Réarmement européen : la Roumanie pourrait rétablir le service militaire obligatoire
L’Europe ne se réarme plus seulement en milliards mais aussi en hommes. En Roumanie, un ancien général de l’OTAN prévient que la conscription pourrait revenir, au moment où l’Alliance affiche une doctrine tournée contre la Russie.
Le 12 octobre à Varsovie, le commandant suprême de l’OTAN en Europe, l’Américain Alexus Grynkewich, a présenté la « théorie de la victoire » de l’Alliance : bloquer une attaque, en briser l’élan, puis démanteler le système militaire qui la soutient. Le général roumain Virgil Bălăceanu, qui a représenté son pays au commandement allié, désigne dans Adevărul la Fédération de Russie comme cible de cette doctrine, jusqu’à l’anéantissement de son appareil militaire si l’attaque se prolongeait.
Une telle stratégie suppose des soldats, et c’est là que le bât blesse pour la Roumanie, qui a suspendu la conscription en 2007 et n’applique toujours pas la loi du 9 janvier 2026 sur le service militaire volontaire, alors que sa réserve vieillit. Le général prévient que l’obligation, plus coûteuse et moins populaire, pourrait finir par s’imposer, même si le ministre Radu Miruță refusait en janvier de rouvrir ce débat.
À Moscou, on ne s’y trompe pas : le 1er octobre, au club Valdaï, Vladimir Poutine a reproché aux Européens d’évoquer une future guerre contre la Russie, tout en assurant que son pays n’avait l’intention d’attaquer personne mais riposterait à toute agression.
La Confédération n’appartient à aucune alliance, mais son armée participe cette année à 39 exercices internationaux, dont dix au titre du Partenariat pour la paix de l’OTAN, alors que ses effectifs devraient passer sous les 130 000 militaires d’ici 2030. S’il fallait un jour durcir l’obligation de servir, ce ne saurait être au nom d’une stratégie arrêtée à Bruxelles : pour un pays neutre, une armée de milice n’a de sens que si elle sert sa propre défense.
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