Derrière la Moldavie, une autre lecture du projet européen : grand entretien avec Gilles-Emmanuel Jacquet (GIPRI)
Petit État neutre souvent ignoré des radars médiatiques occidentaux, la Moldavie concentre pourtant les grandes lignes de fracture de l'Europe orientale : conflit gelé en Transnistrie, processus d'adhésion à l'Union européenne, pressions concurrentes de Bruxelles et de Moscou, et hémorragie démographique d'un pays vidé par l'émigration. Coincée entre des puissances rivales, la Moldavie offre un miroir inattendu à la Suisse, elle aussi soumise aux pressions et aux logiques d'influence de ses voisins. Pour décrypter ces dynamiques, nous avons interrogé Gilles-Emmanuel Jacquet, politologue formé à l'Université de Genève et analyste au GIPRI, spécialiste reconnu de la région et auteur d'une "Histoire du conflit moldo-transnistrien". De l'héritage impérial à la comparaison helvétique, il livre une lecture nuancée d'un pays tiraillé entre rêve européen et tentation de la neutralité.
La Moldavie, souvent reléguée aux marges de l’actualité européenne, constitue pourtant un terrain d’observation privilégié des tensions géopolitiques contemporaines, entre influences concurrentes, fragilités internes et recompositions stratégiques.
Pour éclairer ces enjeux, nous avons interrogé Gilles-Emmanuel Jacquet, politologue formé à l’Université de Genève et spécialiste reconnu de la région. Auteur de l’ouvrage Histoire du conflit moldo-transnistrien (Éditions Connaissances & Savoirs, 2017), il a travaillé au sein d’institutions internationales, notamment au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, ainsi que pour le ministère français de la Justice et des structures culturelles en Moldavie.
Enseignant les relations internationales depuis plus d’une décennie dans plusieurs établissements genevois et à l’étranger, analyste au Geneva International Peace Research Institute (GIPRI), il intervient régulièrement dans des médias internationaux sur les questions géopolitiques. Son parcours mêlant terrain, recherche et analyse en fait un observateur attentif des dynamiques à l’œuvre en Europe orientale.
Entretien
La Moldavie reste un angle mort médiatique. Comment expliquer que ce pays, pourtant stratégique, demeure si peu compris en Europe occidentale ?
L’actuelle République de Moldavie a longtemps vécu dans l’ombre de ses voisins et de grands empires. L’ancienne Bessarabie fut libérée de l’occupation ottomane puis annexée par l’Empire russe en 1812. À la faveur des révolutions de février et d’octobre 1917, la Bessarabie put s’émanciper et former une République démocratique autonome moldave en décembre 1917, avant de proclamer l’indépendance de la République démocratique moldave en janvier 1918 puis de finalement s’unir à la Roumanie en mars 1918. Suite au pacte Molotov-Ribbentrop, la Bessarabie fut occupée par l’URSS en juin 1940 et reprise par la Roumanie de juin 1941 à l’été 1944. La Moldavie deviendra alors une République soviétique jusqu’en 1991. Le conflit de 1991 – 1992 avec la Transnistrie fut relaté dans certains médias occidentaux mais fut vite occulté par d’autres conflits dans le Caucase ou en Yougoslavie. Le conflit en Gagaouzie, qui prit fin en 1994 par l’octroi d’une autonomie territoriale, bénéficia également d’une couverture très limitée. Dans les années 1990 ou 2000, la Moldavie était rarement évoquée dans les médias internationaux et les sujets couverts étaient généralement liés à la situation socio-économique chaotique, à la pauvreté, au trafic d’êtres humains, etc. La Moldavie a attiré un peu plus l’attention des médias suite au conflit russo-ukrainien et aux élections présidentielles moldaves liées à des enjeux de politique régionale et internationale comme l’adhésion à l’Union européenne, mais l’histoire et la culture de ce pays restent encore très méconnues en Europe occidentale.
Vous avez consacré un ouvrage au conflit moldo-transnistrien. En quoi ce conflit, souvent présenté comme « gelé », reste-t-il en réalité un facteur actif d’instabilité ?
