-geometrie-variable.html
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Caroline Galacteros est Docteur en Science politique, ancien auditeur de l'IHEDN, elle a enseigné la stratégie et l'éthique à l'Ecole de Guerre et à HEC. Colonel de réserve, elle dirige aujourd'hui la société de conseil PLANETING et tient la chronique "Etat d'esprit, esprit d'Etat" au Point.fr. Elle a publié "Manières du monde. Manières de guerre" (éd. Nuvis, 2013) et "Guerre, Technologie et société" (avec R. Debray et V. Desportes, éd. Nuvis, 2014). Polémologue, spécialiste de géopolitique et d'intelligence stratégique, elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d'aujourd'hui.
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Ukraine – Donetsk et Lougansk sont russes

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Michel Garroté - Au plan géographique, ethnique et historique, la partie orientale de l'Ukraine (les régions de Donetsk et de Lougansk dans le Donbass) cette partie n'est pas seulement russophone, mais elle est aussi - et surtout - russe, tout simplement. Pour s'en convaincre, il suffit d'ouvrir un livre d'histoire sur Staline, la Russie et l'Ukraine.
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J'ajoute que sous la présidence d'Obama, les USA (et le démoniaque magyare Soros) n'ont cessé de provoquer Poutine (photo Obama et Poutine ci-dessus), notamment avec les sanctions économiques, les manoeuvres de l'Otan en Europe orientale et le soutien - militaire et financier - au régime liberticide et corrompu de Kiev, son armée et ses milices. Quant à l'UE et quant aux médias occidentaux, ils se sont alignés sur la politique irresponsable d'Obama en Ukraine, au risque de provoquer une nouvelle guerre mondiale.
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A ce propos, dans le Courrier International, Laurence Habay, citant le journal russe Kommersant, écrit notamment (extraits remaniés et adaptés ; voir les liens vers les sources en bas de page) : Vladimir Poutine a signé un décret sur la reconnaissance des documents d’identité délivrés par les républiques de Donetsk et de Lougansk. Dans l’attente du règlement politique de la situation de différents districts des régions de Donetsk et de Lougansk, la Russie reconnaît les passeports, actes de naissance, de mariage et de décès et les diplômes délivrés sur ces territoires, ainsi que les enregistrements de véhicules de transport, rapporte le quotidien Kommersant.
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Vladimir Poutine a signé ce décret le 18 février 2017. "Il s’agit de considérations strictement humanitaires", a expliqué Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Cela permettra aux habitants du Donbass de "se rendre en Russie en toute légalité, et de s’y déplacer en train ou en avion".
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"Les gens ont besoin de travailler, de gagner leur vie, il leur faut pour cela des documents permettant de franchir la frontière. Grâce à Dieu, ce n’est pas comme avec la Transdniestrie [république russophone de Moldavie], nous avons une frontière commune", a commenté un député russe. En effet, comme l’explique par ailleurs Kommersant, les régions russes d'Ukraine "subissent un blocus économique qui a entraîné la cessation d’activité d’une série d’entreprises.
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Les personnes en possession de documents d’identité délivrés par les républiques du Donbass traversent déjà la frontière sans encombres. Mais une légende tenace alléguait qu’ils ne pouvaient aller au-delà de Rostov-sur-le-Don. Désormais, cette légende ne courra plus. Ce décret légalise donc la situation. Cela dit, ses conséquences pourraient être importantes si la Russie durcissait la législation migratoire à l’égard des Ukrainiens. Beaucoup de personnes ont rejoint le Donbass russophone en provenance d’autres régions d’Ukraine.
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Des Ukrainiens radicaux vont jusqu’à alléguer que Moscou aurait délibérément détérioré la situation dans le Donbass et fait le premier pas vers une reconnaissance de l’indépendance des républiques autoproclamées. "Pour moi, c’est une nouvelle preuve de l’occupation russe et c’est une infraction au droit international", a déclaré Petro Porochenko, le président ukrainien [ndmg - Ce type corrompu n'est pas crédible et en plus il se moque de son propre peuple, le peuple ukrainien]. "Et il est tout à fait symbolique que le décret ait été signé pendant la conférence de Munich sur la sécurité", déclare Porochenko,  conférence qui s’est déroulée du 17 au 19 février 2017, ajoute Laurence Habay, dans le Courrier International, citant le journal russe Kommersant (fin des extraits remaniés et adaptés ; voir les liens vers les sources en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Courrier International :
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http://www.courrierinternational.com/article/russie-ukraine-le-donbass-en-voie-de-russification
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Kommersant :
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http://www.kommersant.ru/
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2017 sera-t-elle l’année de la Russie ?

