Centres d’asile : l’UDC veut rendre aux communes le dernier mot
L’UDC veut donner aux communes un droit de veto sur les nouveaux centres fédéraux d’asile. Elles peuvent aujourd’hui s’opposer et recourir, mais Berne garde le dernier mot. La sécurité nourrit désormais l’offensive.
Qui décide d’installer un centre fédéral d’asile dans une commune ? Pas cette dernière. Deux motions UDC veulent conditionner tout nouveau centre à l’accord de la collectivité concernée. Aujourd’hui, celle-ci est consultée et peut faire opposition ou recourir, mais la procédure d’approbation relève du DFJP. Depuis 2018, elle remplace le permis de construire communal pour les CFA.
L’UDC veut donc transformer un droit de participation en droit de blocage. Sa motion au Conseil des États invoque nuisances et criminalité. Le dossier mérite toutefois une précision : Kandersteg et Büren an der Aare, deux exemples avancés par le parti, sont des structures cantonales bernoises, alors que le texte vise les centres fédéraux.
Les tensions locales, elles, sont documentées. À Boudry, la police neuchâteloise est intervenue 125 fois au CFA entre janvier et le 27 août 2024, contre 110 sur la même période en 2023. Des patrouilles supplémentaires ont aussi été déployées dans les transports et autour du centre. À Buosingen (SZ), le projet de CFA de 170 places a suscité une forte opposition avant son inscription au Plan sectoriel Asile. Reste que la Statistique policière 2025 distingue les prévenus relevant de l’asile, mais l’OFS met en garde contre les comparaisons locales simples : petits effectifs, mobilité intercantonale et populations différentes selon les centres. Les statistiques du SEM sur les incidents dans les CFA excluent, elles, les infractions pénales et les faits commis hors des centres. Difficile donc de dresser un tableau précis des nuisances sécuritaires directement liées aux centres d’asile.
Le cœur du débat est donc institutionnel : Berne choisit le site ; communes, transports et polices locales en supportent une partie des conséquences. L’UDC veut que celui qui accueille puisse aussi dire non.