Tout conflit gelé peut potentiellement redémarrer en fonction de facteurs domestiques et régionaux ou internationaux. Le conflit au Donbass, qui a démarré au printemps 2014, a mené au conflit russo-ukrainien en 2022 suite à une combinaison de facteurs internes et régionaux ou internationaux. Le cessez-le-feu de 1992 n’a pas connu de violations majeures et il y a eu des incidents, mais progressivement les relations entre les deux rives du Nistru/Dniestr ont connu des améliorations, notamment grâce au travail de l’OSCE et de sa mission locale. La résolution du conflit n’est pas seulement influencée par des facteurs politiques domestiques, mais également par le contexte géopolitique régional et international. Les dernières propositions significatives de règlement du conflit, le Mémorandum Kozak de 2003 et le Plan Youchtchenko de 2005, ont notamment échoué à cause de la montée des tensions entre la Russie et ses partenaires occidentaux dans le contexte de l’expansion de l’OTAN vers l’est et de la Révolution orange en Ukraine. Le mémorandum Kozak avait été jugé comme trop favorable à la Transnistrie et à la Russie par la Moldavie et ses partenaires occidentaux en envisageant une structure quasi-confédérale. Le plan Youchtchenko fut rejeté par la Transnistrie, qui refusait de perdre de nombreuses prérogatives et réagit négativement à la demande faite par les gouvernements moldave et ukrainien auprès de l’UE de recevoir son assistance pour le contrôle de leur frontière, ce que Tiraspol vit comme une forme de blocus et mena en 2006 à une longue suspension des négociations sur le règlement du conflit.
Le conflit russo-ukrainien fait peser un risque sur la situation en Moldavie et le conflit gelé avec la Transnistrie, notamment avec la polarisation des relations entre les pays occidentaux et la Russie. D’avril à juin 2022, une série d’incidents se sont produits en Transnistrie : le QG du MGB à Tiraspol a subi un tir de RPG et des infrastructures ont été visées par des drones. Des drones auraient également été aperçus à proximité du dépôt de Cobasna/Kolbasna où sont stockées près de 20 000 tonnes de munitions sous la garde de la XIVᵉ Armée russe. Une attaque contre ce dépôt ou un incident sur place pourrait causer une explosion à la puissance comparable à celle de la bombe atomique lancée sur Hiroshima et un désastre de grande ampleur. À la fin du mois d’avril 2022, Alekseï Arestovich, conseiller du président ukrainien, avait invité les autorités moldaves à reprendre le contrôle de la Transnistrie par la force, avec l’aide de l’Ukraine, ce que Maia Sandu avait rejeté, déclarant préférer une solution négociée. L’absence de négociations sur le conflit russo-ukrainien et sur le conflit moldo-transnistrien, ainsi que l’hypothèse d’une poussée des forces russes jusqu’à Odessa, augmenteraient les risques de reprise des hostilités entre Tiraspol et Chişinău ou de combinaison des deux conflits. À cela s’ajoute également le risque d’incidents (avec des drones par exemple) pouvant mener à une escalade des tensions voire à un casus belli. Une reprise du conflit moldo-transnistrien ou l’extension du conflit russo-ukrainien à la République de Moldavie pourrait entraîner une réaction de la Roumanie, qui est membre de l’OTAN et qui est historiquement et culturellement liée à ce qui fut son ancienne province de Bessarabie.
L’Union européenne affiche un soutien croissant à la Moldavie. Dans quelle mesure cet engagement relève-t-il d’une stratégie de stabilisation, ou d’une logique d’expansion politique et d’influence ?