   
Michel Garroté - Olivier d'Auzon est écrivain, juriste, consultant auprès de la Banque mondiale et auteur du livre "Le grand échiquier de Poutine". Il a tout récemment publié une analyse intitulée "2017 devrait être l'année de la Russie" ; analyse à la fois non-conformiste et pertinente (notamment en ce qui concerne le Proche et le Moyen Orient), dont je publie ci-dessous des extraits adaptés.
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Olivier d'Auzon (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Theresa May, Donald Trump et François Fillon partagent l'idée qu'il convient de renouer diplomatiquement avec Moscou. Et il y a plus, les cartes du Moyen-Orient sont rebattues par le spectaculaire retournement de la situation en Syrie en faveur du régime de Bachar El-Assad. De fait, en septembre 2015, les rebelles syriens, aidés par les Occidentaux, les pétromonarchies du Golfe et la Turquie croyaient pouvoir s'emparer de Damas. Mais l'intervention russe a sauvé in extremis le régime et permis la reconquête d'Alep, la seconde ville du pays. Dès lors, les Russes se substituent aux Américains comme grande puissance de référence dans la région. L'idéalisme moralisateur comme masque d'un interventionnisme rapace a fait des ravages qu'on ne peut plus ignorer.
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Plus personne ne nie aujourd'hui les conséquences de la mauvaise définition des ennemis et des alliés puis de l'identification erronée de la menace par une Amérique privée de contre-pouvoir. Son hyper puissance arrogante a été préjudiciable à l'équilibre mondial. Au Moyen-Orient, la Russie a désormais beaucoup d'atouts dans son jeu, alors que les Occidentaux y sont affaiblis, constate Jean-Dominique Merchet dans L'Opinion. Moscou parle avec les acteurs essentiels : la Turquie, l'Iran, l'Égypte, Israël. Grâce à son intervention militaire, Vladimir Poutine est en position de force et il cherche manifestement une issue politique. Celle-ci devra ménager les intérêts de chacun, l'Iran notamment. Dans cette situation, il serait inconscient de souhaiter un échec du président russe au nom de nos rancœurs. Pour l'heure, les Russes ont marginalisé les Américains, ces derniers qui peinent à « soutenir sans soutenir » les djihadistes et essayer de maitriser leur allié turc indocile.
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Les Russes dominent le front diplomatique et cherchent à réunir autour d'eux un panel crédible et représentatif de la diversité syrienne pour un processus politique qui débouchera sur des élections et surtout sur le maintien de l'unité syrienne même dans l'hypothèse d'une structure étatique fédérale. A l'inverse, au Quai d'Orsay, au lieu de s'insérer dans cette approche pragmatique, on persiste à criminaliser Vladimir Poutine, à parler d'Assad comme du bourreau unique de son peuple, à minorer le soutien populaire au régime de Damas pour accréditer l'idée qu'on pourrait, de l'extérieur, imposer un casting représentatif qui pourtant a sombré sans équivoque dans le discrédit et en est lui-même réduit à proposer « de parler avec la Russie » pour ne pas quitter tout à fait la scène. Et la guerre continue. Dans ce contexte, "Il faut choisir. On ne peut pas continuer simplement à s'indigner", tranche François Fillon. "Les Européens ne sont pas responsables des crimes commis en Syrie, mais un jour, l'Histoire dira qu'ils sont coupables de n'avoir rien fait pour les en empêcher".
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À ce titre, la libération d'Alep, est un tournant non seulement militaire mais aussi psychologique. Moscou, est de facto l'arbitre du jeu diplomatique face à une Amérique en retrait et à l'orée d'un changement de président à Washington. Aujourd'hui n'est–il pas urgent de changer de logiciel et cesser de croire que l'islamisme radical n'est pas soluble dans la pensée occidentale ? Le recul des djihadistes à Alep n'est en effet que la manifestation d'une déroute militaire globale, et d'un rapport de forces russo-américain où Washington perd pied. Même John Kerry dans sa déclaration de Bruxelles du 6 décembre 2016, à l'occasion de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, semble jeter l'éponge. Etant entendu qu'il est dorénavant apparemment convaincu que le renversement du régime syrien et l'éclatement du pays sont inéluctables. Et c'est ainsi qu'il cherche habilement à dédouaner l'Amérique d'un soutien aux mouvements rebelles radicaux devenu indéfendable et surtout sans issue.
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La rivalité Washington-Moscou restera vive, au moins jusqu'à l'entrée en fonction de Donald Trump le 20 janvier 2017. Alep est tombée sous les coups de canons de Bachar El-Assad ? Il n'en est rien. "Alep n'est pas tombée, Alep est libérée". "Si vous ne le croyez pas, vous devriez venir ici et voir de vos propres yeux les gens fêter sa libération. Comment pouvez-vous dire qu'Alep est tombée ? "s'exclamait il y a peu un Alepin. Dans la même veine, Peter Ford, ancien Ambassadeur de la Grande–Bretagne en Syrie de 1999 à 2003, déclarait à la veille de Noël 2016 sur les antennes de la BBC: "Ecoutez, ce soir, il y a un sapin de Noël et des festivités au centre d'Alep. Je pense que si Assad était renversé et que l'opposition était au pouvoir, vous ne verriez pas de sapin de Noël à Alep. La diabolisation du régime a pris des proportions grotesques. Dans ce contexte, "La chute d'Alep a affaibli la position de négociation de l'opposition syrienne et de ses alliés", notamment les pays du Golfe, qui "devraient s'engager sur la voie d'un règlement politique car une solution militaire est devenue plus que jamais improbable", confie Ibrahim Fraihat, analyste et professeur au Doha Institute for Graduate Studies.
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Maintenant, "le défi pour les pays du Golfe, ce n'est pas Assad lui-même, mais la nouvelle alliance entre la Russie, la Turquie et l'Iran", indique Matthieu Guidère. Selon Abdulkhaleq Abdulla, professeur de sciences politiques émirati, la Turquie est en effet passée du camp qui cherchait à renverser M. Assad au camp qui souhaite son maintien. "Ceux qui avaient parié sur une alliance Turquie-Arabie-Qatar ont perdu". L'arrivée au pouvoir en janvier 2017 aux Etats-Unis de Donald Trump pourrait encore plus modifier la donne pour les pays du Golfe. "Les Saoudiens et d'autres savent que, sous le président Trump, la dérive occidentale vers Assad va s'accélérer", estime l'expert Neil Partrick, un autre spécialiste du Golfe. "Cela veut dire l'abandon de l'objectif d'un Etat client syrien, dominé par des sunnites, où l'Arabie saoudite rivaliserait ensuite avec les Turcs et les Qataris". Et "si l'Arabie saoudite était sage, elle enverrait des signaux à Assad maintenant, comme les Turcs et les Egyptiens l'ont fait" récemment.
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Chemin faisant, on s'interrogera tout à la fois sur la portée de l'assassinat de l'Ambassadeur russe en Turquie, le 19 décembre 2016 et sur l'attentat revendiqué par l'EI commise contre une discothèque d'Istanbul pendant la nuit du nouvel An 2017. Ce dernier pourrait signifier au président Erdogan qu'il ne peut impunément jouer sur tous les tableaux. De fait, la Turquie s'est en effet longtemps impliquée dans la déstabilisation du régime syrien, avant de reconnaître officiellement à la fin de l'été dernier, que Bachar El-Assad était un interlocuteur sinon légitime du moins incontournable. Avec cet attentat, Ankara est en passe d'expérimenter les limites de son jeu très habile de son positionnement acrobatique entre Moscou et Washington, souligne judicieusement Caroline Galactéros. La Turquie a simplement fini par devoir admettre qu'elle pèserait plus, y compris vis-à-vis de Washington, dans une alliance avec la Russie - qui s'est imposée comme principal décideur du futur syrien- que contre elle.
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Face à ce réalisme froid, nous restons malheureusement intellectuellement sidérés et sans rebond. Nous avons manifestement le plus grand mal à comprendre l'ampleur du bouleversement stratégique en cours. Un bouleversement mondial dont le Moyen-Orient n'est que l'un des théâtres d'expression. Au-delà des enjeux régionaux, cet acte tragique est la rançon du succès global de la Russie, revenue dans le jeu international à la faveur de son implication militaro-diplomatique efficace en Syrie, confie Caroline Galatéros. Pour l'heure on soulignera volontiers que la Turquie et la Russie se sont entendues sur un accord de cessez-le-feu qui est entré en vigueur le 28 décembre 2016. Cet accord devrait être la base des négociations politiques entre le régime et l'opposition que Moscou et Ankara souhaitent organiser à Astana, au Kazakhstan.
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De fait, selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, les préparatifs aux négociations de paix sur le règlement du conflit syrien doivent avoir lieu prochainement à Astana, à l'initiative de la Russie. "Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre à Astana", a-t-il indiqué, alors qu'Ankara et Téhéran ont affiché leur volonté d'être avec Moscou des garants d'un accord de paix entre le régime syrien et l'opposition qui pourrait être conclu à Astana. Ne nous en déplaise, Vladimir Poutine est le seul à pouvoir faire en sorte que "les armes se taisent" en 2017. Dans le même temps, le prix du baril de pétrole va continuer de remonter et permettra à la Russie de surmonter la terrible crise économique.
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Et peut-être même que les sanctions contre la Russie seront abandonnées, par les Etats-Unis, si Donald Trump tient ses promesses de campagne, ce qui pourrait aussi animer un François Fillon réputé pro-russe et hostile aux sanctions s'il arrivait aux affaires. Pour toutes ces raisons : la remontée du baril de pétrole, le virage majeur en Syrie, ou encore le reset de Donald Trump/Fillon avec Moscou – et la nomination annoncée de Rex Tillerson comme futur Secrétaire d'Etat à Washington, 2017 devrait être l'année de la Russie, pronostique Alexandre Del Valle, auteur de "Les vrais ennemis de l'Occident", conclut Olivier d'Auzon (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.huffingtonpost.fr/olivier-d-auzon/2017-devrait-etre-lannee-de-la-russie/?utm_hp_ref=fr-homepage
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Il faut choisir : les islamistes ou la Russie

