Qu’est-ce que « 10 % » ? L’entretien avec Colin Walks que Le Temps n’aura pas eu
Cible d'un long portrait au vitriol du quotidien Le Temps, qui l'accuse de nouer des « liaisons dangereuses » avec l'UDC, Colin Walks sort du silence. Le fondateur de "10 %" se livre sur le combat culturel, son positionnement identitaire et ses réseaux, sans esquiver les sujets de l'immigration, de la démographie et de l'avenir de la démocratie directe en Suisse.
Accusé par le quotidien Le Temps de tisser des « liaisons dangereuses » entre l’UDC et la mouvance identitaire européenne, Colin Walks, le fondateur du mouvement “10 %”, a choisi de ne pas offrir sa parole à un tribunal médiatique qu’il récuse. Face à ce qu’il qualifie de tentative de diabolisation et de « journalisme de délation », il a opposé un silence catégorique aux sollicitations du quotidien romand.
C’est pourtant pour sortir de ce silence et livrer le fond de sa pensée que Colin Walks a accepté de répondre à nos questions. De ses origines françaises à son installation en Suisse, de ses réseaux à ses convictions profondes sur l’immigration, la démographie et l’avenir de la démocratie directe, il nous a livré un entretien sans détour pour décrypter de l’intérieur un mouvement qui bouscule les codes et fait désormais couler beaucoup d’encre.
« Chez nous, pas de nazis, pas de racistes, pas de fachos, que des artisans, des ouvriers, des paysans, des chasseurs, des montagnards… en somme : le bas peuple. »
Entretien
Pouvez-vous tout d’abord vous présenter ? Vous êtes français, installé en Suisse depuis plusieurs années. Comment en êtes-vous arrivé à incarner le discours identitaire en Suisse romande ?
Je n’ai rien calculé, c’est arrivé le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen, une des rares figures politiques que j’ai toujours respectées. Lors de sa mort, des milliers de gauchistes avaient alors embrasé les rues des villes françaises pour « fêter » sa disparition (96 ans quand même, le menhir était un vrai menhir). Depuis ce jour, je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sur les réseaux sociaux dans l’espoir de normaliser notre pensée : nous sommes 10 % de Blancs dans le monde, nous sommes la minorité.
Il n’y a rien de mal à dire cela, au contraire ; comme les pandas, nous devons préserver cette civilisation qui se meurt à cause de la propagande mondialiste. À noter qu’en 1900, il y avait 36 % de Blancs, un tiers de la planète donc.
Quant à la Suisse, j’y vis depuis huit ans, il est totalement normal que je la défende, surtout en ayant vécu l’enfer communiste français et en voyant s’approcher ce mal qui commence, bien malheureusement, à ronger le pays de la raclette.
“10 %” se présente justement comme un mouvement identitaire qui est un mot mal compris, souvent caricaturé. Qu’entendez-vous par là ? Et “10 %” est-il un mouvement politique, une structure militante, un réseau culturel, un média d’influence, ou tout cela à la fois ?
L’identité, c’est l’origine ; n’avons-nous pas le droit de défendre notre origine ? Qui plus est, c’est ce qui forme un pays : l’identité ethnique, culturelle, religieuse. À cela s’ajoutent les traditions, les mœurs, les coutumes. Nous ne sommes ni plus ni moins que les représentants de la Suisse libre, d’antan.
Nous ne sommes pas un parti politique, car aucun parti politique ne défend l’identité. En revanche, nous poussons très souvent dans le sens de l’UDC, qui est l’un des rares partis à se battre contre l’UE et pour le terroir.
Nous sommes un mouvement identitaire, communautaire, qui vise à recréer une solidarité, des bonjours dans la rue, du respect, la défense de notre héritage commun : le christianisme.
La Suisse est, de longue date, un pays composé de plusieurs langues, de plusieurs confessions et de fortes identités cantonales. Qu’est-ce qui fait, malgré cette diversité interne, qu’elle reste selon vous une nation identifiable ?
De plusieurs langues, oui. Mais de descendance celte, germanique et romaine. Comme toute l’Europe occidentale. Elle a donc une identité bien similaire aux autres pays du continent en réalité. L’écart creusé au sein de notre civilisation n’est dû qu’aux divergences « religieuses », au marxisme et à l’immigration en fin de compte. La Suisse est chrétienne. Elle est identifiable grâce à ce que j’ai dit avant : son ethnie, sa culture, sa religion (unique à la base), ses traditions, ses mœurs et ses coutumes.
Le Temps, sous la plume du journaliste Kylian Marcos, vous a consacré un long portrait, mais vous avez choisi de ne pas répondre à ses questions. Pourquoi ce refus ?
Parce que je ne donne plus de crédit aux journalopes gauchistes. Pour eux, nous sommes des ennemis à abattre.