La République de Moldavie a conclu un premier accord de partenariat et de coopération avec l’UE en 1998, qui fut suivi en 2005 par l’adoption d’un plan d’action dans le cadre de la politique européenne de voisinage. Au-delà de la question d’une future adhésion moldave, cette politique visait à contribuer à la stabilisation de la région et à la lutte contre divers trafics (être humains, stupéfiants, armes…) par le biais de la Mission de l’Union européenne d’assistance à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine. Un accord d’association entre l’UE et la Moldavie a été conclu en juin 2014. Cet accord permit également à la Moldavie d’intégrer la zone étendue de libre-échange de l’UE (DCFTA) et la Transnistrie en fait également partie. Bien que la Transnistrie bénéficie d’un soutien financier limité de la part de la Russie (paiement des salaires des fonctionnaires et des pensions), son économie est de plus en plus tournée vers l’Union européenne, laquelle constitue la majorité de ses débouchés à l’exportation. L’expansion de l’influence de l’UE dans la région n’a pas suscité d’enthousiasme ou de forte hostilité de la part de la Russie tant que les relations entre Bruxelles et Moscou restaient coopératives. L’alignement progressif de la politique étrangère et de sécurité de l’UE avec l’OTAN durant les « révolutions de couleur », puis les sanctions à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014, ont suscité une méfiance croissante puis une hostilité entre Bruxelles et Moscou. Ces tensions se sont répercutées en Moldavie et ont mené à une polarisation de la vie politique où toute critique de l’UE ou volonté de maintenir des relations avec la Russie sans nécessairement remettre en cause l’adhésion à l’UE peut entraîner des poursuites judiciaires ou des sanctions de l’UE à l’encontre de certains politiciens moldaves. En 2022, la Moldavie a reçu le statut de candidat à l’adhésion à l’UE et le soutien de la population à cette perspective est significatif avec 60 % en faveur (26 % contre) et 55 % ont une image favorable de l’UE (alors que 14 % en ont une perception négative) selon EUNeighboursEast.[1] D’autres sondages indiquent que si un référendum sur l’adhésion à l’UE devait être organisé, 43 % voteraient pour et 41 % contre selon IMAS Company.[2]
Les réformes menées dans le cadre de cette future adhésion ont pu apporter des améliorations et ont soutenu des politiques de lutte contre la corruption, qui est un réel problème, mais elles ont aussi un coût socio-économique et humain. La population moldave s’élève à environ 2,4 millions de personnes et de nombreux Moldaves continuent de quitter le pays pour rejoindre la diaspora moldave qui compte environ 1 million de personnes à travers le monde (avec une majorité dans les pays de l’UE, aux États-Unis et en Russie). L’adhésion à l’OTAN suscite bien plus de méfiance voire d’hostilité pour 66 % des Moldaves.[3] Une enquête dans l’ensemble du pays menée par les sociologues de l’Intellect Group et présentée en 2023 avait montré une polarisation de la société quant aux adhésions à l’UE et à l’OTAN, ainsi qu’un soutien très élevé au maintien de la neutralité de la Moldavie et de bonnes relations avec la Roumanie, l’Ukraine et la Russie. Les dernières élections moldaves ont pu renforcer la méfiance des segments eurosceptiques de la population qui ont vu le soutien apporté par l’UE, la France et la Roumanie comme des formes d’ingérences étrangères alors que ces partenaires occidentaux de la Moldavie dénonçaient en même temps des ingérences russes. La situation politique est polarisée et délicate, d’autant plus que le conflit avec la Transnistrie n’est toujours pas réglé et que les tensions entre le gouvernement moldave et les autorités de l’unité territoriale autonome de Gagaouzie se sont accrues, notamment après l’arrestation de sa gouverneure Evghenia Guțul.
Le grand reporter Régis Le Sommier s’est rendu récemment en Moldavie et a pu observer de près l’implantation et l’action d’ONG, de fondations et de réseaux d’influence liés à des intérêts étrangers. Quel rôle jouent ces “officines” ? S’agit-il d’un levier décisif dans l’orientation politique du pays ?
Certaines ONG locales bénéficient de fonds de l’UE, de pays étrangers ou d’ONG ou fondations non nationales et des ONG internationales opèrent également en Moldavie dans divers domaines. Beaucoup de ces ONG apportent une aide dans le domaine social, humanitaire ou environnemental et n’ont pas d’agendas ou de dimensions politiques. Certaines actives dans le domaine des droits humains ou la promotion de réformes pro-UE peuvent avoir une influence politique. La Fondation Soros Moldova est relativement ancienne et opère en Moldavie depuis 1992. Beaucoup de personnalités politiques pro-occidentales ont gravité autour de certaines ONG soutenant l’adhésion à l’UE et ont étudié en Europe de l’Ouest ou aux États-Unis.