   
Michel Garroté - Avant d'entrer dans le vif du sujet ("Il faut choisir : les islamistes ou la Russie"), voici quelques infos gratinées : le Tunisien ayant perpétré l'attentat au camion-bélier à Berlin et qui a été abattu par la police italienne (il a crié : « allah akbar ») était - avant le drame - suspecté de préparer une attaque et il avait été signalé en novembre au centre allemand de lutte contre le terrorisme. La police judiciaire de Rhénanie du Nord-Westphalie avait initié une enquête auprès du Parquet fédéral allemand,, compétent en matière de terrorisme, en raison de suspicions sur la préparation d'un acte criminel grave représentant un danger pour l'Etat. Sans commentaire...
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A propos de terroristes, l'ancien dirigeant du département antiterroriste du MI6, les services secrets britanniques, Richard Barrett indique, dans le Daily Mail, qu’Anis Amri, abattu ce vendredi par la police italienne et auteur de l’attentat de Berlin, n’est qu’un terroriste parmi des milliers de terroristes potentiels très extrêmes et dont le nom apparaît dans les registres. De plus, si l’on inclut l’ensemble des Länder d’Allemagne, ils ont environ 7'000 cas existants, ajoute-t-il. Charmante nouvelle...
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De son côté, l’AfD a désigné la coupable : pour Markus Pretzell, l’un des leaders du parti de droite AfD qui mène campagne depuis des mois contre la politique d’accueil de la chancelière allemande, l'attentat de Berlin rend Angela Merkel "coupable" : "Ceux qui commettent ces attaques prêchent la haine. Nous ne voulons plus d’eux. Quand l’Etat allemand va-t-il riposter ? Quand cessera cette hypocrisie ? Ce sont les morts de Merkel", a-t-il dit. La patronne de l'AfD a également estimé que Merkel était "co-responsable" de la tuerie : "Merkel et Cie plaident une liberté sans frontière. Celle-ci est apparemment aussi utilisée par les criminels et les terroristes".
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Concernant la Russie, le groupe terroriste Front al-Nosra, récemment rebaptisé Front Fatah al-Cham, a revendiqué l'assassinat de l’ambassadeur russe survenu le 19 décembre à Ankara (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : cette information provient d'un document diffusé par le Front Fatah al-Cham sur Internet. Le Front Fatah al-Cham fait partie de la coalition terroriste L'Armée de la Conquête ou Jaish al Fatah, formée le 24 mars 2015, qui rassemble plusieurs groupements terroristes syriens actifs dans tout le gouvernorat d'Idleb et dans certaines parties des gouvernorats de Hama, Lattaquié et Alep.
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A propos d'Alep, le député syrien Fares Shehabi a évoqué l’évacuation de la ville, y compris l'évacuation des djihadistes (extraits ; voir lien vers source en bas de page) : « Nous sommes heureux » qu’ils soient montés dans des bus (les djihadistes), a affirmé Shehabi ; « qu’ils aillent à Idlib puis de là en Europe » afin que les politiciens européens « qui les ont envoyés ici » voient à quoi nous avons affaire.
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Peu avant l'attentat de Berlin, Donald Trump avait twitté ceci : « Aujourd’hui, il y a eu des attaques terroristes en Turquie, en Suisse et en Allemagne, et cela ne fait qu'empirer. Le monde civilisé doit changer sa façon de penser ». Intéressant. Trump s'exprime - sur ce sujet - comme Poutine. Trump dit la vérité et il voit juste comme le fait Poutine. Trump entrera en fonction le 20 janvier 2017. A partir de là, il rapprochera les Etats-Unis de la Russie. 2017 connaîtra autant d'attentats, voire plus, que 2016. Mais 2017 sera aussi l'année d'une coordination raisonnable entre Washington et Moscou. Et la France ?
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A propos de la France justement, sur "La Faute à Rousseau", l'éditorialiste François Marcilhac écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Les tenants d’une ligne souverainiste et ceux d’un ligne identitaire ont raison de l’entretenir, à moins de se situer dans une ligne identitaire postnationale ou dans une ligne nationale post-identitaire, où la laïcité tient lieu d’identité de substitution. L’exemple de la Russie, que la fin du communisme et l’échec de la CEI ont contrainte à se repenser aussi, sinon uniquement, comme une Nation est là pour le prouver.
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François Marcilhac : Tout en prenant en compte, même au plan culturel, le fait musulman, c’est autour de son identité millénaire chrétienne que se construit la nouvelle Russie, laquelle cherche à assumer, parfois non sans conflits ni paradoxes, toute son histoire. Ce que ne lui pardonne pas l’oligarchie mondiale. Car ce n’est pas tant le Poutine restaurateur de la puissance russe, qu’elle diabolise, que, le Poutine refondateur de la Nation russe dans son identité et sa souveraineté, avec lesquelles l’« Occident », c’est-à-dire les Etats-Unis et ses satellites européens, avaient cru en finir dans les années 1990.
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François Marcilhac : D’où les provocations incessantes à l’égard d’une Russie qui cherche simplement à jouer pleinement son rôle de puissance eurasiatique, « facteur d’équilibre dans les affaires internationales et du développement de la civilisation mondiale », comme le rappelle la doctrine extérieure russe, que Poutine vient de redéfinir, via un document d’une trentaine de pages, publié le 1er décembre dernier. D’où, aussi, la désinformation systématique - un vrai pilonnage médiatique - dont son action, notamment en Syrie, fait l’objet, et qui redouble d’intensité alors qu’Alep, aux mains depuis quatre ans des islamistes, est libérée.
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François Marcilhac : Cette nouvelle doctrine russe prend acte, dans l’affaire ukrainienne, de la volonté d’expansion géopolitique de l’Union européenne, qui vise également, aux côtés des Etats-Unis, à saper la stabilité régionale et globale de la Russie. Elle constate aussi que le rôle du facteur de la force dans les relations internationales augmente. Nul ne saurait s’en réjouir, mais les torts ne seraient-ils pas partagés ? On dit que l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche pourrait rebattre les cartes. La diplomatie française n’a aucune raison d’attendre pour recouvrer son indépendance. Plutôt que de redouter, pendant les élections de 2017, une cyberguerre russe visant à déstabiliser le pays, Paris devrait renouer un vrai dialogue avec un partenaire historique millénaire, ajoute François Marcilhac (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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https://fr.sputniknews.com/international/201612211029279643-ambassadeur-assassinat-front-al-nosra/
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http://www.memri.fr/2016/12/21/le-depute-syrien-fares-shehabi-que-les-militants-evacues-dalep-atteignent-leurope-alors-les-europeens-comprendront-ce-a-quoi-nous-avons-affaire/
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http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/12/20/apaisee-la-france%C2%A0-5889366.html
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Et si le meurtre de l’ambassadeur russe à Ankara était un acte isolé ?

Ce 19 décembre, l'ambassadeur de Russie en Turquie, Andreï Karlov, a été froidement abattu par Mevlüt Mert Altintas. Depuis les autorités turques et la presse pro-gouvernementale ont fait savoir que ce jeune policier turc de 22 ans était lié au prédicateur Fethullah Gülen présenté comme l'opposant numéro 1 au président Erdogan et résidant aujourd'hui aux Etats-Unis. Mais les preuves apportées par les autorités semblent plutôt légères, en tout cas suffisamment pour ne pas dissiper le doute. Qu'en est-il alors ?

La thèse islamiste ? Peu probable pour l'instant

Si de nombreux observateurs ont fait savoir que la piste du mouvement Gülen n'était pas convaincante, beaucoup voient cet attentat comme étant inspiré voire téléguidé par des mouvements islamistes. Il est vrai que ces derniers temps, les attaques islamistes, notamment de Daech, sont plutôt monnaie courante en Turquie. On pourrait parfaitement envisager cette piste, d'autant que l’État Islamique a appelé récemment ses partisans à s'attaquer à la Turquie et ses intérêts.

Pour l'instant aucune preuve ne permet d'affirmer que Daech ou un autre groupe islamiste soient derrière cette attaque terroriste. Certains éléments laissent d'ailleurs à penser que ce n'est pas le cas.

L'indice principal étant la question de la revendication. Au moment de la rédaction de cet article, soit deux jours après l'attentat, aucune organisation islamiste n'a revendiqué ce meurtre. Or Daech comme Al Qaida, revendiquent systématiquement et assez rapidement leurs attentats.

Le seul argument qui pourrait laisser penser que Mevlüt Mert Altintas serait lié aux islamistes est le fait qu'il ait dit « Allah Akbar » après avoir abattu Andreï Karlov. Quiconque ayant séjourné en terre d'Islam sait que cette expression est tout ce qu'il y a de plus courant et qu'elle ne peut justifier à elle seule, l'appartenance à un groupe islamiste. La thèse islamiste semble, pour l'instant, reposer sur des arguments plutôt légers

Une troisième hypothèse, celle d'un acte isolé

Or si ce n'est ni le mouvement Gülen, ni la piste islamiste et que l'on fait abstraction des théories de « false flag », peut-on voir dans ce meurtre un acte isolé ? Cette hypothèse ne repose sur aucune preuve concrète pour le moment mais elle ne devrait pas être, pour autant, abandonnée.

Après tout, nous avons trop souvent tendance à inscrire des événements dans des logiques et des considérations géopolitiques bien complexes, au point d'ignorer le caractère imprévisible de l'être humain et d'occulter le facteur local. Quand Gavrilo Princip a ouvert le feu sur l'archiduc François-Ferdinand en 1914 à Sarajevo, avait-il conscience des conséquences de son acte ?

En attendant que toute la lumière soit faite sur cet attentat et sur la personnalité de Mevlüt Mert Altintas, on peut tout à fait imaginer que ce dernier n'ait pas agi par conviction profonde mais par émotion. Une émotion qui aurait pu être déclenchée par la vague médiatique anti Bachar el Assad et anti russe autour de la bataille d'Alep.

