Obama dénonce la rhétorique haineuse contre les musulmans: « L’islam a toujours fait partie de l’Amérique »

Visitant pour la première fois une mosquée aux États-Unis, le président américain a condamné les attaques contre les religions et appelé les musulmans à dénoncer les dérives des terroristes qui se réclament de l’islam.

Persécution des chrétiens : Obama ne veut pas la voir

Le quotidien étatsunien The Washington Times a publié, le 15 décembre, un éditorial intitulé L’aveuglement d’Obama à la persécution des chrétiens. En voici des extraits significatifs.

Des sources chrétiennes aux États-Unis estiment que 180 chrétiens sont tués chaque mois dans soixante pays différents simplement à cause de leur foi […] Depuis 2011, dans le nombre officiel de réfugiés légaux [en provenance du Moyen-Orient] aux États-Unis, on compte 2 000 musulmans mais seulement 53 chrétiens. Les chrétiens syriens, qui sont généralement mieux éduqués et aisés, sont arrivés aux États-Unis avec des visas réguliers et ont obtenu un droit de séjour permanent. Le président Obama s’oppose à toute loi qui accélérerait l’arrivée de réfugiés chrétiens malgré le fait que près d’un tiers des chrétiens syriens, environ 600 000, ont fuit les persécutions menées par Al-Qaïda et l’État Islamique […] Le gouvernement Obama est, comme toujours, soucieux d’éviter d’offenser ou de provoquer l’État Islamique en Irak et au Levant. Sauver des chrétiens pourrait être considéré comme tomber dans le “choc des civilisations”.

M. Obama, depuis qu’il est devenu président, a toujours été profondément préoccupé par “l’islamophobie” et l’hostilité envers les musulmans américains et la communauté islamique mondiale […] Les propositions visant à accueillir un grand nombre de chrétiens du Moyen-Orient, ont été qualifiées de violation de l’interdiction constitutionnelle de favoriser une religion […] Craindre les propagandistes musulmans n’est pas une excuse permettant aux chrétiens du Moyen-Orient d’être abandonnés au gré du vent en attendant le cimeterre des bourreaux. Les extrémistes musulmans, pour autant obsédés qu’ils soient des “croisés” d’il y a mille ans, ne doivent pas intimider le président Obama et son gouvernement. Sauver des chrétiens des voyous et des tueurs “religieux” est une cause digne et authentique dans la défense des droits de l’homme.

Source : The Washington Times, 15 décembre via christianophobie.fr

100’000 soldats étrangers déployés en Irak

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Près de 100.000 militaires étrangers, dont 90.000 provenant des pays arabes et du Golfe, devraient être envoyés en Irak afin de lutter contre l'Etat islamique. Des troupes étrangères à hauteur de 100.000 soldats, dont 90.000 d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de Jordanie et 10.000 soldats américains seraient ainsi déployés dans l'ouest de l'Irak. Si l'information se confirmait, cela signifierait qu'Obama, les Saoudiens, les Qataris et les Irakiens se sont mis d'accord pour contrebalancer le rôle militaire de la Russie en Syrie voisine.

A noter dans ce contexte que des groupes politiques et militaires de l'opposition syrienne tentent, jeudi 10 décembre 2015, de se mettre d'accord sur une transition politique en dépit des divergences sur le sort de Bachar al-Assad, au deuxième jour d'une conférence à Ryad, dirigée par l'Arabie saoudite. Ce rassemblement d'une centaine de délégués s'inscrit dans le cadre d'un processus censé amener l'opposition et le régime à la table des négociations pour mettre fin à un conflit qui dure depuis 2011.

Les participants sont convenus, au premier jour de leurs discussions, de quelques principes devant régir la transition. Ils ont ainsi convenu que la transition politique relève de la responsabilité des Syriens, formule destinée à contourner les divergences sur le futur rôle de Bachar al-Assad. Outre l'attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, ils sont également d'accord sur la préservation des structures de l'Etat, la restructuration des organes militaires et de sécurité, le refus du terrorisme et le refus de la présence de combattants étrangers.

L'Arabie saoudite et le Qatar, qui soutiennent la mouvance islamiste, y compris, quoi qu'ils disent, l'Etat islamique (EI), ont exprimé leur soutien à un règlement politique en Syrie, lors d'un autre sommet des monarchies du Golfe qui se tenait parallèlement dans la capitale saoudienne. En clair, il y a deux sommets, mais c'est celui des Saoudiens et des monarchies du Golfe qui décide.

Une vingtaine d'autres groupes de l'opposition, qui ne remettent pas en cause le régime Assad, se sont réunis à un autre sommet, celui-là Damas, et, ils ont retenu une liste de 10 à 20 représentants chargés de négocier avec le gouvernement sous l'égide de l'ONU. Cela nous fait donc, au total, trois sommets différents au même moment.

Un autre sommet - le quatrième - a réuni des groupes kurdes et arabes de l'opposition dans le nord-est de la Syrie pour élaborer un scénario de transition politique. Ils ont annoncé au terme de leurs discussions la création du Conseil démocratique syrien, qui sera la branche politique de la coalition militaire en première ligne dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Les débats à Ryad se déroulent dans le cadre d'un processus relancé en octobre à Vienne par 17 pays, dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran, des puissances européennes et trois organisations internationales. Ces acteurs internationaux ont fixé un calendrier prévoyant d'une part, une rencontre à compter du 1er janvier entre représentants de l'opposition syrienne et du régime avant un cessez-le-feu, et d'autre part, la formation d'un gouvernement de transition dans les six mois et l'organisation d'élections d'ici 18 mois.

La Russie, les Etats-Unis et l'ONU doivent se retrouver, vendredi 11 décembre 2015 (cinquième sommet), à Genève pour discuter du processus de transition politique en Syrie, une semaine avant une nouvelle réunion internationale (sixième sommet) prévue à New York.

Michel Garroté, 10 .12.2015
   

Pour l’instant le vainqueur c’est Poutine

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La situation stagne en Syrie ; elle stagne en Ukraine ; et elle dégénère en Europe, avec le flux non-interrompu de clandestins musulmans affublés du nom de "migrants". Ni le nihiliste inculte Obama, avec son islamo-gauchisme suicidaire, ni les eurocrates vendus aux califes riches à milliards, n’ont jamais été désireux de régler la crise syrienne ou la crise ukrainienne. Pourquoi ? D'abord, parce qu'Obama favorise les deux branches de l’islam en même temps ; d'une part, la branche sunnite, y compris l’Etat Islamique ; et d'autre part, la branche chiite, y compris l’Iran théocratique.

 
Obama fait cela car il veut détruire l’Occident - qu'il déteste - d’ici son départ de la Maison blanche, dans plus d'un an, soit en janvier 2017. Ensuite, parce que l’Union Européenne, comme le Conseil de l’Europe, ont clairement choisi, depuis longtemps, de coopérer avec les musulmans religieux, au détriment des musulmans laïcs réformateurs. Et l’Union Européenne, comme le Conseil de l’Europe, ont signé des accords avec de hauts dignitaires islamiques, accords qui mettent fin à l’islam des dictateurs laïcs au profit de dictateurs religieux musulmans intégristes.

