Qui avance et qui recule au Proche et au Moyen Orient

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Michel Garroté  --  L’Iran, l’Arabie Saoudite et le Qatar sont aujourd’hui les plus grands financiers du terrorisme islamique mondial, y compris en Irak et En Syrie. A propos de cette dernière, force est de constater que le contrôle (partiel) du territoire syrien par l'Etat Islamique (EI) semblerait diminuer. Mais de nombreux pays étrangers continuent d'agir en Syrie, directement ou indirectement : Etats-Unis, Turquie, Iran, Russie, Qatar, Arabie saoudite et d'autres pays encore.
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Des combattants syriens ont brisé les lignes de défense des jihadistes dans la vieille ville de Raqqa après l'ouverture de brèches dans le mur d'enceinte par des raids américains, une percée majeure dans la bataille pour la conquête de cette ville de Syrie. Dans le même temps, en Irak, les forces gouvernementales appuyées également par les Etats-Unis, livrent des combats acharnés aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) acculés dans leur dernier carré dans la vieille ville de Mossoul.
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En effet, en Irak, les forces armées avancent lentement dans le dernier carré des jihadistes à Mossoul, l'EI luttant pour sa survie dans son dernier grand bastion urbain d'Irak en multipliant les attentats suicide dont certains perpétrés par des femmes et des adolescentes.
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L'EI est la cible de vastes offensives lancées depuis des mois par les Forces démocratiques syriennes (FDS) en Syrie et les forces gouvernementales en Irak pour le chasser de ses principaux bastions de Raqqa et Mossoul conquis en 2014. Dans le nord de la Syrie ravagée par la guerre, les FDS se sont emparées de plusieurs quartiers de l'est et l'ouest de Raqqa depuis leur entrée dans la ville le 6 juin.
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Ainsi, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS)  --  une force composée de combattants kurdes, arabes et chrétiens syriaques soutenue par les Etats-Unis en Syrie  --  cette force des FDS a pénétré, en profondeur, pour la première fois, dimanche 2 juillet 2017, dans le fief de l'Etat Islamique (EI) de Raqqa (ville syrienne composée à 90% d'Arabes musulmans et chrétiens et à 10% de Kurdes).
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Les Forces Démocratiques Syriennes progressent :
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Pour information, les chrétiens syriaques armés font partie du Conseil militaire syriaque (du commandant Abboud Seriane) qui a lutté contre l'EI dès 2013 et qui a intégré les FDS en 2016. Les jihadistes ont fait exploser les églises de Raqqa et ils ont forcé des chrétiens de la ville à se convertir à l'islam.
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Les médias occidentaux n'évoquent que très rarement le Conseil militaire syriaque (CMS), comme si les chrétiens syriaques ne participaient pas à la résistance armée contre l'Etat Islamique (à Raqqa, le CMS vient de libérer le quartier de al-Roumaniya).
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Sans doute, dans l'esprit de la presse européenne, les chrétiens syriaques sont juste assez bons pour se faire massacrer sans opposer de résistance armée, ce qui expliquerait son quasi-silence sur le CMS.
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Le dimanche 2 juillet 2017, les FDS ont pris le marché d'Al-Hal, à Raqqa, en passant par le sud et en traversant l'Euphrate, après une manoeuvre d'encerclement de la ville syrienne qui a pris des mois.
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Depuis leur première entrée dans Raqqa, le 6 juin 2017, les FDS s'étaient déjà emparées d'une poignée de quartiers dans l'est et l'ouest de la ville. Mais l'EI, encore présent à Raqqa, menace, une fois de plus, de contre-attaquer.
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L'ingérence turque en Syrie :
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De son côté, l'armée turque du dictateur islamiste Erogan a procédé à des tirs d'artillerie contre des positions de miliciens kurdes dans le secteur d'Afrin, en territoire syrien, dans la partie nord-ouest du pays de Bachar al-Asad. Il faut ici bien comprendre qu'Erdogan est en train de bâtir une Turquie islamiste, néo-ottomane, et post-kémaliste, bref, un Califat ottoman qui veut s'étendre au-delà de ses frontières actuelles.
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L'état-major turc a précisé que ce pilonnage à l'arme lourde est intervenu en "représailles" à des tirs d'armes automatiques, en territoire syrien, de la part des Unités de Protection du Peuple Kurde (YPG) contre des membres de l'Armée Syrienne Libre (ASL), une milice composée d'islamistes et qui est soutenue entre autres par la Turquie, notamment dans la région syrienne de Maranaz.
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L'armée turque a ajouté que les cibles visées ont été "détruites et neutralisées". De son côté, l'agence de presse turque Ihlas affirme, elle aussi, que les combattants kurdes des YPG ont procédé à "d'intenses tirs d'armes automatiques" contre l'ASL dans le nord-ouest de la Syrie.
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La Turquie "déplore" la récente décision de l'administration américaine de fournir des armes "sophistiquées" aux miliciens kurdes des YPG qui font partie des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) engagées dans l'offensive contre Raqqa.
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Les Etats-Unis considèrent les YPG comme un allié essentiel dans la guerre, d'une part, contre l'Etat Islamique (EI) en Syrie en général, et d'autre part, pour reprendre à l'Etat Islamique la ville de Raqqa, "capitale de fait" de l'EI en Syrie.
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Mais la Turquie estime que les Unités de Protection du Peuple Kurde (YPG) ne seraient rien d'autre qu'une "émanation" (ce qui est faux) du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation en lutte, en Turquie, contre le régime d'Erdogan.
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En fait, ce que le régime turc redoute le plus, c'est que les YPG transforment leur succès militaire contre l'EI en "conquête territoriale", en Syrie, à la frontière turque. L'allégation de l'impérialiste Erdogan selon laquelle le YPG kurde syrien et le PKK kurde turc ne feraient qu'un est donc totalement fausse. Et, de toute manières, les incursions militaires turques sur sol syrien ne reposent sur aucune légitimité.
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Pendant ce temps le conflit entre Saoudiens et Qataris :
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Mardi 4 juillet 2017 est censé être la date butoir de l’ultimatum de l’Arabie Saoudite eu égard à l’offre en 13 points faite au Qatar pour mettre fin au quasi blocus de ce pays depuis deux semaines. Or, ce délai vient d’être prorogé de 48 heures.
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La liste des 13 demandes élaborée par les saoudiens exigeait en particulier la fermeture d’une base militaire concédée à la Turquie, perçue comme un bastion des Frères musulmans, la fermeture de la chaine Al-Jazeera, appréhendée par les saoudiens comme un outil de propagande au service de ces mêmes Frères musulmans et l’arrêt des relations diplomatiques avec l’Iran.
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Ajoutons à cela la guerre entre l'Arabie saoudite et l'Iran au Yémen, ainsi que le rôle des Pasdarans iraniens et du Hezbollah libanais en Syrie et au Liban, et la boucle sera quasiment bouclée.
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Michel Garroté pour Les Observateurs, 4.7.2017
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Internationalisation de la guerre en Syrie

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Michel Garroté  --  Les "experts" sur les questions du Moyen-Orient ont souvent tendance à livrer des analyses simplistes, du style "sunnites contre chiites" ou "c'est la faute aux Amériains" ou encore "Bachar al-Assad doit démissionner" sans oublier l'inévitable Russia-bashing "Poutine est une brute sanguinaire". Alors que ce qui se passe actuellement au Proche et au Moyen Orient est infiniment plus complexe. Par Exemple, la Turquie sunnite et l'Iran chiite ont une tactique commune dans le conflit entre l'Arabie Saoudite et le Qatar.
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Ce n'est pas une stratégie commune à long terme. C'est une tactique commune à court terme. Les Américains combattent l'Etat Islamique (EI). Ce qui ne les empêche nullement de combattre l'aviation et l'armée terrestre de Bachar al-Assad. L'Iran soutient le régime syrien, mais à long terme, celui-ci pourrait s'éloigner de l'Iran et se rapprocher encore davantage de la Russie (cf. photo en haut de cet article : troupes russes en Syrie). Bref, ce n'est pas la situation qui est compliquée mais le Proche et le Moyen Orient qui sont, comme ils l'ont toujours été, complexes.
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Qatar - Iran :
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"La pression, la menace et les sanctions ne sont pas une bonne solution pour régler les problèmes. L’Iran veut approfondir ses relations avec le Qatar et rejette le blocus imposé à l’émirat par l’Arabie saoudite et ses alliés, a affirmé, dimanche 25 juin 2017, le président-ayatollah Hassan Rohani lors d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar. "La politique de Téhéran est de développer de plus en plus ses relations avec Doha", a déclaré le président-ayatollah Rohani lors de cet entretien avec le cheikh qatari Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd El-Fitr. Il faut ici rappeler que le vrai chef de l'Etat iranien n'est autre que le Guide Suprême Khamenei. Si Rohani dit quelque chose, c'est qu'il a obtenu l'accord préalable de l'ayatollah Khamenei.
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Qatar - Turquie :
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Pour revenir au Qatar  --  principal allié arabe de la Turquie, avec laquelle il est lié depuis 2014 par un accord militaire de défense  --  ce "petit califat" peut compter sur le soutien inconditionnel du président-dictateur islamiste turc Erdogan et ce depuis le début de l'actuel conflit Arabie saoudite / Qatar. Erdogan estime que la liste de 13 demandes imposées au Qatar  --  parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazira, la remise à niveau des relations avec l'Iran et le retrait des troupes turques stationnées dans une base au Qatar  --  vont trop loin. Toutes ces précisions sont très importantes, car elles démontrent que si le Qatar est un tout petit émirat, il est tout de même soutenu - face aux Saoudiens - par ces deux géants que sont l'Iran et la Turquie.
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A propos de la Syrie (cf. photo en haut de cet article) en particulier et de la région en général, le géopoliticien Alexandre Del Valle, dans une  récente analyse, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le 18 juin dernier, un F-18 américain de la coalition internationale a abattu un avion de combat syrien (de fabrication russe). Il s’agit de la deuxième attaque américaine directe contre l’armée syrienne en dix jours, alors que les forces pro-gouvernementales syriennes venaient d’atteindre la frontière avec l'Irak en repoussant les terroristes de Da’esh. L’évènement a suscité une violente réaction diplomatique et stratégique de la part de la Russie, qui a suspendu immédiatement l'accord de Moscou de 2015 qui permettait jusqu’alors à Washington d’établir des mécanismes (« ligne rouge ») pour la prévention des accidents entre aéronefs des deux pays actifs sur le théâtre syrien.
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De facto, l’accord - pourtant hautement nécessaire sachant que des accidents et heurts pourraient déraper à chaque instant en Syrie -  a été annulé par l’attaque américaine contre les intérêts du partenaire russe qui n’a même pas été consulté. Escalade plus que prévisible : Moscou a immédiatement annoncé que les avions de toute armée (y compris américaine et de la coalition) s’en prenant aux intérêts de la Russie et de ses alliés à l'ouest de l'Euphrate en Syrie constitueraient désormais une cible légitime pour l’armée russe. Parallèlement, la semaine dernière, l'Iran, qui demeure le principal soutien politique et militaire (terrestre) du régime syrien, a lui aussi frappé directement en Syrie (à Deir ez Zor) des bases de l'Etat islamique, officiellement en représailles à l’attentat perpétré à Téhéran contre le mausolée de l’imam Khomeiny et le Parlement iranien.
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Pendant ce temps, les Etats-Unis intensifient leur présence en Syrie, via notamment le déploiement de lance-roquettes multiples HIMARS. Last but not least, en Arabie saoudite, en plein conflit diplomatique avec l’Iran et le Qatar, le roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud vient de désigner son fils Mohammed Ben Salman comme prince héritier, ce qui a bousculé cinq décennies de tradition politique saoudienne fondée sur un fonctionnement de désignation collégiale de l’héritier du trône. Or celui qui vient de bénéficier de cette révolution patrilinéaire directe n’est pas n’importe qui et est loin d’être le plus sage des héritiers prétendants : le très jeune et fougueux prince Salmane est un va-t-en guerre qui rêve de déclarer la guerre à l’Iran et d’envahir le Qatar.
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Il traîne d’ailleurs derrière lui une première guerre (indirectement tournée contre l’Iran) qui a fait pléthore de victimes civiles, celle du Yémen. Mohammed Ben Salman  accuse violemment le Qatar et l’Iran de soutenir le terrorisme, mais il n’a eu de cesse de soutenir sans réserve depuis le printemps arabe les djihadistes salafistes totalitaires en Syrie - pourtant liés aux terroristes d’Al-Qaïda. Il fait massacrer depuis des mois par son aviation des milliers de civils chiites yéménites, ce qui n’a fait en retour que renforcer l’aide iranienne aux rebelles chiites-houtistes. Essayons de tirer les leçons de ces évènements tous liés.
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La progression du camp syro-iranien et russe :
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Premièrement, il est clair que les alliés américano-sunnites ne voient pas d’un bon œil la progression des forces du camp opposé syro-iranien et russe face à Da’esh. En ce sens, la bataille de l’après Da’esh a bien commencé, et cela explique en partie l’intensification de l’internationalisation du conflit (frappes américaines contre l’armée syrienne ; frappe iranienne directe en Syrie ;  détérioration de la relation russo-américaine et fin de la désescalade entre les deux pays pour éviter un heurt direct, etc).
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Ils combattent l'EI mais ne sont pas amis du régime syrien :
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Deuxièmement, la frappe américaine contre un avion syrien s’inscrit dans le cadre des premières actions musclées de Trump en Syrie qui avaient essentiellement une dimension "communicationnelle". Pour la coalition anti-Da’esh pilotée par l’armée américaine, il s’agit là d’une façon de dire : « Nous combattons Da’esh mais nous ne sommes pas les amis du régime syrien», lui-même allié majeur régional de notre ennemi principal iranien ». Aussi ces frappes ne sont-elles pas du tout déterminantes contre l'armée syrienne. Pour le président américain - diabolisé en grande partie en raison de son prisme supposément « pro-russe » et de sa complaisance vis-à-vis du régime syrien - il s'agit surtout d'envoyer un message à ceux qui cherchent à le discréditer dans son propre camp républicain tendance interventionniste.
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Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait juré mettre fin à l’interventionnisme et qu'il privilégierait la lutte contre le terrorisme, refusant même de considérer le régime syrien comme un ennemi. Cette vision est en train de voler officiellement en éclat, mais cela n’est pas vraiment surprenant, car, dans son programme, le président américain s’est montré extrêmement hostile envers l'Iran. Or, la Syrie est farouchement protégée par le gouvernement iranien, encore plus attaché à la personne de Bachar al-Assad (son obligé) que la Russie (qui accepte de le remplacer à terme). Dans ce contexte, le net rapprochement de Donald Trump qui a renouvelé le terrible « pacte du Quincy » avec l'Arabie Saoudite n’est pas non plus surprenant.
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Le message américano-saoudien consécutif aux bombardements américains en Syrie est destiné tant à l’Iran et à la Russie qu’au régime syrien qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui n’existe plus sans ses deux protecteurs: «Nous ne voulons plus que l'Iran étende son influence au Proche-Orient » et nous voulons endiguer la Russie en contribuant (avec les rebelles sunnites arabes et les Kurdes) à faire renverser le régime pro-russe en place. Les Etats-Unis semblent avoir désormais choisi la voie de la déstabilisation du camp iranien, tant en Iran, en aidant les rébellions ethniques iraniennes, qu’en Syrie ou au Yémen, où les Etats-Unis aident la coalition arabo-saoudienne qui bombarde les rebelles chiites-houtistes. La rupture réelle avec Obama, si enclin à composer avec les Mollahs, notamment dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, est là. Et l’Arabie est éprise de l’Oncle Donald car il va enfin créer les conditions d’un endiguement de Téhéran.
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Les bombardements américains sur Raqqa :
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Troisièmement, rappelons aussi que les frappes américaines ont eu lieu comme par hasard juste au moment où la coalition internationale a été pointée du doigt par les Nations Unies au sujet du nombre alarmant de victimes civiles lors de ses bombardements américains sur Raqqa, sans oublier le scandale de l’utilisation de munitions au phosphore blanc lors des bombardements sur Raqqa par la coalition qui a elle-même affirmé avoir recouru à cette substance notamment à Mossoul. Après avoir critiqué gravement pendant des mois la Russie – accusée de « crimes contre l’Humanité » - lorsque l’armée russe a pris Alep aux jihadistes – les Etats-Unis et les Occidentaux, pris en flagrant-délit de se comporter comme ceux qu’ils ont pointé du doigt (Syriens, Russes et Iraniens), étaient obligés de faire une diversion médiatique en visant le régime « génocidaire » honni de Damas. Mais la coalition ne peut plus faire croire qu'elle ne se rend pas compte que, dans ce genre de guerres, il y a forcément des dommages collatéraux.
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Stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe :
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Les masques sont tombés. La guerre psycho-médiatique reprend de plus belle dans le cadre d’une rivalité croissante entre le camp russo-irano-syrien et le camp américano-sunnite pour la transition en Syrie, jugée inévitable une fois Da’esh vaincu. Prisonniers de leur avidité économique et fidèles à leur stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe, les Etats-Unis semblent incapables de désigner l’ennemi principal. Incapable de hiérarchiser l’ennemi et de définir la menace principale, l'Amérique de Trump, qui promettait de clarifier les choses et de rompre avec la russophobie, a finalement choisi comme ennemi non pas le terrorisme djihadiste sunnite, mais aussi la Russie et surtout son allié russe.
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Ceci est une situation fort trouble, car en stratégie, on ne peut pas avoir deux (ou trois) ennemis en même temps, au risque de ne combattre efficacement aucun d’entre eux : par exemple, en Irak, face au jihadisme sunnite et surtout aux ex-baasistes de Saddam Hussein, les Etats-Unis soi-disant ennemis de l’Iran, ont permis en fait à Téhéran de contrôler la partie chiite de l’Irak. Puis dans leur volonté d’endiguer l’Iran révolutionnaire sur d’autres fronts, Washington est resté pieds et poings liés à la monarchie wahhabite saoudienne qui a pourtant créé l’ennemi salafiste-jihadiste que les Etats-Unis combattent également. Et pour continuer à endiguer « l’ennemi russe » post-soviétique, les Etats-Unis se sont privés d’une alliance russo-occidentale que Poutine avait pourtant proposé un an avant le 11 septembre en Afghanistan, notamment face à l’ennemi commun jihadiste-sunnite.
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Vente d'armes aux pays du Golfe :
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Plutôt que de se focaliser sur l'ennemi principal, le djihadisme islamiste sunnite, Washington et ses alliés considèrent qu'il y a au moins deux autres ennemis plus importants sur le long terme (avec la Chine), car de nature géostratégique : la Russie et l’Iran et leurs alliés (Syrie-Hezbollah). Le plus important aux yeux de Donald Trump reste certes surtout l’impératif catégorique de l’"America first". Et cela passe notamment par la vente d'armes, d'avions et autres marchandises aux pays du Golfe, clients incomparables. Toute la politique de Donald Trump, depuis quelques semaines, correspond en effet à cette tradition américaine d’« efficiency first for us » en matière de politique extérieure. En fin de compte, Trump est en train de se plier aux impératifs de cette stratégie géo-économique de long terme qui prime sur tout, car ces impératifs le dépassent. Le président américain ne pouvait pas à lui seul instaurer une collaboration étroite avec la Russie, intégrer le régime syrien dans la lutte contre l'islamisme radical ou encore rompre avec l'Arabie Saoudite, voire même le Pakistan. Le système qui est au-dessus de lui ne le permettra pas, précise Alexandre Del Valle (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/internationalisation-guerre-civile-en-syrie-escalade-generale-3089551.html
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Qatar & Syrie – Pourquoi la coalition occidentale frappe l’armée syrienne

