mercredi 24 juin 2026
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Guerre Russie-OTAN d’ici 2030 : Moscou accuse l’Alliance et l’UE de s’y préparer

Les Observateurs (la rédaction)
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La Rus­sie reproche aux pays occi­den­taux d’o­rien­ter leurs poli­tiques vers un pos­sible affron­te­ment mili­taire dans les années à venir. Dans un entre­tien accor­dé le 22 juin au quo­ti­dien Izves­tia, le vice-ministre russe des Affaires étran­gères, Alexandre Grou­ch­ko, affirme que l’O­TAN et l’U­nion euro­péenne se pré­parent à un conflit direct avec Mos­cou à l’aube des années 2030.

Selon lui, les stra­té­gies mili­taires, les déci­sions poli­tiques et les prio­ri­tés affi­chées par les Occi­den­taux convergent vers un objec­tif com­mun : infli­ger une « défaite stra­té­gique » à la Rus­sie. Le diplo­mate estime par ailleurs que, sur le plan mili­taire, l’é­cart entre l’O­TAN et l’U­nion euro­péenne tend à s’ef­fa­cer.

Alexandre Grou­ch­ko va plus loin en com­pa­rant ces pré­pa­ra­tifs à l’o­pé­ra­tion Bar­ba­ros­sa, l’in­va­sion de l’U­nion sovié­tique lan­cée par l’Al­le­magne nazie en 1941. Ces pro­pos s’ins­crivent dans une rhé­to­rique récur­rente des auto­ri­tés russes, qui dénoncent l’ex­pan­sion et le ren­for­ce­ment mili­taire de l’Al­liance atlan­tique aux abords de leurs fron­tières.

Ces décla­ra­tions inter­viennent dans un contexte de ten­sions durables depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022. Les pays de l’O­TAN ont, depuis, ren­for­cé leur pré­sence mili­taire sur le flanc est de l’Eu­rope et accru leur sou­tien à Kiev sur les plans mili­taire, finan­cier et logis­tique.

Plu­sieurs res­pon­sables occi­den­taux ont, ces der­niers mois, évo­qué la néces­si­té de se pré­pa­rer à une dégra­da­tion du cli­mat sécu­ri­taire. En Alle­magne, le com­man­dant en chef des forces ter­restres, Chris­tian Freu­ding, a appe­lé en juin à anti­ci­per une éven­tuelle attaque russe d’i­ci 2029, voire plus tôt. De telles prises de posi­tion relèvent davan­tage de scé­na­rios de pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique que de l’an­nonce d’un conflit immi­nent.

Dans le même temps, cer­tains res­pon­sables mili­taires occi­den­taux sou­lignent que la Rus­sie ne mani­feste pas de volon­té immé­diate d’at­ta­quer direc­te­ment les pays de l’Al­liance. Le géné­ral amé­ri­cain Alexus Gryn­ke­wich, com­man­dant suprême des forces alliées en Europe, a ain­si recon­nu que Mos­cou ne recher­chait pas aujourd’­hui le conflit avec l’O­TAN − une appré­cia­tion qui tranche avec les dis­cours plus alar­mistes relayés de part et d’autre.

Dans le même registre, le chef de la diplo­ma­tie russe, Ser­gueï Lavrov, met­tait en garde, dans une tri­bune publiée le 19 juin, contre les dan­gers d’un affron­te­ment direct entre puis­sances nucléaires et ses consé­quences poten­tiel­le­ment catas­tro­phiques.

Dans ce cli­mat de défiance mutuelle, les décla­ra­tions des res­pon­sables russes comme occi­den­taux ali­mentent une mon­tée des ten­sions ver­bales. Elles illus­trent sur­tout un dur­cis­se­ment durable des rela­tions entre la Rus­sie et l’Oc­ci­dent, sur fond de guerre en Ukraine et de recom­po­si­tion des équi­libres de sécu­ri­té en Europe.

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