Jordi Vives, Les Observateurs

NB : au moment de la publication de cet article, Sputnik annonce que le Front Fatah al Sham aurait revendiqué l'attentat

Mise à jour : L’ambassadeur russe a été assassiné par un policier qui criait Allahu Akbar (Vidéo)

Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé lundi que son ambassadeur en Turquie, Andreï Karlov, a été tué par balle à Ankara.

 

https://youtu.be/vgVtshscTQY

 

 

L'ambassadeur de Russie en Turquie a été tué lundi dans un attentat «terroriste» perpétré par un homme armé qui a évoqué une vengeance pour la ville syrienne d'Alep en passe de tomber aux mains du régime de Damas avec le soutien de Moscou, selon les autorités russes et un témoin.

Tué en plein discours

L'homme qui a ouvert le feu sur le diplomate, Andreï Karlov, pendant qu'il visitait une exposition d'art à Ankara, était «de la police», a déclaré le maire d'Ankara, Melih Gökçek. Une information également relayée par le quotidien progouvernemental Yeni Safak, qui identifie le tireur présumé comme un membre des forces antiémeutes.

«Un acte terroriste»

M. Karlov a succombé à ses blessures par balle, a annoncé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

«Il s'agit d'un acte terroriste», a-t-elle ajouté, selon des images de la télévision publique Rossia 24.

 Source et article complet

A propos d’Alep – La vérité si je mens

   
"L’Occident a perdu son honneur à Alep" (selon nos médias). "Je demande pardon au peuple d'Alep" (encore selon nos médias). "Avec la chute de l'ex-capitale économique de la Syrie, dans l'indifférence de la communauté internationale, c'est le dernier symbole d'une possible alternative à la dictature du régime d'Assad qui s'effondre" (toujours selon nos médias). J'aimerais, pour commencer, signaler que les rebelles islamistes empêchent les civils de quitter les quartiers assiégés d'Alep-Est et qu'ils s'en servent comme boucliers humains.
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Rebelles islamistes à Alep qui sont notamment membres du Fatah al Cham, du Ahrar al-Sham, du Fastaqim, du Noureddine al-Zenki, du Sultan Mourad et du Jabha Shamya, bref, des allumés aussi aimables que l'étaient, il n'y a pas si longtemps que ça, ceux d'al-Qaeda (qu'ils ont évincé d'ailleurs...). Quant à Barack Hussein Obama, il a jeté définitivement l’éponge devant les terribles images en provenance d’Alep et il a préféré prendre des vacances avec sa famille dans l’archipel d’Hawaï, comme l'écrit Freddy Eytan dans Le Cape.
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Je note, par ailleurs, qu'à l'ONU, une journaliste a démonté la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie. Sa démonstration a eu lieu lors d'une conférence de presse ayant pour thème « Contre la propagande et le changement de régime en Syrie ». Etaient invités à y participer les journalistes et activistes internationaux. Parmi les participants, la journaliste canadienne Eva Bartlett, qui s'est plusieurs fois rendue en Syrie depuis 2014, travaillant à y recueillir les témoignages directs des habitants de ce pays.
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Ci-dessous, je publie un certain nombre d'analyses sérieuses (parfois un peu longues...) et de commentaires (judicieux...) sur ce qui c'est vraiment passé - et se passe encore - à Alep.
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Ainsi, le Père Ziad Hilal, chargé des projets de l’AED en Syrie (donc sur place), qui est interviewé (ci-dessous, extraits de l'interview ; voir lien vers source en bas de page) :
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Quelle est la situation actuelle à Alep ? Le cessez-le-feu est-il respecté ?
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Père Ziad Hilal - Non, après une trêve, les combats ont visiblement repris. Nous entendons des bombes et des tirs de roquettes à une distance relativement faible. Non loin de nous, il y a deux secteurs où se sont retranchés les rebelles qui ne veulent pas capituler. Jusqu’à maintenant, nous continuons d’entendre des combats.
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Et dans votre secteur ?
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Père Ziad Hilal - Dans notre secteur, les choses sont calmes. Beaucoup de gens ont quitté l’Est de la ville pour venir à l’Ouest. De nombreuses organisations sont sur place pour les aider. Il a fait très froid aujourd’hui. Mais il y a tout juste quelques jours, notre couvent a été l’objet d’une attaque. Samedi soir, vers 18 heures, une roquette a explosé dans notre bâtiment, causant des dégâts matériels. À cette heure-là normalement, nous célébrons la messe dans notre église, mais ce samedi-là, nous participions à une retraite chez une congrégation de religieuses. C’est ce qui nous a sauvés.
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Comment évaluez-vous la situation à Alep-Est actuellement ?
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Père Ziad Hilal - Pour la première fois depuis cinq ans, j’ai pu visiter aujourd’hui la partie Est de la ville et me faire une idée de la situation, en particulier dans le quartier chrétien de Al-Midan. Le spectacle qui s’offre à vous est celui d’une destruction totale. Notre centre Saint-Vartan est lui aussi très endommagé.
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Les médias font état de massacres de la population civile par l’armée syrienne et ses alliés…
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Père Ziad Hilal - J’ai des doutes quant à ces récits. Il existe peut-être des cas isolés, mais nous n’en avons pas entendu parler ici. Il faut savoir que ces temps-ci, on diffuse beaucoup d’informations erronées et aussi de fausses images. Les organisations sur place comme la Croix Rouge n’ont pas diffusé ce genre de nouvelles jusqu’à présent. Le problème est que les gens tendent à exagérer alors qu’aujourd’hui justement, il ne faut pas provoquer, mais au contraire garder son calme. Il importe maintenant d’encourager les gens à s’accepter mutuellement et à oser la réconciliation.
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Voyez-vous des signes de cette réconciliation ?
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Père Ziad Hilal - Pas encore. Nous avons détruit la ville parce que jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d’accord dans le dialogue. Nous avons perdu notre civilisation et détruit notre histoire ! Pourquoi ? C’est une tragédie.