    
Michel Garroté  --  Avant d'entrer dans le vif du sujet, rappelons que deux attaques simultanées ont eu lieu à Téhéran, en Iran, le mercredi 7 juin 2017, causant la mort d'au moins trois personnes. Les auteurs de l'attaque étaient des Iraniens, recrutés par l'EI. Une fusillade a éclaté à l'intérieur du Parlement avant qu'un homme s'y fasse exploser, tandis qu'un autre attentat-suicide a eu lieu au mausolée de l'imam Khomeiny, père fondateur de la République islamique d'Iran. Les deux bâtiments sont distants d'une vingtaine de kilomètres. Le groupe État islamique a revendiqué les deux attaques.
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Le Qatar et l'Iran :
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Rappelons que pour les Iraniens, les ennemis du régime chiite de Téhéran, ce sont les Américains, les Israéliens, les pétromonarchies sunnites du Golfe ainsi que les 70 groupes terroristes takfiri d’inspiration wahhabite qui sévissent sur la planète.
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Et toujours avant d'entrer dans le vif du sujet, notons que le Qatar tente de mettre au point une coordination avec l'Iran en Syrie, ce qui explique en partie la crise dans les relations, entre d'une part Doha, et, d'autre part, Riyad et ses alliés sunnites du Golfe. Pour Doha, il s'agit de réduire la tension, en Syrie, entre les groupes armés supervisés par le Qatar, et, les militaires et volontaires iraniens.
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Le Qatar et la Turquie :
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Allié du Qatar, le président-dictateur islamiste turc Erdogan a pris fait et cause pour l’émirat gazier, mis au ban par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et leurs alliés arabes, qui l’accusent de complaisance envers des groupes islamistes radicaux et envers l’Iran. Le mercredi 7 juin 2017, le Parlement turc a approuvé le déploiement de troupes sur une base au Qatar.
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Signé en 2014, l’accord pour l’établissement d’une base militaire turque et pour l’entraînement et la formation des soldats qataris a ainsi été mis sur les rails plus tôt que prévu. Le nombre de soldats turcs présents sur place est pour l’instant d'environ 600 hommes.
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L'émir qatari Tamim ben Hamad al-Thani :
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Vu sous tous ces aspects, la publication des propos positifs -- de l'émir qatari Tamim ben Hamad al-Thani concernant l'Iran -- pourraient ne pas relever du hasard. L'aspiration du Qatar à établir une coopération avec l'Iran, y compris en Syrie, distingue la monarchie sunnite qatarie des autres monarchies sunnites du Golfe. Et cela ne change rien au fait que le Qatar et l'Arabie saoudite soutiennent effectivement, tous les deux, le terrorisme.
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Le Qatar et la Syrie :
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Pour entrer (enfin) dans le vif du sujet, il faut rappeler que la coalition dite internationale (en réalité pro-islamique), qui officiellement frappe l'Etat Islamique (EI), frappe également les forces pro-régime, alors que celles-ci commencent à l'emporter contre l'EI. Compliqué, pas vrai ? En effet, des combattants soutenus par Washington gagnent du terrain à Raqqa, ville syrienne habitée aujourd'hui à 99% par des Arabes sunnites et à 1% de Kurdes.
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La bataille de Raqqa :
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On peut même lire, dans la presse politiquement correcte, que la bataille fait rage à Raqqa ; que les forces arabo-kurdes syriennes soutenues au sol et dans les airs par les États-Unis tentent de progresser, depuis le jeudi 8 juin 2017, vers le centre de cette ville syrienne, au prix de violents combats dans le principal fief du groupe jihadiste État islamique (EI) en Syrie ; qu'au moins 17 civils ont perdu la vie dans des raids de la coalition ; et que le bilan de les frappes, menées dans la nuit du jeudi 8 juin au vendredi 9 juin 2017, pourrait encore s'alourdir, car des dizaines de personnes ont été blessées. Voilà pour la presse politiquement correcte.
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Sept mois après le début d'une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer de vastes régions autour de Raqqa (nord), les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis sont entrées dans le quartier de Mechleb, dans l'est de la ville. L'opération des FDS, baptisée "Bouclier de l'Euphrate", a consisté en la prise du quartier de Mechleb et de la citadelle de Harqal, située à deux kilomètres à l'extérieur des limites de Raqqa, sur une colline dominant la périphérie ouest.
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Les FDS :
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Formées en 2015, les FDS, théoriquement une alliance de combattants kurdes et arabes, opèrent avec l'appui de la coalition internationale qui leur fournit des armes, un appui aérien et les assiste au sol avec des "conseillers militaires". La présence de Kurdes au sein des FDS ne joue en réalité qu'un rôle peu important pour la cause kurde syrienne dans la mesure où Raqqa est actuellement habitée, comme déjà mentionné, à 99% par des Arabes sunnites.
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Les FDS ressemblent à une ramification du Front al-Nosra et autres organisations terroristes. Leur offensive à Raqqa est réalisée en coordination avec les Etats-Unis et l'EI. En revanche, les FDS ne coordonnent jamais leurs actions avec l'armée syrienne. Selon les Etats-Unis, les FDS aideraient à créer des zones de sécurité et des zones tampon. Mais en réalité les FDS coupent la Syrie de ses voisins.
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Raqqa et Al-Tanaf :
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Et la coalition internationale pro-islamique a également frappé des forces pro-régime près d'Al-Tanaf, non loin des frontières irakienne et jordanienne. Pourquoi ? Parce que les forces de Bachar al-Assad progressent désormais dans cette direction, après avoir remporté une série de victoires sur les islamistes à l'ouest.
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Et les forces pro-régimes étaient déjà bien avancées dans le pays lorsque la coalition a déclenché son bombardement à Al-Tanf. Que ce soit à Raqqa ou à Al-Tanaf, la coalition internationale pro-islamique et les FDS ne visent pas simplement à éradiquer l'Etat Islamique (EI).
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Elles visent aussi à torpiller, à chaque fois, les victoires des forces de Bachar al-Assad contre l'EI. L'Occident veut donc - bel et bien - remplacer les islamistes de l'EI par d'autres islamistes, comme nous l'avons écrit dès le début du "conflit syrien" en 2011. Et Donald Trump ne semble pas, du moins pas pour l'instant,  pouvoir ou vouloir, modifier cet état de choses.
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Qatar et Arabie saoudite - Suite et fin :
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Pour revenir au Qatar et à l'Arabie saoudite, l'excellent géopoliticien Alexandre Del Valle, explique tout cela comme ceci, dans une analyse publiée le vendredi 9 juin 2017 (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : "Arabie saoudite versus Qatar : quand le Tigre critique les griffes du Chaton. En rompant brutalement avec le Qatar, l’Arabie saoudite fait d’une pierre deux coups : elle se fait passer pour un allié fiable dans la lutte antiterroriste et anti-islamiste -- ce qui est en soi ubuesque et digne d’une l’intox soviétique -- et elle envoie un message au Qatar afin de le contraindre à rompre avec l’Iran et les Frères musulmans".
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Alexandre Del Valle : "En fait, on reproche non pas au Qatar de soutenir en soi des terroristes, puisque les Saoudiens les battent de très loin dans ce sport depuis des décennies, mais de soutenir certains terroristes frères musulmans actifs en Egypte et à Gaza, et d’une manière générale, la Confrérie des Frères musulmans, bêtes-noires des Saoudiens, des Emiratis et de l’Egypte".
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Alexandre Del Valle : "Non pas en raison de leur idéologie sunnite-islamiste, mais parce que la Confrérie inspire les seuls partis politiques islamistes 'démocratiques' capables de mobiliser les masses et de gagner des élections, donc de renverser les dictatures militaires ou tribalo-monarchistes en place dans le monde arabe et qui ont été très secouées par les révolutions arabes, elles-mêmes récupérées par les Frères musulmans".
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Alexandre Del Valle : "Le Qatar, bien que sunnite-wahhabite comme les Saoudiens, est accusé d’entretenir de trop bons rapports avec l’Iran et donc l’Axe chiite (Hezbollah inclus)", précise Alexandre Del Valle (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/arabie-saoudite-versus-qatar-quand-tigre-critique-griffes-chaton-alexandre-del-valle-3075161.html
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Trump veut-il une intervention de l’Otan au Moyen Orient ?

