Profitant de la crise iranienne, Trump relance l’offensive pétrolière en Alaska
Le 7 juillet, le ministère américain de la Justice a mis fin, par un accord, aux poursuites engagées par l’État d’Alaska contre le programme de concessions adopté en 2024 sous l’administration Biden pour la plaine côtière de la réserve naturelle nationale de l’Arctique (ANWR). Fait remarquable, le gouvernement fédéral y reconnaît lui-même que ce programme violait la loi fiscale de 2017, notamment en fermant 75 % de la zone à l’exploration pétrolière. L’accord interdit au ministère de l’Intérieur de rétablir de telles restrictions, levant un obstacle juridique majeur aux forages dans cette région jusqu’ici protégée.
Ce règlement parachève une offensive menée depuis le printemps. L’administration Trump invoque la guerre en Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz pour accélérer l’exploitation des ressources de l’Alaska : dès avril, Donald Trump présentait le blocus d’Ormuz comme une occasion de relancer la production américaine – une orientation saluée par les élus républicains de l’État, dont le gouverneur Mike Dunleavy et la sénatrice Lisa Murkowski.
Le 6 mai, le gouvernement fédéral a annoncé le transfert à l’État d’Alaska de 1,4 million d’acres – près de 570 000 hectares – de terres publiques du corridor de la route Dalton, appelées à accueillir une partie de la route industrielle d’Ambler (340 km) et des infrastructures du projet gazier Alaska LNG. Dix associations environnementales ont porté plainte, reprochant au secrétaire à l’Intérieur d’avoir levé des protections fédérales sans consultation publique ni évaluation des conséquences pour les communautés autochtones ; cette procédure, distincte de l’accord du 7 juillet, suit son cours.
Le 15 mai, l’Intérieur a simplifié les autorisations de forage dans la Réserve nationale de pétrole de l’Alaska : certains projets, comme le controversé projet Willow, pourraient être approuvés en trente jours.
Le Bureau of Land Management doit enfin organiser quatre ventes de concessions – imposées par la loi budgétaire de 2025 – dans la plaine côtière de l’ANWR, la première étant programmée dès le 5 juin. Cette zone d’environ 630 000 hectares, qui recèlerait de 4,25 à 11,8 milliards de barils récupérables, est aussi un habitat essentiel pour les caribous, les oiseaux migrateurs et les bœufs musqués. La nation autochtone gwich’in dénonce des forages qui « nuiraient à notre subsistance et violeraient nos droits en tant que peuple autochtone ».
Les organisations écologistes contestent que ces ouvertures fassent baisser durablement les prix. « Utiliser une guerre au Moyen-Orient comme prétexte politique pour étendre les forages dans l’un des paysages les plus fragiles d’Amérique est aussi cynique que dangereux », estime Athan Manuel, du Sierra Club.
Sources
- Article de Michael Arria publié le 31 mai 2026 par le média américain Truthout,
- Communiqué du ministère américain de la Justice du 7 juillet 2026.
- Traduction et adaptation françaises réalisées par les lecteurs du site Les-Crises.