Beaucoup de Syriens accusent les puissances étrangères d’être le principal responsable de la guerre…
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Père Ziad Hilal - Nous ne devons pas montrer les autres du doigt : ce sont d’abord nous-mêmes qui sommes responsables. Il faut néanmoins dire que les médias jouent un rôle déplorable dans cette guerre. Ils provoquent les deux parties et les montent l’une contre l’autre. Ces provocations doivent cesser.
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Maintenant que la partie Est de la ville est quasiment vide, y a-t-il selon vous l’espoir d’un rapprochement ?
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Père Ziad Hilal - La bataille d’Alep a été acharnée. La plupart de la ville est totalement détruite et la simple obtention d’un cessez-le-feu a déjà été un malheureux jeu de patience. Mais nous devons garder espoir, pourquoi sinon sommes-nous encore là ? Alep a connu bien des conquérants au cours de son histoire. Des milliers de personnes y sont mortes et elle a été détruite à plusieurs reprises. Et elle s’est pourtant toujours relevée. Gardons espoir.
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Y a-t-il quelque chose que l’Occident peut faire aujourd’hui ?
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Père Ziad Hilal - Avant tout : cessez les provocations. Appelez les hommes politiques à la raison pour qu’ils recherchent un discours modéré et la réconciliation. Le Proche Orient doit devenir une région paisible où tout le monde cohabite pacifiquement. Il deviendra sinon un enfer pour nous (fin de l'interview ; voir lien vers source en bas de page).
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Par ailleurs, lors d'une conférence, la journaliste canadienne Eva Bartlett a été interrogée par son collègue (gauchiste) norvégien du journal 'Aftenposten'. Il cherchait à comprendre comment elle pouvait accuser nos médias de mensonges sur la situation en Syrie. Deux minutes ont suffi à Eva Bartlett pour faire voler en éclats le mythe de la crédibilité des médias (https://youtu.be/0DZSPy5KkWg).
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Sur LSB, Paula Corbulon écrit (extraits adaptés) : En France, les réalités sont non seulement totalement ignorées des medias du régime socialiste, mais noyées sous une avalanche de bobards hystériques, qui marquent le désarroi de l'oligarchie hors-sol devant un échec, au moins temporaire, de sa campagne de déstabilisation de la Syrie, conclut Paula Corbulon.
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De son côté, Olivier Hanne, cité sur LSB, écrit notamment (extraits adaptés) : Le désastre diplomatique français au Proche-Orient est lié à l’irréalisme de notre politique depuis 2011, laquelle a toujours voulu défendre les principes du droit contre Bachar al-Assad, sans prendre en compte les réalités du terrain et la complexité des sociétés concernées. La France est le seul pays, avec l’Arabie Saoudite, à avoir toujours voulu le départ du président syrien. Cette opiniâtreté a coûté à la France sa place dans la région, puisqu’elle a été dépassée par le dynamisme russe et le pragmatisme américain. En fermant son ambassade à Damas et en refusant toute négociation, même parallèle, Paris s’est privé de tout levier semi-officiel en Syrie et a dû se rabattre sur les groupes rebelles qui, dès 2012, étaient tous pénétrés par l’idéologie djihadiste.
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Contre Bachar, la France a démontré l’usage d’armes chimiques et a défendu cette position même après avoir été lâchée par les États-Unis, puis elle a utilisé la qualification de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ce qu’elle n’a fait ni envers le régime irakien qui a pilonné les villes sunnites en 2012-2013, ni envers Riyad pour son action au Yémen ; contre Bachar, la France a refusé de frapper les troupes de Daech qui se sont emparé de Palmyre en mai 2015 puis à nouveau en décembre 2016, et elle ne l’a pas fait justement pour ne pas être accusée d’aider le régime, même indirectement ; contre Bachar, la France a soutenu la rébellion kurde dans le nord de la Syrie, quitte à fragmenter le pays et à fermer les yeux sur les exactions commises par certains groupes kurdes ; contre Bachar, la France a même fourni des armes à des groupes constitutifs de l’alliance Jabhat al-Nosra ; contre Bachar, la France a permis à l’Arabie Saoudite de financer la mouvance djihadiste de Syrie, la même qui a empêché par la terreur les civils de quitter Alep lorsque les Russes ont ouvert des corridors humanitaires ; contre Bachar, la France a laissé toute latitude à l’Arabie Saoudite pour conduire une coalition au Yémen du Nord afin d’y écraser dans le sang la rébellion des Houthis, faisant plus de 30'000 morts ; contre Bachar, la France a fermé les yeux sur les manœuvres turques visant à s’implanter sur la frontière syrienne.
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Accuser la France de ne pas s’être investie dans le dossier syrien est une ineptie et un mensonge. Certes, la France a d’abord parlé et n’a agi qu’indirectement. Mais qu’est-ce que les experts interrogés par Le Monde souhaitaient de plus ? Une intervention militaire directe de la France ? Toute seule, à la Cyrano, pour le panache ? Avec quelles troupes ? Avec les 3'000 soldats qui tentent de barrer la route au djihadisme au Sahel à travers l’opération Barkhane ? Avec les 10'000 soldats épuisés par l’opération Sentinelle ? Et contre qui la France aurait dû envoyer ces troupes ? Contre l’armée syrienne et son allié russe ? À Alep ou à Damas ? Les deux, mon général.
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Nos hommes auraient été immédiatement pris entre le marteau de Daech et l’enclume syro-russe, et ils auraient été accusés de néo-colonialisme, comme ils le sont déjà au Sahel ! Nous aurions déclenché une guerre avec la Russie sans aucune assurance de rétablir une paix quelconque. La France est allée jusqu’au bout de sa logique, celle des principes, mais depuis la fin des blocs, les principes ne suffisent plus à déterminer le camp du bien, et le Moyen-Orient est trop complexe pour supporter le manichéisme. Si la France est condamnable pour ce qui s’est passé à Alep, alors elle l’est aussi pour Saada au Yémen, pour Falloujah en Irak. Mais jusqu’où faudra-t-il s’accuser ? Une chose est sûr : les experts ne sont pas faits pour gouverner, conclut Olivier Hanne (fin des extraits adaptés).
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De son côté, Maxime Perrotin écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La bataille d’Alep touche à sa fin après 4 ans de conflit. L’armée syrienne progresse dans les toutes dernières poches de résistances des quartiers Est de la ville qui pourraient être reprises dans les heures qui viennent. Un épilogue qui provoque un tollé général dans les médias français. Florilège. « La libération totale d'Alep est proche », c'est ce qu'annonçait une source militaire de Sputnik dès le 12 décembre au soir. Une libération qui pourrait être pleinement effective « d'ici 48 heures », si on en croit le témoignage de Pierre le Corf, français vivant à Alep Ouest où de nombreux habitants sont descendus dans les rues pour célébrer cette libération «imminente» et la fin des combats et des bombardements.
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Si 98% de la ville est à présent aux mains de l'armée syrienne, les médias semblent, contrairement à de nombreux « combattants rebelles », ne pas déposer les armes. En effet, depuis ce matin, les médias français mainstream se livrent à une surenchère de titres tous plus alarmistes les uns que les autres, comme par exemple Courrier International : « Syrie. À Alep, les civils attendent la mort », ou Libération : « Bataille d'Alep: "C'est le jour du jugement dernier" » « Alep, une fin dans le sang et les flammes » pour France Inter, quant à Le Monde : « Alep, en passe de tomber aux mains du régime de Bachar Al-Assad » (rappelons qu'un million et demi de civils vivent actuellement à Alep en zone gouvernementale).
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D'autres médias titrent sur le spectre des massacres et autres « atrocités contre les civils », tel que RFI ou L'Express. La palme revient néanmoins à l'Obs, qui semble affectionner les comparaisons historiques, via Rue89, « Alep: "C'est Srebrenica qui parle. Impuissance" », quelques heures plus tard, autre article autre titre, « ALEP. Comme à Grozny, la stratégie russe est simple: c'est la destruction totale ». Christian Harbulot, Directeur de l'École de Guerre Économique (EGE), voit dans la couverture médiatique de la libération d'Alep, une sorte de « danse de Saint-Guy » des journalistes français : « Nous assistons hélas à un concert de protestations qui relèvent plus de l'intention d'influencer l'opinion publique que le devoir d'informer l'opinion publique française », conclut Maxime Perrotin citant Christian Harbulot (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Quant à Gilles William GOLDNADEL, il écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Autant l'écrire tout de suite, je ne me fais pas l'ombre d'une illusion. Dans ce conflit syrien inextricable et confus, ma parole est inaudible. Et le message écrit qui va suivre est pratiquement illisible, d'autant plus qu'il est écrit à l'encre antipathique. Mais je l'écris tout de même. Pour me regarder sans honte et prendre date.
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Gilles William GOLDNADEL : Le message scellé dans une bouteille lancée dans la mer des sarcasmes est le suivant : la prétendue realpolitik – à la mode aujourd'hui, plus à droite qu'à gauche, et qui exige que même lorsque les enfants d'Alep, dans les hôpitaux et dans les écoles, expient les fautes qu'ils n'ont pas commises, il faille soutenir Assad – est non seulement immorale, mais irréaliste.
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Gilles William GOLDNADEL : Elle est évidemment totalement immorale, car trop c'est trop. Un régime dictatorial et sanguinaire qui cible délibérément et spécifiquement des écoles et des hôpitaux et envoie sur eux les gaz et des tonneaux incendiaires est insoutenable et inexcusable. Mais ceux qui me connaissent savent que je ne souhaite pas particulièrement être enterré au paradis des moralistes désincarnés et que je sais surtout l'enfer pavé des meilleures intentions.
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Gilles William GOLDNADEL : Mais c'est sur le terrain du réel que j'entends contester l'expertise supposée des défenseurs de la realpolitik. Tout d'abord, à Alep, l'organisation État islamique et ses détestables suppôts sont pratiquement absents. Dans la ville martyre, c'est principalement le front al-Nosra qui combat Assad et ses supplétifs iraniens et hezbollahis. Entre ces deux rivaux islamistes radicaux utilisant la terreur – l'un sunnite, l'autre chiite –, notre cœur moral et notre cerveau raisonnant ne sauraient balancer d'une quelconque manière.
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Gilles William GOLDNADEL : La Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée. Je sais bien, et mes amis à droite me le serinent souvent, que le régime bassiste syrien est plus tolérant à l'égard de la minorité chrétienne que les islamistes de tout poil. Je leur donne raison et j'en sais quelque chose. Qu'on me permette l'anecdote : en ma qualité de président de France-Israël, j'avais invité au début de la guerre civile une sœur syrienne d'origine palestinienne venue dire à l'assemblée que quand bien même elle n'approuvait pas le régime cruel d'Assad, elle le préférait aux bourreaux islamistes qui détruisaient les églises et massacraient les fidèles à la croix.
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Gilles William GOLDNADEL : Qu'avais-je fait là ! Je ne sais plus quel folliculaire de La Règle du jeu, la revue de BHL, m'accusa ni plus ni moins d'être un suppôt du régime. Moi qui, pratiquement dans le désert depuis plus de 20 ans, reprochait à Hafez puis à son rejeton les massacres commis en masse à Hama ou ailleurs dans l'indifférence la plus totale d'un journal du soir qui à l'époque disait officiellement et le bien et le mal.
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Gilles William GOLDNADEL : Mais pour autant, et alors même que quoi qu'il arrive désormais, la Syrie est condamnée à tout jamais à être divisée, est-on tenu de délivrer un chèque en blanc à la radicalité chiite, à l'Iran obscurantiste des mollahs et au Hezbollah terroriste ? Mes amis de droite me serinent encore que Churchill, pourtant anticommuniste de bon aloi, avait bien dû choisir Staline plutôt que Hitler. C'est vrai, et il avait eu raison.
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Gilles William GOLDNADEL : Sauf que. Sauf que c'était après avoir vainement bataillé contre les pacifistes irréalistes britanniques qui avaient refusé de s'armer contre Hitler. Sauf que Staline, au moment du choix churchillien déchirant, était infiniment moins puissant que Hitler. Dans notre présente espèce, l'État iranien et le Hezbollah sont infiniment plus puissants que le pseudo État islamique sur le recul et non présent à Alep. Sauf que, après Stalingrad, et contrairement à la crédulité (déjà) de son allié américain, Churchill commençait à envisager Staline avec une méfiance redoublée.
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Gilles William GOLDNADEL : À présent que l'organisation État islamique recule partout, il est temps de regarder avec une égale méfiance la radicalité islamiste chiite. Je l'ai dit, je me fais peu d'illusions sur mes chances d'être entendu. D'autant plus que l'on dira que mes sympathies pour Israël ne sont pas pour rien dans l'envoi de cette bouteille en Méditerranée. Et on aura parfaitement raison.
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Gilles William GOLDNADEL : On voudra bien pardonner effectivement le fait que le régime de Téhéran – qui fait graver sur ses missiles balistiques, dans l'indifférence absolue du monde, « Israël doit être détruit » – ne m'inspire pas une sympathie ou une confiance illimitée. Mais lorsqu'on s'intéresse de près au drame du Proche-Orient, il n'est pas impossible d'avoir quelques intuitions d'ores et déjà confirmées pour partie.
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Gilles William GOLDNADEL : Même s'il est antipathique et cruel de le faire observer : l'offre politique au sein du monde arabo-islamique est encore aujourd'hui entre le mauvais et le mauvais. Raison pour laquelle je n'ai jamais cru au printemps arabe, contrairement à tous les bons esprits qui m'accablaient alors et parlent avec la même assurance aujourd'hui.
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Gilles William GOLDNADEL : Qu'il me soit enfin et surtout permis, avec une immense amertume, de constater que les défenseurs autoproclamés des droits de l'homme, ceux que j'appelle les islamo-gauchistes, qui étaient descendus en masse dans les rues de Paris pour crier leur haine d'Israël – quand ce n'était pas des juifs – sous le prétexte de la guerre à Gaza déclenchée par le Hamas, se sont mis aux abonnés absents durant toute la durée du grand massacre.
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Gilles William GOLDNADEL : Que l'on s'en souvienne : Quand les Arabes sont massacrés par des Arabes, quand des musulmans sont massacrés par d'autres musulmans et non par des Occidentaux chrétiens ou juifs, ils ne méritent pas qu'on mette le nez dehors. Il y a quatre ans, l'ensemble des journaux télévisés ouvraient systématiquement sur le conflit israélo-palestinien, il est vrai qu'il était plus sûr pour un journaliste d'être présent à Gaza – dès lors qu'il était docile à l'égard du Hamas – plutôt qu'à Alep. Dans ce cadre médiatique et intellectuel déjà bien psychologiquement balisé, les diplomates, les politiques, l'ONU n'entendaient précisément regarder le conflit que sous un angle prétendument purement moral.
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Gilles William GOLDNADEL : Et pourtant, les missiles islamistes partaient de Gaza, les boucliers humains existaient déjà à Gaza, et les frappes chirurgicales israéliennes ne visaient pas les hôpitaux. Pour imparfaites, elles étaient autrement moins meurtrières et bouchères que celles du camp Assad et de ses alliés. Je prends date, vous dis-je. Il est des jours où la morale rejoint le droit et l'intérêt. Même un point de vue tristement et dramatiquement réaliste ne saurait nous faire abandonner ces enfants d'Alep qui sont aussi les nôtres, conclut Gilles William GOLDNADEL (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.aed-france.org/syrie-situation-a-alep-interview-p-ziad/
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https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201612131029159921-alep-djihadistes-medias/
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http://blognadel.over-blog.com/2016/12/goldnadel-alep-l-encre-antipathique.html
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L’UE c’est l’URSS du temps présent