 
Ainsi, l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe s’indignent face à Bachar al-Assad, mais ils s’alignent sur l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, trois pays pourtant vecteurs d'une forme d'islamisme qui inclut l'instauration universelle de la charia. Poutine, en revanche, avec son intervention militaire au pays de Bachar al-Assad et avec le rôle désormais incontournable qu'il joue au Proche et au Moyen Orient, compte bel et bien mener une négociation à la fois secrète et conjointe, sur l’Ukraine, la Syrie et l’Iran. Et il est en position de force pour y parvenir.

 
Michel Garroté, 9 décembre 2015
   

   

Claude Smadja : Créer une véritable coalition contre le groupe Etat islamique est-il possible?

RTS le 25 novembre 2015 / Le journal du matin

Créer une véritable coalition contre le groupe Etat islamique est-il possible? François Hollande est à mi-chemin dans son marathon diplomatique pour tenter de la concrétiser. Après David Cameron, Barak Obama et Angela Merkel, c'est à Moscou qu'il se rendra jeudi. La Russie qui s'est singulièrement crispée mardi, après que la Turquie a abattu un avion militaire russe qui aurait violé son espace aérien. Plutôt que de songer à une coalition, ne faudrait-t-il pas au mieux se contenter d'une coopération opérationnelle dans la lutte internationale contre le groupe Etat islamique? Expert en relations internationales, Claude Smada est président du cabinet Smadja et Smadja.

Merci à Cenator

Obama opte pour l’homosexualité



Barack Hussein Obama a posé en couverture du mensuel américain « Out 100 », le mensuel de la communauté homosexuelle, le numéro étant consacré aux cent personnes les plus influentes dans le milieu gay. Barack Hussein Obama est ainsi, à la fois, le premier président américain et le premier néo-musulman américain à poser pour la ‘Une’ de ce mensuel LGBT (lesbienne, gay, bisexuel et transgenre). Tout ces faits sont rigoureusement exacts et je ne plaisantes pas.

L’Arabie saoudite a déjà riposté en condamnant - par contumace - Obama à cent coups de fouet sur le cul (non ce n'est pas vrai et oui je plaisante). L’épouse du président, Michelle Obama, demande le divorce et déclare : « j’ignorais qu’il était un trou de balle » (non ce n'est pas vrai et oui je plaisante encore).

Michel Garroté, 11 novembre 2015


Chine – Notre alliée face à l’islam ?



Dernièrement, j’avais signalé, sur ce blog, la présence de terroristes musulmans ouïgours (turcophones originaires du Xinyang en Chine et soutenus par Erdogan) au sein de l’Etat Islamique (EI) en Syrie. Et j’avais posé la question de savoir si cela allait modifier la stratégie de la Chine vis-à-vis de l’islam conquérant et violent. Enfin, j’avais acté le fait que la donne a changé en Syrie et que dans ce pays, notre allié était Poutine et non pas Obama (laquais complice et servile des Saoudiens et des Qataris). Sur ce deuxième point, je publie ci-dessous quelques réflexions de Hildegard von Hessen am Rhein. Sur le premier point, je publie ci-dessous quelques réflexions d’Alexandre Latsa. Les deux analyses, celle de Hildegard von Hessen am Rhein et celle d’Alexandre Latsa, sont complémentaires.

En effet, elles tendent à démontrer ce que nous avions déjà constaté, à savoir qu’Obama (qui quittera la Maison blanche le 31 janvier 2017 et pas avant) est un désastre. Et que le conflit en Syrie oblige l’Europe - ou tout au moins devrait obliger l’Europe - à se distancer sérieusement d’Obama et à se rapprocher de la Russie et de la Chine en dépit de nos divergences. J’ajoute, même si je l’ai déjà écrit plusieurs fois, que nous devrions traiter, non pas séparément, mais dans une seule et même négociation, la question syrienne, la question iranienne et celle du Donbass.

Hildegard von Hessen am Rhein, dans une analyse intitulée « Escalade en Syrie : les États-Unis envoient les Saoudiens contre les Russes sur les champs de bataille », écrit notamment (extraits adaptés ; voir source en bas de page) : La situation en Syrie pourrait dégénérer, par l’intervention du soutien de l’Arabie à des groupes de « rebelles ». Les Américains envoient les Saoudiens contre les Russes sur les champs de bataille syriens : c’est ce que croit savoir le journal économique allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten.

Hildegard von Hessen am Rhein : La situation en Syrie pourrait dégénérer, par l’intervention du soutien de l’Arabie à des groupes de « rebelles ». Des observateurs soupçonnent que les services secrets américains pourraient être derrière ces interventions, afin de gêner les Russes. Pour les initiés, les avancées de l’armée syrienne, soutenues par les Russes, sont entravées, suite au soutien saoudien aux « rebelles ». L’agence Reuters rapporte que deux personnes proches du régime de Damas auraient déclaré : « Les Saoudiens sont devenus fous et font dégénérer la situation à l’extrême », conclut Hildegard von Hessen am Rhein (fin des extraits adaptés ; voir source en bas de page).

Alexandre Latsa, dans une analyse intitulée « Guerre en Syrie : le double jeu turc va-t-il réveiller la Chine ? », écrit notamment (extraits adaptés ; voir source en bas de page) : Beaucoup de journalistes ont soulevé le fait que lors des deux premières semaines de frappes russes en Syrie, un grand nombre de ces frappes se sont concentrées sur la province d’Idlib au sein de laquelle Daech ne serait pas présent. Les Russes ont néanmoins leurs raisons, qui sont évidentes, de frapper cette zone.

Alexandre Latsa : Non seulement pour desserrer l’étau djihadiste qui se rapprochait du cœur alaouite côtier, mais aussi car nombre de groupes de cette zone connaissent des concentrations de minorités issues de la zone postsoviétique, telles que par exemple Katibat Al Tawhid Wal Jihad, ou encore Jaish Al Muhajireen Wal Ansar, dont les rangs comptent de nombreux combattants centrasiatiques ou tchétchènes.

Alexandre Latsa : Lors des violents combats qui à la fin du printemps dernier ont vu la chute d’Idlib et de la présence loyaliste dans la région, de nombreux observateurs de terrain ont également témoigné de la présence au sein des groupes rebelles de forces spéciales turques ou encore de combattants turcophones tandis que la presse turque dénonçait des livraisons non officielles d’armes et de munitions à divers groupes rebelles, un scandale qui a été du reste parfaitement étouffé au royaume d’Erdogan.

Alexandre Latsa : On aurait du reste apprécié que les journalistes français s’y intéressent en profondeur, pour démontrer ce que les journalistes syriens ne cessent de répéter, à savoir que c’est bien la seconde puissance de l’Otan qui alimente de nombreux groupes rebelles radicaux syriens en armes, hommes et soutiens logistiques, conclut Alexandre Latsa (fin des extraits adaptés ; voir source en bas de page).

Michel Garroté, 11 novemre 2015

Escalade en Syrie : les États-Unis envoient les Saoudiens ...

Guerre en Syrie: le double jeu turc va-t-il réveiller la Chine ?

   

Obama n’assumera pas le défaut de paiement



Aux Etats-Unis, la Chambre des Représentants a validé un accord de compromis pour éviter à Obama l’humiliation d’un défaut de paiement du pays. Le compromis réduit en effet de façon significative le risque d’une crise budgétaire durant la fin du mandat de Barack Obama, qui quittera la Maison Blanche en janvier 2017. L’accord de compromis doit encore être adopté par le Sénat. L’accord relève le plafond de la dette jusqu’au 15 mars 2017 et fixe les budgets de l’Etat fédéral jusqu’au 30 septembre 2017.

