La minuterie tourne : d’Ottawa à Kiev, l’empire américain à court d’options
Le bras de fer commercial entre Donald Trump et Mark Carney n'oppose pas un méchant à un gentil : Oskar Freysinger y voit le duel de deux impérialismes – l'ancien, façon XIXe siècle, et un nouveau, supranational, qui ne porte pas son nom. De là, il élargit le tableau : une option militaire devenue presque impraticable face à l'Iran, des monarchies du Golfe qui apprennent à se passer de Washington, une Ukraine dont le compte à rebours s'accélère. Avec un constat qui traverse le tout : à force de menacer la terre entière, l'Amérique organise elle-même son éviction.
« S’il avait fallu inventer un système pour faire chuter l’empire américain, il aurait presque fallu inventer Trump. »
On nous rejoue cette semaine le grand classique : le méchant Trump contre le gentil voisin. Le voisin, cette fois, est canadien et s’appelle Mark Carney. Trump serait fou – il a déjà les Iraniens sur les bras, les Russes et les Ukrainiens, les Chinois en arrière-plan, et le voilà qui matraque de taxes son allié le plus proche et le plus fidèle. Voilà pour l’image d’Épinal. Creusez un peu, et elle se fissure. Ce détour par Ottawa nous conduira d’ailleurs assez naturellement à Téhéran, dans le Golfe, puis sur le front ukrainien – où une minuterie, elle, approche de zéro.
Carney, le « gentil » de l’histoire ?
Qui est donc Mark Carney ? Un homme qui a dirigé sept ans durant le Financial Stability Board, qui a fréquenté le Bilderberg et Davos, qui est passé par Goldman Sachs et qui a présidé l’alliance financière climatique internationale – des milliers de milliards. Voilà le pedigree. Si c’est lui le gentil, on aimerait voir le méchant. Carney appartient corps et âme à cette structure internationale qui nous impose une nouvelle forme de domination, électronique celle-là, avec l’intelligence artificielle et tout ce qui l’accompagne – un technofascisme, je ne vois pas comment l’appeler autrement.
Le duel prend alors un autre relief. D’un côté Trump, resté dans la logique Make America Great Again : une Amérique hégémonique qui retrouve sa grandeur, concept somme toute assez ancien, un impérialisme presque XIXe siècle. De l’autre, une domination d’un genre nouveau, qui n’a plus que faire des frontières nationales ni même de l’hégémonie américaine traditionnelle – une pieuvre quasi dématérialisée, posée au-dessus des nations et des identités. Carney ne supporte pas de voir le Canada sous la coupe de l’hégémon classique ; il veut l’en affranchir, mais pour le verser dans l’autre système.
Ce que Washington reproche réellement à Ottawa
Je suis donc allé voir ce que les Américains reprochent concrètement au Canada – car enfin, Trump ne s’est pas levé un matin en se disant : tiens, si je mettais 50 % de taxes sur les produits canadiens ? Trois dossiers ressortent, et ils donnent à réfléchir, qu’on le veuille ou non.
Le premier, c’est la grande arnaque du transbordement. Le principe est simple : un produit frappé de droits de douane transite par un pays tiers, y reçoit une nouvelle étiquette et se vend sous pavillon d’emprunt. Une contrebande modernisée, et un instrument de guerre économique. Le Canada servirait ainsi de sas à des marchandises chinoises revendues aux États-Unis en Made in Canada – les Canadiens seraient passés maîtres dans l’exercice. On comprend que Washington s’en agace : l’allié abrité pendant des décennies sous le manteau protecteur américain, dont l’économie est totalement imbriquée dans la leur, se met à pratiquer une forme de gangstérisme économique.
Deuxième dossier : le travail forcé. Il existe une liste des pays qui n’appliquent pas sérieusement leurs propres restrictions sur les produits issus du travail forcé ou de l’esclavage, et le Canada y figure parmi les mauvais élèves – un dispositif si laxiste qu’on pourrait y importer à peu près n’importe quoi dans n’importe quelles conditions.
Troisième dossier, le plus pittoresque : le snow washing. On connaissait le blanchiment d’argent ; au pays de la neige, on lave plus blanc. Les lois canadiennes sur la transparence seraient d’une mollesse remarquable, et une enquête de 2022 a documenté ce qu’on appelle le « modèle de Vancouver » : l’argent des cartels – Sinaloa, triades chinoises – recyclé massivement dans l’immobilier, les casinos, les voitures de luxe. Rien qu’en Colombie-Britannique, les sommes blanchies puis réinjectées dans le circuit légal donnent le vertige.
Ajoutez l’affaire de l’ambassadeur Pete Hoekstra : des centaines de milliers de Canadiens pétitionnent pour le déclarer persona non grata, en réaction aux propos de Trump sur une intégration du Canada aux États-Unis. Pendant ce même temps, Mélanie Joly sillonne les États-Unis, rencontre des responsables américains et tente d’infléchir leur politique – et cela, curieusement, ne pose de problème à personne.
