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À l’école vaudoise, le Cantique suisse perd Dieu en route

Une enseignante vaudoise a coupé du Cantique suisse les strophes qui invoquent Dieu. Une précaution laïciste que la jurisprudence fédérale n’exige pas et que plusieurs cantons contredisent jusque dans leurs programmes scolaires.

La rédaction
5 septembre 2026
2 min de lecture

Lorsqu’un doux rayon du soir
Joue encore dans le bois noir,
Le cœur se sent plus heureux près de Dieu.
Loin des vains bruits de la plaine,
L’âme en paix est plus sereine,
Au ciel montent plus joyeux (bis)
Les accents d’un cœur pieux,
Les accents émus d’un cœur pieux…

Dans une classe vaudoise, l’hymne s’arrête désormais à la première strophe. Une enseignante a choisi de n’apprendre à ses élèves que le début du Cantique suisse afin d’éviter les références explicites au divin : le Département laisse ce choix aux enseignants. Ironie du toilettage : même la première strophe fait encore monter « au ciel » les accents d’un « cœur pieux ».

Le coup de ciseaux va pourtant plus loin que le droit suisse. En 2012, le Tribunal fédéral a refusé d’assimiler à un acte confessionnel le chant, à l’école, de cantiques chrétiens de Noël ou de Pâques lorsqu’il reste mesuré et sans intention de conversion. Une référence religieuse ne devient donc pas automatiquement du prosélytisme dès qu’elle franchit la porte d’une classe.

Le Tessin a poussé le raisonnement jusqu’au Cantique suisse lui-même. En 2013, son Conseil d’État a estimé que l’apprentissage ou le chant occasionnel de l’hymne ne constituait pas une prière, malgré ses références au « Roi du ciel », au « Dieu d’amour » et au « Tout-Puissant ». Il y voyait un élément des racines du pays et de la cohésion nationale.

À Genève, le Conseil d’État rappelait en 2015 que les deux premières strophes étaient obligatoires en 7P et 8P – la seconde affirme que « le cœur se sent plus heureux près de Dieu ». L’ironie est historique : la mélodie elle-même vient d’un chant liturgique composé par le moine cistercien Alberik Zwyssig. La neutralité suisse sait donc distinguer patrimoine et catéchisme et, à force de purger l’hymne de toute référence religieuse, on finit surtout par lui retirer ce qu’il raconte de la Suisse.

Suisse Chérie & l’Orchestre des Nations présentent le Cantique Suisse (couplets 1 & 4)

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