   
Vladimir Poutine reste "l'homme le plus puissant du monde", devant Donald Trump et Angela Merkel, selon le classement 2016 du magazine 'Forbes', édition du mercredi 14 décembre 2016. A 64 ans, raconte 'Forbes', le président russe remporte le classement du magazine américain pour la quatrième année consécutive. 'Forbes' me laisse totalement indifférent.
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En revanche, je dirai que Poutine (avec Trump tout de même, mais ça c'est au-dessus des forces de 'Forbes'), est, non pas "l'homme le plus puissant du monde" (formule stupide qui ne veut rien dire), mais l'un des chefs d'Etat du monde le plus intelligent : c'est lui qui a considérablement affaibli l'EI en Syrie, et, soit dit en passant, il n'est pas responsable des massacres à Alep, contrairement aux allégations mensongères de nos médias.
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De nos médias qui semblent soutenir, avec un plaisir jouissif, les terroristes musulmans de tous poils qui sévissent - ont sévi et séviront encore - à Alep et ailleurs. Je reviendrai, pour Les Observateurs, une fois encore, et, tout prochainement, sur ce qui se passe réellement à Alep, preuves et sources à l'appui.
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Par ailleurs, je note avec plaisir que lors d’une conférence de presse à Belgrade, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (qui lui aussi, à l'égal de Poutine, est un homme intelligent), a comparé l’UE à l’URSS : « L'Union européenne délivre des instructions par écrit à ses différents Etats membres, associés ou candidats, indiquant l'attitude à adopter et les déclarations à faire concernant la Russie. Il est exigé à chacun de ces pays de condamner 'l'annexion de la Crimée' ou 'l'occupation de l'Est ukrainien' ».
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C’est une « approche absurde » des relations internationales. Si le rapprochement de l’UE avec la Serbie ou le Monténégro ne sont motivés que par la volonté de s'opposer à la Russie, « c'est une impasse, une voie sans issue ». « Cette manière de privilégier les intérêts idéologiques sur les intérêts économiques ou essentiels des pays membres fait penser à l'Union soviétique », a ajouté Sergueï Lavrov.
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En résumé et en conclusion, je dirai que l'Union Européenne, c'est l'URSS du temps présent. Que Poutine et Lavrov sont des hommes intelligents. Et que nos gouvernants, ainsi que nos médias, sont, lamentablement, en-dessous de tout. Quelle triste année que l'année 2016... Vivement 2017 dont je souhaite qu'elle soit "l'année coup de balai"...
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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La Russie a favorisé l’élection de Donald Trump ? Et alors ?

Un mois après l'élection de Donald Trump, les services de renseignement américains accusent la Russie d'être impliquée dans la révélation de certaines informations secrètes afin de favoriser la candidature de Donald Trump aux élections présidentielles.

La Russie impliquée dans la fuite d'informations secrètes via Wikileaks ?