On a donc affaire, pour résumer grossièrement, à un hégémon impérialiste face à un hors-la-loi internationaliste. Une guerre de pouvoir au sommet, entre deux machines qui mettent la planète sous pression depuis des décennies. Ce n’est plus les pauvres contre les riches : ce sont les nantis contre les nantis, sous deux étiquettes différentes.
Un mot encore sur ce qui sépare ces deux visions. Le trumpisme veut réindustrialiser les États-Unis, reconstruire une force propre, et considère – au moins en principe – que l’énergie et l’industrie doivent bénéficier aux citoyens américains. En face, une géo-industrialisation où les nations ne sont plus que des pions et où l’énergie devient une arme – une weaponization, disent les Anglo-Saxons. Je rappelle tout de même que le pétrole et le gaz ont accompagné le doublement de notre espérance de vie en quelques générations. Vilipender systématiquement les hydrocarbures et l’industrialisation me paraît une fort mauvaise idée.
Iran : le pendule américain
Regardons maintenant le conflit américano-iranien sur les deux dernières années – inutile de remonter quarante-sept ans en arrière. Option militaire : échec. Option économique : échec. Retour à l’option militaire : échec. Retour, aujourd’hui, à l’option économique, saupoudrée de piqûres de rappel militaires, notamment cybernétiques. Ce n’est pas une stratégie, c’est un pendule. En face, les Iraniens réfléchissent et se préparent depuis des décennies.
Ils ont creusé d’immenses installations souterraines à entrées multiples, avec des bulldozers prêts à dégager celles qu’on aurait bouchées. Le pays est immense, hérissé de massifs montagneux ; détruire l’ensemble de son arsenal relève de la gageure. On a sans doute touché certaines cibles – et beaucoup de leurres, dont la fonction était précisément d’épuiser les stocks de missiles adverses.
S’y ajoute un élément nouveau : l’Iran bénéficierait désormais des capacités satellitaires russes et chinoises, donc d’informations quasiment en temps réel sur les mouvements du dispositif américano-israélien. Et les frappes iraniennes sur les bases américaines de la région ont porté : plusieurs de ces avant-postes, conçus pour frapper l’Iran vite et de près, ne sont plus utilisables comme avant, une partie du personnel a été repliée vers des positions plus lointaines, et le dispositif se retrouve de plus en plus concentré en Israël.
Faites alors le calcul d’une nouvelle attaque. Les mouvements préparatoires sont visibles par satellite ; Moscou et Pékin observent, Téhéran est prévenu dès le début de l’opération. Certains appareils mettent une heure à rejoindre leurs zones de tir ; les missiles iraniens, eux, partent en quelques minutes vers les terrains d’aviation d’où décollent ces avions. Tous ne peuvent pas être en l’air simultanément : pendant qu’un tiers vole, le reste est au sol sous les frappes. Et les appareils déjà partis risquent, mission accomplie, de ne plus retrouver de piste où se poser – il faudrait dérouter vers des pays tiers, improviser. Je dis simplement que, techniquement, frapper l’Iran est devenu extrêmement compliqué sans subir de sérieux dégâts en retour. Sans même parler de l’épuisement partiel des stocks de munitions et de missiles : les États-Unis n’ont peut-être plus les moyens matériels des menaces que profère Trump.
Un détail en dit long : certaines fonctions de commandement ont été déplacées jusqu’à Diego Garcia, au milieu de l’océan Indien, à des milliers de kilomètres de l’Iran – et encore, l’atoll pourrait théoriquement se trouver à portée des missiles iraniens les plus avancés. Voilà qui donne la mesure de la crainte qu’inspire encore une arme que Trump prétend avoir complètement éradiquée. Si tout était détruit, on ne se comporterait pas ainsi.
Reste l’arme économique. Elle pourrait mordre si la Chine, l’Inde et la Russie – la Chine surtout – jouaient le jeu. Or Pékin n’est pas idiot : ses intérêts commerciaux et stratégiques reposent sur la liberté de navigation et les échanges mondiaux, que les méthodes américaines menacent directement. L’Iran occupe en outre une position centrale dans les nouvelles routes eurasiatiques – routes de la soie, axe nord-sud par la Caspienne, liens avec la Russie et avec le Pakistan, lequel s’entend avec à peu près tout le monde. Quant aux sanctions secondaires, censées tenir les partenaires de l’Iran par le dollar : une part croissante de ces échanges se règle désormais en monnaies nationales. Entre Chinois et Russes, le commerce a largement quitté le billet vert – c’est bien pourquoi les sanctions mordent si peu sur la Russie.
