Blécherette : la fuite devant la police, angle mort des statistiques suisses
À Lausanne, une voiture volée a frôlé un policier avant d’être interceptée. Un nouvel épisode de fuite dangereuse, alors que la Suisse ne dispose d’aucune statistique nationale dédiée au phénomène.
Mercredi 2 septembre vers 16 h, près de Lausanne-Blécherette, une voiture volée poursuivie depuis Cheseaux-sur-Lausanne a failli percuter un policier qui posait une herse. Le véhicule est passé à quelques centimètres de l’agent sans ralentir. Ses deux occupants ont finalement été interpellés à Prilly après dix minutes de poursuite, sans blessé ni accident.
L’épisode prolonge un phénomène que nous évoquions récemment : les délits de chauffard ont presque doublé dans la région entre 2021 et 2025, et certaines conduites extrêmes se terminent par une fuite devant la police. En août, quatre jeunes détenteurs de papiers français avaient ainsi poursuivi leur course sur l’A16 jusqu’en France, malgré quatre pneus crevés.
Attention toutefois au vocabulaire. En droit suisse, le « délit de fuite » vise d’abord le conducteur qui quitte les lieux d’un accident sans respecter ses obligations. La Loi sur la circulation routière impose notamment de s’arrêter immédiatement et, en cas de blessés, de porter secours et d’avertir la police. La fuite devant un contrôle relève d’un autre ensemble d’infractions, auxquelles peuvent s’ajouter celles commises pendant la poursuite.
Les chiffres disponibles mesurent donc surtout l’après-accident. En 2024, le Fonds national suisse de garantie a traité 3 379 sinistres, dont 3 211 fuyards inconnus, soit 95 %. En revanche, aucune série nationale consolidée ne permet de compter les refus d’arrêt devant la police ou les courses-poursuites. La Confédération sait donc assez bien compter ceux qui disparaissent après le choc, pas ceux qui appuient sur l’accélérateur avant qu’il n’ait lieu.