L'information a été révélée par le Washington Post, Barack Obama aurait demandé à la CIA d'enquêter pour savoir si la Russie avait soutenu la campagne du candidat républicain. Le rapport de l'agence de renseignement américaine indique que plusieurs individus ont été identifiés dans l'affaire du piratage informatique du parti démocrate, piratage qui aura conduit à la divulgation par le site Wikileaks de milliers d'e-mails internes au parti d'Hillary Clinton, y compris les e-mails de son directeur de campagne, John Podesta. Selon le Washington Post, la CIA indique (sans apporter de preuve) que les « hackers » auraient des « connexions » avec le gouvernement russe. Selon le New York Times, le parti républicain aurait également été victime de pirates informatiques russes mais ils n'auraient rien rendu public.

De son côté, Donald Trump a décrit, sur la chaîne Fox News, ces accusations comme étant « ridicules ». John Bolton, républicain proche des néo-conservateurs, ancien ambassadeur des États-Unis à l'ONU et pressenti aujourd'hui pour devenir le futur secrétaire d’État de Donald Trump, a indiqué, quant à lui, qu'il ne savait pas « si ces activités avaient été inspirées par des Russes ou s'il s'agissait d'une opération sous fausse bannière ».

L’hôpital qui se moque de la charité ?

Il est aujourd'hui difficile de savoir qui a raison et qui ment. Les agences de renseignement américaines n'ayant, pour l'instant, diffusé aucune preuve, on ne peut que se fier à la bonne parole de ces agences (autant dire qu'on ne peut pas s'y fier).

Mais admettons l'espace d'un instant que la CIA dit la vérité, admettons que le gouvernement russe ait bel et bien cherché à influencer le résultat des élections américaines en ayant recours au piratage informatique, ne s'agit-il pas là d'un juste retour de bâton au regard de ce que font ces agences de renseignement américaines ?

Après tout, les américains restent (et de loin), ceux qui ont le plus recourt à l'espionnage informatique. Avant de taper sur les doigts des méchants espions russes, il ne faudrait pas oublier les révélations d'Edward Snowden à propos des programmes d'écoute totalement illégaux de la NSA . Il ne faudrait pas oublier non plus que c'est bien la NSA qui a mis sur écoute plusieurs chefs d’État de pays pourtant alliés aux États-Unis. Wikileaks avait d'ailleurs révélé que la chancelière allemande Angela Merkel, mais également Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient fait l'objet d'écoutes téléphoniques de la part de la NSA.

Alors messieurs les Américains, si ces informations sont justes, si la Russie a réellement tenté d'influencer vos élections présidentielles, dites-vous que c'est de bonne guerre.

Jordi Vives, Les Observateurs

Guerre mondiale – Sarajevo 1914 – Al-Bab 2016

   
Michel Garroté - Une réforme visant à élargir - encore plus - les pouvoirs du Calife nazislamiste (et président) Erdogan sera soumise dans quelques jours au Parlement turc. Cette réforme prévoit de transférer l'essentiel des pouvoirs exécutifs du Premier ministre au président. En fait, la réforme prévoit, à terme, la suppression pure et simple de la fonction de Premier ministre, et, la nomination de deux "vice-présidents" aux côtés d'Erdogan. Etant donné le rôle de la Turquie, en Syrie notamment, cette réforme est particulièrement alarmante pour l'avenir.
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A ce propos, Laurent Leylekian, analyste politique et spécialiste de la Turquie déclare notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La Turquie cherche actuellement à renforcer ses positions en Syrie. Quand on voit le bilan de Recep Tayyip Erdogan dans le sud-est de la Turquie après la destruction de villes comme Sarnak, on peut dire que, finalement, ce n’est pas mieux que Bachar el-Assad. Il a parlé il n'y a pas si longtemps de frontière du cœur et des morceaux de l’âme turque, en évoquant l’ensemble des anciens territoires ottomans. Il manipule directement ou indirectement différentes milices dans le nord de la Syrie et maintenant l’armée turque y est présente.
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Le point de tension extrême ce n’est pas Alep (ndmg - les habitants d'Alep profitent aujourd'hui de l'offensive victorieuse des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés) mais Al-Bab (les Kurdes et les Turcs sont à moins d'un kilomètre de distance autour d’Al-Bab), où se cristallisent les ambitions turques d’aller plus loin à l’intérieur de la Syrie, peut-être jusqu’à Raqqa. Il est à craindre qu'Al-Bab 2016 soit un peu le Sarajevo de 1914 (ndmg - début de la Première Guerre mondiale). Cela risque d’exploser. Je pense que le dernier épisode où les soldats turcs ont été bombardés par l’aviation syrienne et non l'aviation russe  --  ce dont on a aujourd'hui la confirmation et il est clair que l’aviation syrienne n’aurait rien fait sans le consentement, sinon l’encouragement des Russes  -  c’est très clairement un signal de la Russie à la Turquie qu’il lui faut s’arrêter là et ne pas aller plus loin.
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Le maître des horloges et du déroulement de ce qui se passe en Syrie, c’est Vladimir Poutine. Il ne tient pas à s'aliéner d'avantage les Turcs, parce que les Turcs sont engagés dans un processus de rapprochement avec le groupe de Shanghai et d'éloignement de l’UE. Et cela fait les affaires de Vladimir Poutine. Maintenant, la question est : qui va prendre Al-Bab ? Peut-être l’armée syrienne tout simplement. Al-Bab est important, parce que c'est par là que passe l’une des routes qui mène à Alep. Dans l’hypothèse où la Russie soutient l’armée syrienne régulière (ndmg - ce qui est le cas), il ne serait pas illogique qu'elle (la Russie) laisse finalement l’armée syrienne régulière reprendre le contrôle d’Al-Bab, ajoute Laurent Leylekian (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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https://francais.rt.com/opinions/29934-turquie-syrie-declarations-erdogan-credible
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Sortir de l’OTAN ? Ce n’est pas le moment !

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Michel Garroté - Ce n’est pas le moment de sortir de l’OTAN. C'est très "tendance", au sein de la droite patriotique, de prôner la sortie de l'OTAN. Mais non, ce n'est pas le moment. La récente victoire de Trump doit nous inciter à la patience et la prudence. Attendons de connaître sa politique étrangère, sa vision géopolitique, et alors, nous aviserons.
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A ce propos, le chroniqueur Olivier Bault écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La Pologne, comme la Hongrie, est en train d’accroître ses dépenses militaires et organise même une défense territoriale, sorte de garde nationale composée de civils volontaires, capables de mener une guerre de partisans sur les arrières d’un envahisseur et, aussi, de réagir aux situations de crise. La crainte de la Hongrie, c’est une offensive de masses civiles musulmanes contre sa clôture frontalière.
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La crainte de la Pologne, c’est plutôt une hypothétique guerre avec la Russie. Dans l’hypothèse d’une arrivée prochaine du Front national au pouvoir en France, Paris pourrait décider de se retirer de l’OTAN. Or, la France y perdrait doublement : d’une part, la tentation pour la Russie de reconquérir les parties perdues de son empire en serait accrue, puisqu’elle pourrait parier sur l’absence de réaction d’une Alliance atlantique affaiblie. Les pays baltes, très faibles militairement et abritant des minorités russes, sont particulièrement exposés.
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Des guerres entre nations européennes redeviendraient, donc, quelque chose de concevable, au moins en Europe centrale et orientale où la France a des intérêts économiques, comme en Russie d’ailleurs. Mais, surtout, la France ne pourrait plus compter sur l’aide des seuls pays européens encore suffisamment courageux, lucides et motivés pour se lancer dans une contre-offensive armée contre l’invasion islamique de l’Europe.
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Confrontée à une guerre civile doublée d’attaques terroristes massives commanditées depuis l’étranger, une France sortie de l’OTAN ne pourrait plus compter ni sur les garanties de défense collective de l’Amérique de Donald Trump, ni sur celles de la Pologne de Jarosław Kaczyński et de la Hongrie de Viktor Orbán. Ni, d’ailleurs, sur la protection du bouclier antimissile de l’OTAN en cas d’attaque nucléaire depuis un pays islamique. Un bouclier antimissile principalement américain et dont une partie des installations se trouvent, justement, en Pologne et en Roumanie, ajoute Olivier Bault (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://www.bvoltaire.fr/olivierbault/nest-vraiment-moment-de-sortir-de-lotan,294239
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Olivier Bault : Français expatrié en Pologne depuis 1993, contributeur du site Visegrád Post, collaborateur de l'hebdomadaire polonais Do Rzeczy et commentateur du quotidien Gazeta Polska Codziennie.
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Effet Trump – Bulgares et Moldaves contre “zélites” occidentales

Poutine-2

   
Michel Garroté - Effet Trump ? La Bulgarie et la Moldavie viennent d'élire des présidents pro-russes. Ce sont-là deux baffes pour l'Union européenne et pour les "zélites" occidentales. Décidément, depuis la victoire du "yéti", le monde change, les langues se délient, des actes de courage sont posés.
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A ce propos, le chroniqueur Yves Daoudal écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Il y a eu l’élection présidentielle en Moldavie. C’est le socialiste Igor Dodon qui a été élu, contre la candidate européiste Maïa Sandu, diplômée de Harvard et ancienne employée de la Banque mondiale. Igor Dodon a fait campagne en prônant la dénonciation de l’accord d’association avec l’UE, et l’adhésion du pays à l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. (Mais on a vu en Ukraine comment on pouvait arranger cela…).