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Sur Média Presse Info, Antoine Lacoste (dont l'analyse, trop anti-Trump, n'est pertinente qu'en partie seulement) a récemment écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : En Syrie, le front actuel le plus important concerne les avancées vers Raqqa, "capitale" de l’Etat islamique. La grande originalité de ce front, c’est que les forces spéciales américaines y sont très présentes et soutiennent activement les kurdes, chargés de libérer Raqqa.
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Antoine Lacoste : Le problème c’est après : Raqqa tombera, c’est sûr, simple question de temps. Mais que feront les Américains après ? Vont-ils repartir pour finir de s’occuper de l’Etat islamique en Iraq et laisser les mains libres aux Russes en Syrie ? Une seule chose est maintenant certaine mais elle est de taille : les islamistes ne prendront pas le pouvoir en Syrie.
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Antoine Lacoste : Les chrétiens syriens [1ère photo au-dessus de cet article] pourront donc progressivement reconstruire leurs maisons et leurs églises en remerciant les Russes de les avoir sauvés d’un génocide programmé. Parallèlement les chrétiens syriens se demanderont longtemps comment leur "vieille amie" la France a pu soutenir avec autant de zèle des bandes islamistes armées et financées par le Qatar et l’Arabie Saoudite, a récemment ajouté Antoine Lacoste sur Média Presse Info (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Intervention possible de l'Otan au Moyen Orient :
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Le jeudi 25 mai 2017, le secrétaire général de l’Otan a annoncé que l’Alliance atlantique avait décidé d’élargir son soutien à la coalition internationale anti-Daech. Le jeudi 18 mai 2017, l'aviation de la coalition avait mené par les États-Unis a frappé un convoi pro-Assad dans l’est de la Syrie, dans la zone d'At-Tan, affirmant qu’il représentait "un danger pour les forces de la coalition".
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"Les Etats-Unis proposent que l'Otan prenne en charge une mission d'entraînement des forces irakiennes après la défaite du groupe Etat islamique", avait déjà déclaré, le mercredi 17 mai 2017, le chef d'état-major inter-armées américain, le général Joe Dunford. Ces trois faits sont importants.
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Le général Joe Dunford (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : L'Otan "pourrait être idéalement positionnée pour fournir une mission d'entraînement aux forces irakiennes sur une longue période de temps", a en effet déclaré le général Joe Dunford à des journalistes, dans l'avion le ramenant d'une réunion de l'alliance à Bruxelles. De son côté, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait déjà indiqué que les forces irakiennes pourraient continuer d'avoir besoin d'un soutien après la défaite du groupe Etat islamique, mais n'avait pas encore formulé précisément ses besoins, a rappelé le général Dunford.
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L'Otan - Remplacer la coalition ou l'intégrer :
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La mission que l'Otan pourrait se voir confiée serait a priori cantonnée aux développement des capacités de l'armée irakienne. L'Otan pourrait aider l'armée irakienne en matière "de logistique, d'acquisitions, de développement de capacités, de formation de cadres et d'académies", a indiqué le général Dunford. Mais l'Otan resterait à l'écart des missions de conseils aux forces combattantes qui elles resteraient du domaine de la coalition contre l'EI, a-t-il ajouté. "Il ne s'agit pas de voir l'Otan faire du conseil militaire comme à Mossoul ou à Raqqa" en ce moment, a-t-il dit (les forces spéciales américaines sont actuellement très présentes sur le front de Raqqa).
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"Je ne pense pas, que nous en soyons, maintenant, au point de pouvoir envisager de voir l'Otan prendre complètement le relais de la coalition", a-t-il dit. L'administration Trump pousse l'Otan à développer son action contre les groupes extrémistes sur son flanc sud, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Séparément de la question d'une éventuelle mission de l'Otan en Irak, l'administration américaine demande déjà que l'Otan fasse partie de la coalition contre le groupe Etat islamique.
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La question a été évoquée au sommet de l'Otan à Bruxelles, le premier sommet de l'alliance auquel participe Donald Trump. Les chefs militaires des pays de l'Otan réunis se sont montrés favorables à cette proposition, selon le général Petr Pavel, le général tchèque qui dirigeait les travaux (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Erdogan nous pose un sérieux problème :
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La Turquie agira sans demander l'autorisation de personne si elle est confrontée à des attaques des milices kurdes syriennes YPG, avait indiqué le dictateur islamiste turc, Recep Tayyip Erdogan, juste après sa rencontre avec Trump à Washington (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La décision des Etats-Unis de fournir des armes aux Unités de protection du peuple kurde syrien, alors que se prépare l'offensive contre Raqqa, dernier bastion urbain de l'Etat islamique en Syrie, a provoqué le mécontentement d'Erdogan.
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Erdogan fait exprès de tout mélanger :
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Erdogan n'a pas critiqué l'option militaire américaine après sa rencontre avec Donald Trump, mais, s'exprimant un peu plus tard devant la presse à l'ambassade de Turquie à Washington, il a réitéré ses inquiétudes concernant les YPG, dont il allègue qu'ils seraient l'émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
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"Nous leur avons clairement indiqué ceci : si, se produit, une attaque, des YPG et du PYD, contre la Turquie, nous appliquerons les règles d'engagement sans rien demander à personne", a dit Erdogan (Le PYD est la branche politique des YPG et non pas du PKK comme le prétend Erdogan). Le dictateur turc a reconnu que les Etats-Unis avaient pris leur décision concernant l'offensive contre Raqqa, à laquelle la Turquie ne prendra pas part, "en raison de la présence des Unités de protection du peuple kurde syrien".
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"Nous ne considérons pas comme saine votre coopération avec un groupe terroriste à Raqqa", a encore dit Erdogan. Les Etats-Unis considèrent les milices kurdes-syriennes YPG comme un atout important dans la lutte contre l'EI en Syrie, et, ils ne font pas, à la différence d'Erdogan, d'association avec le PKK kurde-turc (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.medias-presse.info/que-cherchent-les-americains-en-syrie/74543/
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https://fr.news.yahoo.com/etats-unis-mission-lotan-lirak-post-ei-064429430.html
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https://fr.news.yahoo.com/la-turquie-se-d%C3%A9fendra-contre-une-attaque-des-061927288.html
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Deux chefs militaires de l’Etat islamique passent dans les rangs des “gentils” rebelles

Vendredi, deux commandants importants de l'Etat islamique ont quitté le califat pour se joindre aux combattants de l'armée syrienne libre (FSA) à la frontière provinciale entre Homs et Deir Ezzor.

Après avoir communiqué avec les membres de la FSA, Ghassan Al-Sankeh et Mahmoud Al-Faraj sont arrivés à Badia au centre de la Syrie, abandonnant derrière eux les combattants de l'Etat islamique sous leur commandement dans la ville de Deir Ezzor.

 

Le commandant de l'Etat islamique Mahmoud Al-Faraj était l'un des plus hauts gradés d'Al-Mayadin, une ville de l'Euphrate que l'Etat islamique a pris pour nouvelle capitale.

(...)

Source Traduction libre Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch

Rappel: Le socialiste Hollande et Barack Obama soutenaient les rebelles syriens.

 

Attaque au sarin – Une histoire de Sarrasins

   
Michel Garroté  --  Le 8 avril dernier, Les Observateurs signalaient, que le médecin ayant annoncé "l'attaque au sarin" contre la localité syrienne de Khan Sheikhoun, un certain Shajul Islam, a été poursuivi pour terrorisme au Royaume-Uni. Pourtant, de nombreux médias, loin de remettre en question cet individu, l'ont cité comme une "source".
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Puis, le 26 avril, c'est au tour de la France de raconter que cette "attaque au sarin" contre Khan Cheikhoun, porterait "la signature" de Damas. C'est le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault qui dit cela, lors de la présentation d'un "rapport des services de renseignement français". Concrètement, c'est quoi, "la signature" de Damas ?
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Les médias qui répercutent cette information, ne précisent pas de quels "services de renseignement français" il s'agit. La DRM, service de renseignement des armées ? La DGSE ? On ignore donc de qui émane le "rapport" évoqué par Ayrault.
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Le problème, c'est, aussi, que même si le recours au sarin ne soulevait pas de doutes -- or le recours au sarin soulève des doutes ; certains experts pensent même que l'armée syrienne a bombardé, à l'arme classique, un dépôt de sarin de l'Etat Islamique (EI) -- même si le recours au sarin ne soulevait pas de doutes, écrivais-je, il demeure impossible d'en tirer des conclusions sur l'auteur de l'attaque, sans qu'ait lieu une enquête, sérieuse, indépendante et neutre, une enquête diligentée par une entité non-suspecte de servir les adversaires du régime de Bachar al-Assad et/ou de vouloir, à n'importe quel prix, la destitution et le départ du président syrien.
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La France, pour défendre la thèse de "l'attaque au sarin", dit s'appuyer sur des prélèvements et sur des analyses effectués sur les victimes. Et elle dit avoir étudié "trois aspects-clés" de l'attaque de Khan Cheikhoun : la nature du produit ; le procédé de fabrication ; et son mode de dispersion.
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Selon la France, ce serait surtout le procédé de fabrication du sarin qui permettrait d'incriminer le régime de Damas. Le sarin prélevé à Khan Cheikhoun aurait été comparé avec des prélèvements réalisés, par la France, après l'attaque de 2013  contre la localité syrienne de Saraqeb, attaque "imputée" au régime. Mais en quoi le procédé de fabrication du sarin permettrait-il d'incriminer le régime de Damas ?
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La France aurait récupéré une "munition non explosée" et elle en aurait "analysé le contenu". Elle dit être en mesure de "confirmer" que le sarin employé le 4 avril 2017 serait "le même sarin" que celui qui utilisé dans l'attaque contre Saraqeb le 29 avril 2013. Mais la France n'explique pas le pourquoi du comment. Elle dit simplement : "le même sarin".
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Dans les deux cas (2013 et 2017), de l'hexamine, un "stabilisant", aurait été retrouvé. Ce "procédé de fabrication" serait celui développé par le Centre de Recherches et d'Etudes Scientifiques de Syrie (CERS), affirme la France. Cette dernière affirmation n'est pas très claire : en effet, l'hexamine y est d'abord présentée comme un simple "stabilisant", puis comme un "procédé de fabrication".
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En réalité, les responsabilités sont extrêmement délicates à prouver. En 2016, des d'enquêteurs de l'ONU et de l'OIAC, avaient affirmé, d'une part, que Damas aurait mené trois "attaques au chlore" ;  et d'autre part, que l'Etat Islamique (EI) aurait mené diverses "attaques au gaz moutarde", notamment en 2014 et en 2015. Sarin, chlore, gaz moutarde, hexamine, que de formules techniques, pour finalement peu ou prou de preuves irréfutables.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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L’EI et l’Occident agissent-ils de concert en Syrie ?

   
Michel Garroté  --  Les groupes terroristes de l'Etat Islamique (EI) et du Front al-Nosra, ainsi que la Turquie, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Arabie saoudite et le Qatar agissent-ils de concert en Syrie ? La question peut sembler "conspirationniste" ou"complotiste".
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Pourtant, cette question a tout lieu d'être posée, puisque de toute évidence, les monarques intégristes saoudiens et qataris, soutenus par l'Occident, prônent une forme d'islam bien plus proche de l'islam de l'EI que de l'islam, laïc, du régime syrien.
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En mars dernier, les terroristes islamiques ont attaqué la ville de Hama, au centre de la Syrie, au moment où l'armée gouvernementale progressait à l'est d'Alep et était sur le point d'atteindre Raqqa, le fief de l'Etat Islamique. Cette attaque terroriste -- destinée à protéger L'EI près de Hama, non loin de Palmyre libérée, ainsi que près de Raqqa -- a ralenti l'offensive syrienne.
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En effet, une partie des troupes gouvernementales a dû se rendre à Hama pour repousser l'attaque. Une question se pose à cet égard : pourquoi la coalition internationale qui -- paraît-il -- combattrait l'EI, n'a-t-elle rien fait, pour freiner les terroristes islamiques -- à coups de frappes aériennes -- lorsque ces terroristes islamiques attaquaient la ville de Hama ?
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Une deuxième (et double) question, qui découle de la première (évoquée en début d'article), se pose à son tour : les groupes terroristes de l'Etat Islamique et du Front al-Nosra, ainsi que la Turquie, les États-Unis (et ce malgré le fait que Trump ait succédé à Obama), la France, le Royaume-Uni, l'Arabie saoudite et le Qatar agissent-ils de concert, contre l'armée gouvernementale syrienne, et, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, soutiennent-ils, en fait, l'EI, contre Bachar al-Assad ?
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Régime syrien – On nous dit qu’il serait “stupide”