Car l’Iran de 2026 n’est plus celui des anciennes sanctions. À l’époque de l’accord négocié sous Obama, une partie des mesures émanait de l’ONU, les Chinois comme les Russes les respectaient, et le pays était relativement isolé. Ce monde-là a disparu.
Téhéran, de son côté, ne renégocie plus rien. La liste est établie, elle est signée : appliquez. Retrait de certaines bases, levée des sanctions, restitution des milliards gelés – livrez d’abord, dit l’Iran, et ensuite nous pourrons discuter des détails, y compris de l’arme atomique ; vous nous avez déjà roulés deux fois, nous étions en pleine négociation quand vous nous avez envoyé des bombes. On se souvient d’ailleurs de la scène : une délégation iranienne venue négocier pied à pied, avec ses fonctionnaires et ses spécialistes, et J. D. Vance qui sort régulièrement de la salle pour téléphoner à Netanyahou – lequel n’a aucun intérêt à un accord de paix et veut la destruction de l’Iran. Comment voulez-vous aboutir dans ces conditions ? Ces négociations ont lamentablement échoué. Trump a fini par signer un mémorandum parce que l’arsenal montrait ses limites et que la situation pétrolière menaçait de devenir incontrôlable ; il fallait une pause pour reprendre la main. Elle n’a pas duré, et les mêmes mécanismes ont recommencé.
Une invasion terrestre ? N’en parlons même pas : c’est aujourd’hui tout bonnement impossible. Certains évoquent alors l’option nucléaire. Là, on ouvrirait la boîte de Pandore à l’échelle planétaire. Nous ne sommes plus en 1945 face à un Japon à terre.
Un Moyen-Orient qui s’organise sans Washington
La meilleure preuve que l’ordre américain s’affaisse dans la région ? Presque tous les pays du Golfe – à l’exception, je crois, des Émirats – ont adressé à Israël des demandes très fermes de retrait : sud du Liban, Syrie, Gaza, Cisjordanie. C’est nouveau. On est très loin des accords d’Abraham et du projet de rassembler le Golfe derrière la bannière israélienne ; pour moi, cette page est tournée.
Il y a surtout cette alliance entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan – une entente des enturbannés, si j’ose dire –, à la fois militaire et économique. Et l’Iran y aurait été invité. Cela, tout de même, mérite qu’on s’y arrête. Téhéran est ouvert à la chose, mais après la guerre : tant qu’il se considère en guerre contre les États-Unis, une telle participation n’a guère de sens. Il faudrait d’abord que Washington se retire réellement du jeu régional. Tant que la politique américaine restera conditionnée par Israël et ses relais aux États-Unis, tout restera bloqué – et Israël apparaît de plus en plus comme le problème central de la recomposition en cours. D’un côté, l’axe de la résistance – Hezbollah, Hamas, Yémen, groupes chiites irakiens, Iran – dressé contre les hégémons et contre Israël ; de l’autre, cette entente naissante qui préfigure peut-être le paysage d’après le retrait américain.
Cette guerre-là, à mon avis, ne peut pas durer très longtemps. Rien à voir avec le Vietnam ou l’Afghanistan, guerres de longue haleine. Les États-Unis sont pris dans un jeu devenu extraordinairement complexe : derrière l’Iran, la Chine et la Russie ; autour, un Sud global plutôt favorable à Moscou, ou au minimum hostile à l’hégémonie américaine ; et une Europe alliée sur le papier, mais qui n’apporte aucun concours réel, condamne certaines actions israéliennes et réclame officiellement une solution à deux États. À l’intérieur même des États-Unis, les élections de mi-mandat approchent, des élus démocrates musulmans émergent, et le crédit d’Israël s’érode à vue d’œil. Israël risque de compter parmi les grands perdants de l’affaire, parce que son principal allié est bloqué partout à la fois.
« La diplomatie américaine est morte »
Pourquoi rien ne bouge-t-il ? Parce que Trump est entouré de yes men, qui approuvent tout ce qu’il propose. La diplomatie américaine est morte.
Écoutez Scott Bessent expliquer que ceux qui ne suivront pas les sanctions américaines seront exclus du dollar et de SWIFT. L’hégémonie du pétrodollar est déjà contestée, et voilà que le secrétaire au Trésor offre lui-même la porte de sortie. Beaucoup de pays peuvent répondre : très bien, sortons tout de suite. C’est une incitation officielle à accélérer la dédollarisation mondiale – complètement idiot et contre-productif.
Trump va plus loin : si certains pays vendaient massivement leurs obligations américaines, il resterait l’intervention militaire. Relisez la phrase : si les gens n’achètent plus nos bons du Trésor, on leur envoie l’armée. C’est complètement fou – et le meilleur moyen de pousser États et investisseurs vers les systèmes concurrents, ceux des BRICS ou de la Chine, jugés plus sûrs parce que moins soumis à cette militarisation de l’économie. C’est exactement ce qui est en train de se passer.
