Fusillade d’Aarau : la piste psychiatrique change la donne
Le suspect de la fusillade d’Aarau pourrait échapper à une peine de prison s’il était déclaré irresponsable. Les révélations sur une schizophrénie ancienne rendent désormais cette hypothèse beaucoup moins théorique.
Le dossier judiciaire de la fusillade d’Aarau vient de changer de terrain. Le 4 septembre, Watson jugeait encore une irresponsabilité pénale « plutôt improbable », faute d’indice d’une maladie psychique grave. Dès le lendemain, le père du suspect a affirmé que son fils avait été diagnostiqué schizophrène il y a une vingtaine d’années, hospitalisé en psychiatrie et placé au bénéfice d’une rente AI complète.
Une semaine plus tard, le psychiatre forensique Josef Sachs a revu son appréciation : l’attaque pourrait « probablement » trouver son origine dans la maladie. Ce diagnostic ancien ne tranche toutefois rien. En droit suisse, c’est l’état du prévenu au moment des faits qui compte.
L’article 19 du Code pénal prévoit l’irresponsabilité lorsque l’auteur était incapable d’apprécier le caractère illicite de son acte ou d’agir selon cette appréciation. Une responsabilité seulement diminuée entraîne une atténuation de la peine.
« Éviter la prison » ne signifie donc pas retrouver la liberté. Le tribunal peut ordonner une mesure thérapeutique institutionnelle, y compris en établissement fermé. Watson rappelle le cas d’un homme de Nussbaumen déclaré irresponsable après avoir tué sa mère en 2020 : presque six ans plus tard, il restait privé de liberté.
Notre précédent suivi d’Aarau portait surtout sur la loi sur les armes. Le dossier se déplace désormais vers l’expertise psychiatrique : peine atténuée, irresponsabilité ou mesure thérapeutique, ses conclusions pèseront lourd dans la réponse judiciaire à ce drame.