L’Etat fédéral dépensera 1’067 milliards de dollars en 2016, soit 50 milliards de plus que le plafond initial, et, 1’070 milliards de dollars en 2017, soit 30 milliards de plus que le plafond initial. Pour mémoire, le défaut de paiement est la première manifestation concrète des difficultés financières d'une entreprise ou d’un pays. Il s'agit du non-respect d'un contrat liant un débiteur à un créancier. Le débiteur ne règle pas une échéance de dette financière ou d'intérêts. C’est donc le successeur d’Obama, qui entrera en fonction fin janvier 2017, qui devra assumer le défaut de paiement…

Michel Garroté, 29 octobre 2015

   

Les secrets divulgués par Poutine à Assad



L’on s’est montré « surpris » du tout récent voyage de Bachar Al-Assad à Moscou, où il a eu un entretien avec Vladimir Poutine. L’on s’était déjà montré « surpris » du récent voyage-éclair de Binyamin Netanyahu à Moscou, où il a eu, lui aussi, un entretien avec Vladimir Poutine. L’on n'a donc visiblement toujours pas compris que la donne a changé, que les Israéliens et les Syriens sont intelligents et que les Européens sont des idiots…

Un analyste russe a tenté de décortiquer le secret de cette visite d’Assad chez Poutine. Le « mystère » du voyage du Président Syrien, c’est qu’il s’agissait pour Poutine de mettre Assad au courant d’une « opération spéciale » (ci-dessous, extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page).

Un avion de transport Il-62M de la compagnie Rossiya Airlines, immatriculé RA-86539, a décollé le 20 octobre, de l’aéroport Chkalovsky de Moscou et a atterri sur la base aérienne de Hmeymim en Syrie. L’avion avait couplé le transpondeur et l’indicatif de reconnaissance était RFF7093.

Le lendemain, avec le président syrien à bord, le même avion a été repéré avec son transpondeur, sans indication de reconnaissance au-dessus de la mer Caspienne, au nord de l’Iran. Une fois entré dans l’espace aérien de la Russie, l’équipage a couplé le transpondeur pour afficher un indicatif officiel : RFF7094. Très probablement, Assad est retourné en Syrie dans un autre Il-62M, immatriculé RA-86559 qui s’est envolé avec le transpondeur en marche pendant toute la durée du voyage, mais sans l’indicatif.

Poutine aurait dit à Assad, lors de la rencontre à Moscou, que tout Etat qui soutient les rebelles islamistes, d’une manière qui mette en danger les forces russes déployées en Syrie, deviendra une cible légitime pour la Russie, précisant qu’il ne faisait pas seulement allusion à la fourniture des systèmes AA portables (MANPADS).

Il est de notoriété publique que depuis le début des bombardements aériens russes, les rebelles islamistes demandent à leurs commanditaires de leur livrer des missiles AA via la Turquie. La reconnaissance aérienne russe a d’ailleurs trouvé un complexe AA de type OSA-AKM (9K33M3), dans les territoires contrôlés par l’EI.

Le complexe a été aussitôt neutralisé par un bombardier Su-34. Poutine a tenu à préciser que le lancement des 26 missiles de croisière 3M-14T Kaliber, à partir de la mer Caspienne sur des cibles de l’EI en Syrie, sur une distance de 1500 km, avait aussi pour objectif de mettre en garde tous les États impliqués sur le terrain en Syrie, que les prochaines cibles des missiles de croisière russes pourraient être des objectifs militaires de ceux qui fourniront aux terroristes islamistes des armes qui seront utilisées contre le contingent russe de Syrie.

La marine militaire russe possède des missiles de croisière- 3M-14T Kaliber sur des frégates et des sous-marins de la flotte de la mer Noire, et aussi sur des frégates et sous-marins déployés en Méditerranée. Ils possèdent également des missiles de croisière KH-101, avec une portée de 3'000 à 5’000 km, qui sont une variante de l’armement des bombardiers à grand rayon d’action Tu-160 et Tu-95 MS. D’autres bombardiers, les Tu-22 M3, sont armés de missiles de croisière plus petits Kh-555, avec une portée de 2 500 kilomètres.

Obama et ses acolytes se sont précipités pour déclarer qu’ils ne tireront pas sur les avions russes en Syrie, qu’ils ne mèneront pas de frappes sur les bases aériennes russes en Syrie et qu’ils et n’armeront plus les rebelles islamistes « modérés » avec des missiles AA (fin des extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page).

Michel Garroté

http://mil-avia.livejournal.com/127654.html

http://tass.ru/politika/2364398

http://www.ziaruldegarda.ro/ce-secret-i-a-divulgat-putin-lui-bashar-al-assad-la-moscova/

http://reseauinternational.net/quels-secrets-poutine-a-t-il-divulgue-a-bachar-al-assad-a-moscou/

   

Déplacer le mur de Berlin à la frontière russe



A lire absolument ! Les extraits adaptés d'une conférence d'Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, conférence donnée à l'Institut Diderot, à Paris, le 8 octobre 2015 (voir lien vers source en bas de page) : Les premiers à accuser la Russie de violation du droit international sont ceux qui ces dernières années n'arrêtaient pas de piétiner ce même droit. Ceux qui avaient soutenu les séparatistes kosovars en leurs envoyant des porte-avions et en bombardant Belgrade pour arracher à la Serbie un quart de son territoire historique. Ceux qui avait aidé les insurgés libyens et ont transformé l’Etat libyen en terre du chaos.

Ceux qui aident aujourd'hui les insurgés en Syrie. Mais après une année de bombardement et plus de 5’000 frappes américaines, l'Etat Islamique n'a jamais était aussi fort. D’ailleurs, les sanctions contre la Russie constituent elles-mêmes une violation flagrante du droit international. Je pourrais citer bien d'autres exemples de la politique de ‘deux poids deux mesures’ de nos partenaires occidentaux. Mais le plus important reste ailleurs.

Chaque fois que j'entends des accusations à l'égard de mon pays, la même question me revient à l'esprit. Tous ces hommes politiques, diplomates ou journalistes français qui trouvent normal de détruire les relations avec la Russie à coup de sanctions, ne voient-ils pas, ne comprennent-ils pas des choses évidentes ? Ne comprennent-ils pas à quel point les mythes d'une supposée ‘agression russe’ contre l'UE et l'OTAN sont absurdes ? De même que les comparaisons de mon pays avec Ebola et Daech ?

Ne se souviennent-ils pas que l'Ukraine doit ses frontières actuelles à Lénine Staline et Khrouchtchev, qui ont progressivement attaché aux terres ukrainiennes les régions russes entières du Sud-Est, allant de Donbass à Odessa. Ne savent-ils pas qu'à partir de la désagrégation de l'URSS, une ‘ukrainisation’ forcée a été opéré en Ukraine ? Une vraie offensive contre la langue et la culture russe a provoqué le mécontentement des régions russophones et a semé les grains de la guerre civile actuelle.

A cet égard, je peux vous conseiller de relire le chapitre sur l'Ukraine, ‘La tragédie slave’, du livre de Soljenitsyne ‘La Russie sous l'avalanche’, publié il y a 17 ans. Le grand écrivain avait vraiment le don de prophétie. N'était-ce pas sous les yeux de ces mêmes gens que les protestations de Maïdan ont tourné en révolte nationaliste et russophobe ? Ils n'ont peut-être pas vu arriver au pouvoir les nationalistes ukrainiens ?

