Save Europe Act : 537 000 signatures portées jusqu’au Parlement européen
Malgré une interdiction de dernière minute et les barrages de la police belge, les organisateurs du Save Europe Act sont parvenus, mercredi 15 juillet, à porter jusqu’au Parlement européen les signatures recueillies en faveur de leur projet de remigration. Lancée six semaines plus tôt par Eva Vlaardingerbroek et Martin Sellner, la campagne revendique désormais plus de 537 000 soutiens à travers l’Europe.
Le rassemblement devait se tenir place du Luxembourg, devant le Parlement européen. La veille, le bourgmestre d’Ixelles, Romain De Reusme, avait toutefois décidé de l’interdire, invoquant notamment des risques pour l’ordre public. Les organisateurs ont saisi en urgence le Conseil d’État belge, qui a suspendu l’arrêté quelques heures seulement avant le début de la manifestation. Plusieurs centaines de personnes ont finalement pu se rassembler devant les institutions européennes.
L’accès au Parlement est néanmoins resté difficile. Les organisateurs affirment que des participants ont été repoussés ou empêchés d’approcher le bâtiment alors qu’ils transportaient symboliquement les pétitions dans une brouette. Le député européen finlandais Sebastian Tynkkynen, membre du groupe Conservateurs et réformistes européens, dit avoir lui-même été retenu pendant près d’une heure par la police alors qu’il tentait de rejoindre le Parlement. Une partie des documents a finalement pu être introduite dans l’enceinte parlementaire.
« Tous ceux qui sont venus à Bruxelles ont fait preuve de courage », a réagi Martin Sellner après l’opération. Le militant autrichien estime que le Save Europe Act a désormais dépassé le cadre d’une simple pétition pour devenir l’ébauche d’un mouvement politique continental. Les organisateurs annoncent la constitution d’un réseau européen de militants et entendent poursuivre la campagne jusqu’au seuil d’un million de signatures.
Le texte réclame notamment un moratoire sur l’immigration en provenance des pays non européens, un renforcement des frontières extérieures, l’accélération des expulsions et la création d’un cadre européen favorisant le retour volontaire ou incité des étrangers non intégrés.
Une réserve juridique demeure cependant : les signatures recueillies sont pour l’instant celles d’une précampagne. Elles ne constituent pas encore des soutiens officiellement validés dans le cadre d’une Initiative citoyenne européenne, la Commission n’ayant pas enregistré le projet. Bruxelles a déjà laissé entendre qu’elle pourrait refuser cette inscription, jugeant certaines dispositions potentiellement contraires aux règles européennes de non-discrimination. Les organisateurs assurent qu’ils poursuivront leur mobilisation, avec ou sans l’aval de la Commission.