110 tonnes de contrebande dévoilées : merci qui ? Merci le chauffeur bourré
Un fourgon surchargé, un chauffeur ivre : un banal contrôle vaudois a permis de remonter un trafic de 110 tonnes de denrées alimentaires. Nouvelle entrée au panthéon des arrestations facilitées par les suspects eux-mêmes.
Le crime organisé soigne ses filières, ses stocks et ses fausses factures. Pour le chauffeur, en revanche, il restait apparemment une marge de progression. En avril 2024, la police vaudoise contrôle près de Bursins un fourgon nettement surchargé. Son conducteur, un Français de 42 ans, est ivre. Dans le véhicule : 1 605 litres d’huile de tournesol, 1 229 kilos de bananes, 375 kilos d’oignons et 213 kilos de lait en poudre, le tout non déclaré.
Il aura fallu deux ans pour mesurer tout ce que ce conducteur pris de boisson avait offert sur un plateau d’argent aux douaniers. L’OFDF vient de dévoiler le bilan de la copieuse enquête qui a suivi ce coup de filet involontaire. Entre fin 2023 et septembre 2024, le réseau aurait effectué 38 importations et fait passer plus de 110 tonnes de denrées vers huit commerces vaudois et genevois, pour environ 81 000 francs de droits et de TVA éludés. Au menu figuraient même près de 5,5 tonnes de nouilles instantanées sud-coréennes rendues populaires sur TikTok. La contrebande, oui, mais avec supplément piment.
L’affaire complète avantageusement notre gala de gaffes à gogo : après le trafiquant de drogue repéré parce qu’il roulait trop lentement, voici le contrebandier qui conduit ivre et trop chargé. À ce rythme, les enquêteurs finiront par pouvoir compter sur une nouvelle brigade : les suspects eux-mêmes.
À quel genre de personnes appartiennent les commerces Vaudois ? On a le droit de savoir ?