Hooliganisme : à Genève, on retrouve les casseurs sans ficher tout le stade
Une vingtaine d’ultras du Servette FC comparaissent à Genève après une bataille entre supporters du même club. Identifiés par la police hors du stade, ils illustrent les limites du contrôle généralisé des spectateurs.
À Genève, le football se pratique aussi devant les tribunaux. Depuis le 8 octobre, une vingtaine d’ultras du Servette FC comparaissent pour rixe et émeute. Leur adversaire ? D’autres supporters du Servette. Le 26 juillet 2025, la Section Grenat et les Plus Malins s’étaient affrontés près de la Praille, avant un départ en train pour Berne. Même maillot, règlement de comptes maison.
La police genevoise n’a pas eu besoin de demander leurs papiers à tous les spectateurs. Après enquête, notamment à l’aide d’images de vidéosurveillance, elle a auditionné 27 personnes. Bilan administratif : 24 interdictions de périmètre s’étalant de un à trois ans et trois obligations de se présenter lors de rencontres sportives. Les poursuites pénales suivent leur cours. Ce précédent prolonge notre article sur le hooliganisme : à Lausanne déjà, les engins pyrotechniques avaient été tirés contre la police à la gare, pas dans les tribunes. À Genève, les bagarres ont éclaté avant même le voyage.
Le 27 septembre, les Lucernois ont justement préféré, par 58,9 %, un contre-projet à l’initiative imposant le contrôle d’identité généralisé. Le dispositif retenu renforce les mesures autour des matchs à risque, sans fichage systématique à l’entrée. L’affaire genevoise montre que l’on peut poursuivre des suspects identifiés sans traiter préventivement chaque supporter comme délinquant en puissance.
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