À quelques jours des manifestations contre le G7, un guide interne circule parmi les militants. Présenté comme un manuel « antirépression », le document détaille les moyens d'éviter les contrôles policiers et douaniers. Il recommande aussi de compliquer l'identification des participants et la collecte de preuves.
Éviter les contrôles dès le passage de la frontière
Le guide s'adresse notamment aux militants étrangers. Il conseille d'entrer en Suisse avant le début des manifestations.
« Nous te conseillons d’arriver en Suisse le plus tôt possible avant les manifestations prévues, afin d’éviter des contrôles des autorités douanières et de profiter de leur absence pour passer la douane. »
Le document recommande également de masquer le véritable motif du déplacement.
« Le meilleur moyen d’éviter un quelconque soupçon est de démontrer que tu te rends en Suisse pour des raisons autres que celles du G7. »
Se rendre difficilement identifiable
Le guide invite les manifestants à limiter les traces pouvant être utilisées par les enquêteurs. Il recommande d'abord de ne pas conserver certains objets.
« Ne garde rien d’incriminant chez toi (vêtements portés lors d’actions précédentes, fumigènes, bombes de peinture). »
Les auteurs déconseillent aussi l'usage du téléphone portable : « Si possible, ne prends pas ton téléphone ». Selon eux, les données de géolocalisation pourraient ensuite servir dans une enquête. Le document encourage également la dissimulation de l'apparence physique.
« De quoi te masquer le visage en entier, de quoi cacher tes cheveux et tes signes distinctifs (...), des gants. Moins la police peut t’identifier selon ce que tu fais, mieux c’est. »
Cette recommandation vise clairement à empêcher une identification ultérieure.
Compliquer le travail des enquêteurs
Le guide détaille aussi l'attitude à adopter lors d'une intervention policière. Il évoque la possibilité de refuser collectivement de décliner son identité lors d'une nasse.
« Il est possible d’essayer de faire pression collectivement en refusant touxtes ensemble de donner son identité. »
Le document recommande également de refuser certaines mesures d'identification.
« Tu n’es jamais obligéex de te soumettre à la prise de ta photo ni de tes empreintes digitales. Nous te conseillons de les refuser fermement. »
La même logique apparaît pour les prélèvements ADN.
« Nous te conseillons de refuser de signer. »
Enfin, le guide invite les personnes interpellées à ne répondre à aucune question.
« Garder le silence peut exposer à certaines pressions sur le
moment, mais cela permet de préparer la défense collective, plus tard, touxtes ensemble. A chaque question, nous te conseillons vivement de répondre “Je n’ai rien à déclarer” à toutes les questions, même les plus simples. »
Le document va même plus loin après une éventuelle blessure.
« Toute information qui permettrait de confirmer ta participation à une manifestation sous enquête policière, doit à tout prix être mise sous silence. »
Ces recommandations montrent que les auteurs anticipent des procédures pénales. Elles traduisent aussi une volonté de limiter au maximum les possibilités d'identification et de poursuite des participants.
Ce document, directement hébergé sur le site des organisateurs de la manifestation No G7, ne laisse guère de doute quant à la dangerosité de certains manifestants. On n'imagine mal des militants pacifistes prendre de telles « précautions ».

Et vous, qu'en pensez vous ?