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D’autre part, en Bulgarie, c’est aussi un socialiste qui a été élu président, Roumen Radev, ancien chef de l'armée de l'air, clairement pro-russe, très hostile aux sanctions contre la Russie, affirmant haut et fort que la Crimée est historiquement russe, mais sans intention de quitter l’UE (tant que ça rapporte, sans doute). Dans les deux pays, où les gouvernements sont européistes, ces élections vont conduire à des élections législatives anticipées. Le Premier ministre bulgare a immédiatement démissionné, conclut Yves Daoudal (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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De son côté, dans 'Le Courrier international', Laurence Habay écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le 13 novembre, les Bulgares et les Moldaves ont élu à la présidence des candidats de l’opposition prorusse ou favorable à un rapprochement avec la Russie. Pour le site russe Vzgliad, ce doublé s’inscrit dans une large tendance de fond qui promet de s’élargir encore en Occident. “Les élections présidentielles bulgare et moldave se sont caractérisées par une ressemblance surprenante : les favoris étaient des représentants de l’opposition affichant des positions prorusses, face à une candidate de parti proeuropéen au pouvoir”, résume le site russe Vzgliad.
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C’était en effet, à quelques nuances près, la situation d’Igor Dodon, leader du Parti des socialistes de Moldavie, face à Maia Sandu, d’Action et Solidarité, et, en Bulgarie, du général Roumen Radev, face à Tsetska Tsatcheva, candidate du parti Les citoyens pour le développement européen de la Bulgarie. D’après les résultats des élections du 13 novembre, Igor Dodon, qui milite pour un rapprochement avec la Russie et le maintien de l’identité moldave ancrée dans l’orthodoxie, remporte le second tour de la présidentielle. Il réunit 52,5% des voix. Maia Sandu, économiste, technocrate, dissidente du parti au pouvoir, mais au positionnement pro-européen, recueille 47,4% des suffrages.
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C’est “un résultat impressionnant”, estime le quotidien russe Kommersant, étant donné l’extrême jeunesse de son parti, créé par elle au printemps 2016. Ce scrutin, qui se déroulait au suffrage universel pour la première fois depuis vingt ans en Moldavie, a été marqué par une participation en hausse par rapport au premier tour, précise le titre moscovite. La même observation a été faite à l’étranger, où les nombreux électeurs des diasporas se seraient cependant heurtés à un manque de bulletins dans les bureaux de vote, situation vivement critiquée dans la presse moldave. En Bulgarie, selon les résultats officiels, c’est Radev qui a remporté l’élection avec 59,35% des voix. Le candidat sans étiquette, mais soutenu par les socialistes, est partisan de la levée des sanctions contre la Russie et est également un haut gradé de l’Otan (la Bulgarie était membre de l’Alliance Atlantique depuis 2004).
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Sa concurrente Tsetska Tsatcheva, candidate de la majorité conservatrice, a obtenu 36,17%. Le Premier ministre Boïko Borissov a immédiatement donné sa démission, et des élections législatives anticipées devraient avoir lieu. Selon Vzgliad, le général est soucieux de redresser une situation économique difficile marquée par “une série de mesures antirusses de la direction du pays, pour lesquelles la Bulgarie a payé cher”. Il s’agit de l’arrêt de la construction du gazoduc South Stream et des frais de compensation de plusieurs millions d’euros à la Russie pour la suspensiuon du projet de construction d’un nouveau réacteur à la centrale nucléaire de Béléné. Selon le site proche du Kremlin, cette double victoire de candidats prorusses ne doit rien au hasard, mais “s’inscrit dans une large tendance de fond qui promet de s’élargir encore en Occident.
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Les élections et les sondages montrent dans les deux pays que les sociétés sont divisées en deux parts approximativement égales concernant la vision de l’évolution ultérieure du pays. L’europessimisme y croît, alors même que le pouvoir exécutif est solidement tenu par les forces pro-européennes”. “Le mécontentement face à la mondialisation et à la domination d’une bureaucratie supranationale, le désir de retour de la souveraineté et des intérêts nationaux, la demande de prise en compte des besoins exprimés par les populations – tous ces éléments ont constitué une dimension centrale des principales campagnes électorales ou référendaires récentes, du Brexit à l’élection de Donald Trump qui a secoué tout le monde”. “La Bulagrie et la Moldavie n’ont pas fait exception. Et en 2017, d’autres élections d’une extrême importance auront lieu, notamment en Allemagne et en France. Il n’y a a priori pas de raison de supposer que ces tendances de fond les épargneront”, conclut le titre, cité par Laurence Habay (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2016/11/14/deux-defaites-de-l-ue-5874243.html
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http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-bulgarie-et-moldavie-deux-nouveaux-votes-anti-establishment-occidental
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Plusieurs attentats islamistes déjoués en Russie

Plusieurs attentats préparés en Russie par des militants liés au groupe djihadiste, Etat islamique (EI) à Moscou et à Saint-Pétersbourg ont été déjoués et dix «terroristes» en provenance d'Asie centrale ont été arrêtés, a annoncé samedi le Service fédéral de sécurité (FSB).

«Le 12 novembre, dix terroristes ont été arrêtés à Moscou et à Saint-Pétersbourg» (nord-ouest), deuxième ville de Russie, a indiqué le FSB dans un communiqué, cité par l'agence publique russe Ria-Novosti. Ce «groupe terroriste composé de ressortissants de pays d'Asie centrale planifiait une série d'actes terroristes et de sabotage à Moscou et à Saint-Pétersbourg avec des armes automatiques et de puissants engins explosifs de fabrication artisanale», précise le communiqué.

Source et article complet

Élection de Trump: La Douma applaudit et Poutine espère un «dialogue constructif basé sur des principes d’égalité».

Le Kremlin espère «un dialogue constructif» avec Donald Trump tandis que les députés de la Douma ont applaudi à l’annonce par le porte-parole du parlement russe de la victoire du candidat républicain. Dans un télégramme adressé au candidat républicain, Vladimir Poutine est l’un des premiers chefs d’État à le féliciter pour sa victoire et émet l’espoir qu’un «travail commun» permettra de «sortir les relations russo-américaines de leur situation de crise».

Le président russe a également exprimé sa «certitude que le rétablissement d’un dialogue constructif basé sur des principes d’égalité, de respect mutuel et de prise en compte réelle des positions de chacun répond aux intérêts des peuples de nos États et de communauté mondiale». Une allusion est ainsi faite au reproche éternellement adressé par le Kremlin à Washington et à la diplomatie américaine, traditionnellement accusée de faire cavalier seul et de négliger les intérêts de la Russie.

Au-delà de ces mots d'encouragement, pointe au sein de la classe politique russe, l'incertitude de ce que sera la politique étrangère de Donald Trump au-delà ses déclarations de campagne. Le chef du comité des Affaires étrangères au Conseil de la Fédération (Sénat), Konstantin Kosatchev a appelé à ne pas «surestimer» l'importance de l'élection du futur président américain dans les liens bilatéraux, ajoutant que «dans tous les cas, c'est mieux que le désespoir de l'Amérique de Clinton».

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