Photos : combattantes chrétiennes syriennes

   
Michel Garroté  --  Conseiller régional d'Ile-de-France et vice-président du Parti chrétien-démocrate, Franck Margain revient sur les derniers événements qui se sont déroulés en Syrie. Il cible la désinformation opérée et l'imprudence des pays occidentaux (cf. lien en bas de page).
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Cette semaine, après une attaque de l'armée syrienne contre une base islamiste, des images de civils tués ont été diffusées. On nous a dit qu'ils ont été victimes d'un bombardement au gaz de combat sarin. On nous a même dit qu'il n'y avait "aucun doute" sur le type de gaz, et sur le fait qu'il ait été utilisé par l'armée. A la suite de cela, les Etats-Unis ont mené un bombardement sur une installation militaire syrienne, soutenus par le gouvernement français.
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Il s'agirait de l'odeur caractéristique du gaz sarin. Mais le gaz sarin est inodore
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Aujourd'hui en France, nous sommes une population plutôt bien instruite, caractérisée par un esprit dit cartésien. Quand une information nous est livrée, nous ne la prenons pas pour argent comptant, sans réfléchir, surtout quand elle est de nature à affecter notre destin national. Or dans le dernier développement de cette affaire syrienne, tout semble poser problème. Face au flot de désinformation, il est nécessaire de prendre du recul, et de se poser les bonnes questions.
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D'abord, ces images qui nous sont diffusées proviennent d'une zone contrôlée par les djihadistes. Qui les a donc tourné et diffusé ? Dans les divers témoignages de secouristes, on nous a répété qu'il s'agit de l'odeur caractéristique du gaz sarin. Mais le gaz sarin est inodore ! Alors de quel gaz s'agit-il ? L'armée syrienne est désormais dans une position victorieuse. Et dans le combat en question, il n'y a manifestement aucun intérêt tactique à l'utilisation du gaz de combat. Pourquoi aurait-elle pris le risque d'utiliser une arme inutile, prohibée, qu'elle a elle-même officiellement abandonnée sous contrôle international ?
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Actuellement en position de force, quel serait l'intérêt du régime ?
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Le gouvernement syrien est en position politique de force. Il a regagné le contrôle des principaux points de son territoire. Il est soutenu par la Russie et la Chine. Les déclarations américaines indiquaient justement que son renversement n'était plus une priorité. Alors, pourquoi irait-il faire précisément ce qui pourrait l'affaiblir sur la scène internationale ? On nous rétorque que c'est par stupidité. Qui pourrait croire un seul instant qu'un système politique qui a résisté à une guerre aussi longue, aussi puissante, internationale, menée contre lui, soit stupide ?
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Les mêmes qui nous parlent aujourd'hui d'attaque chimique, nous en avait aussi parlé en 2013. A l'époque, le président François Hollande voulait aussi déclencher sa petite guerre. Mais les Etats-Unis avaient stoppé ses velléités de va-t-en-guerre, dévoilant au monde son impuissance. Puis, après enquête, il s'est révélé que c'étaient les mercenaires islamistes qui avaient utilisé le gaz. Alors comment les croire aujourd'hui ?
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Adapté et mis en page par Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.valeursactuelles.com/monde/syrie-le-gaz-sarin-nouvel-archiduc-francois-ferdinand-78973
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Syrie: frappe de la coalition contre un dépôt d’armes chimiques de l’EI

Un lecteur nous propose (merci à Michel) :

La coalition internationale a porté mercredi une frappe contre un dépôt d’armes chimiques appartenant à Daech à Deir ez-Zor, faisant des centaines de victimes, a annoncé l’État-major syrien. L’incident prouve que les terroristes possèdent des armes chimiques, affirme l’armée syrienne.

Suite

Attaque chimique – L’archevêque d’Alep : le gouvernement syrien n’a pas fait une erreur aussi énorme

   
Michel Garroté  --  Dès le premier jour, je me suis posé les questions suivantes : quel intérêt aurait le régime syrien à lancer une attaque chimique contre des civils ? A qui profite cette affaire ? Pourquoi le régime syrien aurait-il pris ce risque, alors qu'il faisait - à nouveau - partie des gens fréquentables sur le plan diplomatique ? Pourquoi nos médias ont-ils abondamment diffusé et défendu, dès la première minute, l'hypothèse d'une frappe chimique visant des civils ? N'avons-nous pas, ces dernières années, déjà vécu le même genre d'intox médiatique et islamique ? Peut-être que, oui, le régime syrien a mené des frappes chimiques. Mais est-ce, pour autant, la seule hypothèse admise ?
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A ce propos, sur Aleteia, Isabelle Cousturié, rédactrice de l’agence Fides, écrit notamment (extraits ; voir liens vers sources en bas de page) : Mgr Antoine Audo, archevêque d’Alep, confie avoir du mal à imaginer le gouvernement syrien faire "une erreur aussi énorme" en attaquant au gaz toxique la population civile. Ce n'est semble t-il pas le cas des Etats-Unis qui ont mené une frappe contre l'aéroport d'où seraient partis les raids dans la nuit de jeudi 6 à vendredi 7 avril.
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« Dans une situation aussi fragmentée, avec tant d’intérêts et d’acteurs en jeu, il est difficile d’être sûr à 100% de ce qui se passe réellement. Pour ce que nous en savons sur la base de notre expérience, je ne parviens vraiment pas à imaginer que le gouvernement syrien soit si malavisé et si ignorant au point de faire des erreurs aussi énormes ». Telle fut la première réaction, publiée le 5 avril par l’agence Fides, de Mgr Antoine Audo, archevêque chaldéen d’Alep, interrogé au sujet du bombardement à l’arme chimique survenu à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d’Idlib.
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La zone est encore entre les mains de milices antigouvernementales dont celles du front al-Nosra, affilié à Al Qaeda. L’attaque chimique, lancée le 4 avril dernier, aurait provoqué la mort d’une centaine de personnes et fait près de 400 blessés, selon l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM-France), alors que l’Observatoire syrien des droits de l’Homme parle toujours de 58 tués – dont 11 enfants – et 170 blessés. L’opposition syrienne accuse le régime de Bachar el-Assad du bombardement. L’armée syrienne dément la moindre implication.
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Le même scénario qu’en 2013 ?
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Mgr Audo, responsable de l’organisation humanitaire de l’Église Caritas Syrie, admet que les scénarios qui dictent le conflit syrien sont énigmatiques. Un conflit rendu illisible par la propagande. « Déjà en bien d’autres moments délicats de la guerre, précise-t-il, des épisodes d’usage d’armes chimiques ont eu un impact déstabilisant sur la situation. Voici deux jours, le Président américain, Donald Trump, avait déclaré que le Président Assad faisait partie de la solution du problème syrien. Maintenant, il fait des déclarations en sens contraire. Il faut reconnaître les intérêt des forces régionales impliquées dans la guerre. Il faut toujours en tenir compte, surtout lorsque certaines choses se répètent selon des dynamiques très semblables et déclenchent les mêmes réactions et les mêmes effets déjà expérimentés par le passé ».
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L’agence de presse des Œuvres pontificales missionnaires souligne que le 21 août 2013, une attaque similaire avait eut lieu à Ghouta, dans les faubourgs sud-est de Damas, une zone aux mains de forces antigouvernementales. L’attaque était survenue moins d’un an après les déclarations du Président américain Barack Obama, indiquant que l’usage d’armes chimiques constituerait une « ligne rouge » à ne pas franchir, au risque d’une intervention armée américaine en Syrie. Le gouvernement et les milices antigouvernementales se sont systématiquement rejeté depuis la responsabilité de cette attaque. Sous l’égide de la Russie, cette phase de crise internationale aiguë avait conduit à l’adhésion de la Syrie à la Convention sur les armes chimiques de l’ONU et à la destruction de son arsenal chimique.
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En mars et juin 2015, toujours dans la province d’Idlib, le gouvernement syrien avait été accusé de continuer à utiliser des substances chimiques après plusieurs attaques au baril d’explosifs. En 2016, l’armée syrienne était accusée d’y avoir eu recours à huit reprises, notamment dans les zones d’Alep contrôlées par l’opposition. Mais il ne faut pas oublier l’action de nombreux groupes rebelles incontrôlables, dont les terroristes de Daech, reconnus coupables en avril  2016 d’une attaque chimique contre une base aérienne de la province syrienne de Deir ez-Zor, qui avait provoqué de graves problèmes respiratoires chez les militaires touchés par des obus chargés de gaz toxique, précise Isabelle Cousturié (fin des extraits ; voir liens vers sources en bas de page).
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://fr.aleteia.org/2017/04/06/attaque-chimique-en-syrie-larcheveque-dalep-nimagine-pas-le-gouvernement-syrien-faire-une-erreur-aussi-enorme/
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http://www.fides.org/fr/news/62070-ASIE_SYRIE_Commentaires_de_l_Archeveque_chaldeen_d_Alep_a_propos_du_massacre_d_Idlib#.WOZKk4WF9Dg
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Frappes américaines en Syrie. Poutine: «Une attaque fondée sur des prétextes inventés»

Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une «agression contre un Etat souverain» se fondant «sur des prétextes inventés», a déclaré vendredi le Kremlin, cité par les agences de presse russes.

L'offensive américaine intervient après l'attaque à l'arme chimique qui aurait été commise mardi par les troupes pro-Assad contre le village de Khan Cheikhoune dans la province d'Idleb faisant 86 morts, dont 27 enfants.

Vladimir Poutine avait déjà jugé jeudi «inacceptable» d'accuser sans preuve le régime de Damas d'être responsable de cette attaque qui a provoqué l'indignation internationale.

Source et article complet

Est-ce que ce sont les islamistes qui profitent de l’attaque chimique en Syrie ?

   
Michel Garroté  --  Le projet de résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU sur l’attaque "chimique" contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun, projet de résolution soumis par les Etats-Unis et d'autres pays, est basé sur de fausses informations. Et il y a huit bonnes raisons de penser cela. Ci-dessous, nos lectrices et lecteurs trouveront, d'un part, les huit bonnes raisons susmentionnées ; et d'autre part, une interview sur ce sujet avec le spécialiste en sécurité, et, ancien officier des services secrets britanniques, Charles Shoebridge.
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Huit bonnes raisons :
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1- L'aviation syrienne a porté des frappes près de la ville de Khan Cheikhoun contre un entrepôt de terroristes où étaient entreposées des armes chimiques.
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2- L'aviation syrienne, à moins d'être masochiste et d'aimer les ennuis et les problèmes inutiles, n'avait aucun intérêt, aucune raison, de frapper, avec des armes chimiques, les civils de Khan Cheikhoun.
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3- Des échantillons de sol ont été prélevés et transmis à l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques. Rien dans la presse. Pas un mot. Rien.
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4- Or, sans rien entreprendre et uniquement guidés par des informations fallacieuses, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne ont de nouveau jeté -- on ne peut dire 'proposé' --  au Conseil de Sécurité de l'ONU un projet de résolution qui revêt un caractère anti-syrien et risque d’exacerber la situation politique déjà tendue qui règne en Syrie et dans la région dans son ensemble.
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5- En accusant Damas d’avoir commis une attaque au gaz dans la province d’Idlib, qui a coûté la vie à des dizaines de civils, la Maison-Blanche oublie le fait que les armes chimiques possédées par la Syrie ont été détruites en 2014 par des professionnels civils et militaires sous contrôle des États-Unis eux-mêmes.
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6- En revanche, les armes chimiques détenues par des islamistes de l'opposition syrienne et par l'EI n'ont toujours pas été confisquées.
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7- Concernant les frappes aériennes contre Khan Cheikhoun, rappelons que des laboratoires de production de gaz sarin, laboratoires détenus par l'opposition syrienne islamiste et par l'EI, ont été retrouvés à Alep. Des laboratoires similaires se trouvaient également à Hama. C'est probablement un laboratoire de ce type qui a été bombardé, ce qui explique un si grand nombre de victimes à Khan Cheikhoun.
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8- Le fait est que dès que les affaires de l'opposition islamiste syrienne vont mal, on commence à crier au crime de guerre. Dès que l'opposition islamiste syrienne subit une perte, un incident, "chimique" ou pas, survient.
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L'interview avec Charles Shoebridge :
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Dans le contexte actuel, il faut se poser la question de la motivation de Bachar el-Assad à mener une attaque pareille au moment où il obtient des victoires à travers le pays, juge le spécialiste en sécurité Charles Shoebridge (*) (lien vers source en bas de page).
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RT : Le gouvernement syrien est accusé d'avoir utilisé des gaz de combat contre des cibles de l'opposition en Syrie dans la matinée du 4 avril, causant des dizaines de morts. Damas a démenti et l'ONU a déclaré avoir ouvert une enquête à ce sujet. Qu'en pensez-vous ?
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Charles Shoebridge : Il y a deux questions majeures. D’abord, s’agit-il d’une attaque chimique ? Et bien que les informations divergent en ce moment, tout bien considéré, nous pouvons affirmer avec un certain degré de certitude que des agents chimiques ont été utilisés. Ensuite, si ces agents ont effectivement été utilisés, qui a été à l’origine de cette attaque ? C’est la question la plus pertinente. C’est la question à laquelle nous faisons face depuis cinq ou six ans, avec des allégations similaires. Rappelez-vous qu’en 2013, une grande attaque avec l’utilisation de sarin s’était produite – c’est d’ailleurs le gaz qui, d’après de nombreuses allégations, a été utilisé cette fois-ci également – où plus de cent personnes ont été tuées. Beaucoup de gens à l’Ouest, tout comme un certain nombre de gouvernements occidentaux, avaient accusé Bachar el-Assad d'en être responsable.
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Si on compare cela à la situation d’aujourd’hui, on peut constater qu’il existe un schéma, ces incidents ayant lieu dans des moments critiques pour la perspective géopolitique. Quand on prend en considération l’incident à la Ghouta, cela a eu lieu précisément au moment de l’arrivée des inspecteurs en armes à Damas.-L’année dernière, avant une grande conférence à Londres, où l’opposition syrienne rencontrait ses donateurs, tels que le Royaume-Uni, la France et d’autres, des allégations d'attaques chimiques avaient eu lieu. Aujourd’hui, il y a ce grand incident présumé, et une fois de plus – ce n’est probablement pas une coïncidence – demain commence une conférence très importante à Bruxelles entre l’ONU et l’UE. D’un point de vue militaire cette attaque ne donne que très peu de bénéfice.
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RT : Mais qui alors pourrait être derrière ces attaques ?
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C. S. : Dans le contexte actuel, en dépit de toute évidence qui puisse apparaître, parfois susceptible de faire l’objet de manipulations, il faut se poser la question de la motivation de Bachar el-Assad à faire une chose pareille, à ce moment particulier quand il obtient des victoires à travers le pays. Quelle serait alors sa motivation pour provoquer la condamnation de la communauté internationale à ce moment précis ?
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RT : Ce genre d’attaque peut-il être un avantage stratégique militaire pour son auteur ?
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C. S. : D’un point de vue militaire, cette attaque ne donne que très peu de bénéfice. Les gaz qui seraient utilisés en Syrie ont une toxicité basse et sont [peu efficaces] par rapports à d’autres armes telles que les explosifs conventionnels, les balles. Ceux qui ont vraiment profité de cette attaque ce sont les rebelles eux-mêmes, car ils ont obtenu un grand avantage géopolitique au moment où ils luttent de manière stratégique, comme de manière géopolitique. Néanmoins, seule une enquête indépendante établira les faits sur le terrain, qui permettrait de tirer une conclusion définitive (lien vers source en bas de page).
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(*) Charles Shoebridge est un spécialiste en sécurité et ancien officier des services secrets britanniques.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.libertepolitique.com/Actualite/Coup-de-projecteur/Ce-sont-les-rebelles-eux-memes-qui-ont-vraiment-profite-de-l-attaque-chimique-en-Syrie
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Attaque chimique en Syrie – Chercher le vrai coupable