Regardez encore la Corée du Sud, alliée depuis des décennies. Elle refuse de livrer certains de ses missiles aux Américains – qui les revendraient aux Européens, qui les donneraient aux Ukrainiens. Aussitôt, Trump se rapproche de Kim Jong-un, et la Corée du Nord devient soudain un interlocuteur respectable, qu’il faut prendre au sérieux parce qu’il possède l’arme nucléaire. Le signal adressé à Séoul est limpide : filez droit, sinon je m’affiche avec votre pire cauchemar. Voilà où en est la diplomatie américaine.
S’il avait fallu inventer un système pour faire chuter l’empire américain, il aurait presque fallu inventer Trump. Inventez Trump, et vous signez l’arrêt de mort de l’hégémonie américaine. On en vient à se demander si ce n’est pas l’objectif, tant l’autodestruction est efficace – je posais déjà la question ici il y a quinze jours, et chaque semaine apporte sa pièce au dossier.
Ukraine : la minuterie approche de zéro
Venons-en à l’Ukraine et au passage à Moscou de John Ratcliffe, le directeur de la CIA. Il n’a rencontré ni Poutine ni, à ma connaissance, les plus hauts responsables politiques russes : des discussions entre services de renseignement. Mais quand on se met à parler discrètement entre services, c’est généralement que quelque chose bouge. Qu’est-ce qui s’est dit ? J’ai cherché ; je n’ai rien trouvé de solide, seulement des hypothèses. Les services américains étant une passoire, attendons les fuites – nous saurons peut-être dans quelques jours ce qui s’est réellement dit à Moscou. Une chose me paraît claire : les Américains sentent qu’ils ont devant eux une bombe à retardement dont la minuterie arrive doucement au terme du temps imparti.
Les signes s’accumulent. Quand les Européens de la « coalition des volontaires » se réunissent à Kiev, les Américains ne sont plus là. Les Britanniques promettent de transmettre à l’Ukraine les protocoles nécessaires à la production de missiles SCALP – autrement dit : nous allons te donner de quoi fabriquer tes propres missiles dans quelques années, sous les bombardements russes, alors que Zelensky en a besoin immédiatement et en grande quantité. Si c’est cela, l’option militaire, alors les Ukrainiens ont perdu.
Sur le front, les Russes avancent, et de plus en plus vite. Je pense que le Donbass pourrait tomber définitivement avant l’hiver ; d’ici Noël, les choses pourraient être largement réglées. Les brèches s’élargissent. L’armée ukrainienne souffre d’un manque endémique d’hommes malgré les combattants étrangers – des Colombiens notamment, envoyés en première ligne –, et ces apports diminuent. Kiev n’a pas pu rapatrier tous ceux qui ont fui vers l’Union européenne ; ceux qu’on a pu mobiliser ne suffisent pas. Alors on prépare les esprits à la mobilisation des femmes. La communication officielle explique qu’elles feraient d’excellents soldats, parfois meilleurs que les hommes, capables de porter davantage, de manier un bazooka – la femme, c’est l’avenir de la guerre. Bravo. On en est là. Cela me rappelle les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, quand l’Allemagne collait un fusil dans les mains d’adolescents de seize ans, sans véritable préparation. C’est le signe d’un pays à bout de forces.
Zelensky a désespérément besoin de trois choses : des armes pour tenir, un cessez-le-feu pour se reconstituer, de l’argent. Le trou budgétaire serait gigantesque, doublé d’un déficit considérable du budget militaire. Où trouver ces milliards ? L’Europe elle-même commence à souffrir financièrement. Combien de temps pourra-t-on encore les déverser dans ce trou noir ukrainien que je décrivais ici il y a quinze jours ? Mme von der Leyen continue, certes, et les Européens parviennent encore à habiller ces dépenses d’un semblant de légitimité. Cela risque de devenir très bientôt beaucoup plus compliqué.
Les Russes, eux, ont compris qu’ils pouvaient désormais étrangler économiquement l’Ukraine – et, contrairement aux Américains face à l’Iran, ils en ont les moyens. Je ne vois pas comment les Ukrainiens inverseraient la dynamique actuelle. Ce ne sont pas quelques campagnes de drones qui y changeront quoi que ce soit : beaucoup sont interceptés, et la défense antiaérienne russe s’améliore constamment. Surtout, l’Ukraine et ses soutiens n’ont pas la force industrielle nécessaire pour maintenir assez longtemps une pression capable de provoquer, par exemple, un changement de pouvoir à Moscou. C’est pourtant, toujours, le rêve de nos guignols de Bruxelles. Les Américains, eux, semblent avoir cessé d’y croire : ils n’entretiennent plus la pression qu’indirectement, le temps que la minuterie s’arrête.