Cambriolages sur La Côte : cinq étrangers de 14 à 17 ans arrêtés, trois bientôt libérés
Cinq mineurs étrangers ont été arrêtés après une tentative de cambriolage à Gimel, dans le canton de Vaud. Certains vivent en foyer, d’autres sont sans domicile fixe. Trois doivent être libérés : comment la justice s’assurera-t-elle de leur comparution ?
Une tentative d’effraction dans un kiosque, quatre silhouettes masquées qui détalent devant les gendarmes, puis un cinquième suspect retrouvé le lendemain : la police vaudoise a interpellé cinq adolescents entre mercredi soir et jeudi matin à Gimel et Marchissy, sur La Côte. Ces quatre Marocains et ce Roumain sont âgés de 14 à 17 ans.
Certains résident dans un foyer à Genève, les autres sont sans domicile fixe. Une dizaine de faits similaires ont été signalés le même soir à Gimel, Longirod et Marchissy, mais à ce jour, la police n’a pas établi de lien formel entre ces affaires et les cinq interpellés.
Début octobre, neuf suspects, dont plusieurs mineurs, avaient été arrêtés après des cambriolages de garages en Valais. En juin, deux ressortissants français de 13 et 16 ans ont été arrêtés à Palézieux après une tentative de vol de voitures de luxe, en compagnie de deux adultes. Autant de dossiers distincts, sans réseau commun démontré, qui illustrent cependant la place prise par de très jeunes exécutants dans certains cambriolages.
Chaque ligne vaut la totalité du montant : c’est l’une ou l’autre, pas tout à la fois.
Sources : OFS, statistique de la privation de liberté ; canton de Berne ; Hôpital du Jura ; commune de Bardonnex (via GHI) ; canton de Fribourg (via Frapp) ; OFS, aide et soins à domicile (via 20 minutes) ; jobs.ch ; OFSP, primes 2027 ; AFC, recettes fiscales 2023 ; OFS, nombre de ménages (via 20 minutes). Utiliser cette infographie
Un marché du vol à la tâche ? Fedpol a déjà documenté le « crime as a service » : des commanditaires recrutent à distance de petites mains pour voler en leur nom. Le Ministère public vaudois a également signalé le recrutement en ligne de jeunes auteurs de cambriolages. À ce stade de l’enquête néanmoins, il n’est pas établi que les cinq suspects de Gimel aient agi sur ordre d’un commanditaire ou aient été recrutés sur les réseaux sociaux.
Reste la suite judiciaire. Pour deux des suspects étrangers, une demande de détention provisoire est annoncée, tandis que les trois autres doivent être libérés après les actes de procédure. Chez les mineurs, la détention n’est possible qu’à titre exceptionnel, si aucune mesure de substitution ne suffit ; un risque de fuite concret peut notamment entrer en ligne de compte. Pour les autorités judiciaires, leur nationalité ne suffit pas à présumer ce risque. En revanche, une partie des suspects n’a même pas de domicile fixe. Quelles obligations, quel suivi et quelles garanties permettront de les retrouver pour la suite de la procédure ? La police garde un silence pudique sur cette question. Sans doute est-elle satisfaite d’avoir réussi cinq interpellations et elle risque de l’être à nouveau : il est en effet probable que les mêmes jeunes délinquants viennent à nouveau grossir les statistiques d’interpellations, à défaut de nourrir celles de la justice.
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