   
Michel Garroté  --  "Le régime syrien à nouveau accusé d’être responsable d’une attaque chimique", titre, avec objectivité, Les Observateurs, le mercredi 5 avril 2017, au matin ("à nouveau accusé d’être responsable" écrivent Les Observateurs, et non pas "sont à nouveau responsables").
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J'aimerais, quant moi, revenir sur cette affaire. Premièrement, il faut noter que cette attaque chimique a été commise alors que l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne faisait plus du départ de Bachar al-Assad une condition pour obtenir un accord de paix en Syrie (ce que Les Observateurs ont pris la peine de signaler).
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Deuxièmement, il faut également noter que l'opposition islamiste au régime syrien, tente visiblement de remporter une victoire médiatique, après avoir échoué à remporter une victoire sur le terrain (ce que Les Observateurs ont également pris la peine signaler).
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De ces faits-là, il est  hautement suspect, qu'une fois de plus, les médias occidentaux se soient - aussitôt - acharnés contre Bachar al-Assad et contre la Russie, avant même qu'une enquête ait été menée sur  cette "attaque chimique" et sur ses éventuels commanditaires.
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C'est d'autant plus suspect que dans ce conflit, les médias occidentaux se sont rangés - et se rangent encore - du côté des terroristes islamistes, et, s'opposent, farouchement, au régime laïc syrien (de ce fait on se demande d'ailleurs en quoi les médias russes seraient moins fiables que les médias occidentaux).
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Du reste, la Russie pointe du doigt les récentes allégations, notamment celles de l’agence de presse britannique Reuters, sur l’attaque chimique perpétrée près de Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d'Idlib. Selon le ministère russe de la Défense, Reuters déforme les premières informations propagées (par l'OSDH) après la frappe.
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Le ministère russe de la Défense a communiqué, mardi 4 avril 2017, n'avoir porté aucune frappe aérienne dans la zone du village de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, où une attaque chimique a été perpétrée, selon les islamistes du soi-disant "Observatoire" syrien des "droits de l'homme" (OSDH) : contrairement aux allégations de Reuters, "les avions russes n'ont mené aucune frappe dans la zone de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib", précise toutefois l'OSDH.
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Dès lors, en annonçant l'implication des avions russes dans le bombardement de Khan Cheikhoun avec des armes chimiques, l'agence britannique Reuters a donc réussi à déformer les premières informations propagées par la source - en clair par l'Observatoire syrien des droits de l'homme - qui n'avait rien dit à ce sujet, comme l'a déclaré le ministère russe de la Défense, le mardi 4 avril 2017.
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Auparavant, l'agence Reuters, citant l'Observatoire syrien des droits de l'homme, avait donc rapporté que « des avions appartenant au gouvernement russe ou syrien » ont attaqué avec des armes chimiques la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib. Pourtant, comme signalé plus haut, dans son message d'origine, l'OSDH a seulement supposé l'existence des frappes aériennes sans indiquer leur appartenance.
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Mardi 4 avril 2017 au matin, l'Observatoire syrien des droits de l'homme a précisé qu'au moins 58 personnes, dont onze enfants, avaient été tuées dans la province d'Idlib, par les frappes aériennes. Le même jour, Damas a rejeté les accusations concernant l'attaque.
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Selon une source au sein des forces armées syriennes, Damas ne détient plus d'armes chimiques [elles ont effectivement été livrées, il y a quelques années, aux occidentaux, aux termes d'un accord américano-russe], et les déclarations au sujet de l'attaque perpétrée dans la province d'Idlib pourraient faire partie d'une campagne de propagande contre l'armée syrienne.
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Rappelons que l'un des premiers cas d'utilisation d'armes chimiques par l'Etat Islamique (EI) en Syrie remonte au printemps 2013. Une attaque terroriste au sarin avait fait de nombreux morts en été 2013 dans la Ghouta orientale.
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Plusieurs pays avaient alors essayé de rejeter la responsabilité (de l'attaque chimique de l'EI) sur le président syrien Bachar al-Assad. Les terroristes de l'EI ont également utilisé des obus chargés de gaz toxique, au cours d'une attaque contre une base aérienne de la province syrienne de Deir ez-Zor, en avril 2016.
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Note de dernière minute (mercredi 5 avril 2017 à 14h00) : selon le ministère russe de la Défense, l’aviation syrienne est bien à l’origine de la frappe, mais Moscou dément la nature chimique de l’attaque qui visait un entrepôt terroriste islamique contenant des substances toxiques.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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L’avenir de l’Occident se joue – également – en Syrie

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Michel Garroté - Les forces armées du gouvernement syrien contrôlent aujourd'hui 36% du territoire (essentiellement grâce à l'appui terrestre et aérien de l'armée russe), l'EI 29%, les Kurdes 23% et les milices islamistes rebelles 12%. Cela dit, et bien que les forces armées du gouvernement syrien contrôlent aujourd'hui 36% du territoire, il est à regretter que samedi 12 mars 2017, un double attentat terroriste islamiste à l'explosif ait eu lieu à Damas, près d'un cimetière dans la zone de Shaghour, dans la partie ancienne de la capitale syrienne ; double attentat qui a coûté la vie à 74 personnes, principalement des visiteurs chiites irakiens. Le Comité de Libération du Levant - un groupe terroriste sunnite lié à Al-Qaïda - a revendiqué, dimanche 13 mars 2017, cet acte terroriste.
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Mais, disons-le encore une fois, ce sont les forces armées du gouvernement syrien et la Russie qui contrôlent la situation en Syrie. Du reste, en janvier 2017, l'analyste Olivier d'Auzon notait déjà que les cartes du Moyen-Orient étaient "rebattues par le spectaculaire retournement de la situation en Syrie en faveur du régime de Bachar El-Assad. De fait, en septembre 2015, les rebelles syriens, aidés par les Occidentaux, les pétromonarchies du Golfe et la Turquie croyaient pouvoir s'emparer de Damas. Mais l'intervention russe a sauvé in extremis le régime et permis la reconquête d'Alep, la seconde ville du pays. Dès lors, les Russes se substituent aux Américains comme grande puissance de référence dans la région", précisait Les forces armées du gouvernement syrien contrôlent début 2017.
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A propos de la Syrie, Frédéric Pichon, géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient, déclare notamment, dans une interview accordée au Figaro (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : L'avenir de l'Occident se joue en Syrie. La paix en Syrie sera au moins aussi compliquée à gagner politiquement que la guerre le fut militairement. On peut dire d'ores et déjà que le conflit est terminé dans sa dimension politique : les forces loyalistes, épaulées par la Russie et l'Iran ont ôté tout espoir de voir se constituer une alternative à Bachar el Assad. L'intervention directe de la Russie depuis 2015 et l'installation durable de bases militaires en Syrie par Moscou à Tartous et à Mheimim notamment, laissent penser que l'Etat syrien est sauvé.
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Il n'y aura pas de canton sunnite sous protectorat américain dans l'Est syrien. Russes et Syriens sont bien décidés à reprendre cette zone stratégique pour les ressources qu'elle recèle. ils s'y emploient actuellement avec succès avec une progression fulgurante vers l'Euphrate. Cependant, des signes inquiétants de la prorogation d'un conflit de basse intensité demeurent: les quantités d'armement déversées par tous les belligérants, souvent en provenance de l'étranger (livraisons russes, iraniennes, mais aussi matériel offensif livré à la rébellion, y compris par les services occidentaux, français mais aussi américains) laissent augurer de potentialités de violence et d'une transformation radicale des conditions de vie à terme dans la région.
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Pour d'autres Nations, la Russie et la Chine notamment, mais aussi pour les pays membres de l'Otan, il y va désormais d'une question de sécurité, le territoire syrien étant devenu le réservoir mondial d'un terrorisme dont les métastases ont tendance de surcroît à essaimer le long de l'«arc des crises», cet anneau qui désormais court du Pakistan à la Côte d'Ivoire, ajoute Frédéric Pichon dans Le Figaro (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

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[ndmg - "du Pakistan à la Côte d'Ivoire" : cette affirmation peut surprendre et pourtant elle est rigoureusement exacte. Rappelons que l'actuel président ivoirien est musulman ; et rappelons aussi que le Pakistan est devenu islamique et qu'il détient l'arme nucléaire].
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De son côté, Paula Corbulon, sur LSB, publie l'analyse que voici (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Au Nord-Est, les forces syriennes ont poursuivi leur mouvement offensif jusqu’à l’Euphrate qu’elles ont atteint il y a quelques jours, s’assurant notamment le contrôle d’une usine de traitement de l’eau très importante pour le ravitaillement de la population d’Alep. Ce succès, facilité par le peu de combattivité de Daesh dans la zone, met les forces syriennes en position favorable pour participer à la reprise ultérieure, pas avant plusieurs mois, de la ville de Raqqa, « capitale » de « l’Etat islamique », plus à l’Est.
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Les Etats-Unis renforcent d’ailleurs leurs capacités dans la région, en termes de soutien logistique comme de forces au sol, les unités kurdes n’ayant pas les moyens de mener seules cette action décisive. Toujours dans le Nord, l’évolution de la situation semble traduire dans les faits une coopération quasi explicite entre les Russes et les Américains. En effet, la prise d’Al Bab, péniblement obtenue par les forces turques et leurs alliés, pouvait permettre à ces forces d’entreprendre une conquête de la zone Kurde plus à l’Est, centrée sur la ville de Manbij, et tenue avec succès par des forces kurdes appuyées par les forces américaines.
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Afin d’éviter cette confrontation, et d’interdire de fait à la Turquie de céder à la tentation d’étendre son viol de la souveraineté syrienne tout en s’en prenant directement aux Kurdes, ceux-ci ont remis le contrôle de la zone à l’Ouest de Manbij aux forces syriennes, et russes, représentées par un détachement du bataillon de police militaire déployé à Alep. Ce qui donne lieu à quelques escarmouches entre pro-turcs et forces syriennes. Si une escalade entre Syrie et Turquie n’est pas à exclure totalement, elle semble toutefois peu probable, dans la mesure où ces dispositions ont suivi une réunion entre les chefs d'état-majors turc, américain et russe, dont on peut estimer qu'elle visait notamment à coordonner ces actions.
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Au Nord-Ouest, la situation dans la région d’Idlib est stable, et marquée par plusieurs affrontements entre milices djihadistes, qui semblent toutefois s’être soldés par un accord. L’armée syrienne a mené des offensives limitées à l’Ouest d’Alep, de manière à soustraire les quartiers occidentaux de la ville aux tirs d’artillerie des djihadistes. Au centre Est, le principal évènement est la reprise magistrale de la ville de Tadmur et de la cité antique de Palmyre avec une forte implication russe en matière d’appui aérien rapproché - hélicoptères Kamov 52 notamment - et de forces spéciales au sol.
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Pour mémoire, rappelons que conquise en mai 2015 par l'Etat islamique, Palmyre avait été reprise par le régime en mars 2016 avant de retomber dans les mains des djihadistes en décembre. Aujourd'hui, Palmyre est une fois de plus libérée de l'EI. [ndmg - Pour combien de temps ?]. Plus globalement, les récentes visites à Moscou des chefs d’Etat turc et israélien  ainsi que les affirmations du président Assad sur le rôle de la Chine dans la reconstruction syrienne, laissent entrevoir le développement de solutions politiques de plus long terme, conclut l'analyse publiée par Paula Corbulon su LSB (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/03/10/31002-20170310ARTFIG00134-frederic-pichon-l-avenir-de-l-occident-se-joue-en-syrie.php
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https://www.lesalonbeige.fr/situation-en-syrie-suite-11/?mode=list
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Occident & Russie tuent des civils ? Indignation à géométrie variable !