Ceux qui proclament ouvertement l'objectif d'une Nation ukrainienne mono-ethnique et vénèrent comme héros nationaux, les sbires nazis, Bandera, Choukhevytch et autres bourreaux de l'Armée Insurrectionnelle Ukrainienne, responsables du massacre des Polonais en Volhynie en 1942 ? Ils ne voient toujours pas que le bataillon ukrainien ‘Azov’ arbore le même écusson que la division SS ‘Das Reich’, tristement célèbre pour le massacre à Oradour-sur-Glane ?

Ne comprennent-ils pas que la guerre civile en Ukraine, ce n'est pas un conflit entre les partisans et les adversaires de la démocratie, comme les médias occidentaux essaient de la présenter d'une façon caricaturale ? Que c'est le soulèvement populaire contre le nationalisme agressif ukrainien ? Je crois qu'au fond de leurs cœurs ils comprennent tout cela très bien. Le problème n'est pas là.

Je ne peux pas m'affranchir du sentiment que la France joue le jeu d'autrui et selon les règles qu'on lui impose. Le jeu dont elle me parait être plus victime que complice. Le jeu ou elle ne fait que suivre aveuglement les forces qui cherchent une confrontation avec la Russie. Quelles sont donc ces forces ? Avant tout les Etats-Unis. Leur politique est d'arracher la Russie à l'Europe, d'empêcher la formation d'un pôle eurasien, qui pourrait mettre en cause leur hégémonie universelle.

Ils cherchent à faire de l'Union Européenne un satellite docile, effrayé par ‘la menace russe’. Obligeant les pays d'Europe à tourner le dos à leur partenaire naturel à l'Est, les Américains affaiblissent, non seulement la Russie, mais ils affaiblissent aussi l'Union Européenne, ils détruisent son potentiel économique et sa souveraineté politique. Washington a toujours besoin de designer quelqu'un comme ennemi. Il en a besoin pour justifier les dépenses militaires croissantes et l'existence même de l'OTAN.

Les Américains jouissent également de l'aide serviable de quelques membres de l'UE de l'Est de l'Europe, qui ont fait de la russophobie un élément de leur identité nationale. Ces Etats commencent à avoir de plus en plus d'influence sur la politique internationale commune de l'Union Européenne. Ils ont su transformer sa politique de voisinage en un outil de lutte pour les sphères d'influence dont nous sommes en train de vivre les conséquences en Ukraine.

Après la chute du mur de Berlin, les Russes espéraient sincèrement que l'Europe rentre dans une nouvelle époque, sans lignes de partage ni confrontation des blocs. On espérait que la lutte pour les sphères d'influence sur notre continent appartenait désormais au passé. Que ‘l'Europe de l'Atlantique à l'Oural’ dont rêvaient Ch. de Gaulle et la ‘Confédération européenne’ voulue par F. Mitterrand pouvaient enfin devenir réalité.

Toutes ces années, la politique extérieure de la Fédération de Russie était soumise à la logique d'intégration avec le monde occidental. Toutes nos initiatives visaient le rapprochement avec l'Union Européenne. Nous avons pris le cap d’un espace économique et humain commun, du système de sécurité égale et indivisible, de la lutte commune contre l'islamisme radical et autre menaces universelles.

Il faut dire qu'en Europe et même aux Etats-Unis, il y a eu des hommes politiques lucides et indépendants qui proposaient d'en finir avec les vestiges de la guerre froide et qui prônaient le rapprochement avec la Russie. F. Mitterrand, G. Schröder, S. Berlusconi… Nos efforts communs ont donné des résultats et de grands projets économiques et politiques ont vu le jour.

Mais en même temps, certains, outre-Atlantique et en Europe, voient le monde autrement. Pour eux, il doit rester unipolaire. C'est pourquoi ils suivent un autre cap, celui de l'endiguement de la Russie, qu'ils considèrent comme leur rival géopolitique ° 1.

L'endiguement de la Russie avec l'élargissement méthodique de l'OTAN et l'avancement de son infrastructure militaire vers nos frontières ; la construction aux frontières de la Russie du bouclier antimissile destiné à dévaluer son potentiel nucléaire ; le soutien apporté à tous les mouvements antirusses dans notre voisinage, y compris ceux ouvertement néonazis ; le soutien de l'islamisme radical dans le Caucase du Nord ; la diabolisation constante de la Russie dans les médias ; les tentatives de torpiller nos liens économiques avec les pays voisins, y compris par le biais du ‘Partenariat oriental’.

A partir de notre expérience d'aujourd'hui, on voit très bien que nos partenaires occidentaux n'ont pas détruit le mur de Berlin. Ils l'ont juste déplacé à la frontière russe.

Michel Garroté

http://ambassade-de-russie.fr/index.php/fr/37-french-fr/posolstvo-soobschaet/742-conference-de-sem-alexandre-orlov-ambassadeur-de-la-federation-de-russie-en-france-a-l-institut-diderot-paris-le-8-octobre-2015

   

Syrie – La Russie change de tactique



Après plusieurs semaines d’opérations aériennes en Syrie, l’armée russe est arrivée à la conclusion que les bombardements ont créé des ruptures majeures dans l’approvisionnement en munitions et carburant chez l’ennemi. Les bombardements russes ont détruit près d’un millier de pièces d’artillerie et de véhicules blindés appartenant aux rebelles islamistes. Les frappes sur les camps d’entraînement ont neutralisé plusieurs milliers de combattants, pendant que des milliers d’autres rebelles ont préféré déserter, en passant par la frontière turque.

Cependant, le déclenchement d’une grande offensive sur la totalité du territoire par les troupes syriennes nécessite une modification du schéma de la collecte d’informations, en se concentrant notamment sur les véhicules blindés et les camionnettes Toyota qui confèrent aux rebelles islamistes une grande mobilité. L’objectif est donc de les rassembler, de les fixer dans des positions faciles à isoler et encercler par l’armée syrienne. Les rebelles islamistes pourront ainsi être neutralisés par des bombes de haute précision.

Pour ce faire, il est nécessaire de découper l’ensemble du territoire occupé par les rebelles islamistes en 20 à 28 zones de 50 x 30 km chacune, dans lesquelles patrouilleront en permanence à haute altitude des drones de grande autonomie. Ce qui signifie que la Russie apportera en Syrie 10 autres drones de reconnaissance Dozor 600 qui ont une autonomie de près de 24 heures.

Avec ces modifications concernant le rôle des drones, il faut également adapter le mode d’utilisation au combat des avions Su-24 M, Su-34 et Su-25 SM russes. 5 à 7 zones de chasse libres de haute altitude seront mises en place au-dessus des territoires occupés par les rebelles islamistes. Chaque zone des bombardiers russes sera superposée à 4 zones de reconnaissance par drone. Chaque fois qu’un drone détecte un ou plusieurs véhicules en mouvement appartenant aux islamistes, leurs coordonnées sont transmises au bombardier présent dans la zone.

