jeudi 30 juillet 2026
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Qui agresse qui à Martigny ? Quand le cadrage médiatique précède l’enquête

Longtemps, le titre a eu le dernier mot. À Martigny, où la presse résume une altercation filmée à un influenceur qui « frappe un homme », ce monopole de la parole se heurte à un obstacle : la vidéo est publique, et chacun peut vérifier.

Les Observateurs (la rédaction)
2 min de lecture

Le 12 juin dernier à la gare de Martigny, une altercation entre l’influenceur patriote Colin Walks et un passant s’est soldée par un coup de poing, une hospitalisation et l’ouverture d’une procédure pénale.

Plusieurs médias, dont 20 Minutes, ont présenté l’affaire sous l’angle d’un influenceur d’extrême droite qui « frappe un homme ». Une présentation qui aurait sans doute été suffisante il y a quelques années, lorsque le public dépendait presque exclusivement du récit journalistique pour comprendre un événement.

Le problème est qu’en 2026, les images existent, elles sont publiques, elles peuvent être visionnées par chacun. Et ce que certains articles relèguent au second plan apparaît pourtant clairement à l’écran : avant le coup de poing, l’homme concerné pousse Colin Walks à plusieurs reprises tout en avançant vers lui.

Ce détail constitue l’élément central permettant de comprendre la séquence. Pourtant, dans plusieurs comptes rendus, le coup porté est présenté comme un fait établi tandis que les gestes qui le précèdent sont traités avec davantage de prudence, parfois au conditionnel. Comme si la réaction méritait davantage de certitudes que les événements qui l’ont provoquée.

La vidéo ne permet pas de trancher la question juridique : le droit suisse reconnaît la légitime défense lorsqu’une personne fait face à une attaque ou à une menace imminente, mais il appartiendra aux autorités de déterminer si les conditions étaient réunies et si la riposte était proportionnée. En revanche, elle permet déjà de répondre à une autre question : la séquence commence-t-elle réellement avec le coup de poing ? Sur ce point, chacun peut désormais se faire sa propre opinion.

Reste un détail qui en dit long. Sous l’article, la section commentaires a été désactivée − « pour éviter tout contenu blessant », précise la rédaction. Peut-être. Mais quand les images sont publiques et que le titre, lui, ne raconte qu’une moitié de la scène, fermer la discussion ressemble moins à une précaution qu’à un aveu.

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2 commentaires

  1. poilagratter

    C’est toujours pareil : si tu désarmes l’agresseur et lui mets un coup pour te défendre avec sa propre arme, c’est toi qui vas au trou. Il est grand temps que le nez des magistrats soit mis dans leur merde. Alors, par des temps de tant d’insécurité, si tu as le malheur de te défendre avec un bâton ou une arme, tu es cuit, car l’inversion accusatoire est de mise pour émasculer les Européens. De fait, tu dois te laisser égorger ou violer, c’est la loi.

    1. Les Observateurs (la rédaction)
      Les Observateurs (la rédaction)

      C’est factuellement faux pour la Suisse. La légitime défense y est tout à fait légale et reconnue par le Code pénal. Si l’évaluation de la proportionnalité de la riposte reste l’affaire des juges, la loi n’a jamais demandé aux citoyens de se laisser égorger ou violer.

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