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Michel Garroté  --  Depuis une cinquantaine d'années, le monde occidental veut qu'il n'y ait plus de guerre ; ou alors, des guerres qui ne causent pas de victimes civiles, chose impossible à réaliser, même pour le meilleur des soldats. Candide, naïf, un peu idiot aussi, l'homme occidental ne veut pas de "dommages collatéraux". Peu m'importe de savoir pourquoi il en est ainsi. Je sais que des universitaires "savants" ont évoqué plein d'hypothèses pour expliquer ce pacifisme occidental à la con.
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Ce qui m'importe, en revanche, c'est de comprendre le syndrome de l'indignation à géométrie variable. A ce propos justement, Caroline Galacteros, géopoliticienne et colonel, dans son analyse ci-dessous, commente, sur son blog, les indignations à géométrie variable des médias et des experts, quand il s'agit de rendre compte - sur la Syrie par exemple - d'une part, des opérations de la coalition occidentale ; et d'autre part, des opérations russes qui appuient l'armée syrienne gouvernementale (voir le profil détaillé de Caroline Galacteros en bas de page).
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Caroline Galacteros écrit notamment (extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Telle est la réalité que l’on n’a pas voulu voir et que l’on continue à taire : Il n’y a pas que les Soukhoï, les Migoyan-Gourevitch ou les lance-roquettes multiples Grad fabriqués en Russie qui tuent des innocents. Nos chasseurs-bombardiers Rafale ou nos pièces d’artillerie Caesar de 155 mm qui viennent en soutien de l’infanterie irakienne peuvent aussi faire des morts. La question n’est pas vainement polémique mais fondamentalement politique. Nous devons prendre conscience que la guerre ne peut être une virtualité mise à distance par la technologie. Elle ne peut se faire sur un champ de bataille stérilisé comme la table d’opération d’un chirurgien.
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La guerre n’est pas qu’un phénomène militaire. Elle s’inscrit dans un contexte politique, économique, social et culturel et en vérité éminemment humain, que l’on ne peut balayer d’un revers de la main, et finalement, nous entretenons avec la guerre une proximité bien plus grande que nous ne voulons le reconnaître. Le monde du 21ème siècle n’est pas celui de la fin de la guerre, pas plus que celui d’une "fin de l’Histoire" d’ailleurs. La guerre n’est pas un résidu, une survivance que l’on aurait réussi à endiguer aux confins du monde néolibéral dans des enclaves d’arriération politique qu’il serait possible d’épurer de leurs scories rétrogrades - en l’espèce islamistes - en séparant cette ivraie d’un bon grain civil épargné par nos armements d’une précision chirurgicale.
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Il nous faut enfin prendre conscience que les décisions de politique étrangère, mais souvent aussi de politique intérieure -- pensons en France au cocktail explosif de l’intégration bloquée, de l’immigration continue et de la paupérisation des classes populaires et moyennes -- peuvent avoir des conséquences guerrières, donc meurtrières. Les chefs d’Etat et de gouvernement "fabriquent" cette matière que l’on nomme l’Histoire et ne sont pas de simples comptables pour lesquels la complexité historique se réduirait à un équilibre des comptes publics. En l’occurrence, Alep n’a pas plus été une "sale guerre" que Mossoul n’a de chances d'être une "guerre propre".
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On peut critiquer la brutalité de la tactique russe, celle d’une Armée syrienne historiquement formée et encadrée  par les cadres de l’Armée rouge, mais on ne peut crier au génocide en faisant mine de croire que la Coalition occidentale allait, quant à elle, pouvoir miraculeusement épargner les populations civiles à Mossoul. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’accabler les Américains. Il fallait bien que les Etats-Unis soutiennent le gouvernement de Bagdad et les autorités d’Erbil pour reprendre Mossoul, la grande ville sunnite de l’Irak, détruire l’Etat islamique avant de trouver -- on en est encore très loin -- un compromis politique viable offrant aux sunnites des garanties et des contreparties vis-à-vis de la domination politique chiite, ajoute Caroline Galacteros (fin des extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://galacteros.over-blog.com/2017/02/quand-les-etats-unis-ou-la-russie-tuent-des-civils-l-indignation-est-a-geometrie-variable.html
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Caroline Galacteros est Docteur en Science politique, ancien auditeur de l'IHEDN, elle a enseigné la stratégie et l'éthique à l'Ecole de Guerre et à HEC. Colonel de réserve, elle dirige aujourd'hui la société de conseil PLANETING et tient la chronique "Etat d'esprit, esprit d'Etat" au Point.fr. Elle a publié "Manières du monde. Manières de guerre" (éd. Nuvis, 2013) et "Guerre, Technologie et société" (avec R. Debray et V. Desportes, éd. Nuvis, 2014). Polémologue, spécialiste de géopolitique et d'intelligence stratégique, elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d'aujourd'hui.
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La Turquie et les rebelles islamistes en Syrie se massacrent et s’entendent

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Michel Garroté - En Syrie, les forces du régime islamique turc et les rebelles islamistes se combattent, mais, en réalité, ils s'entendent. En effet, au terme d'une offensive de trois mois, des rebelles islamistes soutenus par le régime islamiste turc se sont emparés de la ville d'Al-Bab, dans le nord de la Syrie, aux mains des islamistes de l'EI. Puis, des combats ont opposé dimanche 26 février 2017, pour la deuxième fois depuis le début du mois, les forces gouvernementales syriennes et les rebelles islamistes pro-turcs au sud d'Al Bab, ville du Nord-Ouest que ces derniers ont prise récemment aux djihadistes de l'Etat islamique.
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Tout ceci est typiquement islamique : on s'entredéchire, on se massacre, on s'entend, on s'arrange, on tient un double ou même un triple langage, on fait et défait des alliances purement tactiques, on est financé par les saoudiens, les qataris, les iraniens, les occidentaux, bref, on fiche le bazar et surtout on se fiche du monde. Car l'objectif de toutes ces milices islamistes, c'est que la guerre ne cesse jamais, afin qu'ils puissent régner sans fin (même chose en Irak, notamment à Moussoul). Et les dindons de la farce, dans tout ça, c'est nous, encore une fois.
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Un nouveau "revers" pour l'EI (extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Les rebelles islamistes "syriens" pro-turcs ont annoncé avoir pris la ville d'Al-Bab, dernier fief du groupe Etat islamique (EI) dans la province d'Alep. Les forces rebelles et turques piétinaient depuis des semaines face à la résistance de l'EI. L'agence de presse islamique pro-gouvernementale turque Anadolu a confirmé que les rebelles islamiques "soutenus par les forces armées turques ont pris le contrôle du centre-ville d'Al-Bab", ville de 100'000 habitants. "Nous annonçons la libération totale de la ville d'Al-Bab et nous procédons au déminage des quartiers résidentiels", a indiqué Ahmad Othmane, chef de la brigade Sultan Mourad, l'un des trois groupes rebelles islamistes qui revendiquent la prise de la cité [ndmg - "trois groupes rebelles islamistes qui revendiquent la prise de la cité" : le bazar, vous dis-je, le bazar...].
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Selon Saïf Abou Bakr, chef d'un autre groupe d'insurgés islamistes, al-Hamza le centre ville de la cité - quartier général de l'EI - aurait été pris et les djihadistes auraient cédé. "Dans quelques heures, nos forces termineront le ratissage du reste de la ville et nous renforcerons nos lignes de défense", a souligné pour sa part Abou Jaafar, du troisième groupe islamiste, le Liwa al-Moutassem. En réalité, il y a eu des accords tacites entre la Turquie et les combattants de l'EI. En effet, selon le journaliste spécialiste de la région, Wassim Nasr, les combattants de l'EI ont cédé après un accord tacite leur permettant de se retirer. L'offensive contre Al-Bab avait été déclenchée dans le cadre de l'opération "Bouclier de l'Euphrate" initiée par le régime islamique turc.
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La Turquie a lancé une opération militaire en soutien aux rebelles islamiques dans le nord de la Syrie pour en chasser l'EI mais aussi les milices kurdes liées au PKK et alliées de Washington contre les djihadistes qui ont largement étendue leur emprise dans le nord de la Syrie à la faveur de la guerre [ndmg - "alliées de Washington" : au temps d'Obama ; attendons de voir ce que fera, ou ne fera pas, Donald Trump]. Avant Al-Bab, les rebelles islamiques appuyés par les forces turques avaient chassé l'EI de plusieurs localités, dont Jarablous, Al-Rai et Dabiq, avant de piétiner devant Al-Bab ou près de 70 soldats turcs ont perdu la vie. Une course de vitesse était engagée entre les forces islamistes soutenues par la Turquie et celle du régime syrien et de ses alliés qui assiégeaient les djihadistes par le sud ouest. Mais depuis le revirement des relations entre Moscou et Ankara, la Russie semble avoir voulu laisser la Turquie prendre le contrôle cette ville (fin des extraits remaniés et adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Source ( Catherine Gouëset avec l'AFP pour lexpress.fr) :
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http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/daech-chasse-de-la-ville-d-al-bab-par-les-rebelles-soutenus-par-la-turquie_1882289.html
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A ne pas manquer ! – Interview de Bachar Al-Assad