En prenant beaucoup de précautions, peut-on établir un parallèle entre les situations moldave et suisse ? Deux pays formellement souverains, mais exposés à des pressions extérieures, à des mécanismes d’influence indirecte et à une intégration progressive dans l’orbite européenne ?
La comparaison entre la Suisse et la Moldavie a de nombreuses limites, mais elle apporte également quelques éléments d’analyse intéressants. La neutralité des deux pays est le produit de facteurs externes comme la présence de voisins puissants et de facteurs internes tels qu’une population ethniquement ou linguistiquement diverse dont les différents groupes ont des liens culturels, historiques et politiques avec les pays voisins. La neutralité a permis à ces pays de jouer des rôles de zones tampons entre des empires dans le passé pour la Suisse et de nos jours entre l’OTAN et l’« étranger proche » de la Russie pour la Moldavie. Les neutralités suisse et moldave sont aussi sous pression dans un contexte géopolitique tendu entre l’Occident et la Russie. Les deux pays ne sont pas membres de l’OTAN mais coopèrent avec l’Alliance atlantique depuis leur adhésion au Partenariat pour la paix. Les deux pays coopèrent également avec l’Union européenne, mais la Moldavie, contrairement à la Suisse, est engagée dans un processus d’adhésion avec l’UE. Alors que la Moldavie fait face aux pressions extérieures et à des campagnes d’influence voire d’ingérence provenant de l’UE, d’États occidentaux et de la Russie, la Suisse subit de fortes pressions ou campagnes de lobbying de la part de l’UE (par exemple lors des négociations sur les Bilatérales I, II et III) et des États-Unis (au sujet du secret bancaire helvétique, lors d’une des demandes d’asile politique d’Edward Snowden ou autour de l’acquisition des F‑35). La Suisse a repris la plupart des paquets de sanctions de l’UE contre la Russie et adopté partiellement le 20ᵉ paquet de sanctions en mai 2026. Les différentes sanctions de l’UE visant les citoyens suisses Nathalie Yamb et Jacques Baud n’ont pas suscité l’opposition de Berne. La République de Moldavie a repris la plupart des sanctions de l’UE contre la Russie mais a aussi demandé à Bruxelles d’en adopter à l’encontre d’Ilan Şor et des membres de son parti, ainsi que d’autres personnalités politiques comme l’ancienne procureure anti-corruption et dirigeante du parti Moldova Mare, Victoria Furtună. Contrairement à la Suisse, les autorités moldaves ont adopté une approche plus volontariste. Elles ont demandé en avril 2023 au Conseil de l’Union européenne de prendre des mesures restrictives à l’encontre de personnalités accusées de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité de la Moldavie. Le Conseil de l’UE a annoncé en avril 2026 que ces mesures seraient prorogées jusqu’à la fin du mois d’avril 2027. Le maire de Chișinău et dirigeant du Mouvement Alternatif National Ion Ceban, qui est favorable au processus d’euro-intégration, n’est pas visé par des sanctions de l’UE mais a été interdit de territoire en Roumanie en juillet 2025 pour des raisons de sécurité nationale qui n’ont pas été détaillées, et cette mesure restreint également son accès à l’espace Schengen.
Dans un tout autre registre, la Transnistrie est parfois comparée à une « petite Suisse » par certains de ses habitants ou personnalités politiques comme Evgueni Chevtchouk, alors que Fetești en Moldavie est aussi appelée la « petite Suisse » à cause de sa topographie.
À moyen terme, quels sont selon vous les scénarios possibles pour la Moldavie : intégration européenne, statu quo instable, ou reconfiguration plus brutale ?