L’article du Temps insiste longuement sur vos fréquentations, vos rencontres, vos photos, vos proximités militantes. Et en filigrane, on a le sentiment que le véritable sujet de l’article n’est pas seulement “10 %”, mais l’UDC, que Le Temps semble vouloir mettre en difficulté en l’associant à des figures ou mouvements réputés (par Le Temps) “infréquentables”. Voyez-vous là un travail d’enquête légitime, ou une méthode de culpabilité par association ? À partir de quand une relation politique devient-elle, selon vous, une compromission ?
Évidemment, c’est exactement cette lecture qu’il faut avoir et que l’on constate sans trop forcer.
Toutes les lignes de cet article sont calculées pour créer l’idée que la droite est fracturée. Qu’elle est désordonnée. Ça marche très bien pour monsieur tout le monde, mais la plupart des gens, aujourd’hui, ne sont plus dupes.
Pour la relation politique, elle devient une compromission à partir du moment où l’on renie ses convictions, simplement : l’idée est de créer des fractures au sein du camp conservateur.
Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que si 10% doit servir de bouclier “d’extrême giga méga droite du bruit des bottes”, cela ne nous gêne pas, tant que ça aide l’UDC. J’ai de très bons rapports avec bon nombre d’élus de l’UDC.
L’initiative “Pas de Suisse à 10 millions” a été l’un des grands moments récents du débat sur l’immigration. Selon vous, qu’a révélé cette campagne sur l’état du pays ?
Elle a révélé que les médias contrôlent bel et bien l’opinion publique. Tout comme la votation sur les « minorités » LGBT en 2020 pour l’article 261bis : 63 %. Pour créer une arme redoutable contre les droitards pour un simple regard, une simple blague. Sans parler, plus récemment, des 62 % de votants qui ont soutenu la redevance SSR à 335 francs alors que ce média, subventionné à hauteur de 1,6 milliard par an, ne risque pas de mourir. Il nous tue, en revanche. Mais ne perdons pas espoir, les temps durs sont en train de créer bon nombre d’hommes forts. Des gens prennent de plus en plus la parole sur les réseaux sociaux, des mouvements identitaires naissent en masse.
Le débat suisse permet-il encore de parler franchement d’immigration, d’islam, de démographie ou de préférence nationale ? Ou estimez-vous que certains sujets sont verrouillés par la peur médiatique, judiciaire et politique, notamment autour de l’article 261bis du Code pénal ?
De moins en moins et, à la fois, de plus en plus. À mesure que la censure avance, des voix s’élèvent en opposition pour la dénoncer. La nuance se raréfie, la fracture s’intensifie. Les conservateurs sont de plus en plus tenaces, donc forts. Malgré les procès, malgré les menaces, malgré les agressions. Il faut impérativement réveiller tout le monde avant que la démographie n’ait complètement changé. Car à ce moment-là, la Suisse ne sera plus la Suisse, car son peuple de souche sera minoritaire. Cela créera des enclaves « résistantes » de Suisses qui refusent de mourir, statistiquement parlant. Certains seront donc catalogués comme « terroristes idéologiques » dans leur propre pays. Je refuse qu’on en arrive là, c’est pourquoi nous travaillons dur et avec urgence.
Au fond, quel est selon vous le choix auquel la Suisse est confrontée dans les prochaines années ? S’agit-il seulement de mieux contrôler l’immigration, ou d’un enjeu plus profond : préserver une continuité historique, culturelle et démographique dans un pays soumis à des transformations rapides ?
Il reste une arme redoutable qui survit à l’UE : la démocratie directe. L’an prochain, les bilatérales III arriveront sur la table ; avec elles, le « jugement dernier » : la Suisse ne décidera plus de rien. Ce sera une catastrophe. Pour l’heure, le choix est simple : se réveiller ou mourir. Nous refusons de mourir, nous avons toujours espoir, nous devons nous battre jusqu’au bout.
Dans cette perspective, quel rôle “10 %” veut-il jouer ? Un aiguillon pour la droite institutionnelle, une force de formation pour une nouvelle génération militante, un mouvement culturel, ou le point de départ d’une recomposition plus large ? Et dans cinq ans, à quoi jugerez-vous que vous avez réussi ?
10 %, c’est simplement la vraie minorité qui refuse de mourir. Chez nous, pas de nazis, pas de racistes, pas de fachos, que des artisans, des ouvriers, des paysans, des chasseurs, des montagnards… en somme : le bas peuple. Nous voulons rassembler, motiver, aider. Dans cinq ans, si nous sommes des centaines, nous aurons forcément un impact sur la politique. Nous déplacerons alors la fenêtre d’Overton : notre discours sera largement répandu, de plus en plus normalisé. Nous ne serons plus catégorisés comme “fascistes”, nous serons simplement un cri du cœur parfaitement en adéquation avec la Suisse libre… et forte.
Propos recueillis par Dimitri Fontana