mercredi 2 septembre 2026
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Délinquance des requérants maghrébins : ce que Berne nous a caché

Plus de 80 pour cent des demandeurs d'asile nord-africains font l'objet d'une procédure pénale. Ce chiffre date de 2024 – et il a fallu une demande du Blick fondée sur la loi sur la transparence pour que le département de Beat Jans le laisse enfin sortir. Combien de temps encore allons-nous financer un système d'asile détourné de son but, au prix de notre sécurité ?

Les Observateurs (la rédaction)
4 min de lecture

En Suisse, il aura fallu la loi sur la transparence pour apprendre que plus de 80 pour cent des requérants d’asile maghrébins ont été mis en cause pénalement en 2024. Dans sa dernière chronique vidéo, le conseiller national Thomas Matter demande des comptes à Beat Jans. Nous posons deux questions de plus : quand la chape de plomb cédera-t-elle ailleurs en Europe ? Et à quelles autres petites cachotteries devons-nous nous attendre de la part du Département fédéral ?

Les chiffres qui dérangent ne sortent jamais tout seuls. Celui-ci dormait depuis 2024 dans une évaluation interne du Secrétariat d’État aux migrations (SEM), et il aura fallu une demande du Blick fondée sur la loi sur la transparence pour l’en tirer : 80,5 % des requérants venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et de Libye ont été mis en cause pour au moins une infraction, contre 12,3 % pour les autres origines. Nous en parlions ici : il s’agit de mis en cause et non de condamnés, le SEM lui-même admet un calcul imparfait – l’écart n’en demeure pas moins écrasant.

Dans son dernier édito vidéo, le conseiller national UDC zurichois Thomas Matter revient sur ce scandale, et d’abord sur le calendrier de sa révélation :

« Ils datent de 2024 et auraient dû être connus depuis longtemps. Mais le SEM et le département du conseiller fédéral socialiste Beat Jans se sont bien gardés de les rendre publics. Leur publication aurait très probablement pesé sur le débat politique – à commencer par la votation sur l’initiative pour la durabilité « Pas de Suisse à 10 millions ! », qui aurait pu connaître un autre sort. »

L’hypothèse tient. Pendant toute la campagne, on a expliqué aux Suisses que leurs inquiétudes migratoires relevaient du fantasme, pendant que l’administration gardait au tiroir des données qui leur donnaient raison. Et ce n’était pas la première fois : dès 2023, le SEM attribuait aux requérants du Maghreb 64 % des incidents de sécurité dans les centres fédéraux, au détour d’une fiche technique que personne n’était censé lire. Combien d’autres évaluations « internes » attendent, quelque part entre Wabern et la Berne fédérale, qu’un journaliste pense à invoquer la loi sur la transparence ?

Thomas Matter ne s’arrête pas à la rétention d’information. Le système d’asile lui-même a cessé de remplir sa mission, rappelle-t-il, alors que 99 % des demandes nord-africaines sont rejetées :

« Notre droit d’asile a été conçu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour protéger des personnes menacées de mort. Pourquoi continuer à engloutir des milliards dans un système qui n’a plus lieu d’être et qui aggrave l’insécurité dans notre pays ? Si Beat Jans n’y met pas immédiatement bon ordre, il portera la responsabilité de chaque nouveau délit commis par ces faux réfugiés. »

Et de rappeler d’où arrivent ces requérants :

« Les accords de Schengen et de Dublin, que l’UDC n’a cessé de combattre, sont un échec retentissant. Ces délinquants arrivent tous de pays tiers sûrs : selon la loi, la Suisse ne devrait même pas examiner leurs demandes. […] Il n’est pas normal qu’il faille désormais protéger nos marchés et nos fêtes populaires contre les attentats, et nos maisons contre les cambriolages. »

Et ailleurs en Europe ? Ce que la Suisse vient de vivre s’y rejoue partout, en silence. Comme nous le montrions, les mêmes nationalités ressortent partout où l’on ose mesurer : aux Pays-Bas, 44 % des Algériens hébergés dans les structures d’accueil étaient suspectés d’une infraction en 2022 ; en Allemagne, plus de la moitié des suspects algériens, marocains, tunisiens et libyens étaient des multirécidivistes en 2023. Ces chiffres existent, publiés dans des rapports techniques que la presse de grand chemin se garde bien d’ouvrir, et ils ne pèsent à peu près rien politiquement. La chape de plomb suisse s’est fissurée parce qu’un journal a fait son travail et qu’une loi le lui permettait. Ailleurs, on attend encore le journal – ou la loi.

Beat Jans promet désormais des durcissements ; c’est l’usage, une fois le secret éventé. Mais le mal est fait : les Suisses ont voté sur « Pas de Suisse à 10 millions ! » sans connaître des chiffres que leur propre administration détenait depuis des mois. Dans un pays où le peuple fait la loi, lui cacher le dossier au moment du vote revient à fausser le vote. Voilà une cachotterie qui devrait inquiéter bien au-delà des rangs de l’UDC.

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