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Michel Garroté - Europe 1 et TF1 ont rencontré Bachar Al-Assad à Damas pour parler de l'avenir de la Syrie, de la lutte anti-terroriste et de la lutte menée par son armée. Au moment où l'avenir de la Syrie se joue, avec des discussions qui reprennent Astana, au Kazakhstan, entre le régime et des représentants des rebelles islamistes, autour de la Russie, de l'Iran et de la Turquie, Bachar Al-Assad a accordé une interview à Fabien Namias d'Europe 1 et à Michel Scott de TF1, depuis Damas. Six semaines après la reprise d’Alep par l'armée syrienne, le président syrien revient dans cette interview sur sa stratégie pour reconquérir du terrain. Le président syrien évoque également le rôle tenu par la France et les Occidentaux dans le conflit, qui depuis 2011, a fait plus de 300.000 morts (voir lien vers source en bas de page).
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Fabien Namias (Europe 1) : Deux mois après la chute d’Alep, peut-on dire que vous avez gagné la guerre ?
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Bachard Al-Assad : Non, je ne crois pas que l’on peut parler d’avoir gagné la guerre avant d’avoir battu les terroristes partout en Syrie. Il s'agit seulement d’un pas important sur le chemin qui va nous conduire à battre et éliminer le terrorisme dans notre pays, mais je pense que ce sera un long chemin. Et ce pour une seule et simple raison : les terroristes ont le soutien de nombreux pays occidentaux, y compris la France, le Royaume Uni, ainsi que la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar dans notre région.
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FN : Vous parlez d’un long chemin, mais pouvez-vous résumer d’un point de vue militaire les objectifs qui vous restent à atteindre ?
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Al-Assad : Il est certain que lorsque je parle d’éliminer les terroristes de notre pays, cela veut dire reconquérir chaque pouce de notre territoire. Afin de le ramener sous le contrôle du gouvernement, car il incombe au gouvernement de reprendre le contrôle de tout le territoire.
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FN : Mais de quelle partie de la Syrie, de quelle ville en particulier parlez vous ?
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Al-Assad : Vous voulez dire après Alep ?
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FN : Oui
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Al-Assad : Nous poursuivrons évidemment notre campagne dans la zone qui entoure Alep afin d'immuniser la ville contre toutes nouvelles attaques terroristes provenant de l’Ouest et du Nord qui reçoivent un soutien direct de la Turquie, de l’armée turque.
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Michel Scott (TF1) : Mais la prochaine étape ne sera-t-elle pas Idleb ? C’est ce qu’on dit, que la prochaine grande bataille sera Idleb.
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Al-Assad : Ce pourrait être Idleb, ce pourrait être Raqqa, ce pourrait être n’importe où. Maintenant tout dépend de l’évolution de la situation au quotidien, car on peut changer de plan en fonction de cela. Nous n'avons pas établi ce plan avant d’avoir terminé les opérations dans la ville et la campagne d’Alep. Il est donc encore tôt pour parler de la prochaine étape. Tout dépend des batailles dans les différents secteurs.
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MS : Mais la situation, maintenant, est bien meilleure pour vous qu’elle n’a été sur un plan militaire ?
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Al-Assad : Bien sûr, libérer chaque lieu des terroristes signifie que la situation s’améliore. Mais pour nous, cela ne suffit pas.
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MS : Monsieur, pour la France, la menace terroriste principale c’est Daech, cela ne fait aucun doute. Pour vous tous les groupes armés, ou la plupart d'entre eux, sont terroristes. Pourquoi Daech ne représente pas une menace spécifique pour vous ?
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Al-Assad : Premièrement, ce n'est pas nous, en tant que gouvernement, qui les qualifions de terroristes, mais c’est la loi qui les considère ainsi, de même que le droit international. Quiconque porte une arme dans mon pays, ou dans le vôtre, et se met à tuer des gens et à détruire des biens, est un terroriste. C’est un concept international. Et donc nous ne sommes pas les seuls à le définir ainsi. En ce qui nous concerne, et selon cette même loi, quiconque souhaite rendre les armes cesse dès lors d’être considéré comme un terroriste.
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Al-Assad : Maintenant, je pense que lorsque vous dites que les Français ou les Européens s’inquiètent de Daech, cela veut dire qu'on ne comprend pas bien la situation. Daech est une conséquence et non LE problème d’origine. Le problème réside dans l'idéologie de Daech, qui est la même idéologie pour le front Al-Nosra, et pour de nombreuses autres organisations qui adoptent une idéologie similaire en Syrie, et peut être aussi en Libye et dans d’autres pays. Vous devriez donc vous inquiéter de ces terroristes, qui n’ont que faire d’appartenir à Daech ou à Al-Nosra. Ils mettent en œuvre ce que leur idéologie leur commande de faire, c'est-à-dire essentiellement des actes terroristes.
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FN : Alors pour vous il n’y a aucune différence entre Daech et ces autres groupes ?
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Al-Assad : Absolument. En Syrie, toutes ces organisations ont les mêmes racines. Les mêmes personnes qui faisaient partie de Daech appartenaient auparavant à Al-Nosra. Maintenant, ils passent d’une organisation à une autre, car toutes ces organisations ont la même idéologie : l’idéologie wahhabite qui est l'origine de ce terrorisme.
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FN : Est-ce donc pour vous le même ennemi ? Tous ces terroristes se ressemblent donc ?
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Al-Assad : Oui bien sûr. Et ce conformément à la loi, ce n'est pas moi qui le dit. Comme je viens de le dire, conformément à la loi et au droit international personne, dans aucun pays, n’a le droit de détenir des armes exceptées l’armée et la police. Je pense que c’est la même chose en France. A moins que je ne me trompe, dites le moi. Mais je pense que c’est le cas partout dans le monde.
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MS : Donc Raqqa, qui est le fief de Daech, où les attaques terroristes en France ont été préparées, n’est pas une cible prioritaire pour vous.
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Al-Assad : Non, et encore une fois ces attaques n'ont pas nécessairement été préparées à Raqqa. Raqqa n’est qu’un symbole de Daesh.
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MS : Un symbole ?
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Al-Assad : Il y a une présence de Daech près de Damas. Ils sont partout. Ils sont à Palmyre en ce moment, et dans la partie Est de la Syrie : alors non. Il ne s’agit pas que de Raqqa. Les priorités sont partout. Et cela dépend de l’évolution des combats. Mais pour nous tout compte : Raqqa, Palmyre, Idleb, tout compte.
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MS : Monsieur le président, vous vous présentez comme le rempart principal contre le terrorisme. Il y a beaucoup de gens, chez nous en particulier, qui disent que l’EI d’un côté, et votre régime de l’autre, sont les deux faces d’un même mal, qui cherchent à réprimer toute forme d'expression démocratique libre dans ce pays. Que leur répondez-vous ?
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Al-Assad : Premièrement, nous ne sommes pas un régime. Nous sommes un État avec des institutions. Deuxièmement, c'est bien là la diabolisation de la Syrie, de son gouvernement syrien et de son armée, par les principaux médias et les milieux politiques occidentaux qui ont soutenu au tout début, ces soi disant modérés. Ils ont dit au début qu’il s’agissait de manifestants pacifiques, après quoi ils ont dit qu’ils n’étaient plus si pacifiques, qu’ils étaient des combattants mais toujours modérés. Mais en fait, ils ne réalisaient pas qu’ils soutenaient la base même d'Al-Qaïda et de Daech.
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Al-Assad : Voilà pourquoi ils disent maintenant que nous faisons la promotion de ces terroristes, que nous les utilisons comme une alternative, pour que l'Occident n'aie plus le choix. Premièrement, l'Occident n’a pas à choisir entre moi et Daech. C’est à mon peuple de le faire. Parce que c’est une question purement syrienne. Donc nous n’avons que faire de ce que les responsables occidentaux pensent de tout cela. Ils feraient mieux de s’inquiéter de leur propre population, de les protéger des attaques terroristes qui ont lieu à cause de leur politique.
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FN : Monsieur, nous sommes bien sur extrêmement choqués, en particulier en France, par les horreurs du terrorisme. Mais nous sommes aussi horrifiés par ce rapport d’Amnesty International [ndmg - "Amnésie International"...], publié il y a quelques jours, la semaine dernière. Il s’agit de la prison de Saydnaya : ce n’est pas très loin d’ici, pas loin de Damas. 13.000 prisonniers exécutés, des pendaisons massives, des actes de torture. Amnesty parle – je lis le rapport – d’un lieu où l'État syrien massacre silencieusement son propre peuple. Monsieur le Président, tout est-il permis pour gagner une guerre. Pouvez-vous faire ce que vous voulez ?
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Al-Assad : Non, tout est légal. Vous ne pouvez pas faire n'importe quoi…
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FN : Mais d’après le rapport d’Amnesty, nous ne sommes pas dans la légalité…
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Al-Assad : Non. Il y a une différence entre le fait qu'on parle, vous et moi, des faits en Syrie, ou au contraire d’allégations. Si vous voulez évoquer des allégations, on peut passer énormément de temps à le faire, car les allégations sont interminables. Tout le monde peut dire ce qu’il veut et on peut en discuter. Mais dans ce cas précis, on ne parle pas de faits. Maintenant si vous voulez parlez d’Amnesty international, allons-y ! Parce que c’est une organisation mondialement connue, il est honteux qu’elle se mette à bâtir un rapport sur la base de simples allégations. Si vous venez devant un tribunal dans votre pays, et vous en avez des tribunaux, vous avez un système judiciaire, est-ce que ce tribunal prendrait une quelconque décision sur la base d’allégations, ou est ce qu’il exigerait des preuves ? Ce rapport est bâti sur des allégations. Pas un seul document ; pas une seule preuve. Ils n’ont même pas parlé de 13.000 morts, ils ont dit entre 5.000 et 13.000. On passe du simple au double ! Cela veut dire qu’il n’y a pas de précision. Aucun nom n’est mentionné parmi les victimes supposées. Sur ces milliers, il n'y en a que 36. Et il y a plusieurs lacunes. Ils ont dit par exemple que le Grand Mufti (un chef religieux) avalise les exécutions, or les personnalités religieuses en Syrie n’ont strictement rien à voir avec la procédure judiciaire. La peine de mort est légale en Syrie. Cela fait partie du droit syrien depuis l’indépendance. Le gouvernement a donc le droit d’exécuter n’importe qui conformément à la loi. Pourquoi le ferait-il alors de manière illégale ?
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FN : La torture est illégale même en Syrie. Vous pouvez affirmer qu’on ne pratique pas la torture dans cette prison de Saidnaya comme Amnesty le dit ?
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Al-Assad : La question est : pourquoi torturer ? Je veux dire, commettre des actes de torture, pourquoi ? Dans quel but ? Qu’est ce que nous gagnons ? Juste par sadisme ? Sommes-nous des sadiques ? Pourquoi le ferions-nous ? Pour obtenir des informations ? Nous avons toutes les informations qu’il nous faut. Donc nous ne recourons pas à la torture. Cela ne fait pas partie de notre politique. Pour une simple raison : si nous commettons de telles atrocités, cela serait dans l'intérêt des terroristes et ferait leur jeu, et ils seraient les gagnants. Or, il s’agit de gagner les cœurs dans la population syrienne. Si nous avions commis de telles atrocités, à n’importe quelle étape de ce conflit, nous n’aurions pas le soutien populaire que nous avons au bout de six ans. C’est une réalité toute simple. Mais encore une fois, si l’on revient à ces rapports, un rapport doit être bâti sur des faits. Et il n’y a pas un seul fait précis dans celui-ci. Il faut qu’ils apportent des preuves et ils ne peuvent pas le faire.
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FN : Mais Amnesty suggère d’envoyer des observateurs internationaux dans vos centres de détention, précisément pour collecter des preuves, ou pour prouver que vous avez raison, et qu’aucun crime n’est commis. Que répondez-vous à cette proposition ?
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Al-Assad : Je crois qu’il vaut mieux ouvrir une enquête sur Amnesty elle-même, lorsqu'elle adopte un rapport fondé sur des allégations. C’est une honte : honte à une telle organisation qui n’a jamais été impartiale, mais qui a toujours pris parti.
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MS : Et les témoignages d’anciens gardiens et de prisonniers ?
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Al-Assad : C'est une question de souveraineté. S'il y a des allégations chaque jour, et des rapports de ce type chaque jour, on peut passer tout son temps à recevoir des délégations étrangères. Est-ce que vous accepteriez, si vous le demandez à votre gouvernement, qu’une délégation syrienne soit envoyée chez vous pour enquêter sur les raisons pour lesquelles votre armée sous Nicolas Sarkozy puis sous François Hollande a attaqué les Libyens, et tué des dizaines ou des centaines de milliers d’entre eux ? Est-ce que nous pouvons aller enquêter sur l’argent que Sarkozy a reçu de Kadhafi ? C’est une question de souveraineté. Non, nous ne permettrons pas à Amnesty de venir ici. Sous aucun prétexte, ou pour quelque raison que ce soit. Je ne parle pas de ce rapport, mais en tant que média grand public, vous devez faire votre enquête également. Sur quoi ce rapporte est-il basé ? Si c’est juste des allégations vous ne pouvez pas le prendre au sérieux.
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MS : Donc votre réponse est non à la visite d’observateurs internationaux ?
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Al-Assad : Non, définitivement non ! Nous n’avons que faire d’un tel rapport infantile basé sur du néant. Rien que des allégations. Ils disent avoir interrogé quelques témoins qui sont des opposants et des déserteurs. C'est donc un rapport impartial.
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MS : Mais vous reconnaissez qu’il y a des exécutions officielles, légales en Syrie ?
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Al-Assad : Cela existe depuis l’indépendance. La peine de mort fait partie de la loi syrienne en cas de meurtre. Cela n’a rien à voir avec cette crise, ni avec ce rapport, ou cette prison. Il y a une manière légale de procéder, cela s’appelle la voie judiciaire.
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FN : Monsieur, parlons des relations entre la France et la Syrie. D’ici quelques semaines, un nouveau président sera élu en France. Et parmi les débats que nous avons chez nous, il y a celui qui concerne la reprise du dialogue avec votre gouvernement. Est-ce que vous espérez une relance des relations diplomatiques avec la France ?
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Al-Assad : Ce qui est important, ce ne sont pas nos relations diplomatiques. Il s'agit essentiellement et en premier lieu de la ligne politique de la France. Si nous n’avons pas de relations diplomatiques, ce n’est pas un gros problème pour le moment. Même si pour le long terme, il faudrait avoir de bonnes relations avec n’importe quel pays, y compris des relations diplomatiques.
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FN : Eh bien parlons de la ligne politique de la France
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Al-Assad : Exactement. La politique de la France, depuis le premier jour a consisté à soutenir les terroristes en Syrie, et est directement responsable des tueries dans notre pays.
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FN : C’est une accusation très sérieuse contre la France ! Comment pouvez-vous dire que la France soutient le terrorisme ?
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Al-Assad : Ce sont eux qui le disent. Je ne les accuse pas. Ils ont dit à plusieurs reprises avoir soutenu la guerre. François Hollande a même récemment déclaré que cela avait été une erreur de ne pas avoir déclenché la guerre en 2013. Ce sont eux qui ont dit qu'ils envoyaient de l’armement à ce qu’ils appellent des groupes "modérés", et qui sont en fait des terroristes. Ce sont eux qui l'ont dit, pas moi. Les Américains ont tenu les mêmes propos, les Français aussi. Alors si vous revenez aux déclarations de vos dirigeants durant ces deux, trois ou quatre dernières années, vous trouverez bien plus d’une déclaration faite par des responsables français. Ils s'accusent eux-mêmes.
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MS : François Hollande est sur le point de quitter le pouvoir en France. Et vous êtes toujours là : avez-vous remporté ce bras de fer avec François Hollande ?
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Al-Assad : Il ne s’agit pas de moi et de lui. Il n’y a rien de personnel là dedans. Je ne l’ai jamais rencontré. Pour être franc, je ne me soucie aucunement de lui avec ses 11% de popularité, ce qui je pense s’appelle toucher le fond comme jamais aucun de ses prédécesseurs dans l’histoire de France. En fait, il s’agit avant tout d’une affaire entre moi et les terroristes, et entre moi et quiconque soutient les terroristes. Jusqu’à maintenant, les terroristes n’ont pas été en mesure de gagner cette guerre. Mais ils détruisent la Syrie. Ils ont tué des centaines de milliers de syriens. Alors je ne peux pas dire que j’ai gagné la guerre. Ils n’ont pas réussi à accomplir leur projet, oui,  mais pour le moment nous n’avons pas encore terminé notre guerre. Je ne peux donc pas dire que j'ai gagné cette guerre.
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MS : Suivez-vous la campagne électorale française qui a lieu chez nous ?
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Al-Assad : Nous la suivons dans les grandes lignes, pas dans les détails. En fait nous ne misons pas sur les élections dans les pays occidentaux, pour la simple raison que nous ne prenons pas les dirigeants occidentaux au mot quand ils font campagne. Ce qu'ils disent, c'est pour gagner les électeurs, et non dans l'intérêt de leur pays. C’est un fait, je vous parle franchement.
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FN : Monsieur, vous voyez quand même une différence entre la droite et la gauche en France sur le sujet des relations avec la Syrie, non ?
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Al-Assad : Oui, on peut constater une différence, mais en fin de compte, l'important c'est bien la politique du président élu. Est-ce qu'elle est conforme à ce qu’il prônait avant son élection, ou non ? Telle est la question. Donc nous ne misons pas là-dessus. Évidemment, on préfère quelqu’un qui n’est pas un fauteur de guerre. C'est ce que nous préférons, mais on n’en sait rien.
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FN : Par exemple, qui a votre préférence parmi ceux qui rejettent la guerre ?
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Al-Assad : Je ne vois pas de grosses différences en fait pour le moment. Mais encore une fois, je ne parie pas sur le discours des uns et des autres. De ce côté là, il n’y a pas vraiment de différence.
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MS : Et avez-vous des contacts avec certains des candidats ? Ou avec aucun ?
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Al-Assad : Non, nous n’avons établi de contact avec aucun d’entre eux.
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FN : Et avec nos services de renseignements ?
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Al-Assad : Dans certains cas, nous avons eu des contacts indirects.
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FN : Avec les services secrets français ?
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Al-Assad : Oui.
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FN : Et vous, personnellement, avez-vous eu des contacts avec nos services de renseignement ?
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Al-Assad : En fait, lors de la visite d’une délégation parlementaire en Syrie, un des membres de la délégation était du service de renseignement. Donc, ces contacts existent. Bien sûr le gouvernement français a déclaré qu’il s’agissait d'une délégation parlementaire, mais qu'il n'était pas concerné et qu'il désapprouvait. Ce n’est pas vrai : il y a bien entendu plusieurs canaux de communications.
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FN : Un pays a déjà changé de président : ce sont les États-Unis. L’une des premières décisions de Donald Trump, contestée, est le "Muslim Ban" [ndmg - il n'y a pas de "Muslim Ban"...] qui a pour but d’interdire l’entrée aux États-Unis des citoyens de plusieurs pays musulmans, dont la Syrie. En tant que citoyen syrien, en tant que président de la, Syrie ressentez vous ici une forme d’humiliation ?
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Al-Assad : Non. Ce n’est pas le peuple syrien qui est visé ici. Ce sont les terroristes, qui pourraient s'infiltrer à travers certains immigrants venus à l’Ouest. Et cela s'est déjà produit, en Europe, notamment en Allemagne, et cela risque de se reproduire aux États-Unis. Je pense que le but de Donald Trump est d’interdire l'entrée à ces gens-là, alors il s’y est pris à sa manière.
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FN : Alors il s’y est pris de la bonne manière ?
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Al-Assad : Non je parle de quelque chose sur lequel on peut être d'accord ou non en tant que personnes, mais en tant que président, je ne m'inquiète pas là-dessus. Mon souci à moi, c’est de pouvoir rapatrier les Syriens en Syrie, pas de les envoyer aux États-Unis. Je ne serai pas heureux de les voir émigrer vers d'autres pays. Ce qui me rend heureux, c’est qu'ils puissent revenir en Syrie, parce qu'ils veulent y revenir. Car la majorité des Syriens est partie à cause du terrorisme et en raison de l’embargo occidental.
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Al-Assad : Alors si je veux agir sur cette décision, je demanderais à Donald Trump et aux pays occidentaux de lever l’embargo et d’arrêter de soutenir les terroristes. Ils n'auraient alors plus de problème sur ce point. Ils n’auraient ni d'immigrants ni de terroristes qui s'infiltrent parmi les immigrants. Par ailleurs, et c’est un autre point important, ce n’est pas parce qu’on se soucie du sort des Syriens ou d’autres pays, qu'on soulève tout ce tapage autour des décisions de Donald Trump. C’est parce qu’on veut utiliser notre cause, ou notre problème, ou notre conflit, pour alimenter leur conflit avec Donald Trump. D’autres décisions ont été prises par Barack Obama, il y a quelques mois sur le même sujet, les médias dominant aux États-Unis n’en ont pas parlé. Ils ont seulement commencé à parler lorsque Donald Trump a fait son annonce d'une manière aussi flagrante.
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FN : Donc vous vous sentez plus à l’aise avec Donald Trump qu’avec Barack Obama ?
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Al-Assad : Non, je ne peux me sentir à l’aise que lorsque j’aurai vu sa politique vis-à-vis de la Syrie. Je ne l’ai pas encore vue. Encore une fois, il faut être prudent avec chaque dirigeant occidental, parce qu’ils peuvent dire une chose le matin et faire le contraire le soir. Ou faire une chose le matin et son contraire le soir. Ils ne s’engagent pas. Ils sont très pragmatiques au point de marchander leurs valeurs. Je dirais plutôt que leurs politiques ne reposent pas sur des valeurs.
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MS : Il y a au moins quelque chose qui n’a pas changé jusqu’à présent c’est le désengagement des États-Unis dans cette région. C’est assez évident. Une deuxième série de négociations sur l’avenir de la Syrie débute en ce moment à Astana au Kazakhstan et c’est assez frappant les pays occidentaux sont totalement hors jeu : ils sont absents du tableau. Est-ce vraiment une bonne chose pour l’avenir des négociations et les perspectives de paix dans la région ?
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Al-Assad : Non. Plus le soutien d'un processus politique est grand, mieux c’est. Mais les pays occidentaux qui ont été impliqués dans ces processus, notamment la France et le Royaume Uni, ont perdu une chance d’accomplir quoi que ce soit à Genève, et à deux reprises. Ils n’ont rien réussi parce qu’ils soutenaient précisément ces groupes représentant le terrorisme contre le gouvernement. Leur but n’était pas de faire la paix en Syrie, ils voulaient plutôt utiliser le cadre de l'ensemble du processus pour atteindre leur but.
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MS : Mais le fait que la destinée du Moyen Orient est parrainée par deux pays, l’Iran et la Russie qui n’ont pas un bilan démocratique fantastique, est-ce une bonne chose ?
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Al-Assad : Encore une fois, plus il y a de pays impliqués, mieux c’est. Ce n’est pas seulement notre vision des choses, c’est aussi celle des Russes. D’ailleurs, ils ont invité de nombreux pays à y participer, et à les aider à combattre le terrorisme et à soutenir ce processus politique. Cependant, les Occidentaux se sont isolés. Mais pas l’Iran, ni la Russie. Les pays occidentaux étaient très passifs vis-à-vis de ces initiatives. Par exemple, où sont-ils par rapport à Astana? Les Russes leur ont-ils dit de ne pas venir ? Non. Ce sont eux qui ont choisi de ne pas y participer.
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MS : Alors en résumé, l’Iran et la Russie sont des promoteurs de la paix et les occidentaux des fauteurs de guerre, c’est ça ?
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Al-Assad : Exactement. A 100%.
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FN : Continuons à parler de la Russie. Est-ce que vous diriez que Vladimir Poutine est le vrai décideur dans la région ? Et même dans votre pays, en Syrie ?
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Al-Assad : Non, il ne l’est pas. En Syrie, c’est nous qui prenons les décisions. Quant aux autres pays, je ne peux parler en leur nom. Les Russes respectent notre souveraineté, à chaque étape qu’ils ont franchie, qu’elle soit d’ordre stratégique ou tactique, ce fut en coopération avec la Syrie. Ils n’ont jamais rien fait sans nous consulter. Ils fondent leur politique sur des valeurs, et sur leurs intérêts, notamment en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Alors non, nous sommes les décideurs.
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FN : Mais diriez-vous que sans la Russie, votre gouvernement se serait effondré il y a déjà longtemps ?
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Al-Assad : C’est une question purement hypothétique. Personne ne peut prévoir les résultats de la guerre, car par définition la guerre est fluctuante. Bien entendu, il est sûr que sans le soutien russe, les choses auraient été pires. Mais jusqu’à quel point ? Nul ne le sait. Je ne peux pas vous dire si le gouvernement aurait tenu ou se serait effondré. Mais il est certain que le soutien des Russes a été crucial dans l’affaiblissement de Daech et du Front al-Nosra. Parce que ces groupes s’étaient mis à s’entendre quand la coalition américaine a commencé ses attaques, sa campagne cosmétique. Et ils ont progressé jusqu’à ce que les Russes interviennent et les ont poussés à se rétrécir. C’est une réalité. C’est un fait.
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MS : Êtes-vous frappé par le fait qu’il y a quelques années, la plupart des observateurs, des analystes, disaient que vous n’alliez pas durer très longtemps au pouvoir ? Et maintenant, surtout après Alep, beaucoup de gens s’accordent sur le fait que vous puissiez, en fait, rester en place. On discute en ce moment dans les négociations d’Astana de votre maintien au pouvoir. Dans nos pays, lorsqu’un homme politique a un mauvais bilan, en général, il ne reste pas en place très longtemps. Après 17 ans au pouvoir, six années de guerre, plus de 300.000 morts, un pays détruit et divisé, diriez-vous que, sur un plan moral, et non pas sur un plan légal, mais bien moral, diriez-vous que ce bilan vous autorise à rester au pouvoir quelque soit l’issue des négociations en cours ?
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Al-Assad : Vous êtes bien au courant que ces terroristes qui ont commis ces attaques en France, l’année dernière ? Vous vous souvenez que la police avait abattu certains d’entre eux ? Diriez-vous à ces policiers qu’ils sont des tueurs ou des sauveurs ? Et pourtant, ils ont tué. C’est la même chose pour un médecin qui amputerait une jambe parce qu’elle a la gangrène. Diriez-vous qu’il a commis une atrocité ou qu’il a sauvé la vie de son patient ? Il s'agit donc de connaître la raison de l'acte. Dans notre cas, nous combattons le terrorisme pour protéger le peuple. Ce n’est pas mon point de vue personnel que je donne là. C’est un devoir qui relève de la Constitution et de la loi. Si je ne le faisais pas, je serais moi même le tueur parce que je permettrais aux terroristes de tuer encore plus de Syriens en Syrie. Le devoir de votre armée est de protéger les Français. Autrement, vos militaires pourraient dire : 'On ne va pas intervenir de peur d’être traités de tueurs'.
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MS : Alors vous diriez que vous avez fait tout ce que vous pouviez, tout ce que vous deviez, pour votre pays ?
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Al-Assad : Tout ce que je pouvais, oui. Absolument. Ce que je devais ? C’est au peuple syrien de le dire parce qu’il peut y avoir des points de vue différents. Mais quant à la question de savoir si c’est un mauvais bilan – et je parle du point de vue moral que vous venez d'évoquer – c’est aussi aux Syriens de le dire, pas aux dirigeants européens. Ils disaient tous Al-Assad doit partir. Maintenant ils n'en parlent plus. Je ne me soucis d’aucun de ces deux avis. Je n’en ai jamais tenu compte, depuis le tout début. Ce qui compte pour moi, c’est notre combat contre le terrorisme, et la lutte contre leurs projets visant à détruire notre pays. Ce fut dès le début mon plus grand souci. Quoi qu’ils disent, c’est du pareil au même. Ce bilan est un bilan syrien et nullement un bilan européen.
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FN : Mais quand le peuple syrien pourra-t-il dire s’il approuve ou non votre politique ? Nous avons des élections en France, en ce moment. Quand seront les prochaines élections en Syrie ?
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Al-Assad : Il y a deux moyens d’y parvenir. Les moyens dont nous disposons actuellement et ceux dont nous disposerons dans l’avenir, à la fin de la guerre. A ce moment là, on pourra envisager toutes sortes de solutions, les urnes, les élections, tout est possible. D'ici là, le peuple n’a qu’un seul moyen de se prononcer. Ou bien vous soutenir, ou bien ne pas le faire. Après six ans de guerre, si ce président a un mauvais bilan aux yeux du peuple syrien, pourquoi le soutiendrait-il ? C’est une simple question : Pourquoi devrait-il le soutenir ? Pourquoi ne soutient-il pas les terroristes ? Et pour revenir à votre question, lorsque vous évoquez 300.000 ou 400.000 morts et que vous dites que c’est le président qui les a tués, c’est comme si vous donniez aux terroristes un certificat de bonne conduite parce que ce serait nous qui auraient tué les gens et eux qui les auraient protégés. Comme si c’était Al-Qaïda, Al-Nosra ou Daech qui protégeaient les gens et les défendaient. Voilà le fond de la question. Et bien non. La vérité c'est que nous nous battons pour le peuple syrien. C’est la raison pour laquelle le peuple syrien a soutenu son gouvernement, son armée et son président.
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.europe1.fr/international/retrouvez-linterview-integrale-exclusive-de-bachar-al-assad-2979629
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Une religieuse catholique de retour d’Alep : Les médias occidentaux mentent.

