Racisme anti-blanc aux Fêtes de Gand : « Tous les hommes blancs à l’arrière ! »
La chanteuse Sophie Straat a demandé aux hommes blancs de reculer lors de son concert aux Fêtes de Gand 2026. Près de 200 signalements plus tard, Unia, l'organisme belge de lutte contre les discriminations, conclut à la liberté d'expression.
La scène s’est déroulée lundi, au festival Boomtown, dans le cadre des Fêtes de Gand. « Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur », lance Sophie Straat à son public. Cette précision qui vaut programme : « Plus de temps pour la nuance : il est déjà trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs au fond ! »
Près de 200 signalements ont été adressés à Unia, l’organisme interfédéral belge chargé de lutter contre les discriminations, ainsi qu’à l’Institut flamand des droits humains. Quelques semaines plus tôt, la chanteuse avait tenu des propos comparables au festival Best Kept Secret, aux Pays-Bas : des centaines de plaintes auprès de Discriminatie.nl, et une enquête ouverte par le parquet de West-Brabant.
Verdict d’Unia : liberté d’expression. Les propos peuvent apparaître « polarisants » ou « blessants », mais ils relèvent d’une « démarche artistique et militante » portant sur les inégalités ; aucun homme blanc n’a été empêché d’assister au concert, et inviter une partie du public à reculer ne suffit pas à caractériser une discrimination. L’organisme rappelle au passage que la Cour européenne des droits de l’homme protège largement l’expression artistique, y compris lorsqu’elle « provoque ».
Reste une expérience de pensée que l’on soumet à Unia. Qu’un musicien, demain, bien mal inspiré, prie les « hommes noirs » de se tenir au fond de la salle, en expliquant qu’il n’empêche personne d’entrer, que sa démarche est purement artistique et militante, et qu’il n’est plus temps de nuancer : obtiendra-t-il le même communiqué ? Nous connaissons d’avance la réponse.