G7 : violences prévisibles à Genève ? Autorités naïves ou hypocrites vs casseurs léninistes
À l’approche du sommet du G7 à Évian, je vois se préparer un scénario que nous connaissons déjà : celui de manifestations présentées comme pacifiques mais dont chacun sait qu’elles risquent de dégénérer en violences massives.
Une période d’incertitude s’ouvre autour de Genève et même au niveau du Conseil fédéral avec l’annonce du sommet du G7 à Évian, prévu du 15 au 17 juin. La question centrale est désormais simple : faut-il autoriser ou interdire les manifestations qui se préparent autour de cet événement ?
Car personne n’est dupe. Tout le monde sait parfaitement que des milliers de manifestants viendront de différents pays avec, en arrière-plan, la haine du capitalisme mondialisé, le rejet de nos sociétés occidentales et la volonté de transformer ce sommet en confrontation politique et symbolique.
On nous expliquera évidemment qu’il s’agit de défendre la liberté de manifester, dans le calme et la paix. Mais chacun sait aussi que les risques de débordements et de violences sont extrêmement élevés. Les commerçants, les habitants et tous ceux qui ont déjà vécu ce type d’événements savent très bien ce que cela peut coûter.
Genève garde encore le souvenir des grandes manifestations liées à l’OMC en 1998, avec leur lot de destructions et de violences. À l’époque, j’avais d’ailleurs participé, avec d’autres collègues, à une étude demandée par le Conseil d’État sur ces événements et sur les différentes formes de violences collectives apparues lors de ces mobilisations.
Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est une certaine naïveté persistante dans une partie du monde politique et universitaire. On continue à parler presque exclusivement de liberté de manifester, alors même que tout indique qu’une partie des groupes présents viendra précisément dans une logique d’affrontement.
Il faut rappeler une réalité rarement évoquée : depuis des décennies, certains milieux militants organisent de véritables formations à la confrontation violente avec les forces de l’ordre. Des séminaires, des stages, des préparations existent depuis longtemps dans les mouvances dites « autonomes » ou altermondialistes radicales. Tout cela ne surgit pas spontanément.
Et pourtant, une partie des experts continue à relativiser ou à justifier ces violences après coup. On entend toujours les mêmes discours : ces jeunes seraient « différents », la violence serait « théâtralisée », elle constituerait parfois une « étape de socialisation », voire l’expression d’un simple « besoin de casser ».
Ce type d’analyse finit surtout par banaliser des comportements qui peuvent avoir des conséquences très lourdes pour ceux qui les subissent concrètement.
La question devient d’autant plus sensible que la France, où se tient officiellement le sommet à Évian, n’abordera probablement pas le problème avec la même approche que la Suisse. Si Paris décide d’interdire certaines manifestations et de mobiliser massivement les forces de l’ordre, les groupes les plus radicaux pourraient considérer Genève comme une zone beaucoup plus permissive.
Or la Suisse ne dispose ni des mêmes moyens policiers ni de la même culture d’intervention que l’État français.
Je pense donc qu’il n’y aurait rien de scandaleux à interdire certaines manifestations lorsqu’il existe des risques sérieux de destructions massives et de violences organisées. La liberté de manifester est évidemment un acquis fondamental de la démocratie. Mais elle ne peut pas devenir un prétexte permettant de tolérer des scènes de chaos urbain, des pillages ou des attaques contre les forces de l’ordre.
Ce qui me paraît surtout dangereux aujourd’hui, c’est l’hypocrisie consistant à faire comme si personne ne pouvait prévoir ce qui risque d’arriver. Beaucoup savent parfaitement que les probabilités de violences sont élevées, mais peu osent le dire clairement à l’avance.
Je pense au contraire qu’il faut envoyer un signal de fermeté dès maintenant. Les autorités doivent montrer qu’elles ne toléreront ni destructions ni violences sous couvert de militantisme politique.
Car lorsque des commerçants, des habitants ou des travailleurs vivent plusieurs jours dans la peur d’être vandalisés ou agressés, ce sont eux qui paient concrètement le prix de cette prétendue « tolérance ».
Il devient urgent de sortir d’une forme de naïveté idéologique et d’assumer une véritable responsabilité politique face à ce qui pourrait se produire autour du G7 d’Évian.