Le temps entre la détection et la frappe de l’objectif ne dépasse pas 3 à 5 minutes, plutôt que les 15 minutes nécessaires si le bombardier ne devait décoller de l’aérodrome qu’après l’alerte. Selon le niveau et la fréquence des activités des rebelles, lors d’un vol unique dans la zone, un bombardier pourra exécuter 4-8 attaques sur des cibles situées à 40-50 km d’un de l’autre. Grâce à ce changement de tactique, les planificateurs des opérations russes espèrent augmenter le nombre de frappes aériennes de 80-90 par jour, comme c’est le cas actuellement, à près de 300 par jour.

Jusqu’à présent, les attaques russes se sont concentrée dans les régions de Hama, Idlib et Alep, et visé le Front Al-Nusra et ses alliés. Son but est d'alléger la pression sur les bastions du régime syrien à Lattaquié et d'établir le contrôle du régime au Nord de la Syrie. L'Etat islamique et sa "capitale" Al-Raqqah n’étaient pas jusqu’à présent la seule cible de l'offensive terrestre.

L'armée syrienne a marqué des points au niveau local dans la région rurale du Nord de Hama. Dans les régions d'Alep et d'Idlib, l'armée syrienne a rencontré des difficultés dues à la résistance des organisations rebelles. Pendant les incidents, le général de brigade Hossein Hamadani, haut gradé des Gardiens de la révolution iranienne a été tué à Alep et un haut responsable du Hezbollah a été tué à Idlib.

L'attaque de l'armée syrienne a été accompagnée d'une intense activité de l'armée de l'air russe avec plus de 200 frappes aériennes. La plupart des frappes aériennes ont été dirigées contre les organisations rebelles opérant au Nord-Ouest de la Syrie, menées par le Front Al-Nusra. Actuellement, les frappes aériennes russes contre des cibles de l'Etat islamique se poursuivent.

Obama a annoncé l'arrêt du programme de formation des organisations « rebelles » (terroristes islamiques) en Syrie, programme qui a échoué lamentablement, avec un coût d'environ un demi-milliard de dollars… Obama a trouvé une alternative opérationnelle avec le transfert de dizaines de tonnes d'armes et de munitions aux forces kurdes et aux diverses organisations « rebelles », sans les examiner de trop près. Certaines de ces organisations « rebelles » absorbent la majeure partie de la pression de l'offensive terrestre de l'armée syrienne, avec le soutien aérien russe. Quant à la Turquie de l’islamiste autoritaire Erdogan, elle a allégué qu’elle bombarderait l’Etat islamique et en réalité elle a bombardé et bombarde encore les Kurdes…

Michel Garroté, 20 0ct0bre 2015

http://www.ziaruldegarda.ro/rusia-schimba-radical-tactica-bombardamentelor-din-siria/

http://www.terrorism-info.org.il/en/article/20885

   

Obama accuse la Russie de s’en prendre aux « bons terroristes »

Nos lecteurs nous informent (merci à Pierre H )

 

Par Prof Michel Chossudovsky

Abondamment confirmé dans de nombreux textes mais rarement abordé dans les reportages, l’État islamique en Irak et en Syrie (EIIS) est une création des services secrets des USA, dont les membres sont recrutés, entraînés et financés par ce pays et ses alliés dont la Grande‑Bretagne, la France, l’Arabie saoudite, la Turquie, Israël et la Jordanie.  

Jusqu’à récemment, l’EIIS était connu sous le nom d’Al-Qaïda en Irak (AQI). Ce n’est qu’en 2014 que le groupe est devenu l’État islamique (État islamique en Irak et en Syrie, État islamique en Irak et au Levant).

La Russie entre en guerre contre le terrorisme

Nous assistons maintenant à un revirement majeur dans la dynamique de la guerre en Syrie et en Irak. La Russie est dorénavant directement engagée dans la lutte antiterroriste en coordination avec les gouvernements syrien et irakien.

Washington a reconnu la détermination de Moscou, mais voilà maintenant qu’Obama se plaint que les Russes prennent pour cible les « bons terroristes » soutenus par Washington.

Information privilégiée

Extrait du Wall Street Journal (WSJ) :

D’après des responsables étasuniens, les frappes aériennes russes en Syrie ont visé des rebelles soutenus par la CIA 

Un des secteurs touchés est une position tenue principalement par des rebelles financés, armés et entraînés par la CIA et les alliés. 

Un élément d’information important rapporté tacitement dans cet article du WSJ est que la CIA soutient des terroristes pour parvenir à un « changement de régime » en Syrie, ce qui implique des opérations de renseignement clandestines dans le territoire syrien :

« L’agence d’espionnage étasunienne arme et entraîne des rebelles en Syrie depuis 2013 pour combattre le régime d’Assad. » (WSJ, le 30 septembre 2015; soulignement ajouté. Note de l’auteur : un soutien tacite est fourni depuis le début de la guerre en mars 2011.)

Ce qui précède est connu et confirmé, mais à peine rapporté dans les médias institutionnels.

Le front Al-Nosra : « les bons terroristes » 

Le Pentagone, qui reconnaît maintenant candidement que la CIA soutient des groupes affiliés à Al-Qaïda à l’intérieur de la Syrie, dont le front Al-Nosra, déplore du même souffle que la Russie aurait pour cible les « bons terroristes » qui sont soutenus par Washington :

Une des frappes aériennes [russes] a touché une position tenue principalement par des rebelles soutenus par la CIA et les services de renseignement alliés, d’après des responsables étatsuniens (…).

Sur les sept secteurs qui, d’après les médias nationaux syriens, ont été pris pour cible par les frappes russes, seulement un, qui se trouve à l’est de Salamiyah, dans la province de Hama, a une présence avérée de combattants de l’État islamique. Les autres secteurs sont largement dominés par des factions de rebelles modérés ou des groupes islamistes comme Ahrar al-Sham et le front Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda.  (WSJ, le 30 septembre 2015; soulignement ajouté.)

Le front Al-Nosra, qui est effectivement affilié à Al-Qaïda, est une organisation terroriste « djihadiste » responsable d’innombrables atrocités. Depuis 2012, Al-Qaïda en Irak et le front Al‑Nosra, avec le soutien des services secrets des USA, travaillent de concert à diverses menées terroristes à l’intérieur de la Syrie.

Ce qui ressort des nouveaux développements, c’est que le gouvernement syrien a fixé ses propres priorités en vue de la campagne aérienne antiterroriste russe, qui consistent essentiellement à frapper le front Al-Nosra, qui est décrit comme le bras armé terroriste de l’Armée syrienne libre (ASL).

Washington a qualifié le front Al-Nosra d’organisation terroriste au début de 2012. Ce qui ne l’a pas empêché de soutenir Al-Nosra et les soi-disant « rebelles modérés » en leur fournissant des armes, un entraînement, un soutien logistique, des recrues, etc. Ce soutien était fourni par l’intermédiaire de ses alliés du golfe Persique, dont le Qatar et l’Arabie saoudite, et entrait par la Turquie et Israël. .

Fait ironique, dans une décision du Conseil de sécurité de l’ONU rendue en mai 2012, « le front Al-Nosra en Syrie a été mis sur la liste noire en tant qu’alias d’Al-Qaïda en Irak », autrement dit, de l’EIIS :

une décision qui se traduira par l’imposition de sanctions contre le groupe, dont un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et le gel des avoirs, ont expliqué les diplomates.

La mission étasunienne auprès de l’ONU a affirmé qu’aucun des 15 membres du Conseil ne s’était opposé à l’ajout du front Al-Nosra comme alias d’Al-Qaïda en Irak ce jeudi.