María Guadalupe Rodrigo est une religieuse argentine qui vivait à Alep dans le diocèse catholique depuis janvier 2011. Elle est également restée dans la ville pendant l’état de siège provoqué par des groupes terroristes.

Après son retour, elle a parlé de cette période à Alep. Sur place María Guadalupe Rodrigo a vécu de très près le début du conflit en Syrie.

Elle contredit la thèse courante des politiciens et médias occidentaux, selon laquelle le peuple syrien a approuvé « le printemps arabe » et qu’il est descendu pacifiquement dans la rue pour revendiquer la démocratie.

A partir de la fenêtre de son évêché elle a pu observer que des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour soutenir leur président Bachar al-Assad. Ce sont exactement ces mêmes images qui ont été prises par les chaînes d’information occidentales en prétendant exactement le contraire, que le peuple syrien descendait dans la rue pour exiger la démission du président.

https://youtu.be/FXTxve7MDuE

Ensuite, María Guadalupe Rodrigo réfute la compréhension occidentale de la démocratie. Elle explique que les chrétiens en Syrie ont beaucoup plus de liberté religieuse sous Assad que n’en ont les chrétiens en Europe pseudo-démocratique.

Ecoutez maintenant un extrait de cinq minutes d’une conférence que María Guadalupe Rodrigo a donnée le 19 décembre 2015 en Espagne et qui donne aujourd’hui encore des éclaircissements sur la guerre en Syrie.

Quand ces manifestations ont commencé, la presse internationale, les médias, ont présenté ça comme si finalement le peuple syrien adhérait aussi au printemps arabe et était sorti pacifiquement dans la rue pour demander la démocratie. Mais en réalité les nouvelles qui nous arrivaient… vous voyez, de nos voisins, de ces villages, ne concordaient pas avec ce qu’on voyait à la télévision.

Les gens de ces villages disaient que des groupes armés étaient venus de l’extérieur de la Syrie. Ils disaient : « Ils parlent d’autres dialectes ! (Là-bas, chaque pays a son dialecte). Ce ne sont pas des Syriens ! Ils provoquent des troubles dans le peuple ! Ils ont déjà coupé en morceaux plusieurs chrétiens ! » Des chrétiens coupés en morceaux dans des sacs poubelle, dans une benne, avec un panneau : « Ne pas toucher. Il est chrétien ». Et ce serait ça, les manifestations pacifiques, selon la presse !

Source et article complet

Trump : accueil prioritaire des chrétiens persécutés

   
Michel Garroté - Trump a annoncé qu’il accorderait le statut de réfugié « en priorité » aux chrétiens ayant subi des persécutions (photos ci-dessus : chrétiens syriens), estimant que ces derniers bénéficiaient d’un accueil injuste et discriminatoire sous l'administration Obama. À ceux qui accusent le nouveau président de vouloir faire barrière à l’immigration musulmane, le président américain s’est défendu de tout amalgame : "Non, il ne s’agit pas de l’interdiction d’entrée aux musulmans".
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"Ce sont des pays où règne une terreur effroyable. Ce sont des pays dont les ressortissants vont entrer ici en suscitant d’énormes problèmes. Notre pays a déjà bien assez de problèmes sans laisser entrer des gens qui, dans de nombreux cas, ou, dans certains cas, cherchent à provoquer des destructions énormes », a-t-il déclaré. En ce qui concerne les chrétiens persécutés, Donald Trump a confirmé qu’ils auront bien la priorité dans le nouveau programme d’accueil des réfugiés aux États-Unis.
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Ces derniers « ont été traités de manière horrible », a-t-il dénoncé, citant tout particulièrement les chrétiens de Syrie pour qui « il était vraiment très difficile, voire impossible, d’entrer ». Tout le monde était persécuté en Syrie, a-t-il reconnu, ils ont coupé les têtes de tout le monde mais « plus encore celles des chrétiens. Et je pense que c’est très, très injuste. Nous allons donc les aider », a-t-il ajouté.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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