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Juges partisans, folles promesses et autoritarisme, les recettes de Lula pour garder le pouvoir

Réélu au terme d’un scrutin prolongé in extremis par son ancien avocat devenu juge, Lula essuie des accusations de favoritisme électoral. Urnes électroniques contestées, largesses sociales de dernière minute, passeports des opposants confisqués par la justice : au Brésil, soupçons et mesures liberticides s’accumulent, sous les applaudissements des « démocrates » mondialistes.

Richard Dalleau
28 octobre 2026 Modifié le 28 octobre 2026 à 16h49
5 min de lecture

Pour conserver le pouvoir, Luiz Inácio Lula da Silva a réussi un tour de force qui défie l’entendement : battu au premier tour, il remporte le second avec 51,79 % des suffrages. Flávio Bolsonaro, crédité de 47,03 % trois semaines plus tôt, termine à 48,21 %. Première inversion de ce type depuis le retour de la démocratie brésilienne. Les sondages annonçaient une égalité technique, légèrement favorable à Bolsonaro. Le déroulement du vote alimente désormais de forts soupçons.

Dimanche 25 octobre, à 17 h 07, alors que les bureaux ferment et que le décompte débute, Cristiano Zanin ordonne deux heures de scrutin supplémentaires dans tout le pays. Le juge de la Cour suprême, auteur de ce coup de force, est l’ancien avocat de Lula, nommé par lui. Le Tribunal supérieur électoral suspend le décompte des voix. L’enquête de Gazeta do Povo décrit la pagaille : au Paraná, 87,4 % des sites de vote avaient déjà fermé ; ailleurs, les machines définitivement arrêtées ne pouvaient plus être rouvertes. Une règle, deux traitements !

Le plus savoureux ? En 2022, Alexandre de Moraes avait refusé une prolongation malgré les blocages routiers dénoncés par le camp Lula. Cette fois, le camp Bolsonaro réclamait lui aussi des aménagements, mais limités à certaines communes touchées par les intempéries. Lula voulait une prolongation nationale. À Santa Catarina, la décision n’avait pas encore été transmise à 17 h 20. Dans le Rio Grande do Sul, une urne arrêtée ne pouvait pas être relancée. L’égalité devant le scrutin est une chimère.

Des urnes sans papier, une confiance à crédit

Autre sujet sensible : le Brésil vote sur des machines électroniques sans bulletin papier individuel permettant un recomptage indépendant. Déconnectées pendant le vote, elles produisent des procès-verbaux consultables. Le chercheur Diego Aranha a pourtant souligné dans une enquête d’IEEE Spectrum les restrictions des audits extérieurs et le conflit d’intérêts d’une justice qui programme, organise et contrôle le scrutin. Sans même parler de possibles biais introduits par le camp au pouvoir, un ordinateur reste piratable. Si les tests de sécurité réalisés avant l’élection n’ont pas permis aux chercheurs de modifier les votes simulés. Ils ne permettent toutefois pas de certifier l’intégrité du scrutin du 25 octobre.

Selon les décomptes officiels, environ 34 000 votes seulement ont été enregistrés après 17 heures, pour une avance finale de 4,43 millions de voix en faveur de Lula. L’écart est faible, mais il ne dit rien du nombre d’électeurs qui n’ont pu déposer leur bulletin dans l’urne à cause des nombreux cafouillages causés par la décision de dernière minute de prolonger le scrutin.

Ses partisans estiment que la remontada spectaculaire de Lula est simplement due à l’arrivée tardive des résultats de régions lui étant favorables. Le hasard fait parfois si bien les choses. Reste la question centrale qui entache tout le scrutin : pourquoi avoir changé la règle en pleine partie ?

Avant même d’ouvrir les urnes, Lula avait ouvert les vannes. La Gazeta do Povo recense les mesures fiscales et sociales annoncées durant la campagne, mobilisant des centaines de milliards de réaux (47 milliards de francs suisses), entre dépenses nouvelles, allègements fiscaux et promesses variées. Le calendrier est limpide : le Bolsa Família a été relevé de 15,04 %, avec versements majorés six jours avant le second tour – là encore, un pur hasard –. Des dettes de microentrepreneurs ont été effacées et les 40 heures sans perte de salaire ont été promulguées. Pour faire bonne mesure, transports gratuits et aides étudiantes ont été promis. Demain, on rase gratis, aujourd’hui, on pratique l’achat de votes aux frais de l’État.

Du bulletin au passeport, l’opposition sous surveillance

La suite n’arrange pas l’image du pouvoir. Le 18 octobre, en débat télévisé, Lula prévient Flávio Bolsonaro : « Le 25, vous perdrez votre immunité et vous aurez des problèmes ». Or, son rival devait normalement rester sénateur jusqu’en janvier 2027. Le 25 octobre, sept minutes après la confirmation de la victoire de Lula, la Police fédérale signe une requête de seize pages pour saisir ses passeports. Le juge Alexandre de Moraes l’accepte aussitôt. Requête préparée avant le vote ? Bien sûr que non, n’importe quel policier tapant au clavier avec deux doigts peut produire 2,28 pages à la minute.

Le candidat malheureux a finalement quitté le Brésil : les autorités argentines ont attesté son passage vers l’Équateur le 27 octobre. Il n’est d’ailleurs pas le seul opposant à se voir confisquer son passeport. Le communiste Rui Costa Pimenta affirme que son passeport est retenu depuis août. Un élu du Parti des travailleurs réclame désormais la même mesure contre Nikolas Ferreira. Hasard une fois encore, la critique du pouvoir judiciaire vient aussi de l’extrême gauche.

Fidèle à ses idéaux socialistes, donc liberticides, le soir même de sa victoire, Lula promet en outre de réglementer les réseaux sociaux, accusés « d’ingérence », une accusation bien commode très en vogue aussi de ce côté de l’Atlantique. À ce stade, le Líder máximo n’a pas encore annoncé d’interdiction générale, mais le blocage de X en 2024 est dans toutes les têtes. Vote prolongé, vaincu poursuivi, plateformes ciblées : le portrait d’un charmant social-démocrate se dessine sous nos yeux ébahis.

Les mondialistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ont entonné en chœur les louanges de leur camarade brésilien : Alex Soros a célébré Lula et salué sans rire le Brésil pour sa résistance à l’« autoritarisme ». Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron l’ont également chaleureusement félicité.

Étrangement, les marchés ne sont pas joints à cette folle liesse : l’Ibovespa a plongé de 17,34 % en séance et de 13,88 % à la clôture ; le dollar a gagné 8,21 % face au réal. Certains taux futurs ont bondi de plus de 260 points de base. Pendant que le camp progressiste applaudit la victoire de Lula, à São Paulo, le peuple commence déjà à gouter au prix des lendemains qui chantent.

Richard Dalleau
Richard Dalleau

Ancien reporter de guerre, Richard Dalleau a couvert des conflits aussi bien sur le terrain que dans leurs implications géopolitiques. Il traite des questions de Défense, de terrorisme, les sujets de société (immigration, délinquance…) et des menaces sur les libertés publiques. Il a collaboré ou eu des responsabilités d’encadrement (SR, rédacteur en chef) dans des médias de presse écrite et des agences de presse internationales.

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