Le front Al-Nosra, l’une des forces armées les plus efficaces dans la lutte contre le président Bachar al-Assad, a prêté allégeance le mois dernier au chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahri. (Al Jazeera, mai 2012)

Voilà maintenant que la Russie est blâmée pour s’en prendre à une entité terroriste qui est non seulement sur la liste noire du Conseil de sécurité de l’ONU, mais qui a des liens avec l’État islamique en Irak et en Syrie (EIIS).

Quelle est la portée de ces accusations?

Pendant que les médias rapportent que la Russie soutient la campagne antiterroriste, dans les faits, la Russie combat (indirectement) la coalition USA-OTAN en soutenant le gouvernement syrien contre les terroristes, qui se trouvent à être les fantassins de l’alliance militaire occidentale, qui comptent des mercenaires et des conseillers militaires occidentaux dans leurs rangs. Concrètement, la Russie combat des terroristes soutenus par les USA.

La vérité inavouable, c’est qu’en fournissant une aide militaire à la Syrie et à l’Irak, la Russie s’en prend (indirectement) aux USA. 

Dans cette guerre par procuration, Moscou va soutenir ces deux pays dans leur lutte contre l’EIIS, qui est soutenu par les USA et ses alliés. 

Michel Chossudovsky

Article original en anglais : Obama Accuses Russia of Going After America’s “Good Guy Terrorists”,  publié le 1er octobre 2015

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

Syrie – Selon les Saoudiens, les Russes viseraient mal !



L'Arabie saoudite est « vivement préoccupée » par les frappes aériennes russes en Syrie et « exige » qu'elles cessent, a déclaré le diplomate saoudien Abdallah Al-Mouallimi. Arrogance et mauvaise foi saoudiennes ? Al-Mouallimi a « mis en doute » la présence du groupe Etat islamique dans les régions bombardées par l’aviation russe. S'exprimant mercredi 30 septembre 2015 aux Nations unies à New York, le diplomate saoudien a estimé : « La délégation de mon pays exprime sa vive préoccupation concernant les opérations militaires que les forces russes ont menées aujourd'hui à Homs et Hama, régions où le groupe Etat islamique n'est pas présent. Ces attaques ont fait un certain nombre de victimes innocentes. Nous exigeons qu'elles cessent immédiatement ».

La très cruelle monarchie intégriste saoudienne n’est pas vraiment crédible lorsque qu’elle se dit « préoccupée » par les victimes innocentes… Et si en plus de l’EI, les Russes frappaient effectivement al-Qaïda, al-Nosra et autres « terroristes modérés », en quoi serait-ce un problème ? Même le soi-disant Observatoire syrien des droits de l’homme est infiltré par des islamistes… Pour revenir aux Saoudiens, certains clans de ce pays sont pour la lutte contre l’EI et d’autres sont contre. Idem au Qatar.

De son côté, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, lors d'une conférence de presse, mercredi 30 septembre 2015 au Pentagone, a lui aussi estimé que les frappes russes « ne visaient probablement pas » les jihadistes de l'EI. Ashton Carter a ajouté, avec une certaine ambiguïté : « S'ils (les Russes) adoptent une position cherchant à résoudre deux objectifs, la transition politique (du pouvoir en Syrie) et la lutte contre l'extrémisme, je crois que nos intérêts pourraient converger en quelque sorte. Quand il y a des intérêts communs, on voit émerger la possibilité d'une coopération. J'espère que cela sera le cas. Mais pour que cela soit possible, ils (les Russes) doivent changer leur position actuelle », dixit Ashton Carter. En clair, Ashton Carter, et, donc, Obama, s’alignent sur l’Arabie saoudite, tout en n’excluant pas de coopérer, dans certaines conditions, avec la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rejeté, jeudi 1er octobre 2015, les doutes infondés selon lesquels la Russie n'aurait pas visé le groupe Etat islamique lors de ses premières frappes aériennes sur le territoire syrien. L'Armée de l'air russe a entamé, mercredi 30 septembre 2015, une opération militaire contre l'EI en Syrie sur décision du président russe Vladimir Poutine et à la demande du président syrien Bachar el-Assad. Les frappes aériennes russes ont ciblé les sites militaires, les centres de communication, les transports, ainsi que les stocks d'armes, de munitions et de combustible appartenant à l'EI.

La Russie a informé à l’avance Israël qu'elle s'apprête à procéder à des frappes aériennes en Syrie, voisine d'Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 21 septembre 2015. Le gouvernement israélien a alors indiqué que les deux pays se sont entendus sur un mécanisme pour coordonner leur action militaire en Syrie afin d'éviter malentendus et confrontations. Israël entend rester à l'écart du conflit syrien tout en défendant ses intérêts sécuritaires. Israël a lui-même effectué plus d'une dizaine d'attaques aériennes en Syrie depuis 2013, essentiellement contre des transports d'armes létales destinées au Hezbollah libanais.

Michel Garroté, 1er 0ctobre 2015

   

Syrie – Poutine joue aux échecs. Les autres feignent l’idiotie


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Dans le Figaro Vox, André Bercoff écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : C'est ce vide quasiment abyssal qui semble régner sur la politique étrangère de la France, et ce, depuis quelques années. Sarkozy voulut se débarrasser de Kadhafi au nom de la liberté et des droits de l'homme, mais ce faisant, il a complètement ignoré le fait qu'une dictature peut en cacher une autre, pire encore. Résultat des courses : la voie des grandes migrations fut ouverte avec fracas. Le choix, dramatique mais incontournable, oppose les dictatures militaires à l'enrégimentation de l'islamisme radical, dont l'ambition est précisément et irréversiblement la mainmise implacable, policière et punitive sur la totalité de la vie quotidienne.

André Bercoff : Voilà pourquoi Poutine est aujourd'hui au centre du jeu: il joue aux échecs en calculant à six coups d'avance, alors que nous jouons à la belote en brandissant bruyamment nos sains principes. Un examen à peu près lucide du paysage moyen-oriental aurait montré à nos gouvernants que le rapport de force modèle plus que jamais les situations et qu'entre deux maux, il faut continuer de choisir le moindre (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Sur Boulevard Voltaire, Dominique Jamet écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : « Les mois puis les années passant, une première évidence a fini par pénétrer des dirigeants politiques qui semblaient postuler pour le titre des plus bêtes du monde : Bachar n’était ni aussi seul à l’intérieur de son propre pays, ni aussi isolé par rapport au reste du monde qu’ils l’avaient cru et proclamé. Une deuxième, encore plus importante, s’est imposée depuis plus d’un an. Ce n’est pas Bachar mais bien Daech qui met en danger la paix de la région, du Moyen-Orient et du monde, et c’est encore Daech dont les crimes surpassent encore en horreur ceux du régime syrien » (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

De son côté, le site Aleteia publie un entretien avec Maria Saadeh, chrétienne, députée au Parlement syrien (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) :

Aleteia : Pourquoi avoir choisi soudain de devenir députée du parlement Syrien alors que rien ne vous y destinait ?

Maria Saadeh, architecte, chrétienne, députée au Parlement syrien : En tant que citoyenne et femme syrienne j’estime que vos gouvernements n’ont pas le droit de sélectionner qui peut représenter ou non la Syrie. Pour cette raison j’ai estimé qu’il fallait que je rentre au parlement pour avoir une tribune légale afin de parler au nom du peuple syrien et refléter au mieux la réalité et pour transmettre un message à l’occident : « vous avez commis une grande erreur, en détruisant notre état, notre histoire et notre patrimoine ».