Il est très difficile de prédire avec certitude l’évolution politique de la Moldavie et plusieurs scénarios sont envisageables. Il est très peu probable dans le court ou moyen terme qu’un gouvernement moldave remette en question le processus d’euro-intégration, eu égard au soutien politique et économique apporté par l’UE. Le processus d’adhésion jouit d’une forme de consensus socio-politique et est soutenu par une majorité de la population (60 % en faveur et 26 % contre selon EUNeighboursEast ; 43 % pour et 41 % contre selon d’autres sondages), mais la part de citoyens sceptiques ou opposés n’est pas négligeable et peut évoluer à l’avenir selon les effets sociaux et économiques des réformes liées à l’euro-intégration (qui pourraient être accentués de manière négative par une hypothétique adoption de l’Euro dans le long terme). Le conflit gelé avec la Transnistrie et son statut territorial disputé empêchent toute adhésion à l’OTAN (qui ne jouit pas d’une forte popularité) mais pas nécessairement à l’UE dans l’hypothèse d’un scénario « chypriote ». Une « reconfiguration plus brutale » pourrait également se produire avec une reprise du conflit moldo-transnistrien ou une expansion du conflit russo-ukrainien, qui sont fortement tributaires du contexte géopolitique régional et en particulier de la qualité des relations OTAN-Russie et UE-Russie.
Enfin, à l’heure où les équilibres européens évoluent rapidement, que nous dit la Moldavie de l’état réel du projet européen aujourd’hui ?
Le projet d’euro-intégration suscite encore de l’engouement, mais une partie significative des citoyens moldaves (de 26 % à plus de 40 %) exprime une forme de scepticisme et craint que l’adhésion à l’UE ne porte atteinte à la neutralité du pays car la politique étrangère et de sécurité est de moins en moins « autonome » et de plus en plus alignée sur celle de l’OTAN. Les réformes liées à l’euro-intégration ont un certain coût socio-économique. Même si de nombreuses améliorations peuvent être notées au cours des deux dernières décennies, en particulier dans la capitale et dans certaines villes, beaucoup de zones rurales connaissent un développement plus lent. L’émigration, qui s’est faite en quatre grandes vagues depuis l’indépendance, n’a pas baissé et est restée importante malgré quelques variations. La population moldave compte de 2,3 à 2,9 millions d’habitants selon les estimations et sa diaspora compte un peu plus d’1 million de ressortissants. En 1989, la Moldavie comptait 4,3 millions d’habitants et ce déclin démographique s’est accompagné d’une forte émigration causée par les problèmes socio-économiques. De 2014 à 2024, la population moldave a perdu 400 000 personnes et 241 448 Moldaves ont quitté le pays en 2022, puis 123 406 en 2024.[4] De nombreux villages ne comptent que des personnes âgées gardant leurs petits-enfants dont les parents sont partis travailler à l’étranger (Roumanie, Russie, Italie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, États-Unis). Certains enfants laissés à eux-mêmes ont ainsi reçu le nom d’« euro-orphelins ». Les membres de la diaspora moldave travaillant dans l’UE apprécient la possibilité de gagner de meilleurs revenus et d’offrir un meilleur avenir à leurs proches, mais ils ont aussi pu se rendre compte du revers de la médaille de l’« Eldorado » occidental ou du « rêve européen », qu’il s’agisse du chômage important et des emplois précaires, de la paupérisation de populations autrefois prospères et en particulier de la classe moyenne, de l’insécurité ou de la méconnaissance de nombreux Européens de l’Ouest vis-à-vis de l’histoire et de la culture des Européens de l’Est.
Propos recueillis par Dimitri Fontana
Notes
[1] et [3] “Moldovans see increasingly good relations with EU, opinion poll finds”, EUNeighbourseast, 02/09/2025.
[2] “Two-thirds of Moldovans oppose country’s accession to NATO – poll”, Interfax, 04/07/2025.
[4] « Emptying Moldova : the four waves of Moldovan emigration », Global Voices, 10/07/2025 ; « Migration – Key Indicators », National Bureau of Statistics of the Republic of Moldova.
Pour aller plus loin
Histoire du conflit moldo-transnistrien, par Gilles-Emmanuel Jacquet, Éditions Connaissances et Savoirs, parution le 16 juin 2017, 454 pages, ISBN : 978 – 2753904842. L’ouvrage est disponible en français en format broché ainsi qu’en version numérique sur Amazon.