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être élue au service d’un régime dictatorial ?

Ce sont les occidentaux qui se permettent de juger que notre société est sous une dictature. Les Syriens quant à eux, les premiers concernés, sont loin de penser cela. Ce n’est pas du droit des occidentaux de proclamer que c’est un régime dictatorial. Seuls nous, Syriens, vivons au quotidien dans la société syrienne, il n’y a que nous qui sommes en mesure de juger le gouvernement syrien. Il n’y a que nous qui avons connu la situation avant la guerre et maintenant et qui pouvons donner notre avis sur la situation politique du pays. La Syrie est le berceau des civilisations, de l’Histoire et des religions, c’est une terre qui appartient à l’humanité toute entière et aujourd’hui nous devons faire face à la monstruosité. Sous le prétexte de s’attaquer au régime, vos gouvernements détruisent le patrimoine de l’humanité.

Au début de la crise Syrienne, qui manifestait pour réclamer une société plus « démocratique » ?

Laissez-moi vous donner un exemple, et vous jugerez. Comme architecte j’avais un chantier et des ouvriers sous ma responsabilité. Au début de la crise et des manifestations, mes ouvriers avaient abandonnés leur poste. J’ai finalement compris que les islamistes déjà présents, les payaient pour manifester : pour une heure ils touchaient 500 livres syriennes tandis que les organisateurs eux, recevaient 1000 ou 2000 livres syriennes. Cela représente plus d’une journée de travail ! Vous imaginez donc quel succès cela a rencontré.

Quelle est votre position face à l’engagement de la Russie dans votre pays ?

Nous avons une grande relation historique avec l’occident, mais aujourd’hui le peuple syrien ne se fait plus d’illusion quant à l’attitude extrêmement agressive de l’occident. Dans le même temps, la Syrie ne peut pas affronter seule cet ennemi redoutable qu’est l’Etat islamique, elle doit trouver de nouveaux partenaires, la Russie en est un. Tous les états qui sont volontaires pour participer à l’effort de guerre sont les bienvenus.

Un gouvernement de transition peut-il aider à la réconciliation ou bien faut-il que Bashar Al-Assad reste coûte que coûte à la tête de l’Etat syrien ?

Bashar Al-Assad ne doit quitter ses responsabilités qu’après une décision populaire du peuple syrien et de lui seul. Son départ, si départ il y a, ne doit en aucun cas être le résultat de pressions issues de l’extérieur de la Syrie (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Michel Garroté, 29 septembre 2015

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/28/31001-20150928ARTFIG00118-poutine-bachar-el-assad-ces-diables-qu-on-ne-peut-plus-ignorer.php

http://www.bvoltaire.fr/dominiquejamet/syrie-francois-hollande-a-deux-doigts-de-tuer-mauvais-cochon,208991

http://fr.aleteia.org/2015/09/28/une-semaine-a-damas-rencontre-avec-la-deputee-syrienne-maria-saadeh/

   

Etat Islamique – Qui est responsable du chaos géopolitique ?



L’alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman, cette alliance doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps. Par exemple, face à l’Etat Islamique (EI), qui veut anéantir les chrétiens en terre d’islam et instaurer un Califat en Syrie et en Irak, le régime syrien de Bachar al-Assad n’est certes pas un allié stratégique à long terme. Mais il devrait être - au moins - un partenaire tactique à court terme, ce qui n’est toujours pas le cas.

La Russie a compris cela. Mais Obama et l’Union Européenne, en revanche, continuent de boycotter le régime syrien et la Russie, ce qui joue - évidemment - en faveur de l’Etat Islamique (EI). Actuellement, l’Etat Islamique est facteur de chaos géopolitique au Proche et au Moyen Orient, en Afrique du Nord et dans les Balkans. Mais ce qui rend possible ce chaos géopolitique, c’est l’attitude d’Obama et de l’Union Européenne.

Sur ce sujet, l’analyste Alexandre Latsa écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Beaucoup de théories ont circulé sur la toile concernant, tant les origines de l’Etat islamique (EI), que ses liens supposés, directs ou indirects, avec des puissances de l’OTAN, Etats-Unis et Turquie en tête. Née en 2003 en Irak et affiliée à Al-Qaïda, la nébuleuse prend le nom d’État islamique d’Irak (EII) en 2006 puis devient l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) en 2013. Au cours de l’année 2013, cette nébuleuse a commencé sa forte expansion militaire en Syrie et en Irak.

Sa prise de contrôle du territoire syrien s’est accélérée au cours des 18 mois derniers mois (elle contrôle maintenant près de 50% du territoire) et ce malgré le lancement d’une campagne internationale de bombardement durant l’automne 2014. A la prise de contrôle de larges pans du territoire syrien, notamment à l’est du pays, l’EI s’est au cours du mois de mai emparé de zones énergétiques au centre du désert syrien, notamment dans la région de Palmyre et dans le même temps de la ville de Ramadi, en Irak. La prise de ces villes a suscité beaucoup de questions quant à la motivation réelle de la coalition à freiner l’expansion de l’EI puisque des milliers de combattants de cette organisation ont pu traverser les déserts syriens et irakiens avec des colonnes de véhicules blindés à découvert, pour attaquer les forces loyalistes sans que la coalition ne les bombarde.

Semant encore plus le doute, un document confidentiel de l’US Defense Intelligence Agency (DIA) rédigé en août 2012 vient d’être déclassifié, document qui a fait le tour de tous les organes gouvernementaux, dont le CENTCOM, la CIA et le FBI. On peut y lire dans les dernières pages que la situation militaire devrait permettre l’établissement d’un sanctuaire (« un Etat islamique ») dans la zone allant de Ramadi en Irak jusqu’à l’est de la Syrie et les zones allant d’Assaka à Deir-Ez-Zor. Ce plan, nous dit le document, a le soutien des puissances étrangères hostiles au pouvoir syrien car il permet d’isoler le régime syrien vers la côte et ainsi, de couper toute liaison terrestre entre l’Iran et le Hezbollah. En clair: les puissances radicales qui pourraient émerger du chaos en Irak devraient naturellement se déverser en Syrie pour affaiblir l’Etat syrien.

Le laisser faire américain (ndmg - plus exactement le laisser faire d’Obama), des monarchies du golfe et de la Turquie, face à la montée en puissance de l’EI, explique peut-être pourquoi certains analystes n’hésitent pas à accuser la coalition et notamment les Etats-Unis d’avoir (volontairement ?) en permanence sur l’EI. La désintégration territoriale syrienne et l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat syrien satisfont les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête, qui sont dans une lutte totale contre l’Iran dans la région, Téhéran étant le grand soutien et allié du régime syrien.

L’évolution de la situation via la création dans le nord syrien d’un Kurdistan longeant la frontière avec la Turquie va par contre à des intérêts d’Ankara (ndmg - depuis août 2015, le régime islamique turc bombarde les Kurdes sur son territoire ainsi qu’en Irak et en Syrie, tout en faisant semblant de combattre l’EI). Au cours de la guerre syrienne, la Turquie a largement soutenu et continue de soutenir tous les groupes radicaux qui réduisent l’autorité d’Assad dans l’ancienne zone d’influence de l’empire Ottoman allant de Kassab à Alep en passant par Idlib. Ce soutien s’est traduit par un appui militaire direct, l’envoi de troupes d’élites turques sur place ou encore le rapatriement des blessés pour traitement dans des hôpitaux turcs (ici et ). Ankara a même coopéré avec l’EI (via notamment des fournitures d’électricité) lorsque ce dernier affrontait et affaiblissait les mouvances kurdes à sa frontière mais considère l’établissement de ce Kurdistan syrien comme le plus grand danger pour la Turquie actuellement, car réduisant son pouvoir de projection potentiel sur le territoire syrien et pouvant surtout menacer à terme sa stabilité intérieure.

Que devrait-il se passer ? L’opposition inattendue intra-OTAN entre Ankara et Washington devrait sans doute s’accentuer avec les récentes décisions d’Erdogan de se rapprocher de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et de la Russie avec laquelle elle partage des ambitions régionales. L’EI devrait lui continuer son expansion en Syrie avec le soutien implicite des grandes puissances régionales mais aussi avec le soutien plus ou moins direct de la Turquie et des Etats-Unis, chacun y trouvant pour l’instant des intérêts indirects prioritaires même s‘ils sont contradictoires.

On peut imaginer que ce soutien cessera lorsque l’EI deviendra un allié trop encombrant qui menacera les intérêts de certaines puissances voisines. Cette balkanisation de la Syrie et de l’Irak aura aussi des conséquences directes sur la Russie et la Chine qui ont chacun des intérêts historiques, politiques et économiques dans ces deux pays. Elle porterait atteinte au projet de route de la soie que Pékin compte redévelopper, car historiquement, les tracés des routes de la soie qui reliaient la Chine à l’ouest de l’Europe passaient par l’Iran et la Syrie et il n’existe que deux options possibles, soit par Deir ez-Zor et Alep, soit par Palmyre et Damas. Le premier chemin est coupé depuis début 2013, le second vient de l’être après la chute de Palmyre.

Le grand nombre de candidats russophones et sinophones (il y a même un quartier chinois à Raqqa, la capitale de l’Etat islamique en Syrie) qui se sont enrôlés au sein de l’EI, peuvent laisser imaginer que le prochain front de l’EI se situera entre le Caucase et le Xinjiang, visant Pékin et Moscou. L’EI, après avoir déstabilisé le monde chiite, pourrait donc en quelque sorte devenir un outil de déstabilisation de l’Eurasie, conclut Alexandre Latsa (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

De son côté, l’analyste Olivier d'Auzon écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Ankara a lancé le 24 juillet 2015 une guerre contre le terrorisme, visant simultanément le PKK et les combattants du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Il s'agit d'un bombardement qui attise assurément un peu plus les tensions entre les différents acteurs et la Communauté Internationale. Pour mémoire, la diplomatie ottomane avait essuyé les foudres de l'Occident pour avoir pendant trop longtemps servi de base arrière pour les combattants islamistes du Front Al-Nosra et d'Ahrar Al-Cham, et observé une attitude tout à la fois attentiste et troublante au moment où les Kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD) combattaient l'EI à Kobané.

Or, la lutte contre l'EI n'est qu'un alibi pour affaiblir le PKK et ses alliés Et dès lors, la lutte contre l'EI n'est qu'un alibi pour affaiblir le PKK et ses alliés, et pour, à terme, s'opposer au projet d'union des trois cantons kurdes syriens. De plus, le refus d'Ankara de se joindre aux opérations de la coalition contre l’EI a contribué à compromettre le fragile accord de paix conclu en 2013 avec le PKK. Et le succès inattendu du Parti Kurde HDP à l'occasion des élections générales turques du 7 juin 2015 (13%, 80 députés) n'est pas étranger à ce refroidissement des relations turco-kurdes sur fond de chaos syrien et régional, commente l'expert Alexandre del Valle dans le numéro 148 de la revue Politique Internationale.

En novembre et décembre 2014, les manifestations pro-Kurdes se sont multipliées en Turquie, faisant plusieurs dizaines de morts. Et le Gouvernement AKP continue de refuser que les forces kurdes de Syrie soient intégrées au programme d'entraînement des rebelles syriens mis en place en avril 2015 conjointement avec le Qatar, l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis, souligne Alexandre del Valle.

Dans le même temps, la Maison-Blanche a apporté un soutien au PYD, qui administre le Kurdistan syrien depuis trois ans, en lui fournissant depuis décembre 2014 des armes sous la stricte condition qu'elles ne soient pas redistribuées au PKK turc. Mais pour Ankara, le PYD et le PKK constituent une seule et même organisation terroriste, menaçant sa stabilité. Dans cette perspective, le Gouvernement turc entend empêcher les Kurdes syriens d'établir une zone autonome dans le Kurdistan syrien. Les membres de l'Otan ont parfaitement conscience des objectifs poursuivis par la Turquie. Il se pourrait que cette situation entraîne la dégradation des relations entre Ankara et d'autres membres de l'Otan, souligne Alexandre Ignatenko, Président de l'Institut de la religion et de la politique à Moscou.

Et quoi qu'il en soit, la Turquie a en ligne de mire la lutte contre le régime d'Assad. La Turquie veut rompre la continuité territoriale kurde au nord de la Syrie, tout en affaiblissant Bachar el-Assad. En clair, la Turquie entend faire d'une pierre deux coups : rompre la continuité territoriale kurde au nord de la Syrie, tout en affaiblissant Bachar el-Assad. Il va sans dire que la mise en place d'une zone sécurisée empêcherait de facto, l'aviation syrienne de bombarder les rebelles à Alep. Or, si Bachar el-Assad ne peut utiliser ses avions, sa principale force, alors toutes les positions du régime dans la région peuvent tomber aux mains de l'opposition. Il s'agirait somme toute d'un ultime rebondissement qui pourrait changer considérablement la donne dans cette guerre.

Voici somme toute, un ultime rebondissement qui pourrait changer considérablement la donne dans cette guerre. En coulisse, Moscou continue de soutenir le régime de Bachar El-Assad. Poutine fera tout pour que la Syrie devienne « le grand Stalingrad de la Syrie ». Quoiqu'en dise le Président Turc Erdogan, Poutine n'a pour l'heure, pas du tout l'intention d'abandonner Bachar El-Assad : « Allez dire à votre dictateur de Président qu'il aille se faire voir avec ses terroristes de l'EI, et que je ferai tout pour que la Syrie devienne son grand Stalingrad ! », a rétorqué Poutine à l'Ambassadeur de Turquie en Russie.

Qu'on le veuille ou non, Assad est une force existante sur le terrain. Il fait partie du problème mais aussi, bien évidemment, de la solution. La diplomatie russe a initié à Moscou, du 26 au 29 janvier 2015, un dialogue inter-syrien entre le régime de Bachar-el-Assad et des opposants non islamistes. L'idée est de substituer à la guerre une solution politique négociée. Dans ce contexte, la Russie fait preuve de beaucoup plus de réalisme que la France et les autres Etats occidentaux, conclut Olivier d'Auzon (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Michel Garroté

http://alexandrelatsa.ru/2015/08/letat-islamique-outil-de-destabilisation-geopolitique/

http://www.huffingtonpost.fr/olivier-d-auzon/la-turquie-les-kurdes-ei-_b_7923446.html?utm_hp_ref=france